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LONGUEUR DU CANAL VOCAL

Sous le rapport du lieu où ils s'y produisent, il faut distinguer les phonèmes qui ne se produisent qu'en un seul lieu continu, et ceux qui se produisent à la fois en plusieurs lieux différents.

a) Phonèmes ne se produisant qu'en un seul lieu.

Les phonèmes qui ne se produisent qu'en un seul lieu peuvent le faire sur une plus ou moins grande surface des organes qui les forment ou qui concourent à les former. Cette distinction a lieu pour la plupart des organes, non pour tous. Dans l'un de ces cas, le phonème est dorsal; dans l'autre il est coronal. Le premier est exceptionnel, le second est ordinaire.

a) Dans le larynx.

Les phonèmes qui naissent dans le larynx sont dus à la situation respective des cordes vocales; mais quelques-uns, par exemple le hha arabe, doivent leur production aussi à un mouvement d'une partie plus avancée du canal à l'ouver-

tare supérieure du larynx. Cette classe comprend les voyelles et quelques consonnes.

P) Dans la cavité buccale.

Ici les phonèmes se placent sur les diverses parties de la longueur du palais, d'arrière en avant, comme instrument passif, et sur celle de la langue, dans le même sens, comme instrument actif.

Mais i^ une partie de la langue peut toucher une partie du palais qui ne lui correspond pas, 2*^ une surface plus ou moins longue de la langue peut s'appliquer sur une surface plus ou moins longue du palais.

!«' CAS. — LA PARTIE CORRESPONDANTE DE LA LANGUE S'AP- PLIQUE SUR OU SE TEND VERS LA PARTIE CORRESPONDANTE DU PALAIS.

i«»' sous-cas. — Application d'un point à un point,

ou système coronal.

lr« situation. — Phonème postpalatal.

La racine ou la partie postérieure de la langue se met en contact, s'approche ou se tend vers le palatum molle; le phonème produit a été appelé successivement et improprement guttural, puis vélaire; postpalatal est plus exact, car il existe un phonème distinct qu'on peut appeler spécialement vélaire. Il comprend les consonnes : k, g, x» Y> ^^ ^^ssi q, et se subdivise en postpalatal antérieur et postpalatal profond. Le postpalatal antérieur est le k, g, tel qu'on le prononce quand il est suivi de la voyelle a; le profond est le k ou mieux le q^ tel qu'on le prononce avant les voyelles o et u; c'est le qoph des Hébreux et le q des Géorgiens.

Enfin, il existe à côté, et à l'endroit oii s'ouvre le voile du palais pour monter vers la cavité nasale ou en descendre, un phonème qui est produit par l'ouverture brusque de la cavité

nasale au moyen de l'écartement du voile; c'est un phonème de plosion semblable à celui du p ou du b parmi les labiales. Il naît quand un phonème à résonnance purement buccale est suivi d'uQ phonème à résonnance nasale, le tuyau buccal étant fermé sur son parcours, par exemple, quand un p ou un t est suivi d'un n ou d'un tn, comme dans Etna, lorsqu'on ne sépare pas les syllabes entre les deux sons. Nous nommons ce phonème plosif postpalatal le postpalatal uvulaire. Les grammairiens indiens lui donnent le nom de jama, mais en le considérant dans une de ses fonctions spéciales, dont nous traiterons un peu plus loin. De même il peut se produire une vibration uvulaire, qui consiste dans un tremblement de la luette analogue à celui de Vr ordinaire sur la partie antérieure de la langue.

9« situation. — Piionènie médiopalatai*

Le phonème peut se produire entre la partie médiane de la langue et la partie médiane du palais, entre la langue et le palatum durum. Il n'équivaut pas au palatal du sanscrit, dont nous parlerons tout à l'heure, mais comprend les sons du ky 9) X doux, Y doux, lorsqu'ils sont suivis des voyelles e ou i.

De là deux sortes de phonème médiopalatal, le médiopalatal postérieur, celui des syllabes ke, jie, et le médiopalatal antérieur, celui des syllabes ki, gi, yi, -^i. Il comprend le ch doux des Allemands avec la sonore correspondante tandis que le ch dur appartient à la classe postpalatale, et la semivoyelle : y.

S« situation. — Phonème anté on prépalatal on dental.

Ces phonèmes sont au nombre de trois : ^° V alvéolaire, le t, le d, Vs, le z, Vn ordinaire, sauf ce que nous dirons plus loin de ce dernier; la langue y touche les alvéoles ou tend vers elles; 2^ le postdental; 3° Vinierdentaly qui comprend le th anglais, le 6 grec; la langue passe entre les dents.

2« soua^cas, — Application d'une surface à une surface, ou sur un ensemble de points contigus, ou système dorsal.

Dans les exemples précédeûts, la langue, organe actif, ne s'appliquait qu'au point le plus restreint possible de la voûte palatale, organe passif.

Mais il se peut aussi que la surface d'un organe appliqué ou se tendant vers l'autre soit, au contraire, aussi étendue que possible.

Ce système ne s'applique dans la cavité buccale proprement dite qu'aux aniépalatales, ou dentales.

On les prononce alors, par exemple, le t, le d, en appliquant la surface la plus grande possible de la langue contre la partie antérieure de la voûte palatale, tandis que la pointe de la langue vient toucher les dents inférieures.

a« CAS. — UNE PARTIE DE LA LANGUE NE S'APPLIQUE POINT A LA PARTIE CORRESPONDANTE DU PALAIS, MAIS A UNE PARTIE AUTRE DE CELUI-CI.

Ce système comprend les dentales cérébrales^ qui consistent à toucher le milieu du palais avec la pointe non correspondante de la langue. Ainsi se produisent non seulement le t, le d cérébraux sanscrits, c'est-à-dire des explosives, mais aussi des continues et même des vibrantes.

y) Dans le prolongement labial.

Ici, dans le sens de la longueur, on distingue : 1° la Unguo-labiale, peu usitée, qui consiste dans l'articulation formée par la langue et une des lèvres; 2° la dento- labiale, oii une lèvre et une arcade dentaire concourent, par exemple dans le phonème : f; 3** la labiale pure, où les deux lèvres se touchent ou tendent l'une vers l'autre.

b) Phonèmes se produisant dans deux lieux différents à la fois

de la longueur du canal vocal.

Ces phonèmes sont les sonores ou moyennes, d, b, g, par exemple, par opposition aux ténues :*t, p, k; ils se produisent lorsqu'on! lieu à la fois un mouvement des organes buccaux et un des cordes vocales, le tout en même temps.

Toutes les consonnes, sans exception, peuvent être ténues et sonores, suivant que les cordes vocales se mettent ou non en vibration.

Ces phonèmes qui se produisent à la fois dans le larynx et dans la cavité buccale sont de deux sortes :

4** La prononciation buccale est la principale, la prononciation laryngienne ne consiste que dans une sonorité qui est ajoutée à la première. C'est le cas que nous venons de décrire ;

2** La prononciation laryngienne vocalique est la principale; seulement le renforcement que le phonème émis reçoit dans le résonnateur passe les limites du renforcement à cause de la pression que les parois du résonnateur exercent en se resserrant sur la colonne d'air, qui rend ainsi un bruit de frottement, et une véritable articulation buccale accompagne l'articulation glottale ; tel est le cas des semi- voyelles : y, w, nées des voyelles i, u.

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