PHONÉTIQUE DE LA PROPOSITION
La proposition, cette unité la plus naturelle de toutes, a, comme les unités moins compréhensives, sa tonalité propre, son centre d'accent, son centre de gravité.
La tonalité propre de la proposition consiste dans le rapport entre les tonalités des différents mots qui la composent. Elle est très apparente dans la poésie rimée, qui exige que les mêmes sons se reproduisent à la fin des mots à des intervalles certains; elle l'est moins dans la prose, mais y consiste précisément dans la règle contraire, qui consiste à éviter les assonances ; c'est la mélodie de la phrase.
L'accent propre de la phrase ressort aussi dans la poésie, où dans la même coupure de phrase ou dans la même proposi-
tion il doit se trouver le même nombre de syllabes acceatuées et le même nombre de syllabes non accentuées; il existe aussi dans la prose et consiste, quant à Vaccent dHn^ tensitéy en ce que la voix prononce plus énergiquement les mots sur lesquels on veut appeler l'attention et autour des* quels tous les autres se mettent à graviter, et quant à Taccent à^élévation, en ce que la voix s'élève suivant qu'on veut donner à la proposition un sens positif, ou interrogatif, ou dubitatif, ou exclamatif.
Enfin, la quantité de la proposition ressort en prosodie, où le vers consiste à composer chacune d'elles du même nombre de longues et de brèves rangées dans le même ordre ; elle existe aussi en prose, où l'on attire l'attention sur un mot dominant en le prononçant d'une manière plus lente.
Ici l'intonation, l'accent et la quantité ne sont plus ni musicales, ni toniques, mais, suivant les cas, prosodiques ou oratoires.
Telles sont les unités naturelles : la syllabe, le mot, la proposition, telles leur composition et leur physionomie.
La phonétique statique étudie ensuite les moyens de dis* tinguer une syllabe de l'autre, un mot d'un autre, une proposition ou une fraction de proposition d'une autre, et aussi comment on les relie.