‹ Études de la langue francaise sur RacineChapitre 2 sur 76 · DE L'EDITEUR · texte numérisé non relu

DE L'EDITEUR

Cbt ouvrage , que Ton peut dire avec confiance éminemment classique , est du petit nombre de ceux dont le succès et la réputation ne font que croître de jour en jour. IjC jugement tout-à-fait fiiTorable qu'en portèrent , dans le principe , tous les journaux qui en rendirent compte , et le Journal des Savans , comme les journaux quotidiens , a été confirmé par le public. Le Journal des Débats y a comme mis le dernier sceau , dans un article Tenu environ deux ans après tous les autres, et qui est du mois de février i8ao : on nous permettra d'en donner un extrait.

« Il a été publié 9 eo 1818, dit le Journal des Débats ^ un Ufre qui n'est pas moins- estimable sous un autre rapport : ce sont les Études de la Langue française sur Racine j par IL FovTâHiBB. Depuis deux ans je Pai lu plusieurs fois , et )'j recours de temps en temps avec plaisir , parce que )'j trouve toujours quelque chpse de nouveau. On me demandera pourquoi je ne l'ai point encore annoncé; mais a*ai-je pas dit que, par la funeste influence de la politique , les mauvais ouvrages devaient nécessairement passer avant bs.fcoof ? Il est plus urgent de signaler une doctrine pemi-

y] AVËRTISS8MENT.

cieuseque de louer un littérateur quia d^autaot moins besoin de nos éloges , qu'il a plus de méiiH «t de fèjyitQtion. Pour recommander les Études de la Langue française sur Racine aux Personnes qui ne les connaissent point encore^ il suffira d'indiquer très -suocincteœf»i.toe fu'tlle^ •contiennent L'auteur a réuni les observations qui ont été faites sur les tragédies de Racine y par l'abbé d'OIivet, l'abbé Diesfontaines , Lquis Racine y Luneau-de-Boislermain, Labarpe et Geoffroy. Il y a joiat celles de Voltaire sur Bérénice ^ et celles de TiLcadémîe française et de plusieurs littérateurs distingués qui » n'ayant pas précisément écrit des commentaires , ont cependcnC estrdé leur geOt et leur^uditîop sur le plus parfait' de Qe« poètes. |1. Fontanier ne s'eit pas borné au r6le é^ cooipilateur : il s'est réservé, au ponliPêira» la pl«s grande part, dans ces Études. Après avoir rapporté sûcce^sivemeot iea décisions de tous les critiques sur chacua des vers de Racine qui peuvent donner lieu à une observalion littéraire , il fait Toffice d*avocat-général du Parnasse : il pèse, examine et discute les diverses opinions; et dans ce résumé , toujours clair, précis et plein de logique, R fait preuve de la plus profonde eonnainanee, non«eeulemeat de la grammait^, mais de la langue poétique; et il s'élète souvent jusqu'à la plus baute philosophie sur la métaphysique du langage.

*■ Cet ouvrage n'est pas aeiilçioeot utile, mais il est nécessaire aux gens de lettres et à toutes les personnes en général qui veulent connaître toutes les fiteaaes , looles les nuances , toutes les délicatesses de la langue française. Il n^est aucune personne, quelque' instruite qu'elle sek» à qui oe livre ne puisse apprendre quelque chose; on est éC)enné sartoue de l'abondance et de la i«ASles$e des okations par leaqncHesM«Fo»tanier justifie ses déciaions ou ses erilifi^es; ek s'il lui échappe quelque erreur, ce qui étaiÉ mévitable dans «n si grand nombre d'obaervei^eiM, H présente Ini-nitaie le viejen

AVERTISSEMENT. vîj

de la rcetifisr, en metUnt sous les yem du lecteur le texte desécrÎTaios qui ont porté des jugemens cootreires sur les mêmes questions. »

C eât aiosi que paiie des Études sur Racine le Journal des Débats. Il est assez évident qu'il regarde cet ouvrage comme fait non -seulement pour rester dans la littérature, mais même pour être à - peu - près dans toutes les mains. C'est aussi comme tel que l'avaient regardé , avant lui , les autres journaux. Nous osons croire qu'il y a , en effet y peu de livres plus utiles pour une étude approfondie et raisoni\ée de la langue française ; il nous parait qu'on n'a pas moins à y profiter que dans ces recueils de Synonymes si multipliés et si répandus depuis quelques années,

Les Études sur Racine sont , ainsi que l'indique le second titre , un commentaire général et comparatif snr ce poète. Elles peuvent donc tenir lieu de commentaire , et de presque tous les commentaires y à ceux qui ne veulent pas lire Racine sans cette sorte de secours. Mais un autre avantage qui n'est pas moî&» et e6n.sidérer , c'est qu /entièrement séparées des pièces de théâtre qui y ont donné lieu , elles peuvent très-bien aller sans ces pièces ,' et entrer jusque dans les lieux où l'on n'admet point les productions de la scène profime. Ainsi voulez-vous les joindre^^ Bacine? elles iront avec toutes les éditions. Voulez «vous les avoir seules ? elles n'en serviront pas moins à**

▼il) AY£RTtSS£lllElfT.

peu-près également au grand nsaf^e auquel elles sont destinées.

