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Etudes de lépidoptérologie comparée

C'est en 1876 que parut la première livraison des Etudes d' Entomologie, ouvrage ayant pour objet la publication des Faunes lépidoptérologiques et la description des Espèces de Lépidoptères présumées nouvelles ou restées peu connues.

En ce temps-là, aussi bien qu'aujourd'hui, je considérais qu'une bonne illustration en couleurs était indispensable pour rendre les descriptions intelligibles; je ne crois pas avoir souvent manqué de me conformer moi-même à la règle que je n'ai cessé de préconiser. J'obtins d'ailleurs, pour l'exécution des planches en couleurs, le concours de plusieurs artistes distingués.

La première livraison des Etudes d^ Entomologie ayant été consacrée - — aussi bien que l'est ce X^ fascicule des Etudes de Lépidoptérologie comparée — à la Faune des Lépidoptères d'Algérie, les planches de cette première livraison, au nombre de quatre, furent très bien gravées par Dcbray, d'après des aquarelles dues au pinceau justement renommé de feu Poujade.

Je ne tardai pas à réunir les éléments d'un premier supplément à la Faune algérienne; par suite, une nouvelle planche portant le N° 5, avec la mention : Supplément, parut dans la troisième livraison des Etudes d'Entomologie. La gravure fut exécutée sur pierre, dans notre Imprimerie même, par M. lenoch, d'après les aquarelles de Poujade. Plus tard, M. d'Apreval, à la fois peintre et graveur d'histoire naturelle,- accepta de faire le dessin, la mise sur pierre et le coloriage des modèles pour la V^ livraison et les

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suivantes; il illustra ainsi mes travaux jusqu'à et y compris la XIP livraison; après quoi, M. d'Apreval me déclara qu'ayant entrepris d'autres travaux iconographiques, il ne pouvait plus continuer à se charger des miens,

Entre temps, la Faune des Lépidoptères algériens étant toujours restée l'objet constant de ma sollicitude, plusieurs nouveaux suppléments étaient devenus nécessaires.

C'est ainsi que M. d'Apreval, en outre d'autres planches où se trouvent représentés des Lépidoptères de diverses provenances, avait gravé les planches suivantes qui sont consacrées à la représentation de papillons d'Algérie, savoir : pour la VP livraison des Etudes cV Entomologie, les planches I, II, III et XI; pour la IX", la planche III; pour la XIL, les planches V, VI et VII.

Après M. d'Apreval, mon collaborateur artistique fut M. Dallongeville, alors employé comme graveur lithographe dans notre Imprimerie.

M. Dallongeville a exécuté, sous ma direction personnelle, les travaux iconographiques qui ont illustré les livraisons XIII à XXI des Etudes d' Entomologie, ainsi que le premier fascicule des Etudes de Lépidoptérologie comparée. Pour assurer la fidélité du dessin, je remettais toujours à M. Dallongeville, avec les spécimens à reproduire, une photographie prise à la grandeur naturelle. De cette façon, un calque de la photographie était toujours le premier élément du travail de figuration. Grâce à cette méthode, la coupe des ailes, l'emplacement des taches, la nervulation se sont toujours trouvées représentées rigoureusement conformes à l'original.

Les suppléments que j'ai continué à publier, relativement à la Faune algérienne des Lépidoptères, ont donné lieu à la gravure des planches entières VI, Vil et VIII, dans la XIIL livraison des Etudes d^ Entomologie, et à quelques figures sur les planches I, V et VI dans la XX" livraison. Nul ne contestera la haute valeur de cette figuration qui fut l'ouvrage de M. Dallon-

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geville. Cependant cet artiste éminemment consciencieux, s'étant senti fatigué et ayant voulu se retirer à la campagne, j'eus la satisfaction de trouver en M. Jules Culot, de Genève, le digne successeur de MM. d'Apreval et Dallongeville, et pour mes travaux entomologiques, le plus précieux coopérateur (*).

