IX. — Famille PALYAD^E
Dans le genre Eumelea, non créé par Guenée, mais mis en kimière et utilisé par cet Auteur, les Espèces suivantes sont classées et ont été recensées :
126 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
N" 626. — Euuielea Rosalïata, Cramer, — Guenée {Sp. G., p. 392) ; Amboine.
N° 627. — Eumelea Florinata^ Guenée [Sp. G., p. 392, 393); Java.
N'' 628. — Eumelea Felïciata, Guenée {Sp. G., p. 393); Silhet, Manille.
N° 629. — Eujuelea Ludovicata, Guenée {S p. G., p. 393); Ceylan, Inde centrale.
]N° 630. — Eîinielea Vulpenaria, Cramer, — Guenée (Sp. G., P- 393. 394); Nord de l'Inde.
N" 631. — Eumelea Aureliata, Guenée {Sp. G., Atlas, PL 22, %'• 6, p. 394) ; Ceylan.
N" 632. - Eumelea Hortensïata, Guenée {Sp. G., p. 394); Bornéo.
N" 633. — Eumelea Eugeniata, Guenée {Fimbnata, Cramer) — {S p. G., p. 394; 395) ; Ambome.
Les Eumelea qui constituent la série commençant à Rosaliata et jusqu'à et y compris Aureliata, présentent de multiples variations, la couleur du fond des ailes étant tantôt rouge, tantôt jaune, tantôt rouge et jaune et offrant en outre des colorations de rouge et de jaune très diverses; Rosaliata, Florinata, Feliciata, Ludovicata, Y idpenaria, Aureliata pourraient bien appartenir à une seule et même Espèce, fertile en variations; il y a cependant plusieurs Espèces à.^ Eumelea très distinctes; car les découvertes récentes faites par les chasseurs Doherty et Meek en Papouasie, Dodd en Australie, ont démontré qu'il existe, à côté d'une Espèce peut-être protéiforme, très répandue dans le continent, l'archipel indien, et en diverses îles de l'Océanie, des Espèces spéciales, très distinctes, offrant des caractères spécifiques saillants et indubitables.
Guenée n'a pas connu ces Espèces qui n'étaient pas même soupçonnées de son temps; mais il me paraît utile d'exposer une
LEPIDOPTÉROLOGIE COMPAREE 12/
révision sommaire du travail de Guenée et des nombreuses créations d'Espèces qu'il a cru devoir réaliser.
I" Rosahata, Cramer (PL CCCLXVIII, fig. F).
Guenée a parfaitement remarque les caractères indiqués dans la figure de RosaUata, Cramer, et les a nettement définis {S p. G., p. 392). Je ne possède aucun exemplaire qui soit exactement référable à la figure publiée par Cramer, bien que j'aie reçu d'Amboine, patrie de Rosaliata, plusieurs exemplaires de Phalénites du genre Eumelea.
2° Florinata, Guenée {Sp. G., p. 392, 393); Java.
Très bien décrite par Guenée.
L'exemplaire de Guenée que je remets comme modèle pour la figuration est frais et entier quant à ses ailes; il est incomplet quant à ses antennes et à son corps. Je fournis à M. Culot, pour le dessin de Florinata, un exemplaire de Nord-Bornéo semblable, en ce qui concerne les ailes, au spécimen typicnm de Guenée, mais complet pour ses antennes et son corps.
3° Feliciata, Guenée {Sp. G., p. 393 ; Silhet, Manille. Je fais figurer l'exemplaire du Silhet.
4" Lndovicata, Guenée {Sp. G., p. 393) ; Ceylan, Inde. L'individu qui a servi de modèle à la figuration, dans le présent ouvrage, porte à l'étiquette : Ceylan.
5" VuLpenana, Cramer (PI. CCCC, fig. O et P).
Guenée fut, dans la détermination qu'il se fit pour lui-même, relativement à Y ulpenaria, beaucoup moins scrupuleux qu'en ce qui concerne RosaUata. Le papillon qui se trouve dans la collection de Guenée avec l'étiquette Vidpenana, n'a c}ue des rapports éloignés avec la figuration donnée par Cramer. Quant à la Q, à fond des ailes jaune que Guenée apparie avec le prétendu Vîilpenaria cf, Cramer, je me demande comment Guenée peut justifier cette combinaison. Je fais figurer le papillon c]ue Guenée a rapporté comme Q à V ulpenaria, Cramer, en l'identi liant à Gravidata, Fabr.
128 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
6° Aiireliata, Guenée {Sp. G., p. 394) ; Ceylan.
Bien figurée, conforme au papillon type dans Y Atlas du Species Général, PI. 22, fig. 6.
7° Horlcnsiata, Guenée iSp. G., p. 394, 395); Bornéo.
Ne peut pas spécifiquement être alliée à Rosaliata et suivantes.
C'est une Espèce très distincte dont je fais figurer les débris du lype, en facilitant la tâche de M. Culot par la communication d'un exemplaire très bien conservé et entier, semblable au spécimen type de Guenée et provenant de Nord-Bornéo.
Pas plus que Guenée, je ne connais Eugeniata, Cramer (PI. CCCXCVIII, fig. N), C'est une Espèce voisine d'Hortensiata, mais paraissant distincte.
N" 634. — Palyas Pertextaria, Huebner, — Guenée ^^p- G., P- 395); Guyane.
Bien figurée par Huebner sous les n°^ 239 et 240 de Zutraege zitr Sammlung exotischer Schmetterlinge.
L'Espèce ne paraît pas rare à la Guyane française où on la trouve en même temps que Pallicosta, Felder et Rogenhofer, ei la violette Abîmai a, Feld. et Rog. Celle-ci paraît la plus rare.
N° 635. — Palyas Perlinibata, Guenée {Sp. G., p. 396) ; Patrie ?
Je suis porté à croire que Palyas Perlimbaia, dont je fais figurer le cf typicuni spécimen, provient d'Afrique équatoriale; car je possède deux cf d'une forme un peu plus obscure, provenant l'un de Loango, l'autre de Ogruga (Niger); j'appelle cette forme grisescens et je fais représenter l'échantillon de Loango, avec le typicum spécimen Gitenéeanimt.
N" 636. - — Palyas Aurata, Guenée {Aura, Cramer) • — {Sp. G., p. 396) ; Cayenne, Surinam, Brésil.
L'Espèce a été figurée par Cramer avec le nom de Aura, modifié par Guenée en Aurata, sous la lettre F de la PL LUI, er par Huebner, dans Zutraege, sous les 11°'' 591 et 592.
Tout près à.' Aurata, Guenée, assez commune en Amérique tropicale, se placent deux autres Espèces de Palyas, l'une que j'appelle Dïvitaria et que je fais représenter dans le présent
LEPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE I 29
ouvrage, d'après un très bel exemplaire de l'île Portai, au Maroni (ancienne collection Constant Bar). Cette nouvelle Palyas Dïvïtaria est plus grande et a les ailes plus allongées que Aurai a à laquelle elle ressemble beaucoup, mais dont elle diffère nettement parce que près du bord costal des ailes supérieures, en dessus, il y a deux traits dorés au îieti d'un et parce que la ligne submarginale, dorée, aux supérieures, en dessus, décrit une courbe qui la fait aboutir au point noir pupille d'or, sous-costal. Aux inférieures, la ligne marginale dorée est interrompue chez Divitaria, presque au milieu, par un point noir pupille d'or qui reste isolé. Je possède deux çS de Divitaria et seize exemplaires à.' Aiiraîa.
L'autre Palyas désignée sous le nom de Locuples, Obthr., diffère nettement des Atirata figurées par Cramer et par Huebner, en ce que la ligne marginale de points noir doré, aux ailes supérieures, en dessus, considérée en partant de l'angle interne et en remontant vers l'angle apical, se sépare en deux parties, avant d'atteindre l'apex, et en décrivant alors une courbe vers le trait souscostal doré dont l'extrémité se trouve en jonction avec le dernier des deux points apicaux d'un noir doré.
Je possède dix-neuf exemplaires de Locuples provenant de La Chima (Equateur) et de l'île Portai, au Maroni.
Pour la comparaison, je fais représenter de nouveau Aurata, Cramer et Huebner, avec Divitaria et Locuples, de façon qu'il soit facile d'apprécier les différences spécifiques entre les trois Palyas.