Mais qui n*a pas lu, ou qui ne lira pas Racine dans un temps ou dans l'autre ? Les Étudet auraient donc un degré d'utilité de plus pour bien des lecteurs , si , comme l'auteur l'avait voulu dans le principe , on y joignait Tindication des morceaux de ce grand poète les plus propres à orner la mémoire. Nous nous décidons à y faire cette petite addition.

L'ouvrage n'est qu'en deux volumes , qui même peuvent être reliés en un seul > et il eût pu aisément en fournir trois assef gros du môme format ; mais nous avons tenu à ce qu'il fût à un prix modéré , afin qu'il pût devenir d'un usage plus commun , et par conséquent d'une utilité plus générale.

TSSMZ

Il n'est phis t)etoin de prociyer que , de tàtitei les langues , eéllé dont Pétude nous importe lepltid et doit le plus nous occuper , c'est notre j^ropre langue , la langue nationale. Cette langue , depuis long-temps la langue presque universelle de FEa* rope , et qu'il n'était pas rare , autrefois , que des étrangers , k nôtre honte , sussent mieux par prin* cipes que nous-mêmes , a pris enfin dans nos ëco* les le i^ng qu'elle aurait dû toujours y avoir : elle 7 est devenue , d'un objet purement secondaire et presque nul , un dés objets principaux et ma* fenrs; et, bien loin de l'y sacrifier encore è-peu-^^ prés entièrement aux langues savantes et immorieBes dont elle est née » on né s'y attache plus qu'à forcer en quelque sorte celles-ci à lui prêter de nouvelles beautés et de nouvelles richesses. Les jeunes personnes elles-mêmes ne sont plus condamnées à ne rapprendre que tant bien que mitl par l'usage , et , plus heureuses à cet égard que leurs mères , elles Tout pour base essentielle et pour partie principale de leur éducation. Que diije? il n^y a pas jusqu*aux classes les moins élevées de la soèiété , jusqu'aux Keux les plus reculés de la France , où l'on ne se montre plus ou moins

jaloux de la savoir parler et écrire ; et si M. de Laharpe viv^t eYi(K)rè, f^^Vërrait qqe ^ isi» comme il le dit daifs^là Préface de "^on Commentaire sur Racine i Vignorance et la barbarie en étaient ^enues^ dans les derniers temps f àce point que beaucoup d'auteurs ne savaient pas même Vorphqgrpphe^ii ne serait pas difficile aujourd'hui de trouver des hommes et même des femipes du commun 9 â qui on ne pourrait faire cerçproche. Mais si partout aujourd'hui on étudie la langue iavec soin ^ on ne l'étudié guère partout que dans Jies Grammaires : et lés Grammair^es. , sans doute oiiiles et ipéme indispensables pour cette étude , ^ont-elles cependant suffisani es? Le sont-elles pour Xaire connaître à fond le génie de la langue ? . pour ' la faire connaître avec la variété infinie de ses j^çurs;.^ de ses formes et «de ses tons 9. avec, tous ses jSecre^ , avec toutes ses ressources , avec toutes ses Jip^ases , et avec, toutes ses singularités, avec toutes ses bizarreries ? Le sont^elles pour mettre en état de lainanier avec une certaine habileté, ou de l'employer avec un certain discernement? Le sont- ^ell^s ,.ppuc former un écrivain supportable^ un écrivain mçm^ médiqçrç y ou pour former à-peur prés ;vtn homme de goût? La Grai^maire la plus étendue : et |a plus complète ne peut guère offrir qu^i^n renseignement théorique ; elle.ne peut donner ^uf*; presque tous les poiuts que d.e3 jinncipes g^nérfiiix, et spéculatifs: et il y. a souvent si loin .de.ÇÇ^;principés à Inapplication ! ou pes principes

iaùt ordinairetnent susce^ibles de tant d'exceptions oa. de modifications diverses» suivant les circonstanciés ! ... Et d'ailleurs , pense- t-on que celui qui les saurait le mieux , ce9 principes, qui les saurait aussi bien que les preniiers maitreis en ce genre , mais dont la science n'irait guère plus loin; que celui , dis-je , qui serait ce qu'on peut appeler un très'forù Grammairien , mais qui ne serait que Grammairien et rien de plus , fût toujours un excellent juge en fait de langue et de langage ? Ne voyant en tout que la lettre , et jamais Tesprit, ignorant ce qui convient à tel genre, à tel style , et ce qui convient à tel autre , ne prendrait-il pas toutes les hardiesses pour des écarts , ou tous les écarts pour des hardiesses ; la rudesse pour de la force , la négligence pour de la grâce , la trivialité pour du naturel, la recherche et Taffectation pour de l'élégance ou pour de la finesse ; ou , tout au contraire , Télégance et la finesse pour de Taffeclation et de la recherche, le naturel pour de la trivialité, la grâce pour de la négligence, la force pour de la rudesse? Ne confondrait -il pas continuellement la poésie avec la prose, l'héroïque avec le bourgeois , le familier ^vec le burlesque ? Et 9 enfin, ne serait-il pas prêt à s'extasier sur chaque sottise , comme à se récrier contre d^ beautés du premier ordre ?