Entomologiste expérimenté autant que dessinateur et peintre excellent, M. Jules Culot jouit actuellement dans le monde des Lépidoptéristes de la plus légitime notoriété. Nous sommes unis par les liens de la plus cordiale am^itié et je remplis toujours le plus agréable des devoirs en rendant un juste hommage au remarquable talent de M. J. Culot.

Depuis 1909, dans les divers fascicules des Etudes de Lé-pido ptérologie comparée, j'ai publié de nombreuses figures de chenilles et de chrysalides de papillons algériens. J'ai trouvé, pour cette figuration dont les modèles en aquarelle ont été exécutés d'après nature par M. Harold Powell, un second collaborateur artistique, également très habile, en même temps qu'un observateur de grand mérite.

Maintenant il s'agit non seulement de coordonner tous les travaux successifs et épars qui ont été jusqu'ici publiés sur la

(*) Voici le relevé des articles consacrés à la Faune des Lépidoptères d'Algérie, dans les Etudes d'Entomologie, publiées à Rennes, depuis 1876 juseju'à 1902.

Etudes d'Entomologie :

Livraison I, 1876. Faune des Lépidoptères d'Algérie, pages 1-74 ; 4 Planches

coloriées.

Livraison III, 1878. Premier Supplément à la Faune des Lépidoj)tères d'Algérie,

pages 37-48; I Planche coloriée.

Livraison VI, 1881. III. Lépidoptères d'Algérie, pages 39-96; 4 Planches

coloriées.

Livraison IX, 1884. IV. Lépidoptères d'Algérie, pages 31-40; i Planche coloriée. Livraison XII, iS88. Lé|)i(loi)tères d'Europe et d'Algérie, pages 21-44; 3 Planches

coloriées.

Livraison XIII, 1890. Lépidoptères d'Algérie, pages 17-33, 3 Planches coloriées. Livraison XIX, 1894. Lépidoptères d'Algérie, pages 14, 35, 36, 38; Planche VI,

fig. nos 40^ 41^ 42, 52, 53.

Livraison XX, 1896. De la Variation chez les Lépidoptères, Planche I, fig. 8;

Planche IV, fig. 46; Planche V, fig. 83^ 84; Planche VI, fig. loi.

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Faune algérienne des Lépidoptères par divers Auteurs, dans différents mémoires, mais encore d'ajouter toute la documentation qui résulte des plus récentes découvertes. C'est à cet ouvrage que je me suis appliqué. Je n'ignore pas qu'il restera encore après cela beaucoup à faire, relativement à la Faune algérienne des Lépidoptères; mais j'ai la confiance, par la réunion et la mise en ordre de tant de renseignements dispersés, de faciliter les progrès à venir. Mon intention est d'établir — non sans lacunes, car qui donc peut se flatter de tout connaître? — tout au moins une base d'après laquelle on pourra corriger, amender, ajouter; mais qui n'en restera pas moins, dans ma pensée, la synthèse soigneusement édifiée des connaissances acquises jusqu'à ce jour, relativement à la faune des papillons algériens ; ce sera en outre le tableau exact et complet, selon la mesure des moyens dont je dispose, du résultat des recherches entomologiques effectuées en Algérie depuis que les Français ont pris possession, par les armes, des Etats barbaresques. D'ailleurs, on peut dire de la faune lépidoptérologique algérienne qu'elle est aujourd'hui mieux connue que la faune ibérique et aussi bien connue que la faune française elle-même.

L'Algérie, comme la Tunisie, — qui a été placée sous le protectorat de la France et est ainsi devenue aussi facilement accessible aux Européens que l'Algérie elle-même, — présentent une faune mélangée d'Espèces spéciales et d'Espèces siciliennes, espagnoles, provençales, languedociennes, même asiatiques. Quant au Maroc, il est encore à peu près inexploré au point de vue qui fait l'objet de nos études; mais le peu qu'on a été à même d'observer sur cette terre jusqu'ici particulièrement inhospitalière aux Nations chrétiennes, laisse espérer, principalement dans les hautes montagnes de l'Atlas marocain, la réalisation d'une riche moisson d'Espèces et de formes nouvelles et imprévues.

