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ternativement , dans le cours d'une année , six mois vers 1 une rt six mois vers l'autre. „
Ouoi qu'il en soit , ils plantèrent ces cocos , qui , dans 1 es oaÏÏulan et demi, poussèrent des tiges de quatre p. d Se hauteur Un bienfait si marqué du ciel ne fut pas capable t lefSenir dans cette île heureuse. Un désir incons.dere d se P c'rer des femmes les força de l'abandonner, maigre £ représentations de Léguât, et les précipita dans une km-
^•enir des femmes dans leur île déserte, comme elle y avait envoyé des cocos. . es ]es combi.
dans les îles situées ci doubles co-
mêmes moussons, si le monde elait eten e Le
originaires du fond de la mer e J e ^^
jectioos sur leurs mjes .^ ^ a ^
Je ne pousserai pas cette reueAiu F
longtemps , toutes les combinaisons du hasard qui les ressème. On trouverait leurs diverses espèces dans tous les sites où elles peuvent naître. Je tire de cette observation une autre conséquence : c'est que l'auteur de la nature a voulu lier les hommes par une communication réciproque de bienfaits, dont il s'en faut bien quela chaîne ait encoreété parcourue. Quel est, par exemple, le bienfaiteur de l'humanité qui transportera chez les Ostiaks et les Samoïèdes , au détroit de Waigats, l'arbre de "Winter, du détroit de Magellan, dont l'écorce réunit la saveur du girofle, du poivre et de la cannelle? et quel est celui qui portera au détroit de Magellan l'arbre aux pois de la Sibérie, pour les besoins des pauvres Patagons ? Quelle riche collection peut faire la Russie , non-seulement des arbres qui croissent dans les parties septentrionales et australes de l'Amérique, mais de ceux qui couronnent, dans toutes les parties du monde, les hautes montagnes à glace, dont les croupes élevées ont des températures approchantes de celles de ses plaines ! Pourquoi ne voit-elle pas croître dans ses forêts les pins delà Virginie et les cèdres du Liban? Les rivages déserts de l'Irtis pourraient, chaque année, se couvrir de la même folle-avoine qui nourrit tant de peuples sur les bords des rivières du Canada. Non-seulement elle pourrait rassembler dans ses campagnes les arbres et les plantes des latitudes froides , mais un grand nombre de végétaux annuels qui croissent pendant le cours d'un été dans les latitudes chaudes et tempérées. J'ai éprouvé, par mon expérience , quela chaleur de l'été est aussi forte à Pétersbourg que sous la ligne. Il y a de plus, dans le Nord, des parties de la terre qui ont des con figurations propres à y donner des abris contre les vents septentrionaux , et à multiplier la chaleur du soleil. Si le Midi a des montagnes à glace, le Nord a des vallées à réverbère. J'ai vu un de ces petits vallons, près de Pétersbourg, au fond duquel coule un ruisseau qui ne gèle pas, même au cœur de l'hiver. Les roches de granit dont la Finlande est hérissée, et qui couvrent, suivant le rapport des voyageurs , la plupart des terres de la Suède . des rivages de la mer Glaciale , et tout
le Spitzberg , suffisent pour produire les mêmes températures en beaucoup d'endroits, et pour y affaiblir considérablement la rigueur du froid. J'ai vu en Finlande, près de AVibour , au deià du soixante-unième degré de latitude, des cerisiers en plein vent, quoique ces arbres soient originaires du quarantedeuxième degré, c'est-à-dire du royaume de Pont, d'où Lucullus les apporta à Rome après la défaite de Mitbridate. Les paysans de cette province y cultivent le tabac, qui est bien plus méridional , puisqu'il est originaire du Brésil. A la vérité c'est une plante annuelle, et qui n'y acquiert pas un grand parfum; car ils sont obligés de l'exposer à la cbaleur de leurs poêles pour achever de la mûrir. Mais les rochers dont la Finlande est couverte présenteraient sans doute à des yeux attentifs des réverbères qui pourraient lui donner un degré de maturité suffisant. J'y ai trouvé moi-même, près de la ville de Frédéricsham , sur un fumier, à l'abri d'une roche, une touffe d'avoine très-haute, qui jetait, d'une seule racine, trente-sept épis chargés de grains mûrs , sans compter une multitude d'autres petits rejetons. Je la cueillis, dans le dessein de la faire présenter à sa majesté impériale Catherine II, par mon général , M. du Bosquet, sous les ordres duquel et avec qui je faisais la visite des places de cette province : c'était aussi son intention ; mais nos domestiques russes , négligents comme sont tous les esclaves, la laissèrent perdre. 11 en fut bien fâché , ainsi que moi : je pense qu'une aussi belle touffe de grains, produite dans une province qu'on regarde à Pélcrsbourg comme frappée de stérilité, à cause des roches dont elle est couverte, qui lui ont fait donner, par les anciens géographes, le surnom de Lapidosa, eût été aussi agréable à sa majesté que le gros bloc de granit qu'elle en a fait tirer depuis, pour en faire à Pétersbourg la base de la statue de Pierre le Grand.