Gomment donc suppléer à l'insuffisance des Grammaires ? Le meilleur moyen, assurément ^ et même ikmique peut-éti*e , c*est la lecture as-

8 JPRÉÏÀCK

éàne et féflécAde des Casaques ^ iiOA de$ Glttfl^ siqueé bornés à lear texte pur et sfinple , maiA adcompagnes d'observations ou rematqiies oà àe tronye sartom partîcidiérement relevé lom ce que la diction et le style peuvent avoir de pins répréhensible i car quel est Fauteur si par&it à qui on ne poisse reproohenr ni débuts ni fautes ? Voilà l;e qu'oti a senti dés In premiers temps ^ et ee qui d'abord inspira à Yaugelas l'idée de eeê fameuses RefaiàrquesquiKiivalatentd^étreappeléparlePére BotthotsrS) toracie de ia France , et par Boileau, le plus sage de nos écmains ; ce qui ensuite donna lieu à celles que Ménage, Patm, Thomas Corneille, et le Fére Bouhours, entre autres^ firent à leur tour, M non sans gloire ^ & Texemple ou à l'occasion de celles-là ^ Voila pont^uoi^plus réoeumeht, l'Abbé d'diviet et Vakaîre ont cru servir utilement la langue et les lettres ; l'un y par ces Remarques sar Racine qui ont été comme le premier germe de toute cette multitude de Cômmentaireà que nona avovrs sur ce grand poète; l'autre^ par ce Gommeotaire oà , parmi les beautés svblilnes du père dn diéâtre ^ il a pris soin de signraler ce qui n'eât ni Û'un bbvi goût ni d'un bon exemple \ £nfin , Toilà pourquoi Bf*et aussi a porté son examen sur Molière', Ghaaàfori, sur La Fontaine; Le Brun, sur Boileau et sur Rousseau le Ijrrique ; Laharpe^ sur Voltaire comme sur Racine ; et T Académie eUe-méme, aur la pièce de ce deitiier pôéte^ ap-« pdk^e par le premiier i Whkff-^oewie db la sùène^

et mâtte h cKef^eemre de Ve^prU humain ^. Et à qui la iK^miérQ \Ak» de oes travaux et de ces exercices fttu: noi Claâsiqiiea est-elle due 7 Elle est dae au premier législalettr de noire Parnasse^ à rîHsmortel auteur de V An poéd<fue ^k i^% \oàXciewc et sévère Boileaa ^ qai reeoramiiDdait avant tout et pàr-desda» tout Tétwde de la langue; qui voulait qu'on la respectât jusque dans les plus grands excès ; et qui , ne faisant pas plus grâce à r orgu&Ueux solécisme qu'au pômpeuaa ùarbiP' rùmc , a dit si formellement qoe >

Sans la langue « en un mot , Tauteur le plus divin Est tou joars , quoi<]u'iI fasse , un méchant écrivain ^*

Mais s'il est bon de lire nos Classiques avec leurs Commentateurs*; s'il est bon , sans doute , de k» lire tous , et les plus anciens comme les plus nouveaux; et s'il faut , autam qu'il se peut, n'en négliger ancun^ n'y ena-t-il pas cependant qui méritent une altemion plus partieuliére , et à qui on doit s'attaohcr principalement et de préférence ? iVj en a«rt-il pas qull £aut, comme Horace a dit des poètes Grées , et Boileau , de Tirgtte et de Tbéoerite , avoir sans cesse entre les mains , et lenilleter nuit et {our ? Or ^ quel est celui de tous qui , pour la diction ^ pour le siyle $ peut le disputer à Racine » ou même soutenir la. comparaison avec lui ? Racine n'estril pas, sous ce rapport, éminemment CU^siquei le Classique par elical-* leuee ? M*est-il pasfgàiéralement regardé , pour la

lo PRÉFACE.