La couleur abricot du fond des ailes est plus rougeâtre chez Locuples et plus pâle chez Divitaria.
N" 637. — Palyas Iniperata, Guenée {Fimbriaria, Cramer) — {Sp. G ., p. 396) ; Surinam.
N" 638. — Palyas Institata, Guenée (^Fiinbrialis, Stoll), • — • (5/. G., p. 397) ; Surinam.
Guenée explique qu'il a cru devoir changer les deux noms initialement donnés aux Phalénites précités, parce que, dit-il, c( c'est
I30 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
un de ceux dont on a fait le plus grand abus )>\ il s'agit de Fiinbrïana et Finibrialis.
Si je considère les figures C de la PI. CCCXLVIII et 4 de la PL XVI, dans l'ouvrage de Cramer et le Supplément par Stoll, je constate que Fimbriaria, Cramer (CCCXLVIII, fi.g. C) et Fhnbïialïs, Stoll \SufpL., XVI, lig. 4) sont deux Espèces bien différentes l'une de l'autre et dont Guenée semble avoir très bien saisi et exposé les caractères, tels que les dépeignent les figures en question. Mais si j'envisage les documents qui sont réunis dans ma collection, je suis porté à penser que le groupe auquel appartient Fiinbnaria contient probablement au moins deux Espèces non encore distinguées entre elles.
En effet, je constate que certains exemplaires de Fimbrïana présentent, comme dans la figure C de la PI. CCCXLVIII, leurs ailes marginées par une bordure épaisse; et, non seulement le bord terminal des quatre ailes se trouve assez largement liséré de brun avec un filet d'or, mais la côte elle-même est lisérée, plus étroitement, jl est vrai, de brun et d'or.
D'autre part, d'autres échantillons, des provenances les plus diverses de l'Amérique tropicale, se distinguent des Fimbriaria par l'étroitesse de leur bordure marginale, brune, ponctuée d'or; mais, de plus, ils ont les ailes porngées vers l'apex et non pas arrondies comme chez Fimbriaria. J'ai distingué par le nom de Strict efimbriaria cette Espèce qui ne me semble pas avoir été figurée jusqu'ici.
Les hommes n'apprécient pas tous les couleurs de la même manière. Je vois en or, sur un fond brun, la bordure des ailes chez Fimbriaria; M. Druce [Biolog. Centr. Ajncr., p. 100, loi) juge que ce qui, suivant moi, est or, est plutôt argent, et il écrit : « Cramer' s figure of C. Fimbriaria (t. 348, fig. C) shows only one row of submarginal silvery spot.s, not two, as stated by Mr. Butler when he described C. fcecihnidia as a distinct species ' ».
Il y aurait donc une Espèce Pœcilniidia, qui se distinguerait par deux rangées, au lieu d'une, de taches argentées. Mais, en
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE ' 131
regardant avec le microscope binoculaire, on s'aperçoit qu'il y a bien chez Fïmbrïaria deu-x « rows of submarginal spots )>; la première rangée, interne, est continue, non mterrompue ; elle borde la partie brune en dedans ; la deuxième rangée est bien formée d'une série de taches dorées, allongées, contiguës au bord marginal. Cependant le microscope est utile pour distinguer les deux lignes dorées.
M. Herbert Druce ajoute {loc. cit., p. loi) : (( The séries of over eighty spécimens before me vary very slightly m ihe width of the outer margin ».
Je suis d'accord pour trouver la variation très légère et je ne trouve aucune transition entre Phubriaria et Strict ejunànana.
Je fais donc figurer une Ç Palyas Imferata, Guenée {b'ïnibïïaria, Cramer), de Cachimbo (Prov. Rahia) ; un cf Falyas Strict efimbriaria, de S. Paulo d'Olivença, et une Q de la Guyaae française; enfin un çS de Chochabamba, avec deux séries médianes de points noirs infiniment petits sur le milieu des ailes, décrivant deux légères courbes depuis les environs du bord costal des supérieures jusqu'au bord anal des inférieures et présentant la variété niinittepunctar'ia de Strictefiiubriana.
Guenée place ensuite le Genre Ophtliahnophora. Les Espèces paraissent nombreuses et délicieusement décorées d'argent ou d'or. Ces Phalénites sont aussi richement ornées de points et lignes métalliques que les Lycœnidœ des Genres Hypochrysops et Thysonotis.
N" 63g. — 0 plitJialmophora Alectaria, Guenée {Sp. G., p. 397, 398); Brésil ?
N" 640. - 0 plithalmopliora Pamphilaria, Guenée {Sp. G., p. 398); Brésil ?
N" 641. — Ophthahnophora Lyllarin, Guenée {Sp. G., p. 398); Brésil ?
Ces trois Espèces ne sont représentées, chacune, que par un seul exemplaire; mais, comme le dit Guenée, ils sont passés,
132 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
déflorés et on n'ose préciser leur couleur primitive. Je n'ai jamais rien reçu qui pût être assimilé spéciflquement à aucune des trois Espèces précitées; mais d'après une quatrième Espèce, sans doute voisine des trois autres, et dont je possède un exemplaire très frais d'Iquitos {Epichrysops, Obthr.), le fond des ailes des O phthalniophora, quand les papillons sont frais, est plutôt d'un beau jaune d'or.
N" 642. - — O phthalniophora Connnaria, Guenée {^p. G., Atlas, PI. II, ûg. 10, p. 398, 399); Brésil.
Guenée ne possédait pas cet 0 phthahnophora; ma collection renferme un très beau cf de Muzo et une Q de la Guyane française, conformes, tous les deux, à la figure et à la description publiées par Guenée.
Coïinnarïa ressemble beaucoup à Bella, Druce {Biologia Centr. Aineric, PI. 50, fig. 23), dont je possède cinq exemplaires de l'Equateur. Mais, chez C orinnarïa, la bande blanchâtre, le long du bord interne des ailes supérieures, en dessus, est contiguë au bord lui-même, taudis que chez Bella, cette bande se détache du bord interne et se relève au voisinage de l'angle interne, de façon à devenir un peu oblique; elle est alors séparée du bord interne par un espace ocre jaune.
N'' 643. — Ophthahnopliora Aniabilïata, Guenée {Ajiiabilis, Cramer) — (.S/. G., p. 399) ; Surinam.
Guenée a changé le nom Ainabilis, Cramer, en celui A' Aniabilïata, ainsi qu'il a coutume de faire au cours de son ouvrage sur les Phalénites.
L'Espèce ne figurait pas dans la collection Guenée; j'en possède un exemplaire bien exactement réf érable à la ligure publiée sous la lettre G de la PI. CXII, dans l'ouvrage du vieux maître hollandais. Cet exemplaire provient de l'île Portai, au Maroni.
N" 644. — 0 phthalniophora Forniosantata, Guenée {t orniosante. Cramer) — (5/». G., p. 399) ; Surinam.
Encore un nom craménen dont la terminaison a été modifiée par Guenée. Ce n'est point sur la PI. 147, comme l'imprime à tort
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 133
Guenée dans le Species Général, qu'est représenté Forviosante en l'ouvrage de Cramer, mais bien sous la lettre G de la PI. CCXLVIl. Guenée ne possédait pas Forviosante ; je crois avoir reçu de l'île Portai, au Maroni, un cf réf érable à Formosante, Espèce caractérisée par la ligne blanche souscostale des supérieures, en dessus, laquelle ligne blanche se termine par un empâtement blanc avant d'atteindre l'apex; le bord ni terne est aussi lavé de blanc, mais pas jusqu'à l'angle interne. Les ailes inférieures ont un ocelle noir, cerclé de jaunâtre, pupille d'une tache métallique argentée avec un reflet lilas ; dans la ligne courbe argentée submarginale, se trouve un autre petit ocelle situé juste au-dessous de l'ocelle précité. Le dessous des ailes est d'un gris soyeux uniforme.
