Etudes de la nature
Je formai, il y a quelques années, le projet d'écrire une histoire générale delà nature, à l'imitation d'Aristote, de Pline, du chancelier Bacon, et de plusieurs modernes célèbres. Ce champ me parut si vaste, que je ne pus croire qu'il eût été entièrement parcouru. D'ailleurs la nature y invite tous les hommes de tous les temps ; et si elle n'en promet les découvertes qu'aux hommes de génie , elle en réserve au moins quelques moissons aux ignorants , surtout à ceux qui , comme moi , s'y arrêtent à chaque pas , ravis de la beauté de ses divins ouvrages. J'étais encore porté à ce noble dessein parle désir de bien mériter des hommes, et principalement de Louis XVI , mon bienfaiteur, qui , à l'exemple de Titus et de Marc- Aurèle , ne s'occupe que de leur félicité. C'est dans la nature que nous en devons trouver les lois, puisque ce n'est qu'en nous écartant de ses lois que nous rencontrons les maux. Étudier la nature , c'est donc servir son prince et le genre humain. J'ai employé à cette recherche toutes les forces de ma raison; et, quoique mes moyens aient été bien faibles, je peux dire que je n'ai pas passé un seul jour sans recueillir quelque observation agréable. Je me proposais de commencer
''Ce volume renferme la presque totalité des Études de la Nature, par Bernardin de Saint-Pierre; la 8e, la IIe et la 12e Études, qui sont les plus importantes, et qui forment à elles seules le tiers de tout l'ouvrage, sont reproduites intégralement. Dans les autres Études on a cru devoir retrancher soit quelques parties relatives à des systèmes physiques critiqués depuis longtemps et qui ne se trouvent plus d'accord avec les progrès de la science , soit quelques passages qui pour la plupart faisaient double emploi avec ceux que l'on retrouvera dans les Vœux d'un Solitaire.