perfection en ce genre, comme lé Virgile firaiSî çais 5? N'est-ce pas lui que Ton cite le plus sou- Tent,dont rautorité a le plus de poids, dont les exemples imposent le plus ? N'est il pas celui , je ne dis pas seulement de tous nos poètes, mais mémç de tous nos écrivains, cjue les étrangers et les nationaux prennent le plus ordinairement pour modèle et pour guidé dans l'art d'écrire? Et y en a-t-il un sur qui Ton ait autant médité , autant écrit, sur qui Ton ait fait autant de volumes, et qui se présente environné d'un aussi nombreux cortège de Commentateurs? Ënfin^ ce qui ne doit pas être ici d'une faible considération, c'est que Racine n*a fait un si heureux et si admirable usage delà langue, qu'après en avoir fait auparavant une étude particulière et profonde. Forme à Port* Royal, sous les auspices de Lancelot , U avait en* core , avant de se mettre à écrire , médité Patru et d^Ablancourt 9 Grammairiens distingués de son temps; il s^était même , qui plus est , exercé à exécuter sur les écrits de ces deux nouveaux maîtres, un genre de travaildont les siens propres devaient, avec bien plus déraison, devenir l'objet, lorsque V injustice eu T envie , calmées enfin sur son nom^ comme le dibBoiieau, le laisseraient briller de tout l'éclat de sa gloire aux yeux de la postérité ^.

C'est donc à Racine qu'il faut d'abord, et surtout s*attacher. Mais combien de Commentaires différens sur ce grand écrivain ! D'abord quatre de généraux et de plus ou moins étendus, dont il

pr:éface. it

^'en £siatbIeQ ^ueja diction et le style soient runique objet : celui de Louis Racine , celui de Luneau de Boîdjeitnain ^ celui de L'aharpe , et celui .de Geoffroy. Et puis, combien d'autres de partiels, qui n'embrassent que la diction et le style , ou ne roulent que sur quelques pièces ! Remarques de FAbbé d'Olivet sur toutes les pièces intermédiaires entre la première, Aleœandre^ et la dernière, AthaUe ; Remarques de l'Abbé Desfontaines, par lesquelles I sous le titre de Racine Dcngé , il combat presque. toutes celles de l'Abbé d'Oliyet ; Commentaire de Voltaire sur Bérénice , à Toccasion de la pièce de Corneille sur le même sujet; et, enfin, les observations ou sentimens de l'Académie sur Athalie 7. Faudra-t-il donc se procurer tous ces divers ouvrages , la plupart très-volumineux et fort chers? Ou, si Ton veut se bornv k un seul, auquel donner la préférence? Celui de Louis Racine ne semble-t-il pas devoir être moins parfait que celui de Luneau qu'il a servi à ^former ? Celui de Luneau ne doit-il pas, -k son tour, le céder à celai de Laharpe , qui n'en est que la rectification ou le perfectionnement? OuL, il peut en être ainsi, en effet, jusque-là; mais I^^aharpe a-t-il été éclipsé par Geoffroy , venu après lui 1 L'a-t-il été sous le rapport que nous avons ici en viie ? C'est ce dont ne conviendront pas facilement ceux qui voudront prendre la peine de comparer. £t que tel Commentaire , au reste , vaille mieux que tel autre ou. que tous les autres , y en a-t-il uïi seul

<|aD renEerme tonl; oe qv'il peut j aToir de plus important dans toos lea autres ^ sous le rapport en question , et qui puîase dispenser de leseonsûther ? Y en a-t-îl un seul qui ne renferme rien qne de juste, que d'Inconiesiable ^ et dont les décisions ou les observations méritent d'être adoptées sani i*éserve? Celui même de Laharpe^ où Ton a si souvent occasion d'admirer le Grammairien judicieux et profond , et un littérateur qui semble l'oracle de la raison et du goût , n*o(fre-t*ii pas ^ par intervalle , des oublis, des méprises palpables ? £t enfin ce qa'il 7 a de bon dans chacun , et d'utile à connaître, n'est il pas disséminé ^ épars dans cinq ou six gros volumes , et perdu ^ noyé en quelque sorte. an milieu de je ne sais combien d'analjses , ^ dissertations , de critiques , de re« fnarques^ et d'autres articles qui n'ont ni le même t>bjet ni le même bat '

Ne serait-'il donc pas k propos qu'il j eût sur Aacine , sur cet écrivain supérieur , incomparable» le premier de nos Classiques , et notre plus grat>d inaitre en fait delangaci cotnme en bk de poésie, «m ouvrage qui^ ptêsetitét recneiiltes , rapprochées, ^t réunies en nnieol oorps , toutes les observations «a remarques les plus importantes qu^on a pu faire jusqu'ici sur sa diction et sur son style ? Cet ouvrage n'anrait-il pas une utilité encore {>lus mar^ quée et plus complète , si ^ à. ces remarques ou ob«- >ervatiottS en éttûent jointes ^ au besoin , d'autres dastiaées à les justifier » à les^clairoir > à les recti*^

