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Révision iconographique des Espèces de Phalénites (Geometra, Linné)
Enumérées et décrites par Achille GUENÉE, dans les volumes IX et X du Species général des Lépidoptères, publiés à Paris, chez l'éditeur Roret, en 1857.
Achille Guenée naquit à Chartres, le 1° janvier 1809, et mourut à Châteaudun, le 30 décembre 1880.
Lorsqu'il eut achevé ses études et obtenu le titre d’Avocat qu'il se plut toujours à porter, 1l se consacra à peu près exclusivement à la Lépidoptérologie, et jusqu’à la fin de sa vie, il ne cessa point de s'intéresser aux Papillons.
Je me suis trouvé en relations avec Guenée pendant près de vingt ans, j'ai fait plusieurs voyages entomologiques en sa compagnie et nous avons entretenu une correspondance suivie. C’est donc d’après mes souvenirs personnels que je rapporte ici les traits principaux du caractère de l’un des maïtres français de la Science entomologique.
Ai-je besoim de dire que mon intention est, avant tout, d'être véridique ?
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Plein d’urbanité et de modération, très courtois et ordinairement fort obligeant, Guenée était un compagnon de relations agréables et avec qui on aimait à se rencontrer. Il avait d’ailleurs acquis une haute culture intellectuelle ; 1l se trouvait pourvu d’une érudition très vaste et 1l était doué d’un sens littéraire très affiné, comme la plupart des personnes instruites, au temps passé.
Contemporain des illustres savants dont les travaux et les découvertes mériteront toujours le respect et l’admiration des hommes : Ampère, Arago, Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Fresnel, Thénard, Chevreul, Niepce, Daguerre, etc., Guenée vivait à l’époque où florissaient également ces grands Ecrivains qui, pendant la première partie du XIX° siècle, ont apporté aux lettres françaises autant de gloire que les immortels classiques du temps du Grand Roi. l’évoque le souvenir impérissable de Lamartine, Victor Hugo, Alfred de Musset, Casimir Delavigne, Béranger, Alfred de Vigny, Victor de Laprade, Brizeux, Théophile Gautier, Mérimée, Cousin, Augustin Thierry, Michelet et tant d’autres poètes, prosateurs, philosophes, historiens dont la France aura limprescriptible droit d’être à jamais fière devant les autres Nations du Monde; car ces brillants Génies que notre Patrie a enfantés ont noblement contribué à accroître le patrimoine intellectuel de l'Humanité tout entière.
Pendant la jeunesse de Guenée, l’enseignement public était loin d’avoir revêtu le caractère utilitaire vers lequel on a cru devoir l’orienter de nos jours. Les maîtres de l'adolescence possédaient alors au plus haut degré les traditions de la Grèce et de l'Italie. Aussi les jeunes générations françaises d'où sont sortis tant de célèbres écrivains, recevaient-elles les plus belles leçons inspirées
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par les modèles de l'antiquité grecque et latine. L’éducation de nos aïeux avait été longuement et presque exclusivement dirigée vers un idéal dont Homère, Eschyle, Eunpide Sophocle Cicéron, Virgile, Horace, . Tacite étaient les inspirateurs. Les passions qui ont jadis animé Athènes et Rome n’ont-elles pas trouvé en Corneille et en Racine, qui les ont fait revivre par d’incomparables chefsd'œuvre, leur sublime expression dans le plus pur et le plus noble langage français?
Achille Guenée, au cours de ses études, avait excellemment profité du savoir et du talent de ses professeurs. Non seulement il réussissait fort bien à tourner des vers français, mais encore il écrivait en latin avec facilité, élégance et distinction. Son style fut toujours un modèle de correction et de clarté. Comme le style c’est l’homme, suivant la parole de Buffon, je pense intéresser les Entomologistes contemporains en faisant réimprimer dans la présente Partie II du Volume V des Ætudes de Lépidoptérologie comparée, deux opuscules assez peu connus et dus à la plume fine et légèrement ironique de Guenée : Les Entlomologistes peints par eux-mêmes et Des noms en ÆEntomologie. Ces écrits humoristiques ont paru en 1842 et 1843, dans le Recueil de la Société libre de l'Eure, imprimé à Evreux, chez Jules Ancelle. Ils feront apprécier la direction d'esprit et le tempérament littéraire de Guenée, mieux que je ne saurais l’exposer, même en donnant un plus grand développement à la reproduction de mes souvenirs (*).
