‹ Etudes de la nature (volume 4)Chapitre 33 sur 54 · DU SENTIMENT DE L' ADMIRATION · texte numérisé non relu

DU SENTIMENT DE L' ADMIRATION

Le sentiment de l'admiration nous porte directement dans le sein de la Divinité. S'il est excité en nous par quelque objet de plaisir, nous nous y jetons comme à sa source ; si par la frayeur, comme à notre refuge. Dans l'un et l'autre cas , le cri de l'admiration est : « Ah, mon Dieu! » C'est, dit-on, un effet de notre éducation, où Ton nous parle souvent de Dieu ; mais on nous y parle encore plus souvent de notre père , du roi, d'un protecteur, d'un savant célèbre. Pourquoi , lorsque nous avons besoin de nous appuyer dans ces secousses imprévues , ne nous écrions-nous pas : « Ah , mon roi! » ou s'il s'agit de science : « Ah , Newton ! »

Il est certain que si on nous parle quelquefois de Dieu dans notre éducation , nous en perdons bientôt l'idée dans le train ordinaire des choses du monde : pourquoi donc y avons-nous recours dans les événements extraordinaires ? Ce sentiment naturel est commun à toutes les nations , dont il y en a beau-

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coup qui ne parlent point de théologie à leurs enfants. Je l'ai remarqué dans des nègres de la côte de Guinée, de Madagascar, de la Cafrerie et de Mozambique , dans des Tartares et des Malabares ; enfin dans des hommes de toutes les parties du monde. Je n'en ai pas vu un seul qui , dans les mouvements extraordinaires de la surprise ou de l'admiration, ne fit, dans sa langue, les mêmes exclamations que nous, et ne levât les mains et les yeux vers le ciel.

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