Y trouvera-t-on des papillons des Genres Erebia et Parnassius, comme dans la Sierra-Nevada d'Andalousie ?

L'Avenir nous révélera ce qui est resté jusqu'à ce jour un secret. Peu à peu, l'armée française ouvrira le Maroc à la péné-

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tration européenne, comme jadis elle a ouvert l'Algérie à notre colonisation.

Des voies de communication seront, grâce à notre armée, graduellement ouvertes sur le territoire marocain, et bientôt sans doute la sécurité se trouvera suffisamment garantie aux voyageurs, même dans la région montagneuse de l'Atlas, la plus intéressante à explorer au point de vue de la Faune et de la Flore. Cependant on conçoit qu'il faut encore un certain temps pour que les Européens se trouvent en sûreté au milieu des populations musulmanes des montagnes; en effet, les Marocains de l'Atlas semblent animés d'une antipathie particulièrement violente et farouche contre les Chrétiens qu'ils ne connaissent presque point et qui n'ont pu jusqu'ici pénétrer que très difficilement dans des régions très accidentées et dépourvues de routes. Mais lorsque les plaines seront pacifiées, ce sera le tour des montagnes d'être appelées à faire du commerce avec les Européens. Des chemins seront tracés ; les voyageurs se hasarderont alors à parcourir les hautes terres du Maroc méridional.

Nos successeurs jouiront amplement, j'en ai du moins l'espoir, des découvertes que les vaillants Naturalistes-Explorateurs ne manqueront pas de réaliser dans la Faune et la Flore de ce pays.

Je compte mentionner dans le présent ouvrage, à titre d'indication, le petit nombre d'Espèces et de Formes géographiques marocaines décrites par M. E. G. B. Meade-Waldo, dans les Transactions of the entomological Sa ciel y of London, for the year 1905, et par M. Charles Blachier, de Genève, dans les Annales de la Société ent ontologique de France, 1908, ainsi que dans le Bidletin de la Société lépidoptérolo gique de Genève, 191 3, d'après les documents possédés et communiqués par M. Vaucher.

Ce sera comme une pierre d'attente aux travaux de l'Avenir.

Rennes, octobre 191 3.

Charles OberthÛR.

Papilio Machaon, T.inné.

Ma collection contient 38 Imago et 4 chenilles soufflées du Machaon de Barbarie. Les Imago viennent de : Maison-Carrée, Alger, Hussein-Dey, Sebdou, El-Outaya, Biskra, Laghouat, Lambèse, Mascara, Sfax, Tanger; les chenilles ont toutes été récoltées à Biskra et elles appartiennent à la forme Hospitonides, Obthr. {Etudes d'Entomologie, Liv. Y^ll, PI. V, fig. 19).

J'ai lieu de croire que toutes les larves du Papilio Machaon, originaires de Biskra, sont des Hospitonides; mais j'ignore encore comment sont les larves de Papilio Machaon, dans la plupart des autres localités algériennes et marocaines. J'ai appris qu'à Lambèse, les larves du P. Machaon se présentent assez conformes à la morphe européenne. C'est à cela c|ue se bornent mes informations.

M. P. Chrétien, dans des Notes biologiques sur les Lépidoptères de Biskra (^Le Naturaliste, 15 décembre 1908), parle en ces termes du Papilio Machaon de Biskra : « Chenille en mai, sur le Deverra Scoparia. Comme cette ombellifère est presque aphylle, la chenille en mange l'écorce et le sommet des tiges. En juin, j'ai trouvé plusieurs chenilles de Machaon sur VHalophyllum tubercidatum, Forsk., une Rutacée. )>

Le savant Entomologiste de la Garenne-Colombes, qui a observé au cours de sa laborieuse carrière un si grand nombre d'Espèces de chenilles aux environs de Paris et ailleurs, ne dit pas un mot de la livrée de la chenille du Papilio Machaon, à Biskra. Il eût été pourtant intéressant de savoir si quelques variations ont été rencontrées par M. Chrétien dans la forme Hospitonides. Je n'en ai jamais vu; mais ce n'est pas une raison suffisante pour établir la réalité du fait.