J'ai toujours entendu Achille Guenée discuter avec sang-froid, s'exprimer dans un langage extrêmement
(*) Voir pages 61 et suivantes.
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châtié. Il fut indulgent, sauf envers Duponchel. Son commerce était habituellement empreint d’aménité. On l’estimait comme érudit et on le respectait pour sa sincérité et sa probité scientifiques.
Son esprit, très appliqué, se plaisait à méditer sur les divers problèmes et sur la philosophie de lHistoire naturelle; il aimait notamment à s’entretenir avec ses compagnons de voyage, des questions litigieuses que pouvait susciter la détermination des Espèces capturées au cours de la chasse. Cependant dans ces discussions très instructives pour moi et dont j'ai tant de fois profité, Je constatais dans le caractère de Guenée une curieuse contradiction. Pour ce qu'il livrait à l'impression, Guenée était obligé de se montrer précis. On s'accorde d’ailleurs à reconnaître que ses ouvrages sont empreints de tact, de bon sens et de netteté dans les appréciations. Pourtant la difhculté qu'il éprouvait à fixer son opinion, au cours de la conversation, contraste singulièrement avec la précision qu'il lui fallait nécessairement apporter dans ses livres. La réflexion solitaire prolongée lui était probablement nécessaire pour venir à bout de ses doutes et trouver enfin pour lui-même une base solide de conviction; mais j'ai tant de fois constaté chez Guenée, alors qu'il discutait sur les sujets entomologiques avec ses amis, une telle irrésolution, une difficulté si grande à se faire une manière de voir durable et certaine, que ses hésitations perpétuelles me sont restées dans la mémoire, comme un trait saillant des dispositions de son esprit. S1l exprimait un avis, il ne tardait pas à le reprendre; 1l changeait incessamment d'opinion et, toujours chancelant, il ne savait jamais à quel parti s'arrêter.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE II
Evidemment, si Guenée n’avait pas été par-dessus toute chose préoccupé de la recherche de la vérité, il ne se serait point embarrassé dans des tâtonnements sans fin. Ses tergiversations continuelles étaient la preuve des scrupules de sa conscience et la cause en est incontestablement honorable ; mais il y a, en toute circonstance, une mesure qu'il vaut mieux ne pas dépasser.
Dans un autre ordre d'idées, la vérité m'oblige à dire que Guenée avait une tendance à montrer une regrettable parcimonie. Bien que disposant d’une belle aisance et n'ayant jamais eu besoin de travailler pour vivre, Guenée semblait éprouver une peine exagérée lorsqu'il devait se résoudre à une dépense, si nécessaire fût-elle. En voyageant dans la compagnie de Guenée, mes amis et moi, nous fûmes maintes fois témoin de ce parti-pris d'économie excessive qui suscitait parfois des incidents dont il était impossible de ne pas sourire. Mais je reste aujourd’hui le dernier survivant des Entomologistes qui ont connu Guenée intimement, et dès lors étant désormais seul à pouvoir témoigner de ces épisodes de la vie ordinaire, je me bornerai à exposer comment ce penchant à la limitation des dépenses fut la cause d’une fâcheuse insuffisance dans la documentation entomologique dont disposa Guenée. Le prix que lui coûtait tel ou tel papillon l’intéressait à un si haut point que je trouve très souvent ce prix inscrit sur les étiquettes, à la suite de l’indication du nom et de la provenance de l'échantillon; et comme un spécimen de qualité inférieure coûtait chez les marchands-naturalistes moins cher qu’un individu très pur, Guenée se contentait de réunir dans sa collection des papilions de fraîcheur médiocre ou même un peu incomplets, du moment qu'une économie devait en résulter pour lui.
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De la part d'un auteur aussi fécond et aussi averti, consacrant sa vie à écrire des ouvrages entomologiques de la plus haute importance, un pareil travers était scientifiquement dommageable, parce que l’extrême économie est incompatible avec la constitution de la documentation indispensable pour disserter en parfaite connaissance de cause sur les sujets entomologiques.
Guenée, faute d’un nombre d'exemplaires assez grand pour pouvoir observer exactement la variation des Espèces, a été trop fréquemment amené à ériger en Espèce distincte une simple variété, ce qu'il n’eût pas fait si les transitions lui avaient été mieux connues. On ne peut donc s'empêcher de constater que Guenée eût évité bien des erreurs d'appréciation sil avait dépensé un peu plus largement en vue de se former une documentation numériquement suffisante, et l’on sait pourtant bien que les moyens ne lui manquaient pas pour cela.
