PRÉFACE
Le titre d'Études de critiqué littéraire donné à ce volume ne paraîtra guère justifié. On y trouvera, en effet, mêlés à des morceaux purement littéraires, des souvenirs de voyages, des biographies, des articles de philosophie morale, une comparaison étendue des mœurs politiques de la bourgeoisie en France et en Angleterre. Un seul titre convenait à des sujets si divers, c'est celui de Mélanges. Mon éditeur l'a craint sans doute comme trop peu attrayant. Celui qu'il a préféré le scra-t-il plus? je ne le sais. En tous cas, c'est de ma faute si mon nom ne suffit pas pour recommander ce que j'écris.
ti PRÉFACE.
Le plus ancien en date de ces morceaux, et le premier ouvrage qui ait appelé quelque attention sur moi, c'est le Manifeste contre la littérature facile. Contre mes habitudes, je le donne, à peu de choses près, tel qu'il a été publié pour la première fois et réimprimé. Non qu'il n'y ait fort à reprendre et à corriger dans ces pages, qui valent mieux comme acte que comme écrit, et qui sont pleines des défauts qu'elles attaquaient avec trop peu d'autorité. Mais j'ai voulu que ces fautes mêmes servissent à prouver, fût-ce à mes dépens, combien le mal que je signalais était à la fois grave et séduisant, puisqu'il avait gagné jusqu'à la main qui prétendait le guérir.
Si j'avais cru ce morceau d'une lecture plus utile corrigé que dans sa première forme, j'en aurais effacé bien des choses, à commencer par le titre, qui est ambitieux, et qui, si j'ai bon souvenir, fut un panache que lui attacha, malgré moi, la Revue où je le publiai. J'aurais pris plaisir à m'y montrer plus juste pour le talent des personnes. Quant au fond des jugements, je n'en aurais rien changé. Trop d'écrits depuis lors ont fait
PRÉFACE. vu
consacrer, dans la langue de la critique, le mot de littérature facile, pour que ces pages, où ce mol a été prononcé pour la première fois, n'aient pas gardé quelque mérite d'à-propos.
20 Décembre 1857.