Accélération initiale dans la formation de Veau
En étudiant, dans un but spécial, la marche de la transformation du mélange tonnant à 440°, en présence de l'azote, j'avais introduit 13,8 CiVP d'hydrogène électrolytique et 32,7 cM3 d'air purifié dans la partie K d'un appareil représenté par la Fig. X p, 52; ce mélange gazeux était séparé, par un index de mercure 7, d'une colonne d'air L, dont la longueur {L„), mesurée comme il a été dit, indiqua la pression du gaz étudié. On en déduit la proportion de la partie du mélange tonnant inaltéré, qui s'y trouve, par la formule que voici:
Li longueur primitive de la colonne d'air.
Le résultat obtenu est reproduit dans le tableau suivant
Temps en heures.
Mélange tonnant inaltéré.
Diminution du mélange tonnant par heure.
i) Sous ce rapport il y a un parallélisme curieux avec la transformation de l'acétate amylique tertiaire, étudiée par M. Menschutkin (B. B. XV. 2512).
Temps en heures.
Mélanî^e tonuant inaltéré.
Diminution du mélange tonnant par heure.
L'accélération initiale est manifeste; seulement je n'ai pas tardé à m'assurer encore ici de la nature secondaire de ce 2)liénomène. En effet, les expériences décrites p. 52 font voir que l'accélération signalée disparaît en dehors de Tazote. On sait du reste que la présence de l'azote conduit, dans l'explosion du mélange tonnant, à des composés nitreux; c'est évidemment dans ceux-ci que se trouve l'origine de l'accélération initiale dans l'expérience citée.
o^. Accélération initiale dans la polymériiation de V acide cyani(pie.
La transformation de l'acide cyanique en cyamélide présente aussi une accélération initiale, comme il résulte des expériences p. 49, et de celles que reproduit le tableau suivant:
Temps en heures.
Pression en mM.
Diminution de la pression par heure.
Or l'origine de Tinfluence accélératrice a encore pu être dévoilée ici. En effet la cyamélide formée favorise fortement la transformation de l'acide cyanique, ainsi que cela a été prouvé. Du reste l'expérience suivante démontrera que l'accélération dépend tellement du changement des parois qu'on peut la provoquer dans chaque phase de la transformation, et qu'elle n'est donc nullement bornée à la période initiale.
Dans cette expérience je me suis servi de l'appareil Fig. III et j'en ai rempli d'acide cyanique le compartiment B seulement, l'autre restant plein de mercure. La pression de cet acide fut mesurée de temps en temps sous volume constant:
Temps en heures.
Pression en mM.
Diminution de la pression par heure.
On voit que l'accélération initiale s'est produite. Le résidu d'acide cyanique est distribué ensuite aux deux compartiments ^ et 5 en élevant l'appareil; en les séparant par son abaissement on voit l'accélération se produire de nouveau, toutefois seulement dans celui des deux compartiments dont les parois n'étaient pas couvertes de cyamélide ; elle ne s'observe pas dans l'autre:
Temps
Peession et dimikution de pression.
en heures.
Compartiment B.
Compartiment A.
4^. Accêle'ration initiale dans Vaction de V oxyde d'azote sur Vhydrogene pliospTioré.
En étudiant la transformation indiquée, qui s'accomplit d'après l'équation suivante;
PH3 + 4N0 = PO4H3 + 2Na
mon frère observa un phénomène d'accélération des plus frappants. Il mélangea les corps cités, à volumes égaux environ, dans une éprouvette renversée sur une cuvette d'eau pure, et n'observa, dans les premiers instants, rien qui trahit une action chimique, si toutefois les gaz employés se trouvent à l'état de pureté. Seulement, au bout d'une ou de plusieurs heures, tout d'un coup, des fumées épaisses se produisent dans le mélange gazeux, et une diminution de volume, qui s'accomplit dans quelques minutes, indique la transformation exprimée par l'équation citée.
Or, ici encore, l'accélération se trouve être un phénomène secondaire; en effet mon frère vit la moindre trace d'air atmosphérique, introduite dans le mélange gazeux, déterminer sa transformation, accompagnée des phénomènes qu'il avait vu se produire spontanément, et fut ainsi conduit à la supposition que l'air, se dissolvant dans l'eau de la cuvette, s'est introduit au bout de quelque temps dans l'éprouvette qui contenait le mélange d'oxyde d'azote et d'hydrogène phosphore. L'expérience ne tarda pas à justifier cette prévision, en effet, si l'entrée de l'air à travers de l'eau dans la cuvette est rendue impossible, le mélange gazeux se conserve sans altération notable.
C'est par suite de ces considérations et à cause de ces expériences que je considère le phénomène, nommé induction chimique ou acccélération initiale, comme de nature accessoire. Dès lors une valeur tout spéciale revient à l'apparation de ce phénomène dans les études dynamiques : elle indique d'une manière précieuse l'omission de quelque précaution nécessaire.