Quoi qu'il en soit, les Hétérocères exotiques de taille petite ou même moyenne et de couleur peu voyante, se trouvant, il y a plus d’un demi-siècle, peu recherchés par les amateurs parisiens, Guenée put profiter de ce dédain assez généralement pratiqué pour se composer une collection de Voctuélites, Delloïdes, Pyralites, Phaléniles et Micros relativement assez riche en Espèces et sans y dépenser beaucoup d'argent.
Après le décès de Guenée, ses héritiers me vendirent les papillons et les livres que Guenée, dans le cours de sa vie, était parvenu à rassembler. La collection de Lépidoptères n'avait pas un aspect très flatteur et ne paraissait point séduisante ; mais la bibliothèque contenait plusieurs ouvrages anciens et intéressants. Je les compulse
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fréquemment et j'y trouve çà et là des annotations écrites par Guenée; elles sont généralement très judicieuses.
Les Rhopalocera, Sphingide, Bombycide et Noctue appartenant à feu Guenée se trouvaient piqués dans des petites boîtes de bois vitrées, ou même entièrement formées au moyen de morceaux de verre convenablement taillés. Chaque Espèce était ainsi renfermée dans une caissette qui lui était spéciale. Sur le bois ou le verre de l’un des côtés de la boîte, Guenée avait collé une notice microcalligraphiée, indiquant le nom, la synonyme, la localité des exemplaires, le prix payé pour les obtenir, soit en argent, soit en échange, enfin, des observations relatives aux particularités de l'Espèce. Au contraire, les Deltoides, Pyralites, Phalénites et Microlépidoptères étaent tout autrement rangés. Les échantillons de ces familles étaient alignés dans des boîtes vitrées de dimension assez grande que contenaient des armoires, ainsi que c'était la mode à Paris, autrefois. Les collections Boisduval, Fallou, Pierret, Bellier de la Chavignerie étaient ainsi classées dans des tiroirs en ébénisterie généralement très soignée, et ces tiroirs étaient superposés dans des casiers rayonnés. Avec le petit nombre d'exemplaires pour chaque Espèce qu'on avait coutume de conserver en ces temps-là, les collections de papillons ne tenaient pas une place très considérable dans les appartements parisiens. Cependant le docteur Boisduval avait consacré toute une vaste chambre au logement de sa collection de Lépidoptères qui était du reste, à Paris, la plus importante de toutes. Je me souviens qu'au milieu de ce musée privé du docteur Boisduval s'élevait un gradin presque toujours chargé de jolies plantes fleuries.
C’est que Boisduval était un botaniste très renseigné
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et un amateur fervent de l’'Horticulture. Il lui plaisait de réjouir en toute saison ses yeux de la vue des plus belles fleurs; je n'ai point oublié les superbes bouquets de lilas qui ornaient parfois son cabinet et y apportaient une vision et un parfum de printemps, lorsque la rigueur de lhiver sévissait au dehors. Au déclin de sa vie, Boisduval habitait à Paris, rue des Fossés-Saint-Jacques, où j'allais souvent lui rendre visite. Les Entomologistes étrangers, en voyage à Paris, ne manquaient pas de se présenter chez le D° Boisduval où laccueil le plus affable leur était réservé. J'ai conservé le souvenir des honorables rencontres que Je fis maintes fois chez lui. À tous ses visiteurs, Boisduval présentait ses fleurs; il semblait même plus fier de ses connaissances horticoles que de sa science entomologique, et 1l s’arrêtait avec complaisance sur telle ou telle plante dont il aimait à détailler le charme et les particularités. Souvent nous nous rencontrions nombreux chez le docteur Boisduval, qui nous traitait avec la plus amicale bonhomie.
Que de fois, en compagnie de Fallou, d'Emmanuel Martin, de Depuiset, ai-je admiré les papillons alors si rares qui avaient été envoyés ou rapportés par Kindermann, Rambur, Dahl, Anderregg, Daube, Ménétriès, Lorquin, Goudot, Delegorgue, ou bien qui avaient été possédés par Latreille ou Dejean!