Il y a beaucoup d'Espèces à' 0 phthalmophora et de Byssodes. Toutes sont richement décorées de lignes et d'ocelles métalliques. Depuis Guenée, elles ne paraissent pas avoir été l'objet d'une révision générale, ni d'une figuration permettant de distinguer spécifiquement entre elles les nombreuses Espèces que nous sommes parvenus à connaître. Rudolf Felder et Alois F. Rogenhofer, dans Reise der oesterr. Fregatte Isl ovara {Lepidoptera- Heterocerd) ne figurent pas une seule FhnUnïte du Genre Ophthahnophora; au contraire, Herbert Druce, dans Biologia C entrali-Americana, représente plusieurs Espèces de ce joli Genre; mais, comme l'indique le titre de l'ouvrage, l'Auteur n'étend pas ses études au delà de la faune américaine comprise entre les frontières méridionales des Etats-Unis de l'Amérique du Nord et la Nouvelle-Grenade; or. c'est surtout depuis la Colombie et le Venezuela jusqu'au sud du Brésil, que les 0 phthalmophora et les Byssodes paraissent être répandues en assez grand nombre.
Il convient d'observer que chez les 0 phthalmophora et les Byssodes, les cf de certaines Espèces ont les antennes filiformes, tandis que les cf de plusieurs autres Espèces ont les antennes légèrement pectinées. Guenée {Sp. G., p. 397 et 399), dans l'énoncé des caractères génériques de ces deux Genres, les définit comme
134 LÉPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE
suit : i" O phthalnwphora : u Antennes des rf tantôt simplement pubescentes, tantôt garnies de lames couchées l'une sur l'autre » ; 2° Byssodex : « Antennes peu longues (pour cette famille) ; celles du cf garnies de lames très courtes qui ne vont pas jusqu'au sommet ».
Je crois que les Espèces ci-dessous mentionnées n'ont pas encore été figurées et dès lors ne jouissent d'aucune dénomination spéciiique régulière, ni d'aucun signalement susceptible de les faire exactement reconnaître.
Grâce aux figures exécutées par M. J. Culot, il sera, dans le présent ouvrage, pourvu à l'établissement de ce qu'on peut appeler un é^al civil pour quelques-unes des Espèces de ces deux Genres, si admirablement et richement décorés, Ofhthahnophora et ByssGcles.
1° 0-phthalmofhora Archidiaria, Obthr. ; Bolivie et Pérou.
Archidius était fils de Tégéates, lui-même fils de Lycaon, fondateur de Tégée.
cf. Antennes pectinées; corpt;. et ailes d'un brun clair en dessus; la côte des supérieures d'un blanc jaunâtre; sur la côte, on voit une tache triangulaire blanchâtre dont la base est contiguë à la côte et dont le sommet est joint à une ligne également blanchâtre, légèrement courbe, descendant rejoindre au bord interne le trait blanchâtre assez large qui commence un peu plus loin que l'espace basilaire et aboutit à l'angle interne. Il y a un trait cellulaire droit, blanchâtre.
Aux ailes inférieures, en dessus, il y a près de la base, mais en dehors d'un petit espace basilaire brun, un trait blanchâtre oblique, net, droit, allant du bord anal au bord costal; de plus, un liséré submarginal doré est parallèle au bord terminal et une série droite de trois points noirs pupilles d'or brille sur le milieu des ailes. Enfin, on distingue une ombre brune plus foncée que le fond, courte, près du bord costal, située entre la série des trois points brillants et la ligne blanchâtre subbasilaire.
Le dessous ei?t d'un blanc grisâtre soyeux; sur les inférieures.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE I35
on distingue la transparence de la série des trois points brillants du dessus; le bord terminal des ailes supérieures est largement lavé d'un brun roux clair.
Feu P. Germain a capturé V O phthalmo phora Archïdïaria à Cochabamba; Oswald Schuncke m'a envoyé un cf de Chanchamayo; mais cet exemplaire péruvien n'est pas aussi frais que celui de Bolivie. Du reste, il semble un peu différer; notamment le bord costal de l'échantillon de Chanchamayo n'est pas lavé de blanchâtre^ et la tache rousse costale des ailes inférieures est remplacée par un point brillant. Le dessous des ailes est pareil. J'ai distingué la race péruvienne par le nom de var. Peruviœ.
2° 0 phthahno phora Ainphissana, Obthr. ; Pérou, Paraguay central ; Sud-Brésil.
Le nom Amphissaria vient de Ainphissa, fille de Macar, fils d'Eole, aimée d'Apollon, qui donna son nom à la ville d'Amphissa, en Locride.
Je possède quatre cf et deux Q. Le C? a les antennes légèrement pectinées; le fond des ailes est, en dessus, d'un brun chocolat plus foncé que chez Archidiaria. Aux supérieures, la côte n'est pas blanche; mais une tache triangulaire d'un jaune nankin est contiguë à la côte et ne semble pas liée par un trait à la tache de même couleur contiguë au bord interne et située au milieu, assez juste au-dessous de la tache costale. Aux inférieures, il y a, comme chez Archidiaria, un trait subbasilaire et une tache costale; mais ils sont brillants tous les deux chez Amphissaria. De plus, on distingue une tache orange entre les deux traits brillants précités. Les ailes inférieures sont lisérées, parallèlement au bord terminal, d'un filet d'or interrompu dans son milieu par une sorte de tête de clou doré. Dans le voisinage de l'angle apical, mais en arrière du liséré d'or submarginal, il y a un ocelle noir cerclé de jaune et centralement pupille de bleu doré. L'espace compris entre le liséré d'or et le bord terminal est orangé. Le dessous des ailes est uniformément brun café au lait chez la Q ; chez le cf le fond des ailes est plus pâle ; on distingue une
136 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
éclaircie jaunâtre à la place de la tache costale; le bord anal des ailes inférieures est velu. La frange des quatre ailes est un peu plus pâle que la couleur du fond.
Je fais représenter un cf qui provient de Huambo et une Q qui fut prise au Paraguay central par feu P. Germain.
3" 0 pJithaliiwphora Aniphistrataria, Obthr. ; Bolivie.
Amphistrate était un des cochers d'Hercule.
Je possède quatre cf ; ils ont les antennes légèrement pectinées; la taille de Aniphistrataria est plus grande que chez les Espèces précédentes; le fond des ailes est, en dessus, d'un gris foncé; les supérieures sont coupées, du bord costal à l'angle interne, par une bande blanche, large, oblique; les inférieures ont un gros ocelle noir, cerclé de jaune, pupille de bleu argenté; mais la pupillation ne se trouve pas placée sur le milieu de l'ocelle noir qui, lui-même, est en forme de poire. Le liséré subterminal est formé de lignes argentées, interrompues. L'ocelle noir est surmonté, vers l'intérieur de l'aile, d'un sourcil d'argent. Près de la base des inférieures, on distingue une ligne oblique subbasilaire de teinte plus foncée que le fond, et au delà une ombre un peu rougeâtre et argentée.
Le dessous est d'un gris plus clair que le dessus des ailes; on y voit la même bande blanche, oblique, mais plus élargie qu'en dessus.
4° 0 phthahnophora Albanaria, Obthr.; Pérou.
Alban'a est un des noms de Junon, honorée à Albe.
Le cf a les antennes pectinées; elles sont d'un brun foncé; le fond des ailes, en dessus, est d'un blanc laiteux ; les supérieures sont traversées par deux ombres d'un brun clair, remontant d'abord en direction droite, depuis le bord interne, et s'infléchissant en courbe pour atteindre le bord costal. La côte est finement brunie ainsi que le bord terminal. Aux inférieures, on aperçoit une première ligne d'un brun clair, oblique, droite, allant du bord costal au bord anal; puis un obscurcissement général, dû à un semis épais d'atomes d'un brun clair; cet obscurcisse-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 13/
ment occupe toute la moitié extérieure des ailes jusqu'au bord terminal et c'est dans l'obscurcissement en question que l'on distingue l'ocelle noir bipupillé d'argent, au delà duquel la chaîne d'argent, limitrophe du bord terminal, entoure le bord extérieur des ailes inférieures, depuis l'angle apical à l'angle anal. Cette chaîne est formée de chaînons au milieu desquels il y a un clou noir pu}iillé d'argent
Le dessous des quatre ailes est blanc avec le bord costal des supérieures d'un brun clair. L'ocelle noir des ailes se voit par transparence du dessus.
L'individu figuré dans cet ouvrage vient de Chachapoyas, où il a été capturé par de Mathan.
5'' Ofhthahnofhora Virginalis, Obthr. ; Bolivie.
