‹ Etudes de la nature (volume 4)Chapitre 48 sur 54 · BERN. DE S -PIERRE.—- T. II · texte numérisé non relu

BERN. DE S -PIERRE.—- T. II

50fi ÉTUDE TREIZIÈME.

ministration temporelle. Je ne pousserai pas plus loin cette réflexion. Il faut rendre à chacun ce qui lui est dû : les prêtres sont de droit divin les avocats des pauvres ; mais c'est le roi seul qui est leur administrateur naturel.

Comme l'indigence est la principale cause des vices du peuple, l'opulence peut , comme elle , produire à son tour des désordres dans le clergé. Je ne m'appuierai pas ici des répréhensions de saint Jérôme , de saint Bernard , de saint Augustin , et des autres Pèr^s de l'Église, au clergé de leur temps et de leur pays, dans lesquelles ils leur prophétisaient la destruction totale de la religion , comme une suite nécessaire de leurs mœurs et de leurs richesses. La prophétie de plusieurs d'entre eux n'a pas tardé à se vérifier en Afrique , en Asie, en Judée, et dans l'empire de la Grèce, où nonseulement la religion a disparu, mais même les gouvernements de ces nations. L'avidité de la plupart des ecclésiastiques rend bientôt les fonctions de l'Église suspectes : c'est un argument qui frappe tous les hommes. « Je crois, disait Pascal, « à des témoins qui se font égorger. » Il y aurait cependant quelques objections à faire à ce raisonnement; mais il n'y en a point contre celui-ci : « Je me méfie des témoins « qui s'enrichissent. » A la vérité , la religion a des preuves naturelles et surnaturelles, bien supérieures à celles que peuvent lui fournir les hommes. Elle ne dépend ni de notre ordre ni de notre désordre ; mais la patrie en dépend.

Les prêtres sont les enfants de leur siècle, comme les autres hommes. Les vices qu'onleur reproche appartiennent en partie à leur nation, au temps où ils vivent , à la constitution politique de l'État, et à leur éducation. Les nôtres sont des Français comme nous ; ce sont nos parents, sacrifiés souvent à notre propre fortune par l'ambition de nos pères. Si nous étions chargés de leurs devoirs , nous nous en acquitterions souvent plus mal. Je n'en connais point de si pénibles et de si dignes de respect que ceux d'un bon ecclésiastique. Je ne parle pas de ceux d'un évêque qui veille sur son diocèse, qui forme de sages séminaires , qui entretient l'ordre et la paix dans les commu-

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