Boisduval et Guenée ont, chacun pour une part, collaboré au Species général des Lépidoplères. Tous deux étaient des lettrés et des savants; mais il semble qu'ils étaient comme l’antithèse l’un de l’autre. Boisduval avait la décision rapide et définitive ; 1l ne s’attardait guère au sujet qu'il traitait. Admirablement doué pour la synthèse, il avait facilement de larges vues d'ensemble. Guenée était plutôt analyste; le temps semblait avoir peu de
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valeur pour lui et il ne craignait pas de consacrer de longues heures à l'étude d’un détail dont Boisduval ne se serait pas préoccupé bien longtemps.
Ayant jadis beaucoup fréquenté les deux maîtres français de la Lépidoptérologie, étant devenu lacquéreur de leurs collections, continuant pour ainsi dire à vivre dans leur contact, puisque sans cesse mes yeux retrouvent leurs traces manuscrites, tant sur les étiquettes où 1ls ont précisé la détermination de leurs papillons que dans les annotations figurant sur les ouvrages feuilletés par eux avant moi, j'ai conservé fidèlement le respect de leur souvenir. Les personnalités si différentes de Boisduval et de Guenée sont toujours présentes à mon esprit; aussi, m'efforçant aujourd’hui de donner des renseignements impartiaux sur les traits essentiels du caractère des vieux savants qui collaborèrent au Species général des Lépidoptères, et dont le nom brilla d'un si vif éclat parmi les Entomologistes du milieu du dernier siècle, je me figure que je reste comme une transition entre les temps passés et les temps actuels.
Quelquefois je forme le projet d'écrire des sortes de mémoires dans lesquels seraient retracés les événements entomologiques d'autrefois et dépeints les hommes qui vivaient à l’époque de ma jeunesse. Quelques-uns mont favorisé de leurs conseils et plusieurs voulurent bien être mes amis. Je pourrais aussi parler des faits plus anciens et que je n'ai pas vus, mais dont la tradition m'a été transmise par ceux qui en avaient été les contemporains.
C’est ainsi que jai entendu si souvent parler de Feisthamel, de Pierret, de Rambur, de Daube, de Rippert de Beaugency, de Dardoin et de beaucoup d’autres amateurs français et étrangers, comme je puis moi-même
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parler aujourd’hui en connaissance de cause de Boisduval, de Guenée, de Millière, de Bellier de la Chavignerie, de Fallou, de Guiilemot, de Constant, de Lafaury, qui ont, avant moi, accompli leur destinée.
Quelle ardeur entomologique était la leur! Comme ils étaient actifs, vaillants, intrépides pour marcher! Quelles merveilleuses découvertes 1ls ont réalisées!
Il me semble que les jeunes générations pourraient trouver des enseignements et des exemples dans ces évocations d’un passé qui fut si laborieux, où le zèle était si grand et la fatigue de longs voyages si peu redoutée.
Aujourd'hui nous pouvons, grâce aux moyens rapides de communication, nous transporter à une grande distance sans beaucoup de peine, ni beaucoup de temps; mais si nous nous reportons, par la pensée, à l’époque où les chemins de fer et les automobiles ne sillonnaient point encore le monde, représentons-nous l’interminable longueur des voyages en diligence, surtout lorsque, comme Al. Pierret, on quittait Paris pour aller chasser les papillons dans les montagnes les plus reculées des Alpes ou des Pyrénées. Les Entomologistes de ce temps-là ne prenaient guère souci de leurs aises et, bravant toutes les fatigues et les incommodités, ils ne pensaient qu'aux progrès entomologiques à réaliser. C’est ainsi que Pierret père, par affection pour son fils Alexandre qui devait succomber à une maladie de poitrine, le 26 mai 1850, ne craignit pas d’aller jusque dans les Etats napolitains pour recueillir quelques exemplaires de la Melanargia Arge (Amphaitrile), si rare dans les collections, vers 1845.
Plusieurs fois, Guenée, en me parlant de Pierret dont il se plaisait à rappeler le très sympathique souvenir, me raconta qu'ayant appris l'existence d’une Æuchelia aco-
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beæ jaune, dans une collection de Strasbourg, Pierret n’hésita pas, en vue d'obtenir pour sa collection cette Aberration remarquable, à prendre à Paris la diligence pour Strasbourg et à entreprendre ainsi un voyage de plusieurs journées. Avant son départ, il ne s'était donné que le temps de réunir dans un carton qu’il emporta avec lui, une quantité de papillons rares susceptibles de compenser largement le sacrifice qu'il ne craignait pas d’aller demander à l'amateur alsacien.
