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45® Le même joint au concrétisme subjectif Ae Vidée priu" cipale.
Tels sont les résultats de ces croisements.
Ce qui est concret ou abstrait, subjectif ou objectif dans ridée l'est aussi dans l'expression, puisque l'expression est l'image approximative de l'idée, de même que celle-ci est l'image de l'objet. La morphologie exprimera donc par des moyens différents et appropriés le concret et l'abstrait, par exemple. Quels sont ces moyens?
Nous savons que la morphologie emploie trois procédés : celui de l'ordre syntaclique, celui des mots vides et celui des modifications phonétiques, mais elle peut faire de chacun de ces systèmes un emploi concret ou abstrait.
S'agit-il du procédé syntactique, elle l'emploie concrète* ment dans le sens de la synthèse, et surtout de la polysynthèse ou de l'holophrasisme, plus concrètement encore dans le cas de l'expression purement lexiologique; abstraitement, au contraire, dans le sens de l'analyse.
S'agit-il du procédé des mots vides, elle l'emploie concrètement lorsqu'elle préfixe, suffixe ou infixe ces mots vides à un mot plein; abstraitement, au contraire, lorsqu'elle se sert de prépositions ou de conjonctions séparées.
S'agit-il enfin du procédé d'expression par modifications phonétiques, elle l'emploie concrètement lorsqu'il s'agit de l'accord de deux mots par allitération; abstraitement, au contraire, quand il s'agit de la variation vocalique radicale du sémitisme.
De môme la morphologie possède deux systèmes, l'un subjectif, l'autre objectif, qui correspondent aux deux sortes d'idées en psychique. Par exemple, elle marque les relations tantôt par l'emploi comme mot vide du mot subjectif, le pronom, tantôt par celui du mot objectif, du substantif.
Mais ces expressions correspondent non aux divisions de la psychique des mots, mais à celles de la psychique des propositions, ainsi qu'à celles de la psychique dynamique. Le concret et l'abstrait, l'objectif et le subjectif dans l'idée seule
et principale n'ont pas un tel reflet dans Texpression, parce que l'expression se fait toujours par un seul mot.
Cependant, à la division psychique en objectif et subjectif correspond dans les mots isolés celle morphologique en racines attributives et racines pronominales. D'autre côté, les idées concrètes s'expriment par la morphologie statique, tandis que la plupart des idées abstraites s'expriment seulement par des moyens de la morphologie dynamique.
Le troisième point de vue consiste à distinguer plus ou moins nettement ou à confondre les diverses natures d'idées. En effet, les idées ne représentent pas toutes des objets, mais aussi des actions, tout d'abord des mouvements de ces objets, et enfln leurs situations respectives ou par rapport à soi, plus tard leur qualité, leur détermination, etc. C'est ce qui constitua les diverses parties du discours^ lesquelles forment le cadre de toutes les grammaires. A l'origine toutes ces catégories étaient confondues; nous ne parlons pas ici des mots de relations, dont l'emploi se rattache à la pensée articulée, mais il en était de même pour eux. Le même mot était à la fois substantif, verbe, adjectif, adverbe, et comme le mot est l'image de l'idée, c'est que l'idée ontologique et l'idée verbale elles-mêmes étaient amalgamées dans Tesprit. Alors Tidée est non- formelle; non seulement les relations s'expriment seulement par la situation respective des mots, mais la nature elle-même de ces idées s'exprime par la même situation. Tel mot, s'il précède un autre, est adjectif; s'il le suit, verbe. Plus tard, lorsque les mots de relation naissent, le verbe veut son sujet-pronom au possessif, tout comme le substantif, et rien ne les distingue. Nous verrons un peu plus loin comment les différentes parties du discours se sont engendrées les unes des autres. A mesure qu'il en naît une, la langue, de non-formelle qu'elle était, devient de plus en plus formelle; il en est de même de l'idée.
Tels sont les divers points de vue de l'idée.
Nous avons voulu expliquer ici cette différenciation psychique essentielle en H° concret et abstrait, 2o subjectif et
objectif, 3® non formel et formel qui avec celle morphologique en expressions imparfaite, complète et proportionnelle, forment le fondement même de la linguistique.
Mais nous ne pouvons continuer dans la présente étude le développement de la psychique, qui y serait trop considérable. Nous publierons séparément une étude qui le contiendra sous le nom de : Psychologie du langage.
Cependant, pour ne pas rompre l'unité de notre synthèse, nous donnons ici le sommaire de la psychique, ainsi qu'il suit :