PRÉFACE. i3

8er , OU à les contredire ? On poarrait , je le sais, et il ep «erait bien {^ns ooiHt , n'ilffaire entrer qae oe ^ot est d*iine justesse , d^qne etactitude ^ d^aiie Tërité évidente; que ce qui brille de ^sette liKBlère Tive qai frappe , pénétre aussitôt Tesprit, «t y diasîpe iseute incertitude et tout doute. Mats ceserr^ura 9 cea méprises , oes inadvertances assez Bombreases # dont le moins imparfait des Com<* mentaires n'est pas eiLempt ^ et dont tel 00 tel antre foajrmftile plus ou moins^ fondra-» tr41 dédaigner de Ies8%aa1er^ et les pafser feonl unimisnt sons si« lenc^ ? £Ile3 irawiit 4ono , à la favenr de certains noms lameuK deons les lettres-, sV^lfrir oomme apn-> Unt d^ prineîpeB âocomsataUes qu d'oradea sa* çrés^ ^ cettb asnkitnde d'homiiies pen en état de les reconnaître par eux^méwes , et disposés à adop* |çr de eonfiancB «t aansesamen tout ee quMs Trient avancé ^'nn Ipn d'assurance , et quHla ne trouvait contredit par personne? Les nationnuT aornîefit de la peine à s^enupèdier de prendre le change : cojmncntées étrangers n^lé prendraient^ Stspas y surtout snrla foi d^un juge èld^nn <nitique aussi renommé qae Lafcarpe, o«*niêmeqne Geof- Iwf ? car enfin Qeof£raj ne manquait ni de talent, sii d'esprit ^ni de geût ^ et^ piar le ton hafdl et tranchant , autant qi|tt par les traits piquana et les formes captiaiises . die son st^e , il a su en im*poaer à beanconp de monde et se faire une réputation peu commune. Qnl sait même ^ qui sait si qiLeif tt'im tle cef Oranimairieiis on de ces F jittéra^

teurs comme on en voit tant , quelqu'un , dis-|èy^ de ces Graoiliiairiens ou de ces Littérateui^ qui' n'ont jamais su penser par eux-mêmes, et tï'ouVént^ si commode que d'autres se soient donné la peine de penser pour eux, n'irait pas quelque jour retirer^ ces tristes rebuts de l'espèce dé tombeau où l'on* les aurait laissés ensevelis , et les. donner sérieuse-' ment au public comme une Heureuse découverte^ et une bonne fortune ?

Cet ouvrage si utile , si nécessaire , dotit je viens de tracer la première idée , j'ai osé rentrepl'èodré^ et c'est celui que j'offre ici au :Pul>lic. Il est loin y sans doute, d'à voir jreçu de ma main toute la per^ feclion qu'eût pu lui donner un de ces maîtres en littérature connus. par la délicatesse- de leur-goùlr et l'élégance de leur plume« Mais*; à moins que jd n'aie travaillé tout-à-fait en dépit du bon sfeiis, ii ne peut pas être sans quelque «mérite , et> même sans un mérite assez marqué. £n effet , n'a-t-il pa» dans tous ces extraits des divers. Commentaires dont il se compose en grande partie , un ^ondsr essentiellement bon, et dont la réputation é{a& déjà faite d'avance ? Combien l'ensemble de césh extraits ne sera-tril pas précieux par lui-même ^ puisqu'il offrira en un seul volume la substance,l'esprit de plus de six ou sept ouvrages , et de plud' de vingt volumes différens , et qu'il mettra sous^ les yeux une multitude de rapprochemens aus£ii curieux qu'instructifs ^ fruit de mille recherches et de mille combinaisons que* si peu de ger\s au:-

PRÉFACE. i3

raient le loisir ^ la facilité , ou la volonté de faire par eux-mêmes ! Il y a tant de jeunes étudians ^ tanc d'hommes de tout état, et même tant d'hommes de lettres, qui se bornent à l'édition la plus commune de Racine , et qui pourtant seraient bien aises d*a« voir, s'il n'en coûtait pas tant, quelque Commentaire qui put contribuer k leur rendre le plus fructueuse possible la lecture de ce poète , surtout lorsqu'ila Tenlent l'étudier comme un modèle dans l'art d'é-» crire , et Yoir quel parti il a su tirer d^une langue si difficile à manier , et si souvent rebelle aux ef^ forts du génie. Tant d'autres qui ont déjà quelqu'un de ces nombreux Commentaires , peuvent regrets ter de n'avcur que celui-là seul , et de ne pouvoir le comparer avec ceux qui leur manquent* Hé bien , ils pourront tous se procurer , et à peu de frais , ce que tous les Commentaires publiés jusqu'à ce jour peuvent offrir de plus intéressant et de plus utile , sous le point de vue le plus impor« tant , celui de Ia diction et du style; et ils letroa« veront dans ce Commentaire générai eu com^ foralif^ fortaé de tous les autres avec tout le discernement et tout le soin dont je puis être capable. Ge-que j'j'm mis de mon propre fonds pourra sansjdoute ne pas leur paraître toujours excellent; mais, en produisant sur chaque question tontes les raisons pour et contre , j'aurai fourni les moyens, non-seulement de juger qui a tort.de moi ou de ceux que j'ose quelquefois me permettre de contredire , mais même de reconnaître

j6 PREFACE.

et àe relever k Tlnstant mes méprises «i mes erreurs.