Forme générale et surtout faciès des 0 phthabnophora ; antennes du cf pectmées, brun clair; les ailes, en dessus et en dessous, d'un blanc soyeux, un peu irisé. Tête, collier, corps d'un blanc pur ; yeux noirs ; côte des supérieures brune en dessous.
Je crois que cette Phalène, malgré ses ailes inférieures anguleuses, et bien qu'elle soit sans taches et sans ocelles, est cependant référable au Genre Ophthalmophora, ayant tout à fait l'aspect général des Espèces de ce Groupe. Il semble que Ophthalmophora Lyonctana, Snellen {Opgave der Gcometrina, etc., in Nieircv-Granada, en op 5' Thomas en Jainaica, verzameld door W. Baron von Nolcken, doof P. C. T. Snellen), dans Tijdschrift voor Entomologie, 1874, p. 44 et 45, PI. 3, fig. 6, soit la transition entre les autres Espèces à' Ophthalmophora, si richement décorées, et la très simple et modeste Virginalis. En effet, Lyonetaria, d'après Snellen, est d'un brun unicolore, avec un seul ocelle noir, finement cerclé et pupille, de sorte que l'ocelle en question et la ligne blanchâtre, subbasilaire, oblique, des ailes inférieures est le seul caractère que Lyonetaria présente en plus de Virginalis. Je n'ignore pas que ce caractère est significatif et que Virginalis ne le possédant en aucune façon, son classement parmi les Ophthalmophora peut paraître contestable. J'ai cepen-
LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE
dant l'impression que Y ir ginalis ne détonne pas (qu'on me pardonne une expression peut-être peu usitée!) parmi les OfhthalviopJiora.
6" 0 phtlialniophora Amphiarïa, Obthr. ; Sud-Brésil.
Son nom vient d' Aniphius, Troyen tué par Ajax, fils de Télamon.
Le cf a les antennes en fil ; l'Espèce est caractérisée par la dentelure du bord des ailes et la saillie des nervures, ce cjui donne un aspect gaufré à la surface générale des ailes. Le fond des ailes, en dessus, est d'un brun roux clair; la côte des supérieures est blanchâtre jusqu'à un triangle blanc jaunâtre dont la base est appuyée au bord costal et dont le sommet est joint à une double ligne brune, légèrement courbe, qui aboutit à la tête d'une tache jaunâtre formant un demi-ovale dont le diamètre est assis sur le bord interne. Aux inférieures, le trait oblique, subbasilaire, jaune pâle, est, vers le bord costal, lié à une tache jaune costale, séparée par un espace brun, d'une autre tache jaune surmontant le plus gros ocelle noir pupille d'argent qui est lui-même suivi d'une petite série d'ocelles noirs également pupilles d'argent doré, en arrière du liséré d'or subterminal. La frange, une et courte, est jaune.
Le dessous des ailes est d'un jaunâtre soyeux au centre et légèrement bruni au bord. On voit, par transparence du dessus, aux inférieures, la série des points brillants.
L'exemplaire figuré vient de Sainte-Catherine.
7° Ophthalmophora Pliitus, Obthr. ; Matto-Grosso (Brésil). 8° Ophihalr.iophora Crœsiis, Obthr. ; Matto-Grosso. 9" Ophlhahnophora Lydtîis, Obthr. ; Matto-Grosso.
Ce sont trois Espèces de la même provenance, très voisines les unes des autres, mais paraissant très distinctes. Ma collection contient six Phitus, deux Crœsus et deux Lydms ; chez les trois Espèces en question, les exemplaires qui sont référables à chacune d'elles sont parfaitement semblables entre eux et ne présentent aucune transition.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 139
Lydhis a le fond des ailes d'un jaune d'ivoire ou nankni pâle; Plittîis est caractérisé par le fond de ses ailes d'un gris perle rosé; les ailes inférieures paraissent d'un rose saumon. Crœsits a le fond des ailes entièrement gris. Les antennes des cf sont filiformes chez les trois Lydiiis, Phitiis et Crœsiis.
Toutes les trois Espèces ont, aux ailes inférieures, en dessus, l'ocelle noir, cerclé de jaune, accompagné d'une tache métallic^ue paraissant en relief, argentée avec un reflet de couleur lilas chez Pliitus, verdâtre chez Crœsus, tandis que chez Lydms, la tache métallique est comme une tête de clou doré.
Aux ailes supérieures, Phttus présente, près du bord costal et de l'angle apical, trois taches d'argent rosé, posées en trépied; Crœsus et Lydius montrent seulement deux de ces taches, noires, soulignées extérieurement d'argent rosé.
Je dois faire observer que les taches en question paraissent ou ne paraissent pas noires, selon l'incidence de la lumière.
De plus, sous une certaine incidence de lumière, les ornements métalliques du dessus des ailes, chez Phitus et Crœsus, paraissent verts.
Au-dessous des trois taches en trépied, le long du bord marginal des supérieures, Phitus est orné d'une série de quatre taches métalliques formant une ligne courbe; Crœsus et Lydius possèdent seulement trois de ces taches.
Sur le milieu des ailes supérieures, les trois Espèces sont décorées d'une tache argentée, longue, un peu sinueuse, descendant du bord costal vers Je bord interne; cette tache n'a pas absolument la même forme dans les trois Espèces, ainsi que le montrent les figures respectives; la base des ailes supérieures et des inférieures est saupoudrée d'une poussière métallique.
Au.x ailes inférieures, devant l'ocelle qui se trouve très i approché du bord marginal, il y a une bande métallique qui descend de l'angle apical vers l'angle anal, lequel est lui-même largement métallique. La frange des ailes supérieures est de la même teinte que le fond des ailes, mais plus foncée; la frange des inférieures est assez large et d'un jaune clair.
140 LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE
Le dessous est d'un jaunâtre soyeux, avec le bord des ailes lavé de gris noirâtre, plus largement chez Pliitus, plus étroitement chez Crœsus, plus faiblement chez Lydiiis.
io° 0 pl'Jliabuophoya Bolivar i, Obthr. ; Balzapamba (Equateur).
Je possède trois çS et une Q.
Les antennes du cf sont pectinées. A part les antennes, les deux sexes sont semblables, la Q étant seulement un peu plus obscure. Le fond des ailes est d'un gris roux, en dessus; le bord costal n'est pas coloré en blanchâtre; mais le bord interne, depuis le milieu des ailes jusqu'à l'angle interne, est marqué d'un trait épais jaunâtre.
Aux inférieures, en dessus, le bord marginal, depuis l'angle apical jusqu'à l'origine de la série marginale de points métalliques, est assez largement teinté de jaune. L'ocelle est noir, assez gros, cerclé de jaune et accompagné, de chaque côté, d'un point métallique paraissant en relief. Le long du bord terminal, on distingue une petite série, comme linéaire, de points extrêmement brillants, allant jusqu'à l'angle anal et commençant au-dessous de l'ocelle ordinaire et au bout de l'espace fimbrial jaune. Près de la base des inférieures, il y a, en outre du trait métallique, oblique, une sorte de lavis métallique, paraissant sous une certaine incidence de lumière.
Le dessous est d'un gris perle soyeux dans les deux sexes; l'espace fimbrial jaune, aux ailes inférieures, transparaît du dessus.
Il" 0 phthalmophora Olivenzarïn, Obthr.; S. Paulo d'Olivença (Amazone).
Une seule Q. Ailes d'un gris rougeâtre; les supérieures concolores, c'est-à-dire avec le bord costal non pas blanc, mais de la teinte du fond; cependant le bord interne est marqué d'un gros trait blanc jaunâtre, commençant au milieu de l'aile et aboutissant à peine à l'angle interne. Une ligne décrivant une courbe assez harmonieuse, un peu plus claire que la teinte du fond des
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 141
ailes, descend du bord costal jusqu'au bord interne où elle rencontre le trait blanc jaunâtre, un peu avant l'angle interne.
Aux inférieures, le bord marginal est rouge, immédiatement en dehors de la ligne subterminale dorée; le trait subbasilaire oblique est large et métallique. Il y a, sur les ailes inférieures, deux ocelles noirs finement cerclés de jaune, pupilles d'or feu; le plus petit est contigu à la bordure marginale métallique. Vers l'angle anal, on distingue un semis d'atomes gris perle un peu métalliques.
Le dessous est d'un blanc grisâtre avec le bord des supérieures plus foncé et le gros ocelle transparaissant du dessus aux inférieures.