Mais, avant de publier ces souvenirs du temps passé, je dois aborder un travail d'un autre ordre, qui me fera vivre en compagnie de Guenée, pendant bien des jours. Il me faut, pour rendre intelligible un ouvrage considérable, revoir, une à une, toutes les Espèces dont Guenée s'est occupé et, après une étude minutieuse, remettre à M. J. Culot les papillons destinés à être représentés. Je suivrai donc pas à pas les volumes IX et X du Species général ; je ne changerai rien à l’ordre, ni à la nomenclature; jJ'annoterai seulement à l’occasion; j'ajouterai des documents restés ignorés de Guenée et qu'il me paraîtra utile de faire connaitre sans plus attendre; mais j'aurai souci de respecter l’ordonnancement du grand travail produit en 1857, par le premier Entomologiste qui ait osé entreprendre l'étude des ?halénites du monde entier, après avoir vaillamment accompli, pour les Voctuélites, les Delloïides et les Pyralides, le même effort.
Jusqu'à la publication des volumes V, VI, VII, VIII, IX et X du Species général, nul, depuis Linné, n'avait cherché à classer l’universalité de ces papillons de nuit jusqu'alors si généralement dédaignés. En effet, si les amateurs du nulieu du XIX° siècle s’intéressaient à la faune d'Europe, ils négligeaient très généralement les
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Hétérocères exotiques, ainsi que je l'ai dit plus haut. Les rares échantillons qu'ils en possédaient dans leurs collections étaient tenus à part des autres, sans dénomination et souvent sans localité précise, tels des corps sans âme. Guenée eut le mérite de n'avoir pas reculé devant un travail immense, qui exigeait une contention d'esprit très prolongée et une persévérance qui ont droit à toute notre reconnaissance.
Le Species général étant un ouvrage d’un achat facile, je le suppose entre les mains de mes Lecteurs et je m'abstiendrai de faire réimprimer dans le Vol. V des Etudes de Lépidoplérologie comparée et dans ceux qui le suivront, le texte auquel il est s1 aisé de recourir dans les volumes IX et X du Species général. Je me bornerai à le commenter et surtout à l’éclairer au moyen de figures que je considère comme indispensables.
Pas de bonne figure à l'appui d'une descriplion, pas de nom valable, ai-je dit maintes fois déjà.
Grâce aux excellentes figures dues au talent si apprécié de M. Jules Culot, je m'efforcerai donc de rendre intelligibles et valables les descriptions écrites par Guenée et qu'aucune figuration n’a éclairées jusqu'ici.
Les explications que j'ai fournies, notamment dans la - Part. T du volume V des Æudes de Lépidoptérologie comparée, au sujet de ma résolution très arrêtée de considérer comme nulles et non avenues les descriptions sans figures, mont déjà valu des observations fort intéressantes. |
J'ai eu la satisfaction de voir un certain nombre d’'Entomologistes adhérer à ma proposition, sans aucune réserve, et même parfois dans les termes les plus chaleureux; mais Je dois à la vérité de dire que certains Lépi-
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doptérologues ont plaidé les circonstances atténuantes et invoqué notamment la tradition en faveur des descripteurs sans figures.
Un de mes jeunes amis, éditeur lui-même d’un ouvrage pourvu d’une figuration extrêmement remarquable sur les Papilionide et les Pieridæe de la faune paléarctique, m'a opposé une objection fort intéressante. « À cause du prix élevé auquel revient la publication des bonnes Planches coloriées, me dit ce distingué Naturaliste, ne craignez-vous pas qu'on vous reproche d’écarter les travaux des Entomologues qui ne possèdent pas les ressources financières suffisantes pour subvenir aux frais des Planches en question? »
Je répondrai que les Sociétés entomologiques, dans chaque Nation, ont pour but de pourvoir, aux lieu et place des Auteurs et grâce aux sommes fournies par les cotisations de leurs membres, à la publication du texte et des Planches des travaux qui leur sont remis.
Puis, je prierai mon correspondant d'observer que ce ne sont pas toujours les Entomologistes peu fortunés qui publient des ouvrages dépourvus de Planches. En effet, ce sont trop souvent les Auteurs les plus favorisés des dons de la fortune qui paraissent le moins disposés à se charger des soins et dépenses nécessaires pour éclairer par des figures explicatives leurs descriptions trop obscures.