En Algérie, le Papilio Machaon vole depuis mars à octobre, presc]ue sans interruption. Il y est fort variable.

La forme Saharœ, Obthr. {Etudes d' Entom., Liv. IV, p. 68), figurée par Vcrity sous le n" 8 de la PI. II, dans Rhopalocera

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palœarciica, se distingue par sa taille relativement petite, la réduction de la tache anale rouge et l'angle presque droit présenté par le côté intérieur de la bande transversale noire, maculée d'atomes bleus, aux ailes inférieures, en dessus. De plus, sur le dessous des ailes inférieures, les taches orangées font souvent défaut ou sont très atténuées. Mais il n'est pas facile de classer les diverses morphes algériennes du Papilio Machaon, car l'Espèce est très inconstante dans les manifestations de son Imago. L.a couleur du fond des ailes est généralement d'un jaune primevère; elle peut cependant être d'un jaune plus foncé; la taille des exemplaires est extrêmement variable; il y a des individus très grands et d'autres encore plus petits que le Machaon- Sphyroides-Cypria-immaculata, de Larnaca (île de Chypre), figuré par Verity, sous le n" i de la PI. III, dans Rhopalocera palœarctica. Le trait cellulaire noir des ailes inférieures peut tantôt être éloigné et tantôt très rapproché de la bande maculaire noire transverse qui descend depuis le bord antérieur jusqu'à la tache rouge du bord anal.

A Biskra, -V. Faroult a capturé l'Ab. F eue st relia, Verity {Rhop. palœarct.i, p. 295), caractérisée par la ligne jaune qui divise le trait noir cellulaire (généralement assez épais), aux ailes inférieures. Les Ab. C onvexifasciatus et Concavtfa^ciatiis {Rhop. palœarct., p. XV et 295) se remarquent chez les Machaon algériens.

La ligne limitative du côté intérieur de la large bande transverse extracellulaire des ailes inférieures peut, ou bien être sinueuse, très ondulée et décrire un arc de cercle, ou bien former un angle droit et se présenter avec une ondulation et une sinuosité atténuées.

Il ne faut pas négliger de constater la différence surtout abdominale entre les formes vernale et estivale. Les Papilio Machaon d'été ont le corps jaune, avec une faible arête médiane noire, et dépourvu de pilosité.

L'abdomen des Imago printaniers est plus noir et plus pileux.

On trouve à Tanger une forme géante de Papilio Machaon dont M. Vaucher, de Genève, m'a offert 8 beaux échantillons.

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Verity a donné le nom de Maxima à cette race géographique et en a publié une figure noire sous le n" 2 de la PI. LU, dans Rhopalocera palcearctica.

La biologie du Papilïo Machaon en Algérie est donc fort intéressante; mais jusqu'ici elle est imparfaitement connue. La variabilité de l'Espèce est considérable, puisque la larve ellemême se trouve à Biskra si différente de la larve ordinaire en Europe.

J'ignore ce qu'est la larve en Asie, où le Papilio Machaon est très répandu et présente de nombreuses et importantes variations.

Cette simple notice indiquera combien nos connaissances sont encore limitées et incertaines, relativement à une des Espèces de papillons les plus répandues dans la région palaearctique.

J'ai reçu de mon excellent collaborateur M. Harold Powell des notes très intéressantes concernant le Papilio Machaon algérien; je les transcris textuellement comme suit :

« Le Papilio Machaon est une Espèce très rare sur les Hauts Plateaux algériens, et, d'après mes observations, peu abondante sur le versant méridional de la chaîne saharienne. Le Papilio Machaoji paraît plus commun dans la région méditerranéenne; mais, n'ayant que très peu chassé dans cette partie de l'Algérie, je ne peux la signaler que dans les environs d'Alger.