12" OphtJi:ih)iop]iora Eiisïrarïa, Obthr. ; Pérou. 13" OphtJialniophora Eiistyochana, Obthr.; Pérou.
Les deux Espèces viennent du Pérou; j'ai reçu cinq cf Eusiyocharia, de Chanchamayo, et seize exemplaires des deux sexes de Eusiraria, provenant de Huambo et Chanchamayo.
Les noms par lesquels je les désigne sont des noms empruntés à la Fable grecque : Eusïrus était fils de Neptune et de la Nymphe Idotea, et père de Terambus ; Eustyoche était femme de Phyleus et mère de Megès qui alla de Dulichium, avec 40 vaisseaux, au siège de Troie.
Les deux O phthalmophora Eusirana et Ensiyocharia sont voisines de Formosante, Cramer (CCXLVII, G) ; mais elles sont bien distinctes de Fonnosantc, notamment parce que la ligne blanchâtre, au bord costal et au bord interne des ailes supérieures, en dessus, au lieu de s'arrêter net, comme chez Formosante, avant d'atteindre l'angle apical et l'angle interne, partent de la base des ailes et vont jusqu'au bout des ailes se joindre à la frange qui est blanche chez Ensiyocharia et brunâtre chez Eusiraria.
Les ailes de Eustyocharia sont allongées, de couleur brun rouge; celles de Eusiraria n'ont pas une forme aussi étroite et sont d'une couleur brune moins rouge; aux supérieures, la bande
142 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
blanchâtre contiguë au bord interne, est plus large chez Eiisiraria; aux inférieures, le trait oblique, subbasilaire, est métallique, paraissant plus long chez Eustyocharia.
Le liséré marginal argenté, aux ailes inférieures, n'est pas le même dans les deux Espèces; l'aspect de Eusiraria paraît plus riche, d'autant plus que, sur le milieu des ailes, on distingue un semis d'atomes métalliques qui n'existe pas chez Eustyocharia.
Les deux Espèces ont deux ocelles sur les inférieures. Dans Eustyocharia, le plus petit ocelle est assez éloigné du liséré marginal métallique; dans Eusiraria, ce petit ocelle se trouve comme une tête de clou au milieu du liséré marginal brillant.
L'ocelle supérieur, noir, finement cerclé de jaune, couvert d'un reflet métallique, est plus grand chez Eusiraria que chez Eustyocharia. La frange des quatre ailes est blanc jaunâtre chez F^istyocharia, tandis que dans l'autre Espèce, seule, la frange des ailes inférieures est jaunâtre; le bord anal est blanchâtre et velu chez les deux Espèces.
Le dessous des deux Op/ithaiinophora Eustyocharia et Eusiraria est d'un blanc soyeux, avec le bord des supérieures lavé de gris noirâtre chez Eusiraria; au contraire, il semble que toute la surface des ailes supérieures, en dessous, soit lavée de gris noirâtre chez Eustyocharia; cependant, vers la base, la couleur grise est plus claire que vers l'extrémité des ailes.
Dans les deux Espèces, en dessus, le collier est blanc et le corps est de la couleur des ailes.
14" 0 phthalniophora Superaniabilis, Obthr. ; Bolivie, Pérou, Colombie.
Je dispose de onze exemplaires. Diffère à.' Amabilis, Cramer (CXII, G) par la plus grande largeur de la bande noirâtre qui, partant de la base des ailes, s'avance au travers des supérieures jusqu'au bord marginal. De plus, aux inférieures, un espace blanc pur, sans aucun semis d'atomes gris, occupe le bord marginal, en dehors de l'ocelle qui est noir, cerclé de jaune, pupille d'argent, à la base d'un angle brun, liséré d'argent, qui a son
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 143
sommet au l)ord costal. L'espace basilaire et le long" du bord costal sont blancs; le mdieu des ailes est finement sablé de gris; le bord margmal des ailes, jusqu'à l'angle anal, est lavé de brun clair et orné d'un liséré interrompu, métallique.
Les antennes du cf sont pectinées. On distingue un trait blanc sur l'abdomen, près de sa jonction au thorax. Le dessous des ailes est blanc avec l'apex des supérieures largement lavé de noir.
L'exemplaire qui sert de modèle à la figuration, dans le présent ouvrage, a été pris en Colombie, dans la Cordillièrc occidentale, près d'un lieu dit S. Antonio, par 1.700 mètres d'altitude.
15° OphtJïalniophora Prœamabdis, Obtlir. ; Para, S. Paulo d'Olivença (Amazones).
Diffère d'Aj/iaùilis, Cramer (CXII, G) parce que le bord costal des ailes supérieures est bien plus largement lavé de blanc depuis la base, jusqu'à l'apex, qui est lui-même blanc. Les antennes du cf sont filiformes.
Je fais figurer une Q Aniabïhs, Cramer, de l'île Portai, au Maroni, pour permettre la comparaison immédiate entre Ainabilisy Cramer, de Surinam, Prœamabilis, Obthr., de S. Paulo d'Olivença, et Sitperamabïlis, Obthr., de Colombie.
On remarquera, en outre, chez Amabilis, Cramer {Amabiliata, Guenée; Sp. G., p. 399), l'ocelle des ailes inférieures situé au bas de l'angle qui est formé par deux lignes métalliques; l'une, assez droite, naissant à peu près à la hauteur de l'ocelle et se dirigeant vers le bord costal qu'elle atteint; et l'autre, se développant le long du bord marginal, depuis le bord anal jusqu'au bord costal oti elle rencontre l'autre ligne et forme avec elle le sommet d'un angle aigu. Cette disposition des lignes métalliques est très bien représentée sur la ûg. G de la PL CXII, dans l'ouvrage de Cramer, et existe sur l'exemplaire de l'île Portai que j'ai déterminé Amabilis; mais elle ne s'observe nullement chez Prœamabilis. Dans cette dernière -Espèce, le fond des ailes inférieures est, sauf à la base et le long du bord anal, entièrement recouvert d'un semis d'atomes qui donne aux ailes un aspect général d'un gris
144 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
lilas, mélangé d'un peu de safran. L'oeelle noir, cerclé de jaune, bipupillé d'argent chez Prœamabilis (tandis qu'il est unipupillé chez Auiabilis), est précédé, du côté de la base, par deux taches d'argent, dont l'une est bilobée. Ces taches métalliques manquent chez Amabilis.
La détermination des 0 phihalmophora exige beaucoup de soin pour être correcte; Amabilis, PrœainabiLis et Super amabilis se ressemblent beaucoup; mais combien ces trois Espèces semblent différentes, si elles sont étudiées avec attention. Je pense que la figuration publiée dans le présent ouvrage assurera l'identification de quelques Espèces d'un des plus gracieux Genres de Phalénites sud-américaines.
J'aurais pu décrire un plus grand nombre d'Espèces d'après ma collection; mais il m'a paru important de ne faire figurer que des papillons en très bon état de conservation, sous peine de s'exposer à commettre des erreurs.
Les OpliiJialmupJiora A mabilis et Pneamabilis paraissent bien constantes. Je possède quatre exemplaires de Amabilis provenant de Para, S. Paulo d'Olivença et Ile Portai, au Maroni. Les deux cf de Prœamabilis contenus dans ma collection proviennent de S. Paulo d'Olivença.
Une superbe Espèce est celle que j'ai appelée Branickiaria et qui est figurée sous le n" 9 de la PL II, dans la VIL livraison des Etudes iP Entomologie. Je n'ai jamais reçu d'autre exemplaire que celui provenant de Huambo et ayant servi de modèle à la figure précitée.
Je termine donc l'examen du Genre 0 phtliahnophora par la description de l'Espèce suivante :
16° 0 phtlialmophora C ères, Obthr.
Ma collection contient une seule Q, de Caraça, au Brésil. Dessus des ailes uniformément jaune pâle; la côte des supérieures, le liséré marginal et trois lignes transversales descendant du bord costal au bord interne, formées d'atomes d'un brun pâle. La ligne médiane forme un Y dont la fourche est dirigée vers la
LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE I45
côte. Aux inférieures, les lignes des supérieures se prolongent; on aperçoit sur le milieu des ailes un semis d'or. L'ocelle noir, pupille d'or, se trouve au milieu d'un petit espace brun pâle, dans le haut de la ligne marginale qui, faisant suite à la ligne droite submarginale, transverse, des ailes supérieures, se développe le long du bord terminal des ailes inférieures.
