‹ Etudes de lépidoptérologie comparée (volume 3)Chapitre 3 sur 12 · PIERRE · texte numérisé non relu

PIERRE

Inter maximas numeranda. Corpus cinereum, capite pedibusque nigris. Ale antice bast fuscocinereæ, dein obsoleta alba, ante medium cinereæ, in medioque fuscæ macula oblonga fenestrata, post maculam striga alba nigraque, ante apicem albescentes apiceque fusce. Postice fuscæ macula

media magna oculari migra ferrugineo alboque cincta, post maculam striga alba arcuata.

Ce Bombix doit être placé parmi les plus grands. Le corps est cendré, avec la tête et les pattes noires. Les ailes supérieures sont d’un gris obscur à la base, marquées ensuite d’une raie blanchâtre; elles sont grises avant le milieu, obscures au milieu avec une tache oblongue vitrée, plus étroite et arrondie à l'extrémité, entaillée à la base. On remarque une raie droite, blanche et noire, ensuite de blanchâtre et de gris obscur à l'extrémité. Les inférieures sont noirâtres, avec la base plus pâle et une grande tache au milieu, oculée, ovale, noire, entourée de ferrugineux et de blanc; derrière cette tache on voit une raie arquée, blanche, et une légère poussière blanche vers l'extrémité et des taches noirâtres autour de la tache vitrée. Le dessous des inférieures est cendré, avec une grande tache ovale et l'extrémité noirâtres.

Il se trouve en Afrique vers le fleuve du Sénégal. »

Reproduction de la Planche qui accompagne le Mémoire de G.-A. Olivier, D. M.

AMunlbert del.

Zenwrd dire.

Fig. D. — BUNÆA SENEGALENSIS Q (dessus et dessous).

IT. — Bunæa Deyrollii, Thomson.

A la page 344 du Tome deuxième des Archives entomologiques ou Recueil contenant des lustrations d'Insectes nouveaux ou rares, par James Thomson, ouvrage qui est daté de 1858 et qui fut mis en vente au bureau du Trésorier de la Société entomologique de France, rue Hautefeuille, 10, à Paris, se trouve imprimée la description de la Sa/wrnia Deyrollu. La figure colorée a paru comme frontispice. Elle est reproduite photographiquement sous la figure E du présent

ouvrage.

La description originale est conçue dans les termes suivants :

« 653. Saturnia Deyrollu, Thomson.

Envergure, 20 cent.

Frontispice.

Aüïles supérieures sinuées; les inférieures également sinuées, avec une saillie anguleuse dans leur milieu, qui leur donne un aspect tronqué; le dessus des prenuères est d’un brun roux traversé par deux raies d'un brun noir; l'une, vers la base, s'appuyant extérieurement sur une bande d’un gris blanchâtre rosé, et l'autre située un peu au delà du milieu, oblique de dehors en dedans, nettement coupée, bordée intérieurement par une ligne d’un gris blanchâtre qui se dilate sur la côte pour former une espèce de tache triangulaire de sa couleur; le côté externe de cette même raie limité par un large espace transyersal d'un gris blanchâtre, qui se fond insensiblement avec la couleur du limbe; ces mêmes ailes offrant, entre les deux raies dont il vient d'être question, une tache diaphane triangulaire, placée à l'extrémité de la cellule discoïdale, s'appuyant à sa base sur un petit espace un peu plus obscur que la teinte générale.

Le dessus des secondes ailes d’un brun roux extérieurement, d’un brun noirâtre dans le reste de leur surface; sur cette partie obscure, elles offrent un grand œil noir, un peu ovalaire, à iris d’un rouge violet, cerclé de rose un peu grisâtre; en arrière de cet œil, les ailes traversées par une raie arquée, d’un rose pâle un peu lavé de gris, s'étendant du bord abdominal presque jusqu'à la côte; entre la partie obscure et la partie plus claire, on remarque encore une traînée d’atomes blanchâtres, se fondant insensiblement avec la teinte de l'extrémité.

Le dessous des quatre ailes d'un gris un peu rosé, avec l'extrémité largement d’un brun marron; la tache diaphane des supérieures fortement encadrée de brun marron, surtout dans la cellule discoiïdale; l'œil des inférieures est remplacé par une tache du même brun.

Thorax et abdomen d'un brun roussâtre sans aucune tache; antennes pectinées comme dans les espèces du même groupe.

Cette belle Sa/wrnia se rapproche un peu des S. Afzelu et Phedusa; elle a été décrite sur un

individu Q rapporté du Gabon par M. Henry Deyrolle, auquel je l'ai dédié. »

co

Plus tard, en 1872, Maassen figura sous les n° 18 et 10 de la seconde livraison (Zweite Lieferung) de Beitrege zur Schmetterlingskunde, avec le nom de Bunæa Deyrollei, d'après un exemplaire du Gabon, faisant partie de sa collection, une Q de Saturnude que je crois distincte de Deyrollu, Thomson

Cette Deyrollei D, Maassen (zec Thomson), est représentée en dessus et en dessous sous les

lettres F et F/ du présent ouvrage.