Il ne me convient pas de citer les noms d’Entomologistes vivants, malgré les exemples très probants qui me sont offerts. Je préfère m'en tenir aux faits désormais historiques et j'invite mon jeune ami précité à considérer les œuvres de deux Lépidoptéristes dont le nom est justement illustre parmi nous : Cajetan Felder, qui fut bourgmestre de Vienne, et John Henry Leech, l'organisateur du voyage
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de Pratt et Kricheldorff en Chine, le long des rives du fleuve Vang-tsé-Kiang et jusqu'aux frontières sino-thibétaines. Tous deux, Felder et Leech, ont publié des figures superbes qui ne laissent généralement aucune hésitation quant à l'identification des Espèces représentées, aussi bien dans Reise der Fregatte Novara que dans Puiterflies from China, etc.
Mais si Feldertet Leech -ont eutlemérnitesdentaire paraître une figuration excellente, ils ont eu le tort de publier une foule de descriptions d'Espèces dont, par négligence sans doute, ils n’ont pas donné la figure. Je déclare avoir été inhabile à comprendre quoi que ce soit aux descriptions écrites par Felder, dans le Vol. I, Rhopalocera, de Novara et dans d’autres ouvrages beaucoup moins importants; de même je ne puis rien déterminer d’après les descriptions que Leech fit imprimer dans 7e Annals and Magazine of Natural History, 1897. Cette dernière publication concerne les Phalénites de la faune sino-thibétaine. On peut aisément identifier les Geometræ dont le dessin est imprimé en noir dans cette publication périodique; mais je considère comme incompréhensibles les nombreuses descriptions de papillons de cette famille que n’accompagne aucune figure. Aussi, je n'en puis tenir aucun compte, au cours du travail qui va suivre.
Personne, je pense, ne peut attribuer à un manque de ressources financières, pas plus chez Felder que chez Leech, l'absence de figures pour une partie notable des Espèces qu'ils ont décrites.
Je continue à solliciter, au sujet de ma proposition, l'expression de toutes les opinions, afin qu’elles deviennent assez exactement connues pour faire au Congrès d'Oxford,
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en 1912, l’objet d’un examen approfondi et d’une discussion publique.
L’excellence de la cause que je défends avec la plus énergique et persévérante conviction me fait espérer qu’à Oxford je pourrai rallier la grande majorité des Lépidoptéristes pour l'adoption du principe : Pas de bonne figure à l'appui d'une description, pas de nom valable.
Déjà aujourd’hui personne ne peut prétendre, avec quelque apparence de raison, que la figure n’est pas très utile pour faire comprendre une description. Il suffira de reconnaître que la figure n’est pas seulement très utile, mais qu'elle est wécessaire. Ainsi nous sauverons la Nomenclature entomologique de l’irrémédiable et inextricable désordre. Je n'ai point d'autre ambition que de concourir à rendre à la Science un aussi signalé service.
Aix-en-Savoie, Juin 1911.
CrHares OBERTHUR.
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e Guenée divisa les Phalénites en 26 familles, savoir :
POURAPIERYD A 0... Espèces 1:à 70
PT ENNOMEDÆ D mure cer bee —- 77 à 285 III. — ŒNOCHROMIDÆ ................... —— 286 à 293 DV AMPHIDA SUD EE. — 294 à 318 NB OARMID Eee csmese 319 à 511 VIE VBOLETOPIDÆ 2... eee — DI2Va DTA VIT NCGEOMECRIDÆ 2 eee — 515 à 621 VITI-Æ= MECOCERYDÆ un A. — 622 à 625 ER PARA D RS n nee ossuttete —— 626 à 649 Xe. ÉPAVRIDE 0 créer eme — 650 à 6093
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La 1° Famille : URAPTERYDÆ, contient 12 Genres qui sont : Urapteryx, Leach; Ripula, Gn.; Chœrodes, Gn.; Idiodes, Gn.; Cirsodes, Gn.; Sabulodes, Gn.; Eutrapela, Hbn.; Mucronodes, Gn.; Cimicodes, Gn.; Clysia, Gn.; Oxydia, Gn.; Cyclidia, Gn.
L'histoire de ces 12 Genres est contenue dans le tome I des Uranides et Phalénites (1X° du Species général des Lépidoptères), depuis la page 26 jusqu’à la page 63.
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