Le dessous est d'un blanc jaunâtre soyeux; on voit en brun très pâle la transparence des lignes et de l'ocelle du dessus.
Après le Genre 0 phthalmophora, Guenée place le Genre Byssodcs, dont les Espèces sont tout aussi richement décorées d'ornements métalliques.
N" 645. — Byssodes Paradoxr.ta, Guenée (Sp. G., p. 400) ; Brésil ?
Je fais figurer le spécimen lypicinu de la collection Guenée.
N" 646. — Byssodes Cjdtaria, Huebner, — Guenée {Sp. G., p. 400) ; Cuba.
Je ne possède pas plus Cidtarïa que Guenée ne possédait luimême cette Espèce. Cidtaria, par l'ondulation du contour de ses ailes, rappelle VOphthalnwpJiora Amphiaria, Obthr., dont le bord des ailes est également dentelé.
La figure de Cidtarïa est publiée sous les n"-^ 751 et 752, dans Zutraege ziir Sarnnilnng exotischer Schmelierlinge, von Jacob Hiibner. La notice sur Cultaria (Genre Phrygionis, selon Hiibner), nous apprend (p. 34 et 35) que c'est Escher Zollikofer qui lui a communiqué l'exemplaire (( parfaitement bien reçu de Cuba >».
N" 647. — Byssodes Politidata, Guenée {Fohta, Cramer, CCLXXVI, F; Politata, Stoll, XXXI, 4) — {Sp. G., p. 400, 401) ; Surinam.
N" 648. — Byssodes Argent ala, Drury, '-— Guenée {S p. G., p. 401) ; Jamaïque.
N° 649. — Byssodes Privignaria, Guenée, {Sp. G., p. 401); Martinique.
146 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Guenée ne possédait aucune Espèce des Byssodes ci-dessus énumérées. A cet inventan'e des Espèces de Byssodes, il convient d'ajouter Byssodes Approprïata, Druce (Biol. Centr. Amer., PL 50, fig. 25), très facile à identifier, grâce à la bonne figuration publiée dans BioLogia. Mais si Approprïata, dont je possède sept exemplaires, se reconnaît aisément, il n'en est point de même pour les Byssodes Polit a, Folitata, Argentata anciennement figurées et pour Privignaria, non figurée, seulement décrite, et dont le specïvien typicuin n'existe vraisemblablement plus.
En réalité, je ne crois pas posséder les Espèces représentées pir Cramer, Stoll et Drury. Je vois dans ma collection dix-huit exemplaires provenant de diverses contrées de l'Amérique du Sud et déterminées non pas par moi seul, mais par divers Entomologistes, avec le nom de Polita, Cramer; de plus, je trouve deux échantillons étiquetés, l'un : Dominica, et l'autre : Jamaïca.
Je les ai reçus d'Angleterre avec le nom d' Argentata, Drury, Je ne juge pas ces déterminations fondées; car il y a des différences notables entre les échantillons naturels que j'ai sous les yeux et les figures publiées par les anciens Auteurs. J'ajoute qu'à mon sens et d'après les figures, Polita, Cramer, et Politata, Stoll, sont deux Espèces différentes et non pas la représentation d'une même Espèce, comme Guenée semble l'avoir cru.
En général, lorsque les Entomologistes contemporains possèdent des papillons ressemblant seulement à peu près aux figures données par Cramer et autres Iconographes, ils sont disposés à penser que les dessins des anciens Auteurs manquent d'exactitude et dès lors ils croient pouvoir, dans leurs travaux d'identification, ne pas attacher aux figures éditées par les vieux Maîtres, toute l'importance que mérite pourtant la fidèle reproduction qu'ils ont presque toujours réalisée, des diverses particularités essentielles.
L'expérience m'a démontré que les travaux de Cramer, Stoll, Drury, Eluebner, etc., sont parfaitement consciencieux. Les artistes chargés de la reproduction des papillons au XVIIP et au
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE I47
XIX" siècles, ont, dans la plupart des cas, dessiné et colorié conformément aux modèles qui leur étaient présentés. Alors, nous, les modernes, nous avons presque toujours tort lorsque nous nous imaginons que les Anciens ne devaient pas connaître des Espèces qui nous sont restées inconnues en nature. Nous connaissons, en effet, un très grand nombre d'Espèces dont les Anciens n'ont même pas soupçonné l'existence; mais il ne s'en suit pas pour cela que nous devions posséder tous les documents que nos Prédécesseurs avaient amassés.
Il semble que rien ne serait moins exact. On peut considérer comme certain que beaucoup d'Espèces connues par les x^nciens, ne sont plus en notre possession. Considérons que les recherches faites dans les temps modernes n'ont pas été opérées juste dans les mêmes localités où les chasseurs du temps passé avaient dirigé leurs explorations. Dès lors, comme les Espèces sont souvent très localisées, celles que Cramer, par exemple, avait reçues de Surinam ou des Berbices, ont cessé de parvenir aux Entomologistes européens, parce que personne n'a plus récolté de papillons à Surinam, ni aux Berbices, localités où la faune paraît un peu spéciale et est spécifiquement différente de celle des autres régions américaines même peu éloignées. D'ailleurs, le nom Surinam représente une vaste région dans laquelle les productions naturelles peuvent être, suivant les endroits, très variées.
Il y a quelque cinquante ans, j'entendais discuter la question de savoir si les Papilio Antenor et Anlïviachts figurés par Drury, et Ripheus Dasycephaliis représenté par Swainson et par le même Drury étaient ou n'étaient pas des réalités. On a retrouvé Antenor et Antimachus \ le Dasycephaliis nous reste toujours inconnu en nature; mais ce n'est pas une raison pour qu'il n'existe pas. D'après moi, il est même vraisemblable que notre Urania Riphœus de Madagascar est imitée par Ripheus Dasycephalits, comme Alcidis Aruus est mimé en Papouasie par le Papilio Laglaizei. Seulement qu'est devenue la collection du (i Capitain May, de Hammersmith » citée par Drury et de quelle partie de la
148 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Chine, ou d'ailleurs, a été rapportée cette magnifique imitation de VUrania Riphœiis par un Rhopalocère?
Je me rappelle que pour avoir le cœur net relativement à la réalité, ou non, de l'existence du Papilio Anliniachus, figuré par Drury en 1782, d'après un exemplaire de Sierra-Leon, comme dit Drury, et non retrouvé depuis, feu Hewitson envoya tout exprès à Sierra-Leone un nommé Rutherford à qui il paya le voyage et une prime, en cas de succès, le tout s'étant définitivement élevé à 500 Livres sterling (12.500 francs). Le papillon fut trouvé par Rutherford qui rapporta un seul échantillon; ce fut une des plus grandes joies entomologiques que Hewitson ait jamais goûtées, lorsqu'il put contempler en nature le Papilio Antimachus.
Qu'on me permette de rappeler à cette occasion un autre bonheur dont Hewitson s'est beaucoup réjoui ; il s'agit de Armandia Thaïdina, qui lui fut apporté de Pans par feu M. Salle, vers l'année 1876. Au cours de la nuit qui suivit la réception de cette addition remarquable à sa collection, Hewitson se releva plusieurs fois, dit-il lui-même, aûn de regarder le nouveau papillon aux formes bizarres et jusqu'alors insoupçonné.
Pour Antenor, Drury, que d'après Hope, Boisduval indiquait comme originaire de Tombouctou, et qui semble habiter exclusivement Madagascar, ce fut aussi une grande émotion entomologique lorsque l'Espèce en question fut enfin retrouvée.
Qu'on me pardonne cette digression et l'expression de tous ces souvenirs. Je les ai écrits pour faire mieux comprendre les raisons que j'ai, d'avoir pleine confiance dans les figures publiées par les anciens Auteurs, de les considérer comme parfaitement véridiques et de rejeter toute identification, par à peu près, aux ligures qui, presque toutes, furent exécutées avec une incontestable probité.
Revenant maintenant à la question initiale des Byssodes Polira, Cramer, Politafa, .Stoll, et Argentata, Drury, comme je ne possède
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPAREE I49
ni ne connais aucun échantillon en nature qui soit exactement référable à la figuration publiée par les anciens Iconographes, je crois devoir m'abstcnir de toute identification spécifique incertaine.