Sur les Plateaux, j'ai rencontré Machaon dans toutes les régions que j'ai explorées longuement, tant à l'ouest qu'à l'est; quoique très répandu, il y est partout rare.

Certaines plantes de la famille des Ombellifères ne faisant pas défaut sur les Hauts Plateaux, on ne peut pas attribuer sa rareté au manque d'une nourriture convenable pour la chenille; je ne crois pas non plus que les conditions climatériques lui soient défavorables dans cette région; il faut probablement chercher la cause dans l'abondance de quelque ennemi naturel.

Comme en Europe, les cfcT se plaisent à voler autour des sommets des collines et des montagnes; ils paraissent s'y attacher

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et reviennent même après avoir été effrayés par un coup de filet maladroit. Voici les quelques notes que j'ai conservées sur Machaon en Algérie :

Hauts Plateaux

Sebdou, provmce d'Oran, altitude 930 mètres.

1 1 mai 1907. — Un exemplaire très abîmé sur une colline au sud du village. Pas conservé.

23 mai 1907. — Un Machaon a été vu dans une clairière de la forêt des Azaïls (cette forêt est dans la plaine au sud-ouest de Sebdou; elle est peuplée de chênes verts clairsemés, genévriers et lentisques).

3 juillet 1907. — Deux g Q de grande taille, à queues très longues; pas très fraîches; le corps d'un des sujets est presque entièrement jaune. Dans le champ au sud-ouest de la Redoute.

Géryville, province d'Oran; altitude 1.3 15 mètres; limite sud des Hauts Plateaux.

I'''' juillet 1910. — Il n'y a pas trace de la chenille de Papïlïo Machaon sur les Ombellifères dans la prairie de l'Ain Agdel, Djebel Ksel.

14 aoiit 1910. ■ — • Près de l'Ain Mecter nous avons trouvé un champ d'énormes Ombellifères ressemblant exactement au Fenouil, à part une odeur d'orange très prononcée; il n'y avait pas de chenilles de Machaon sur ces plantes; d'ailleurs elles avaient été en bonne partie dévorées, par les chèvres probablement.

16 septembre 1910. — Dans le lit de l'oued à l'ouest de Géryville poussent les grands Fenouils à odeur d'orange. Ils ne portent aucune trace de la chenille de Machaon. P. Machaon paraît être le plus rare des papillons de cette région; on ne l'a pris qu'une seule fois (en juin) et en mauvais état.

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Aflou, province d'Oran; altitude 1.405 mètres; dans le Djebel Amour; limite sud des Hauts Plateaux.

9 juin 191 1. — Un Machaon a été aperçu ce jour sur les coteaux au nord-est.

12 juillet 191 1. — On ne voit pas trace de la chenille de P. Machaon sur le Buplevrum Fructicesccns ni sur deux autres Ombellifères très communes dans l'Alfa sur les collines entre Aflou et Aïn Tirahine. Le papillon ne se montre pas non plus.

13 juillet 191 1. — Nous n'avons pas vu Machaon au sommet du Djebel Sidi Okba, qui est le point culn>inant des environs d'Aflou.

18 septembre 191 1. — Un petit cf abîmé a été capturé aujourd'hui à Aïn Mansour. à 5 kilomètres à l'est d'Aflou.

28 septembre 191 1. — J'ai cherché en vain la chenille de Machaon sur les Fenouils à odeur d'orange, au bord des jardins de l'Aïn Suisiffa.

Lambèse, province de Constantine; altitude 1.180 mètres; limite sud des Hauts Plateaux.

Le 3 août 1912 j'ai eu la chance de trouver, dans un champ près du ravin, une chenille de Machaon sur un Fenouil à odeur d'orange. Elle était arrivée à son complet développement et se distinguait très bien sur une longue tige florale.

Elle s'était nourrie de fleurs et des parties tendres près du sommet de la tige.

