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PREMIER POINT DE VUE

ÉTUDE DE Ll PRODUCTION PHYSIOLOGIQUE DU PHONEME

Les phonèmes se divisent à ce point de vue en : i^ phonèmes complets ou de prononciation, 2° phonèmes incomplets ou de transition, 3° phonèmes doubles ou de combinaison.

PREMIÈRE CLASSE Phonèmes complets ou de prononciation.

Nous entendons par ces mots les phonèmes ordinaires, nous réservant seulement de définir ensuite les deux autres classes, beaucoup moins connues.

Avant d'étudier le mode de production de ces phonèmes, il faut connaître préliminairement les organes qui servent à cette production; d'où cette étude se divise en deux parties : V partie anatomique, 2^ partie physiologique.

Premièrement. — Partie anatomique.

Cette étude, de la précision de laquelle dépend la certitude de toute autre ultérieure, porte sur les organes destinés à la phonation.

L'appareil de phonation consiste en :

V Un soufflet d^ expiration, le poumon, quelquefois remplacé dans les bruits de claquement par le soufflet dHnspira^ tion, les lèvres; c'est dans le premier cas pendant l'expiration, dans le second cas pendant Finspiration que le phonème se produit. Inversement pendant Tinspiration dans le premier cas, pendant l'expiration dans le second, il y a repos. Une grande division des phonèmes est fondée sur cette distinction entre l'inspiration et l'expiration.

2o Un tuyau sonore dans lequel le courant d'air, à son passage, peut entrer en vibration toutes les fois qu'il est plus ou moins arrêté dans sa course. Ce tuyau commence au la-^ rynx et se termine aux lèvres; la cavité nasale n'en fait pas partie.

3® Un résonnateur qui enfle le son ou le bruit du phonème et en modiQe acoustiquement la nature, en lui donnant un timbre particulier, suivant la longueur et la forme qu'il prend au moment de sa formation. Ce résonnateur commence seulement dans la cavité buccale et exclut le larynx, mais par contre il comprend la cavité nasale.

Le voile du palais, qui sépare la cavité buccale de la cavité nasale, suivant les cas et selon qu'il laisse libre le passage de l'une à l'autre ou qu'il le ferme, étend le résonnateur aux deux cavités, ou le restreint à la cavité buccale, ou, au contraire, à la cavité nasale plus une partie limitée et fermée de la cavité buccale.

C'est de la triple action, de la collaboration de l'instrument de spiration, du tuyau sonore et du résonnateur que résultent tous les phonèmes.

Le tuyau sonore comprend trois parties principales : Vie larynx, 2° la cavité buccale, 3® le prolongement labial.

Le larynx contient les cordes vocales, dont l'intervalle forme la glotte; ces cordes vocales peuvent être ou largement écartées, laissant passer le souffle sans influer sur lui, ou se resserrer, ou se serrer tout à fait, de manière à ne laisser qu'un étroit passage, ou se fermer.

Au-dessus de ses cordes vocales, à son extrémité supérieure, le larynx peut aussi rester largement ouvert, ou se fermer.

Une série nombreuse de phonèmes, et non pas seulement la voyelle, se forment dans le larynx.

La cavité buccale comprend Torgane inférieur, la langue, et aussi les dents inférieures, et l'organe supérieur le palais, depuis Touverture du larynx jusqu'aux dents supérieures.

L'organe inférieur joue dans la production du phonème le rôle actif.

L'organe supérieur, au contraire, joue un rôle passif.

L'organe inférieur, la langue, a pour auxiliaire la m&choire inférieure, dont le mouvement est libre; l'organe supérieur, au contraire, reste fixe, ainsi que la mâchoire supérieure qui en dépend.

Les grammairiens indiens ont soigoeusement distingué Torgane passif et l'organe actif et leur ont donné des noms différents, sthana et karana.

L'organe supérieur comprend dans le sens de sa longueur le palatum molle, le palatum durum, V arcade dentaire avec ses alréoles. Il se termine d'un côté à la luette, uvula, laquelle participe quelquefois à la phonation.

Enfin, le prolongement labial comprend les deux lèvres, qui prennent un point d'appui l'une sur l'autre, ou sur les dents.

Deuxièmement. — Partie physiologique.

Conformément à cette division anatomique, la physiologie distingue : V les phonèmes formés pendant Vexpiration, et ceux formés pendant Vinspiration; ces derniers sont les claquements ou les klicks hottentots ; 2° les phonèmes produits dans le larynx, ou dans la cavité buccale, ou dans le prolongement labial; 3° les phonèmes qui ont pour résonnateur à la fois la bouche et le nez, ou la bouche seulement, ou le nez et une portion seulement de la bouche, portion formant tuyau fermé, et d'autre côté ceux qui dédoublent leur résonnateur

ou rallongent, ou le raccourcissent, ou lui font prendre des formes dififérentes par le jeu combiné du larynx, où aboutit le résonnaleur, de la bouche et des lèvres.

Mais, en outre, elle divise les phonèmes non plus suivant la direction du souffle, l'endroit de leur production ou de leur résonnance, mais aussi d'après le genre de mouvement de l'obstacle qui le produit et d'après leur degré d'accomplissement.

Nous devons ici observer tout de suite que l'antique division des phonèmes en voyelles et consonnes ne peut être maintenue, au moins en ce qui concerne le point de vue de la production, et le phonème isolé. Nous la retrouverons, au contraire, modifiée, il est vrai, lorsqu'il s'agira du point de vue acoustique, et aussi lorsque nous traiterons de la composition de la syllabe.

La description que nous allons donner, dans la mesure où une classification l'exige, est purement analytique, et dans le phonème isolé nous envisageons successivement et séparément : V quel est son organe de prononciation, 2° quel est son organe de résonnance; pour arriver à une description naturelle, il faudrait rétablir la synthèse de tous ces éléments, que nous sommes obligé de séparer fictivement pour parvenir à les bien comprendre.

i*» Classement des phonèmes d'après la direction du souffle

au moment de leur formation.

Nous venons de voir que sur le souffle d'inspiration se placent seulement les clicks ou claquements, tandis que sur le souffle d'expiration tous les autres phonèmes. Ces claquements, du reste, se divisent par ailleurs, comme les autres phonèmes, suivant le lieu où ils se produisent; nous les y retrouverons.

Ce n'est pas seulement par l'inspiration et l'expiration que se distinguent les pîionèmes, quant à la direction principale du courant qui les porte; c'est aussi par la direction de i'ex-

piration; celle-ci se dirige, en effet, vers les lèvres ou vers le nez, ou vers les deux à la fois; de là la nasalisation, qui affecte aussi bien la direction du souffle que la résonnance.

2*> Classement des phonèmes d'après le lieu où ils se

produisent.

Ici il faut distinguer la situation du phonème sur la Iongueur du tuyau vocal, sur sa largeur et sur sa hauteur. Le tuyau vocal, comme nous l'avons énoncé, comprend le larynx, mais exclut la cavité nasale, laquelle n'est comprise que dans le résonnateur.

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