Cependant si quelque collection possédait des échantillons de Byssodes conformes aux figures publiées par Cramer, Stoll et Drury, il serait vraiment utile d'en être informé. La constatation de la conformité des exemplaires naturels aux figures précitées serait une puissante confirmation en faveur des considérations que j'ai exposées ci-dessus. Elles me semblent évidemment très justifiées, notamment par le fait même des intéressantes et instructives erreurs de détermination, jadis commises par feu Otto Staudinger, à propos des Eunica Amelia et So-phoriïsba. — Je prie le Lecteur de vouloir bien se reporter pour les observations relatives à cette affaire aux pages 27, 28 et 29 du Fascicule IV bis des Etudes de Lépidoptèrologie comparée (décembre 1910). Il y verra qu'on a le devoir, pour les déterminations lépidoptérologiques, de tenir le plus grand compte de la parfaite concordance des échantillons naturels avec les figures données par Cramer. — Mais si pareille preuve pouvait être fournie par les Byssodes, comme elle a été donnée par les Eunica, il en résulterait, pour tout le monde, un précieux et décisif enseignement.
X — Famille EPHYRID.T.
N° 650. - — Numia Terebintharui, Guenée (JSp. G., p. 403); Haïti.
N" 651. — Nimiia Bu. varia, Guenée (5;,-^. G., p. 403). Patrie inconnue.
Je fais figurer l'un des deux speciînina lypica de Numia Terebintharia. Quant à Numia Buxaria, Guenée en a publié la figure sous le n" 8 de la PI. 18, dans V Atlas du Species Général. Je suis porté à croire que Terebintharia et Buxaria appartiennent à une seule et même Espèce.
150 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
N" 652. — Cyfhofteryx Incurvaria^ Guenée {Sp. G., p. 404); Brésil,
Le spécimen typïciun est représenté dans cet ouvrage, ainsi que celui de l'Espèce suivante.
N° 653. — Cyphopteryx Fissaria, Guenée {Sp. G., p. 404) ; Cayenne.
En outre du spécimen lypicum, ma collection contient un exemplaire que Constant Bar avait pris à l'île Portai, au Maroni.
N" 654. — Ephyra U maria, Guenée iSp. G., p. 406) ; Bornéo. L'exemplaire type de Guenée est figuré dans le présent ouvrage.
N° 655. — Ephyra Fartaria, Guenée (Sp. G., p. 406); Brésil.
L'Espèce est commune dans l'Amérique méridionale et paraît très variable pour l'accentuation ou l'atténuation des taches noirâtres sur le dessus des ailes. Je fais figurer le spécimen lypicum de Guenée. Je ne suis pas certain que Fartaria, Guenée, soit exactement référable à Punctata, Stoll (PI. XII, fig. 10).
N" 656. • — Ephyra Lyciscaria, Guenée {Sp. G.y p. 406 et 407) ; Afrique centrale ; pays des Namaquois.
Les deux specimina typica sont en mauvais état; je remets le cf à M. Culot pour la figuration.
N" 657. — Ephyra Rudiment aria, Guenée {S p. G., p. 407) ; Haïti.
Le cf type est figuré dans cet ouvrage.
N° 658. — Ephyra Culicaria, Guenée {S p. G., p. 407) ; Géorgie américaine.
Guenée possédait deux cf ; je fais figurer l'un d'eux.
N'' 659. - Ephyra C œ car ia, G\xenèe (Sp. G., p. 407, 408); Afrique centrale; pays des Namaquois.
Le cf type existe encore dans la collection Guenée et sert de modèle pour la figuration, dans le présent ouvrage.
N° 660. — Ephyra Myrtaria, Guenée {Sp. G., p. 408) ; Amérique septentrionale.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 15I
La chrysalide a été fi^^urée dans V Atlas du Species Général, sous le n° 7 de la PI. 2. Le cf que possédait Guenée est représenté dans cet ouvrage.
No 55 j — Efhyra Funginaria, Guenée {Sp. G., p. 408) ; Patrie inconnue.
L'exemplaire de la collection Guenée est en très bon état de conservation.
]Sf° 662. — Efhyra Pupillaria, Huebner, — (kienée {^p. G., p. 408).
Var. A, Gyrana, Duponchel, — Guenée {Sp. G., p. 409).
Var. B. <( Une ombre médiane denticulée, d'un noir violet, fortement accentuée ».
Le type et les deux variétés se trouvent, d'après Guenée, ensemble, dans le midi de la France, en Suisse, au bord du lac Majeur, en Italie, en Dalmatie, en Syrie, etc.
N" 663. — • Ephyra Gyraria, Huebner, — Guenée {Sp. G., p. 409).
Guenée n'avait pas connu, en nature, au moment où il a écrit le Vol. X du Species Général (Pans, 1857) la Gyraria figurée par Huebner sous les n°^ 434 et 543
Les deux prétendues Espèces Pupillaria et Gyraria n'en forment réellement qu'une. Pupillaria, Hbn., 69, est la morphe la plus simple; le fond des ailes, d'un gris carné, ne montre pas de ligne, mais seulement le point orbiculaire sur chaque aile. Gyraria, Hbn., 434, est traversée par une ligne commune épaisse. Gyraria, Hbn., 543, a le fond des ailes jaune orangé, trois lignes transverses aux supérieures, une ou deux aux inférieures. Les points orbiculaires, aux supérieures seulement, sont blancs.
Pupillaria, Hbn., 69; Gyraria, Hbn., 434; Gyraria, Hbn., 543, sont évidemment trois termes d'une seule et même unité spécifique. L'Espèce, très jolie et très variable, mais régulièrement variable et se tenant dans les limites qu'indiquent les figures publiées par Huebner, est répandue en Italie (Monti Aurunci),
152 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
dans les Alpes-Maritimes, en Provence (Hyères, Cannes), en Algérie (Bône, Sebdou), dans les Pyrénées-Orientales (Vernet, Collioure), à Barcelone, à Akbès, en Corse, en Dalmatie, c'est-àdire principalement dans la région côtière de la Méditerranée. Mais elle remonte aussi vers le Nord ; car je l'ai capturée à Cancale, dans mon jardin, et M. Powell l'a trouvée à Lusigny (Aube). J'ai sous les yeux plus de deux cents exemplaires, les uns ou les autres assez conformes à la figuration donnée par Huebner.
N° 664. — Ephyra Poraria, Albin, — Guenée {Sp. G., p. 410) ; Europe centrale.
Ma collection contient des exemplaires pris à Lardy (Seineet-Oise), à Rennes, en Alsace, au Moulinet (Alpes-Maritimes), en Sicile, dans les Pyrénées-Orientales, le Loiret, la Sarthe (Château-du-Loir), les Landes (Dax).
L'Espèce varie depuis la plus simple expression représentée par Barrett dans le Vol. VII de The Lepïdoptera of the British Islands, sur la PL CCCXXVI, jusqu'à la morphe figurée par Huebner, sous le n° 67, avec le nom de Punctarïa. K Vernet-les- Bains, la larve de Porarïa est parasitée par un Diptère dont la taille est assez grosse proportionnellement à celle du Lépidoptère.
N° 665. — Ephyra Pinictaria, Albin, • — Guenée (Sp. G., p. 410, 411).
Beaucoup plus commune en Europe que Porarïa. Elle est très abondante à Rennes, dans les bois; elle y donne parfois d'assez jolies variétés.
N° 666. — Ephyra Subpunctaria, Zeller, ■ — Guenée {Sp. G., p. 411); Toscane.
Feu Arnold Wullschlegel avait trouvé cette Espèce à Martigny, dans le Valais, où elle volait en août. Peut-être, comme certaines autres Ephyra, la Subpunctaria a-t-elle une première éclosion. en mai ?
N° 667. — Ephyra Strabonarïa, Zeller, — Guenée [Sp. G.. p. 411).
LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE 153
Il y a dans la collection Gucnée trois exemplaires de Strabonaria, sans indication de localité. Guenée les décrit très exactement. Je fais figurer l'un des échantillons de la collection Guenée, dans le présent ouvrage.
Je possède Strabonaria d'Alsace et d'Allemagne. Les exemplaires de la collection Guenée ne ressemblent nullement à celui qui est figuré dans Die Grossclim. der Erdc von Seitz, PI. 5, ligne C.