Le champ contenait beaucoup de Fenouil, mais, malgré mes recherches, je n'ai pas trouvé d'autres chenilles. Je suis souvent venu dans cette localité et dans le ravin, où les Fenouils étaient abondants et très beaux, mais je n'ai plus retrouvé la chenille à Lambèse. Celle-ci a été photographiée le même jour; la photographie a paru dans les Etudes de Lépuloptérologie comparée, fascicule VII, pi. photo. 28. Le dorsum était d'une couleur verdâtre très pâle ; les flancs, les pattes et le ventre blancs ; les bandes noires transversales minces. La chenille n'était pas de la forme

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Hospitonides. Elle s'est fixée, le 4 août, sur le bois de la cage, pour la métamorphose, et s'est transformée en chrysalide le lendemain.

La chrysalide était de la forme grise. Huit jours plus tard, le 13 août, un papillon cf est éclos.

6 juin 191 3. — Nous avons vu deux Papilio Machaon de petite taille, en état absolument abimé, volant autour de l'extrémité ouest du sommet de l'Ichali. Ils y étaient encore le lendemain.

Le Djebel Tchali (1.809 mètres) est le point culminant du coin nord-ouest de l'Aurès; le sommet, en dos d'âne, est relié, par un col élevé, à la chaîne de Titouguelt qui s'abaisse vers le sud, et par un autre col, au nord, à un contrefort qui domine Batna et qui forme l'extrême limite nord-ouest de l'Aurès. Au pied de la montagne, à l'ouest, s'étend la plaine qui sépare l'Aurès des monts de Bellezma. L'Ichali est boisé principalement de chênes verts; au sommet ce ne sont actuellement que des buissons, une coupe y ayant été faite il y a quelques années.

Pendant mon séjour à Khenchela dans le coin nord-est de l'Aurès, en mai, juin et juillet 1908, je n'ai pas noté Machaon.

M. Adrien Nelva, de Batna, a plusieurs fois pris le papillon dans sa région ; il l'estime rare.

Chaîne Saharienne

En octobre 191 1, j'ai exploré à pied le versant méridional du Djebel Amour, au sud-est et au sud d'Aflou. Pendant ce voyage, les chasses ont souvent été contrariées par le mauvais temps, mais, même lorsque le temps était beau, je n'ai vu que fort peu de papillons et Machaon n'était pas de leur nombre. Dans les gorges et les ravins qui débouchent sur le Sahara, le Deverra Scofaria est assez abondant; par places, on voit ses touffes sans feuilles sur les collines arides également.

En descendant l'oued Morra, affluent de l'oued Mzi, j'ai examiné sans résultat des quantités de cette plante, dans l'espoir

LEPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE

de trouver quelques chenilles de Machaon; je n'ai même pas vu des traces de leur passage. A Laghouat, je suis monté sur le Rocher des Chiens le 28 octobre, par une belle journée; c'est un point où on pourrait s'attendre à voir voler des cfcf de Machaon, mais il n'y en avait point ce jour-là.

En retournant à Aflou, j'ai longé pendant trois jours les premiers contreforts de la chaîne saharienne. Une nuit (le 2 novembre 191 1), nous avons campé dans le lit sec d'un oued, à la sortie des gorges de Foum Redad, à l'ouest de Aïn Mahdi ; c'est là que, pour la première fois en Algérie, j'ai trouvé la chenille de Machaon. Le Deverra Scoparia poussait dans les îlots de végétation du lit pierreux de l'oued, et, sur ses bords, escarpés par places, beaucoup de touffes fleurissaient. Peu après avoir commencé l'examen des plantes, j'ai trouvé deux chenilles sur une même touffe. Une de celles-ci était dans l'avant-dernier stade et de la forme Hospiionides; l'autre était plus jeune, mais évidemment de la même race. Elles se nourrissaient des fleurs. Je n'ai pas trouvé d'autres chenilles. Pendant le voyage de retour à Aflou, les chenilles ont souffert d'être enfermées dans une boîte métallique; une est morte; j'ai gardé l'autre pendant trois semaines en la nourrissant avec du Fenouil, le Deverra n'existant pas à Aflou ; elle a mué, et, dans son dernier stade, à cause sans doute de sa captivité dans un endroit sombre, sa livrée est devenue très foncée par extension des dessins noirs; malgré cela, elle est restée Hospitonïdes. Finalement, elle est morte; je n'ai pas pu la souffler à cause du ramollissement des tissus.