Par toutes ces considérAdiuia ^ et d'après le

but 4|iie je nie sais proposé d'oBtir ee Commen*

taire oomne qb* sorte de suppléneot fiax Grarn*

maires, et eomme nsie espéee de Coars p§uiùique ,

bien que Âsm$ dottfee raisonné et ]dulosophîqne » de

notre lmgn0 j je n'ai pas cru devoir y joindre le

texte esitier dupoéie,€'est-i-dire^ tout son tliiéàtre.

Qui est-œ qui n'a pas un Raciœ? etf: cpiels. sent

ceux ipii • eh ayioit déjà un , penvent tant se ^ou--

eier d'en acquérir m nouFfiau? D'ailleors, le bexte,

joint au Commei^ftatre , eut pris une partie de i'at-

teniioa que oeluÂ-^ci demande^ leut rendu sn ob^

purement secondaire, eut £sit perdre de vue nom*

bre de remarques » et , en séparant y en isolant les

unes des autres , celles qui vont Misemble , «dt

souvent empêché de les voir à4a-fiN^ , d'ensaiskr'

les rapports^ d'en apprécier avec fuetçsse la valeur,'

le mérite. £t enfin ce n'est pas précisément; :usi

Commentaire snr Racine que |^ai veidu iamet

mais l'iai voulu irnse d'un ^Commentaire sur fta^

eine un .ouvrage distinct et séparé, mhi nnouia

particulièrement destiné asservir pour Tétude (tle

la langue , qn^un Dictionnaire , une Grammaire ,;

un Recueil (de synonymes, mu Traité des figmrea

de langage , et autres ouvrages semblables. Aussi

ai-je adopté pour titre pnenûer et ^rincip^L wiwk

à*ÊUiies de la langue française sur Bacine \

P^ourquoi JEùudes de la langue ? Fiu^ce que ce

P^lÉFACE. jf

n^est pas un enseignehient suii^î et méthodique sur tel ou tel sujet donné ; et parce que « d^ailleurs , je ne prétends point décider en maître , mais cher* cher à m'înstniîre moi-même , ou fournir à d'autres les moyens de s'instruire t en leur offrant le résultat de mes Études , ou , si Ton veut , mes Études. Pourquoi Ettàdes^ au pluriel , et non pas Étude ^ au singulier ?jE^^^^, au singulier , eût pu, à la rigueur ^convenir peut-être; mais il emporte avec soi, ce me semble , une idée d'ordre, de suite et d'ensemble ; et ce sont ici des observations ou remarques détachées , qui le plus souvent n'ont aucun rapport immédiat entre elles , et dont le texte qui y a donné lieu , et par conséquent le > hasard , a seul marqué la place. Je ne dis pas qu'il ne fut possible de les co-ordonner et lier ensemble de manière à' en former un tout systématique, un corps de doctrine , un traité, un cours régulier* Mais quelle peine ne donnerait pas un tel travail ! Quelles n*en seraient pas les difficultés ! Et l'avantage qui en résulterait mériterait<il qu'on lui sa-» crifiât Tavantage du plan ybr^i^i^? Car il a aussi son avantage , ce plan , et le voici : c'est de mon-» trer dans quelles pièces Racine a été le p|us ouïe moins châtié, le plus ou le moins parfait; dans lesquelles il offre le plus à admirer, ou le plus à reprendre; c'est de marquer la carrière et tous les pas de ce grand écrivain , de manière qu'on puisse le suivre dans sa marche et dans ses progrès, depuis le premier période jusqu'au dernier ^ et en-

i8 PRÉFACE,

fia de faire yoîr à quelles circonstances il a dû quelques momens d'oubli, de relâche, et d:ms quelles autres il s*est élevé comme au-dessus de lui-même* Et un autre avantage qui, bien que moins important, sans doute , Test assez cependant pour mériter d'être pris en considération , c*est celui même ^ue l'Abbé Girard exalte tant pour acB Sy^ionymes : «qu'à chaque page c'est chose » différente, et indépendante de celle qui précède 31 et qui suit ^ quoique de la même espèce ; que » jamais livre, par conséquent^ ne put être en 0 même temps plus uniforme et plus diversifié ; » qa*il n*exige point d'être lu de suite et par ordre^ 9 mais qu'il n'y a qu'à l'ouvrir au hasard , pour » tomber sur quelque chose d'entier, capable de » satisfaire la curiosité , s'il ne contente Tesprit ; » qu'aussi bon pour remplir un quart-d'heure que n pour occuper une journée , on peut le prendre il et le laisser à tout moment. »

