PIN DES ETUDES DE L\ SATUE
Quelques écrivains ont fait parmi nous l'éloge des druides Je leur opposerai , entre autres témoignages, celui des Romains, qui, comme on sait, étaient très-tolérants sur la religion. César dit, dans ses Commentaires, que les druides brûlaient des hommes en l'honneur des dieux, dans des paniers d'osier; et qu'au défaut de coupables, ils prenaient des innocents. Voici ce qu'en dit Suétone dans la vie de Claude : « La re- « ligion des druides, trop cruelle à la vérité, et qui, du temps d'Au- « guste, avait été simplement défendue, fut par lui entièrement abolie. » Hérodote leur avait fait, longtemps auparavant, le même reproche. On ne peut opposer à l'autorité de trois empereurs romains et du père de l'histoire que celle du roman de YAslrée. N'avons-nous pas assez de nos fautes, sans nous charger de justifier celles de nos ancêtres? Au fond ils n'étaient pas plus coupables que les autres peuples, qui tous ont sacrifié des hommes à la Divinité. Plutarque reproche aux Romains eux-mêmes d'avoir immolé, dès les premiers temps de la république, deux Gaulois et deux Grecs, qu'ils enterrèrent tout vifs. Est-il donc possible que le premier sentiment de l'homme dans la nature ait été celui de la terreur , et qu'il ait cru au diable avant de croire en Dieu? Oh! non. C'est l'homme qui partout a égaré l'homme. Un des bienfaits de l'Évangile a été de détruire,, dans une grande partie du monde, ces dogmes et ces sacrifices inhumains.
On a exprimé , au sujet des effets de l'électricité, une pensée assez impie, dans un vers latin dont le sens est que l'homme a désarmé la Divinité. Le tonnerre n'est point un instrument particulier de la justice divine. 11 est nécessaire au rafraîchissement de l'air dans les chaleurs de l'été. Dieu a permis à l'homme d'en disposer quelquefois , comme il lui a donné le pouvoir de faire usage du feu, de traverser les mers, et de se servir de tout ce qui existe dans la nature. C'est la mythologie des anciens qui, nous représan tant toujours Jupiter armé du foudre, nous en inspire tant de frayeur. II y a dans l'Écriture sainte des idées de la Divinité bien plus consolantes , et une bien meilleure physique. Je puis me tromper , mais je ne crois pas qu'il y ait un seul endroit ou elle nous parle du tonnerre comme d'un instrument de la justice divine. Sodome fut détruite par une pluie de feu et de soufre. Les dix plaies dont l'Egypte fut frappée furent la corruption des eaux, les reptiles, les moucherons, les grosses mouches, la peste, les ulcères, la grêle, les sauterelles, les ténèbres très-épaisses , et la mort des premiers-nés. Coré, Dathan et Abiron furent dévorés par un feu qui sortit de la terre. Lorsque les Israélites murmurèrent dans le désert de Pharan , « une flamme du Seigneur, s'étant allumée contre eux , dévora
5iS NOTES DE L'AUTEUR.
« tout en qui était à l'extrémité du camp *. » Dans les menaces faites au peuple dans le Lévi tique, il n'est point'parlé du tonnerre. Au contraire , ce fut au bruit de» tonnerres que la loi que Dieu donna à son peuple, mr le mont Sinai, fut promulguée. Enfin, dans le beau cantique ou Daniel invite tous les ouvrages du Seigneur à le louer, il y appelle les tonnerres; et il n'est pas inutile de remarquer qu'il comprend dans sor. Invitation tous les météores qui entrent dans l'harmonie nécessaire de l'univers. Il les qualifie du titre sublime de puissances et de vertus du Seigneur, t'oyez Daniel, cb. m.