Vers la fin août 191 2, nous avons chassé pendant quelques jours à El Kantara, dans le sud de la province de Constantine. Le pays est sec, montagneux et semi-désertique; il a beaucoup d'analogie avec la partie sud du Djebel Amour; la végétation n'est pas absolument la même, mais beaucoup de plantes sont communes aux deux régions.

Le 26 août, nous étions sur le versant nord de la chaîne, à l'est des gorges; le Deverra Scoparia croît assez abondamment en

LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE ig

touffes, entre les rochers éboulés et sur la falaise en dessous de la crête où pousse également le Câprier.

J'ai vu voler une Q de P. Machaon autour d'une des touffes sur la face de la falaise; elle était tout juste hors de portée. Elle y est retournée à plusieurs reprises, mais elle ne s'est pas décidée à pondre; elle a disparu enfin en passant par-dessus la falaise. Sur la crête, nous avons vu quelques exemplaires, des cfcf sans doute, tournant autour des points culminants.

I-e 28 août 191 2, je devais faire l'ascension du Djebel Metlili, mais je n'ai pu y aller, étant malade. Chierotti est donc parti seul avec l'Arabe Zeidi. Il a rapporté, entre autres espèces, quatre P. Machaon pris au sommet (1.495 mètres), volant autour du Poste Optique.

Nous n'avons pas réussi à trouver la chenille sur les Devena, malgré l'examen d'un grand nombre de touffes dans les gorges d'El Kantara et sur les montagnes arides et escarpées des environs.

Le 22 août 191 3, je suis monté moi-même sur le Metlili. Le Deverra, non fleuri encore, poussait par places au bord du sentier jusqu'à mi-hauteur de la montagne, surtout dans les endroits rocheux. Nous sommes arrivés au Poste Optique vers 1 1 heures du matin par un temps calme et très chaud, orageux dans le nord. D'abord, je n'ai vu voler que des Sut y rus Fulia Alhovcnosa près de la maison; mais, vers midi, un P. Machaon a fait un tour du sommet pour disparaître ensuite. Je l'ai revu de très près vers 2 h. 1/2, au moment 011 nous commencions la descente; il était bien frais; mon coup de filet l'a manqué, malheureusement, et il n'est pas revenu.

Je n'ai pas aperçu Machaon sur une colline rocheuse au nord de la montagne de sel à El-Outaya, où je me trouvais le 24 août 191 3. Le Devenu Scopana s'y trouvait, ainsi qu'une autre Ombellifère ressemblant un peu au Fenouil. J'ai soigneusement examiné ces plantes dans l'espoir de trouver des chenilles, mais en vain.

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Littoral méditerranéen

A la fin du mois de juillet 1910, j'ai vu, à deux occasions, voler Machaojt entre Maison-Carrée et les usuies de la Compagnie des Eaux.

I.e papillon fréquente le talus du chemin de fer, sur lequel pousse le Fenouil.

Je dois ma connaissance de cette localité à l'amabilité de M. Holl, de Hussein Dey. M. Holl a fait des études très intéressantes sur Pa-pilio Machaon, et il connaît mieux que personne sa chenille, ses morphes et ses mœurs dans la région d'Alger.

Lors de mes passages à Oran, à Bône et à Philippeville, je n'ai pas vu l'Espèce.

Harold POWELL. »

PLANCHE CCLXXVI

N°^ 2253. Papilio Machaon, Linné, Maison-Carrée.

2254. Papilio Machaon-S.\harae-Fenestrella, Verity, Biskra ;

janvier 1910.

2255. Papilio Machaon-Maxima, Verity, Tanger.

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