Quoiqu'il en soit , ces Études et ce Commentaire sur Racine, car cVst tout-à-la-foisl'un et Tautre , ont particulièrement pour objet la diction et le style; et ^^v diction^ il faut le dire enfin, j'entends ici l'emploi et la disposition des mots conformé* ment au génie de la langue et aux lois de Tusage; par style , j'entends l'art de faire servir les mots et toutes les ressources^de la langue à exprimer la pensée et le sentiment de la manière la plus vraie .et la plus heureuse. Ce n'est donc pas uii travail purement grammatical, comme les Remarques de

PRÉFACE. d'OIiret ; mais un travail toutà-Ia-fois gramma tical et littéraire , où les lois du goût ne sont pa3 moins consultées que celles de la Syntaxe Les défauts de Racine y tiennent plus de place que ses beautés , et la raison en est simple : les beautés sont bien moins faites pour être analysées que pour être senUes , et , pour être senties, elles n'ont le plus souvent qu'à paraître. Et qui , d'ailleuts a jamais entrepris d'analyser toutes les beautés' de Racine? Il faudrait un Commentaire sur les trois quarts des vers, et ce Commentaire demanderait yidgt et vingt volumes , à moins qu'on ne voulût , ce qui vaudrait encore mieux , le réduire à ces quatre ou cinq mots de Voltaire au bas de chaque page: èeau, pathéUqtte , harmonieux admirable, etc.». Cependant ily a de ces beautés SI extraordinaires qu'on ne saurait les passer soiM silence , et toutes les fois que les Commentateurs en ont observé on indiqué de telles je me SUIS empressé de les offrir à l'admiration du lec teur. Il pourra suffire de celles-là pour lui faire trouver dans le poêle toutes celles qui auraient pa mériter la même mention et les mêmes éloges

Les constructions irréguliéres, louches, embarrassées; les tours de phrase peu naturels • les termes impropres ou hors d'usage ; les ellipses forcées ou trop hardies ; les métaphores et 1^5 Lr sonnifications peu justes ou peu cohérentes; enfin les incorrections, les négligences qui peuvent blesser un goût délicat : tels sant en général les

ao PRÉFACE.

défauts que je me suis occupé de relever ; mais eu me renfermant dans le méihe cercle que les divers Commentateurs , c*est-à-dire , en ne regardant jamais qu'à ce qui a été signalé par les uns ou par les autres* et en m'interdisant rigoureuse^ ment de rien examiner de ce qui a échappé à leur critique ou à leurs^ éloges. Je n*ai pu , malgré Desiontaines et Geoffroy , son écho fidèle, que reproduire et adopter ou défendre la plupart des Remarques de d'Olivet. On verra qu'il y en a trèspeu de Geoffroy que j'aie pu me dispenser de contredire, et Ton n'a qu'à vérifier dans son Commentaire si j'en ai laissé de côté d'une certaine importance. Louis Racine , à qui les divers Commentateurs qui l'ont suivi ont plus ou moins en\prunté, en a encore un assez grand nombre de peu connues; mais> comme elles ne consistent,^ pour la plupart, qu'en quelques mots, et qu'elles ne sont ni. motivées ni raisonnées , quoique d'ailleurs assez justes , je n'ai dû en retirer que trèspeu de l'oubli où elles paraissent maintenant condamnées pour toujours. Laharpe , correcteur de Luneau, est celui de tous que j'ai le plus mis à contribution , et , je me fais un plaisir comme un devoir de le reconnaître , c'est à lui qu'appartient tout ce que mon recueil peut avoir d'un intérêt ou d'un mérite peu commun. Il ne faudra pas aller biez) loin pour juger combien il est supérieur à tous ses rivaux , ou plutôt comme il est leur maître à tous I aussi bien qu^à moi, son très -peu digne

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disciple. Pourquoi faut-il qu'on ait à lui reprocher, ainsi qu'à GeolFroy ^ les injures les plus grossières envers Luneau, qui, avec Louis Racine, leur a fourni à tous deux le fond de leur ouvrage » et partîcoliéreraent toutes les notes d'érudition ? Que n^ont-ils pris , Tun et l'autre , pour modèle du ton delà critique, au lieu de Desfontaines, ce Luneau lui -même en qui tout annonce une âme honnête et pure ; Louis Racine , à qui il n'échappe pas un seul mot offensant contre les censeurs de son père ; et surtout cet aimable et doux Abbé d'Olivet , qui n'oublie jamais envers ses ennemis eux-mêmes cette décence , cette urbanité ^ cette politesse d'un Académicien , d'un Français formé à Técole du bon goût et dece que nous appelons la bonne compagnie *^?