J'ai vu en Pologne quelques particuliers cultiver avec le plus grand succès des vignes et des abricotiers. M. de la Roche, agent du prince de Moldavie, me mena, à Varsovie, dans un petit jardin des faubourgs, qui rapportait à son cul-
tivateur cent pistoles de revenu , quoiqu'il n'y eût pas une trentaine de ces arbres; ils étaient tout à fait inconnus dans ce pays il y a cent cinquante ans. Les premiers y furent apportés par un Français, valet de chambre d'une reine de Pologne : cet homme les cultivait en cachette, et faisait présent de leurs fruits aux grands du pays , comme s'il les eût reçus de France par les courriers de la cour. Les grands ne manquaient pas de les lui payer magnifiquement; et cette espèce de commerce est devenu pour lui le principe d'une fortune si considérable, que ses arrière-petits-enfants sont aujourd'hui les plus riches banquiers de ce pays.
Ce que je dis ici de la possibilité d'enrichir de végétaux utiles la Russie et la Pologne est non-seulement dans l'intention de reconnaître de mon mieux le bon accueil que j'ai reçu des grands et du gouvernement de ces pays lorsque j'y étais étranger, mais parce que ces indications tournent également à l'amélioration de la France, dont le climat est plus tempéré. Nous avons des montagnes à glace qui peuvent porter tous les végétaux du Nord , et des vallées à réverbère qui peuvent produire la plupart de ceux du Midi. Il ne faudrait pas, à notre manière, rendre ces sortes de cultures générales dans un canton entier; mais les établir dans quelque petit abri ou détour de vallon. L'influence de ces positions ne s'étend pas fort loin. C'est ainsi que le fameux vignoble de Constance , au cap de Bonne-Espérance, ne réussit que sur une petite portion de terrain située au bas d'une colline ; et que les vignobles qui sont autour et aux environs ne produisent pas, à beaucoup près , des raisins muscats de la même qualité , quoique plantés des mêmes espèces de vignes. C'est ce que j'ai éprouvé moimême. Il faudrait chercher en France ces sortes d'abris dans des lieux où il y a des pierres blanches, dont la couleur est la plus propre à réverbérer les rayons du soleil. Je crois même que la marne doit à sa couleur blanche une partie de la chaleur qu'elle communique aux terres où on la jette ; car elle y réfléchit les rayons du soleil avec tant d'activité, qu'elle y brûle les premières pousses de beaucoup d'herbes. Voilà , se-
M(\ ÉTUDL O.NZIÉMI
Jou moi , la raison pour laquelle la marue, qui a d'ailleurs eu elle-même des principes de fécondation, fait mourir la plupart des herbes qui out coutume de croître à l'ombre des blés, et dont les premières feuilles sont plus tendres que celles des blés, qui sont en général les plus robustes des graminées. Il faudrait encore chercher ces abris dans le voisinage de la mer et sous l'influence de ses vents, qui sont tellement nécessaires à la végétation de beaucoup de plantes, que plusieurs d'entre elles refusent de croître dans l'intérieur des terres. Tel est entre autres l'olivier, que l'on n'a jamais pu faire venir dans l'intérieur de l'Asie et de l'Amérique, quoique la latitude lui soit d'ailleurs favorable. J'ai remarqué même qu'il ne donne pas de fruit dans les îles et sur les rivages, où il est à l'abri des vents de la mer. J'attribue à cette cause la stérilité de ceux qu'on a plantés à l'Ile-de-France, sur son rivage occidental, qui est abrité des vents d'est par une chaîne de montagnes Pour le cocotier, il ne réussit point entre les tropiques, s'il n'a, pour ainsi dire, sa racine dans l'eau de mer. C'est, je crois, faute de ces considérations géographiques, et de quelques autres encore , qu'on a manqué quantité de cultures en France et dans nos colonies.
Quoi qu'il en soit, on pourrait trouver dans le royaume une montagne à glace qui aurait peut-être une vallée à réverbère à son pied. Ce serait une recherche très-agréable à faire : on en pourrait tirer un grand parti; on en ferait pour le roi un jardin qui donnerait à notre prince le spectacle de la végétation d'une multitude de climats, sur une ligne qui n'aurait pas quinze cents toises d'élévation. Il pourrait y braver les ardeurs de la canicule à l'ombre des cèdres, sur le bord moussu d'un ruisseau de neige; et peut-être les rigueurs de l'hiver, au fond d'un vallon tourné au midi, sous des palmiers, et au milieu d'un champ de cannes a sucre. On y naturaliserait les animaux qui sont les compatriotes de ces végétaux. Il entendrait bramer le renne de Laponie , de la même vallée où il verrait les paons de Java faire leurs nids. Ce paysage réunirait autour de lui une partie des tributs de la création , et lui don-
nerait une image du paradis terrestre, qui était situé , je peuse, dans une position semblable. En vérité, je souhaiterais que nos rois étendissent leurs sublimes jouissances aussi loin que l'étude de la nature a porté ses recherches sous leur florissant empire.
11 me reste maintenant à examiner les harmonies que les plantes forment entre elles. Ce sont ces harmonies qui donnent des charmes aux sites ensemencés par la nature. Nous allons nous en occuper dans la section suivante.