The Sources of Luke Peraean Section: Chicago
Les passages de ces deux sources, rangés bout à bout, forment un tout homogène. En outre, Wickes montre qu'il y a entre les deux sources des expressions différentes pour exprimer la même idée et que les enseignements sur la personne du Seigneur, son œuvre et ses fonctions ne sont pas les mêmes dans les deux documents.
Le point faible de cette théorie est dans l’adjonction à la source, commune à Matthieu et à Luc, des passages, 3, que Matthieu a dû connaître, mais qu'il a laissés de côté pour des raisons diverses; c’est une simple supposition qui permet d'étoffer le premier document et de le rendre homogène.
XVIII. A. Harnack a établi que Luc le médecin est l’auteur du troisième évangile et des Actes des apôtres. Nous apprenons par les épîtres pauliniennes que l'Apôtre eut un compagnon de voyage, du nom de Luc, qui était médecin. D’après la tradition chrétienne, unanime depuis le milieu du r° siècle, ce Luc était l’auteur du troisième évangile et des Actes des apôtres; il était d'Antioche. Sous prétexte que les Actes contiennent des légendes et des faits non historiques, les critiques modernes soutiennent qu’un compagnon de Paul et un témoin oculaire des événements n’a pas pu écrire ce livre des Actes. Harnack abandonne la valeur intégrale historique des Actes des apôtres, mais soutient néanmoins que Luc en est l’auteur, ainsi que du troisième évangile. Voici les preuves principales qu'il en donne,
Il existe dans les Actes des apôtres une sorte de Journal de voyage, où l’auteur parle toujours à la première personne; il se trouve surtout dans les passages suivants : XVI, 10-17; XX, 5-15; XXI, 1-18;
4. Lukas der Arzt, der Verfasser des Lukasevangeliums; Die Apostelgeschichte.
XXVII, 19; XXVIII, 16. Ce Journal serait l'œuvre de Luc, qui aurait écrit les Actes des apôtres, en utilisant des traditions orales et écrites, et y aurait inséré son Journal de voyage. En effet, Harnack démontre qu'au point de vue du vocabulaire et du style, il y à identité entre ce Journal et le reste des Actes, ainsi que le III° évangile. Il prouve de plus que, lorsque Luc utilise des sources, il leur imprimé, il est vrai, sa marque littéraire, mais il ne lés modifie pas tellement qu'on ne puisse les discerner, Et, d'ailleurs, les changements qu’il y introduit sont dans la manière de l’auteur du Journal. On ne peut nier cependant que la première partie des Actes provienne d'un document, de source probablément hiérosolymitaine. Cela n’infirme en rien la preuve, parce que ce document était araméen et que Luc, l'ayant traduit en grec, lui a donné sa propre forme littéraire.
Harnack essaye ensuite de démontrer que, lors même qu’on puisse contester la valeur historique de certains faits racontés dans les Actes, il n’en reste pas moins que ce livre est l'œuvre de Luc. D'ailleurs, il y a possibilité d'expliquer ces difficultés historiques et l’auteur en discute quelques-unes, mais sans affirmer cependant nettement que les faits sont historiques de tout point. Il faut tenir compte de la mentalité de l’auteur et dé ses procédés littéraires.
Le dernier chapitre est intitulé « Conséquences » et noüs donne les conclusions de l’auteur sur l’origine du III° évangile et des Actes, ainsi que des évangiles synoptiques. Luc écrivit son œuvre à Ephèse, vers l'an 90 après Jésus-Christ; Pour le IlI° évangile il utilisa comme sources l’évangilé de Marc, une collec: tion de sentences du Seigneur, connue aussi de Mat« thieu, et diverses traditions hiérosolymitaines. C’est à des sources de même provenance qu'il emprunta le
récit des premiers chapitres des Actes. Ces sources étaient encombrées de légendes et Luc, crédule de nature, était incapable de distinguer la légende de l’histoire. Il a retravaillé ses sources et quelquefois même il a composé certaines parties de toutes pièces. Le Benedictus, le Magnificat, les discours de Pierre et de Paul dans les Actes, la lettre apostolique du chapitre XV, seraient son œuvre. En passant, Harnack parle de la légende de la naissance virginale de Jésus, de la colossale crédulité de Luc et de son amour bien grec pour les fables. Il est donc impossible de ranger Harnack, comme on l’a fait, parmi les DPÉSAÈCNES de la tradition chrétienne.
XIX. H. Koch s’est proposé de fixer aussi exactement que possible la date de composition des écrits historiques de Luc‘. Pour arriver à ce résultat, il. examine d’abord la finale des Actes des apôtres, les sources des Actes et l’image qu'ils nous transmettent des communautés chrétiennes, puis les particularités du discours eschatologique de Jésus dans l'évangile dé Luc. Voici les conclusions auxquelles il aboutit : Luc a rassemblé les matériaux de son évangile pendant les deux ans qu'avait duré la captivité de Paul à Césarée. 11 les a mis en ordre à Rome et a publié son travail vers 61-62. Il avait, pendant le même temps, collectionné ses principaux matériaux pour les Actes et les avait complétés pendant son séjour à Rome. Ce fut vers l’an 64 qu'il donna les Actes des apôtres. Du fait qué l’évangile de Marc a été l'une des sources de celui de Luc, il s'ensuit que le prèmier a été composé avant l'an 60 et, par conséquent, que nos évangiles Synoptiques ont été rédigés au temps de la génération qui a suivi la mort du Seigneur.