‹ Études de la natureChapitre 16 sur 48 · SET TES 2 NI · texte numérisé non relu

SET TES 2 NI

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D'E LANTA TÜ RE. 177

sang toute l’Europe, pour des disputes de religion. Des 19norans se seroient tenustr anquilles. C’étoient des gens qui étoient dans l'erreur , qui Vantoient peut-être alors leurs lumières , comme nous vantons aujourd'hui les nôtres , et à chacun desquels l’éducation Européenne avoit inspiré cette erreur de l’enfance : SO1S LE PREMIER.

Que de maux l'ignorance nous cache, que nous devons un jour rencontrer dans la vie sans pouvoir les éviter ! l'inconstance des amis , les révolutions de la fortune , les calomnies, et l’heure de la mort même qui effraie tant d'hommes, La science de ces maux nous empêcheroit de vivre. Que de biens l'ignorance nous rend sublimes ! les illusions de ’amiué et de l'amour, les perspectives de l’espéance , et les trésors même que nous découvrent les sciences. Les sciences ne nous charment que dans e commencement de leurs études, quand l'esprit y présente plein d'ignorance. C’est le point de ontact de la lumière et des ténèbres qui produit e jour le plus favorable à nos yeux : c’est ce point armonique qui excite notre admiration , lorsque 1Ous venons à nous éclairer ; mais il n'existe qu'un nstant. Il se dissipe avec notre ignorance, Les ‘lémens de géométrie ont passionné des | Jeunes gens, nals jamais des vieillards, si ce n’est quelques lameux géomèêtres , qui ont été de découvertes en

découvertes. Il n’y a que des sciences et des pas- Ill. M

sions pleines de doutes et de hasards, qui fassent des enthousiastes à tout âge, telles que la chimie , l'avarice , le jeu et l'amour. |

Pour un plaisir que la science donne et fait périr en nous le donnant , l'ignorance nous en présente mille qui nous flattent bien davantage. Vous me démontrez que le soleil est un globe fixe , dont l'attraction donne aux planètes la moitié de leurs mouvemens. Ceux qui le croyoient conduit par Apollon en avoient-ils une idée moins sublime ? Ils pensoient au moins que les regards d’un dieu parcouroient la terre avec les rayons de l’astre du jour. C’est la science qui a fait descendre la chaste Diane de son char nocturne ; elle a banni les Hamadryades des antiques forêts , et les douces Naïades des fontaines. L’ignorance avoit appelé les dieux à ses joies , à ses chagrins , à son hyménée et à son tombeau : la science n'y voit plus que les élémens. Elle à abandonné l’homme à l’homme , et l’a jeté sur la terre comme dans un désert. Ah ! quels que soient les noms qu'elle donne aux divers règnes de la nature , sans doute les esprits célestes régissent leurs combinaisons si ingénieuses, Si variées et si constantes ; et l’homme qui ne s’est rien donné n’est pas le seul être dans l'univers qui ait en partage l'intelligence.

Ce n’est point à nos lumières que la Divinité communique le sentiment le plus profond de ses attri=

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