Du reste , ce n'^est point indirectement ni en Historien que je rapporte les opinions des divers Commentateurs; mais je fais presque toujours parler les Commentateurs eux-mêmes , et je les fais parler d'après le propre texte de leurs écrits. Sont'ils opposés entre eux sur quelque point, je les mets aux prises les uns avec les autres , et puis j'interviens souvent moi-même pour donner gain de cause à celui-ci ou à celui-là, ou même .pour les combattre tous , suivant que la raison et la vérité me semblent l'exiger. Cette forme de l'ouvrage m'a paru plus piquante que toute autre que j'aurais pu employer, et j'ai dû d'autant moins balancer à la préférer qu'elle donne nécessairement lieu à

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une sorte d'int«rét dramatique. On ne peut qu'être curieux , à chaque nouvelle expression du grand poêle mise en avant , fie savoir ce que dit tel ou tel Commentateur, et comment il le dit; on n^ l'est pas moins de savoir sur quelles raisons se fonde tel autre Commjentateiir d'un avis tout différent ; et souvent , après avoir pensé tour«à-(our comme tous ceux qui ont parlé, qn s'arrête , fort étonné , à lopinlon de celui qui parle ; souvent on revient de l'un à Tautre , et même du dernier au premier j pour condamner ou approuver irrévocablement ce qu'on avait déjà approuvé ou condamné sur parole; quelquefois entre des avis contraires et entre des raisons ou des autprltés à-peu-prés éga« les , on peut suspendre son jugement et vouloir examiner encore ; quelquefois aussi peiit jaillir de 1^ discussion un trait subit de lun^Iére qui fasse prendre un parti tout nouveau e^ absolument im-^ prévu ; enfin , on ne reste p^s simple lecteur , simple spectateur , mais opi entre ds^w U lice , on prend parpaux débats, et, suivant l'oco^sion, on attaque , on défenfl ^ on so|itient , on est pour , on est contre^ on devient partiot juge, ou arbitre. Par ce moyen , l'atteption est à tout moment excitée » Tesprij; toujours occupé , toujours exercé » et l'ouvrage se trouve non*seu|ement ne pas avoir cette sécheresse et cette aridités! naturelle aux matières de ce genre., mais même offrir un attrait, un agrément, dont on île Teùt guère cru susceptible. Peut erre même cet attrait et cet agrément sont--

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ils tels qu*on peat le ^regarder avec fondement comme non moins fait pour plaire que pour insr truire ^ ou tout au moins y comme non pas simple* ment utile.

Maïs c'est comme utile surtout que je Faî entrer pris , c'est comme utile surtout qu'il doit se recomrmander ; et je ne crois pas , quelque jugement qu on en porte , ou quelque idée qu'on Si'en fassoi que Tutilitë en puisse être un seul moment contestée. II apprendra k raisonner sur la langue» à eu re;chercher les principes , à en discuter l'usage , à en apprécier les valeurs ^ à en saisir les finesses; à reconnaître les bornes qu'elle prescrit , les licences qu'elle permet » ou les hardiesses qu'elle avoue; et enfin ne servira pas peu à former le jugemeqt et le goût en fait de style. Il servira de plus à prouver combien c'est un art difficile que Fart d'écrire, puisque Racine lui-même , le plus par* fait de nos écrivains » donne si souvent prise à la censure t et qu*il a laissé , jusque dans ses meilleures pièces . nombre de fautes qui , de son temps même , étaient sans excuse; il servira à montrer combien c'est une chose rare , même parmi les hommes de lettres , qu*une connaissance raisonnée et profonde de la langue , puisque tant de llltéra* teurs distingues ^ non seulement se trouvent divîses sur des questions assez simples, mais donnent souvent dans des erreurs dont il semble que le sens commun seul et des lumières communes auraient dû les garantir. £t si .en même temps il faisait sen-:

tir la nécessité de s'instruire à ceux qui croient tout savoir , sans avoir jamais rien appris ; s'il rendait plus circonspects , plus modestes , ceux qui veulent toujours trancher en maîtres, lorsqu'ils ne 6ont guère encore que des écoliers : ne serait-ce rien pour les lettres en général^ et, en particulier, pour la langue où elles ont produit , chez nous , tant de chefs-d'œuvre en tout genre ? Oui , n'en serait-elle pas plus et mieux étudiée , plus et mieux connue , plus et mieux révérée , cette langue si belle, si noble et si polie » l'une des plus vraies, des plus nettes, des plus précises, des plus pu* res et des plus chastes qui aient jamais *été en usage parmi les hommes? cette langue si illustrée par les Pascal , les Corneille , les^ Molière , les La Fontaine, les Boileau, les Racine, les Bossuet» les Fénélon, les Massillon, les Montesquieu, les Buffon, les Rousseau^ les Voltaire , les Delille , et par tant d'autres écrivains plus ou moins supérieurs , plus ou moins célèbres ? cette langue qui a porté si loin la gloire du nom français; qui Ta portée plus loin encore que n'a brillé l'éclat de nos armes ; et qui nous assure depuis long- temps dans toute FEurope, une domination non moins flatteuse , et bien plus douce , bien plus solide , sans doute , que celle qui s'y fondait sur vingt ans de yicloires et de triomphes inconcevables?

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