Fig. E. — BUNÆA DEYROLLIH, Thomson, du Gabon.

Mais si je connais exactement Peyrollez oO Maassen, d’après des exemplaires recueillis à Cameroons, Stanley-Falls, Thoumby (Congo), Lulua-Sankuru (Haut-Kasaiï), qui figurent dans ma collection, je déclare ignorer Deyrolli ©, Thomson, qui me paraît tout à fait distincte de Deyrollei Q, Maassen

Le supposé Deyrollei G' a été figuré par Maassen sous les n° 80 et 81; mais Je ne crois pas que la Saturnide représentée en dessus et en dessous, sous les n°’ 80 et 81, soit le G de l'Espèce Q

hgurée sous les n°* 18 et 10.

Cependant, comparant la figure coloriée de Deyrollz Q, Thomson, avec Deyroller: Q, Maassen, je trouve entre les deux Bunæa une différence spécifique fondamentale. La tache vitreuse de l'aile supérieure, formant la moitié d'un ovale, chez les deux Bunæa : Deyrollu et Deyroller, est suivie, chez Deyrolli, Thomson, d’une demi-circonférence un peu ovalaire, entièrement noire, qui complète,

avec la tache vitreuse, un ovale qu’entoure un anneau de forme allongée et de couleur rouge.

: Cameroons.

Fig. FR: 3UNÆA DEYROLLEI ©, Maassen (Congolensis, Ch. Obthr.) dessus; di

Cet anneau rouge qui distingue si évidemment Deyrolliü, Thomson, fait absolument défaut

dans Deyroller, Maassen.

La Bunæa que j'ai figurée, avec le nom de Æeroum, sous le n° 446 de la PI LIIT du Vol. IV

des Ætudes de Lépidoptérologie comparée et dont je possède 2 ©, de Kuyambi, Ubemba, Afrique

orientale, présente une tache vitreuse à peu près de même forme que Deyrollu, Thomson, et, comme

celle-ci, entourée d’un anneau ovalaire rouge, ce qui prouve que l’anneau en question peut exister

chez certaines Saturnudes d'Afrique. Mais pour une infinité de caractères, Æeroum ne peut être

confondue avec Deyroll, Thomson. Ce qui est surprenant, c'est que la description de Thomson ne

pas mention de cet anneau rouge qui entoure l’ovale demi-noir et demi-hyalin des ailes

fasse

supérieures ; sans la figure qui nous renseigne à cet égard nous n’aurions rien connu de ce caractère

essentiel

Fig. F'. — BUNÆA DEYROLLEI Q, Maassen (Congole Ch. Obthr dessous; de Cameroons.

Les deux

Deyrollei, Maassen, paraît donc être une toute autre Espèce que Deyrollz, Thomson

noms different pour une seule voyelle. Est-ce suffisant pour différencier les appellations des deux Je ne le pense pas. Deyroll et Deyrollei sont en définitive le même vocable

Espèces distinctes ?

le nom de Deyrollir

Je désigne don ave le nom de { on g Le NSTS la Devyroll 2, Maassen, laissant à la Bus : décrite et figuré. dans les Archives entomol TIQUES de Thomson

Pour faciliter la comparaison immédiate, je fais figurer 1ci, sous la lettre G, la représentation, d'après photographie, de l’exemplaire de la Bunæa Heroum qui a déjà servi de modèle à M. J. Culot,

pour le volume précédent où elle est figurée en couleurs, sous le n° 446 de la PI. LIIT.

Fig. G. — BUNEA HEROUM ©, Ch. Obthr., de Kuyambi, Ubemba (Afrique orientale). IV. — Bunæa Meloui, Riel.

Cette Bunæa a été élevée de la chenille par M. Gaston Melou, Directeur d'Ecoles, à Kaolack (Sénégal). Elle a été répandue dans diverses collections par cet Entomologiste très zélé. Le D: Ph. Riel l’a décrite dans le Bulletin de la Société entomologique de France (1910, p. 63-64), mais il ne l’a point encore figurée. Meloui est une Bunæa voisine de Epithyrena, Maassen; Patruelis, Distant (/»secta transvaaliensia, Tab. VII, fis. 14); T'yrrhena, Westwood; Melinde, Maassen; Pallens, Sonth.; je donne quelques reproductions phototypographiques de la Bunæa Meloui, sous les lettres H, H', H/, H//' et H/// et je la fais représenter en couleurs dans le volume V, sous les nn 653 et 054 de la PI XIXe

Il est assez difficile actuellement d'arrêter son opinion sur la question de savoir si toutes les Bunæa que j'ai citées plus haut sont des Espèces distinctes, ou si tout au moins quelques-unes sont

seulement des formes d’une même Espèce africaine polymerphe et variant suivant les localités.

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