N" 668. — Ephyra Tiilinearia, Bork, — Guenée {Sp. G., p. 411).
Guenée la dit : (( Commune dans les bois de hêtre de l'Angleterre, moins répandue dans plusieurs parties de l'xAllemagne, en Suisse et dans la forêt de Fontainebleau, en mai et août ».
Ma collection contient une nombreuse série d'exemplaires provenant d'Angleterre, où le fond des ailes paraît d'une teinte jaune plus foncée que dans les autres régions; de Bretagne (forêt de Lorges, dans les Côtes-du-Nord ; forêt de Rennes et bois de Monterai, en Ille-et- Vilaine) ; montagnes autour d'Uriage (Isèie) ; Fontainebleau; Sarthc; Sainte-Baume (Var) ; Cauterets (Hautes- Pyrénées); Corse; Nassau; Bagnoles-de-l'Orne.
Charles Barrett, dans The Lefidoptera of the Brïtish Islands, Vol. VII, PI. CCCXXVII, figure six exemplaires de VEphyra Trïlinearia, dont quatre représentent de très remarquables variétés; Barrett figure notamment, sous le n° i ^, une variété Q très obscure que Prout appelle Infiiscata dans l'ouvrage Die Grosschjnelterlinge der Erde von Seitz.
Je fais figurer un cf de cette var. Infuscata dans le présent ouvrage. Cet exemplaire Infuscata cf provient d'Angleterre (collection Howard-Vaughan).
Je fais représenter en outre une Q que j'ai appelée Bicolor et qui vient d'Osnabruck (ancienne collection Wiskott). Ce curieux papillon a le milieu des ailes, en dessus, jaune, tandis que tout le bord se trouve largement teinté de gris lilas.
154 LÉPIDOPTÊROLOGIE COMPAREE
Enfin, VEphyra tïilïnearia peut présenter sur les quatre ailes ou sur deux ailes seulement un omicron blanc très petit, mais très net.
J'ai appelé O phthahnaria cette morphe de Trilineana et je fais fig-urer un cf de la Sarthe (ancienne collection de Graslin), ayant un omicron blanc sur les ailes supérieures, aussi bien que sur les inférieures ; mais cet omicron est plus marqué sur les inférieures et cerclé de noir.
L'autre exemplaire, également cf, de Corse (ancienne collection Bellier), a l'ocelle blanc très net sur les supérieures; mais sur les inférieures, il n'y a pas de trace de V omicron en question. D'ailleurs la T rilinearia varie beaucoup pour les lignes noirâtres transverses; Barrett figure, sous le n" i a de la PI. CCCXXVII, un exemplaire dépourvu de toute ligne sur le dessus des ailes.
Je possède des échantillons avec une seule ligne, d'autres avec deux et trois lignes transverses.
Guenée était insuffisamment renseigné, lorsqu'il dit (p. 411), en parlant de Trilinearia, que <( le papillon varie, quoique moins que ses congénères, pour la couleur et les dessins ». En léalité, Trilinearia est aussi variable que les autres Espèces d^Ephyra.
N'' 669. — Ephyra Nolaria, Pîuebner, — Guenée (^^p. G., p. 412); sans indication de patrie.
Dans sa note critique sur Nolaria, figurée par Huebner sous le n" 327, Achille Guenée ne se dit pas convaincu que ce soit une Espèce à part; cependant il l'érigé en unité spécifique distincte et il la classe assez loin de P upillaria-G yraria (n"^ 662, 663), près desquelles Nolaria se place cependant certainement.
Pour moi, Nolaria est une morphe de PupiUaria-Gyraria, remarquable par la forme anguleuse et non arrondie des ailes inférieures et la suppression de la ligne ou ombre brune transversale, médiane, un peu en arrière des deux omicrons blancs. La figure de Nolaria, dans Dte Grosschm cier Erde, von Seitz, PI. 4, ligne O, ne ressemble pas à la figure originale donnée par Huebner. La forme des ailes est très différente
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPAREE 155
N° 670. — Epliyra Albiocellaria, Huebner, — Guenée {Sf. G., p. 412); Hongrie, Autriche, Volga inférieur, Centre de la France.
C'est une Espèce fort jolie et assez variable pour la teinte jaune plus ou moins foncée du fond des ailes et l'accentuation de l'ombre noirâtre sur le milieu des ailes, en dessus.
N'^ 6/1. — Ephyra Or.ùcronaria, Réaum., — Guenée i^^p- G., p. 412, 413); Toute l'Europe, en mai et août.
Guenée, en faisant connaître que Réaumur a décrit les premiers états d'Oinicronana, la qualifie avec raison d'élégante espèce. Elle n'est pas très rare aux environs de Rennes, dans certaines parties de l'Angleterre, dans les Pyrénées-Orientales (Vernet). les Alpes-Maritimes, la Sarthe, les environs de Rouen, de Paris. d'Uriage.
N" 672. — Ephyra Orbicnlaria, Huebner, - Guenée (^A G., p. 413); « à peu près dans toute l'Europe, mais rare partout, en mai et août », dit Guenée.
Je l'ai trouvée à IMonter&l (Ille-et-Vilaine), d'où on la fait s'envoler, en battant les haies. Feu de Graslin l'avait élevée aux environs de Château-du-Loir et sa collection en contenait un grand nombre d'échantillons très purs. Je n'ai jamais vu de variété notable de V Ephyra Orbicularia, qui paraît être, du moins dans l'ouest de la France, une des Espèces les plus fixes du Genre Ephyra.
W 673. — Ephyra Pendularia, Linné, — Guenée {Sp. G.,
Guenée la dit : « Commune dans les bois de bouleaux de toute l'Europe, en avril et juillet ».
L'Espèce est en effet assez abondante dans maintes localités de France, notamment aux environs de Rennes. M. L.-B. Prout, dans Die Grosschmetterlïnge der Erde, von Seitz, définit, aux pages 142 et 143, une certaine quantité de très intéressantes variétés, notamment celle qui s'appelle Decoraria, Newm.
156 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
N" 674. — Efhyra Pendiilinaria, Guenée {Sp. G., p. 414) ; Amérique septentrionale.
Je fais représenter ici l'un des typica specïmina.
N" 675. — Ephyra Obr inaria, Guenée {S p. G., p. 414) ; Ceylan.
J'ai reçu du Thibet deux Espèces àJEphyra : Splendens, Butler, fifjurée sous le n" i de la PI. XXXVII, dans Illustrations of Lepid. Het. in the British Muséum, et Brunnearia, Leech, qui n'a jamais été figurée. Je comble la lacune en faisant connaître définitivement l'Espèce, grâce à la figuration publiée dans le présent ouvrage.
Guenée décrit dix-huit Espèces à' Anisodes, depuis le n° 676 jusqu'au 11° 693. Je fais figurer les types de toutes les Espèces que Guenée possédait et qui existent encore dans sa collection. J'en établis la révision et l'inventaire comme suit :
N° 676. — Anisodes Urcearia, Guenée {S p. G., p. 415); Cayenne.
Var.? A {Sp. G., p. 415, 416); Brésil.
Le type Urcearia et la var. A sont représentés dans cet ouvrage.
N° 677. — Anisodes Coxaria, Guenée {S p. G., p. 416) ; Cayenne. Je fais figurer le cf spécimen typicum.
N° 078. — Anisodes lllinana, Guenée Ç^p. G., p. 416); Brésil. Le type de cette Espèce appartient au Muséum national de Pans. Guenée ne la possédait pas dans sa collection.
N" 679. — Anisodes Sypharia, Guenée {Sp. G., p. 46, 417); Cayenne.
Je fais figurer le spécimen typicum cf-
N" 680. — Anisodes Nudaria, Guenée {Sp. G., p. 417) ; Brésil. Le spécimen iypicum cf figuré dans le présent ouvrage se trouve en mauvais état.
N° 681. — Anisodes Discopunctana, Herrich-Schaeffer, ■ — Guenée {Sp. G., p. 417; Atlas, PL 15, fig. 7); Brésil.
LÉPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE 157
La figure donnée par Herrich-Schaeffer sous le n" 331, dans Sanimlung au s s er euro p. ScJinictt.^ cadre bien avec les trois exemplaires que Guenée a déterminés Dïscopunctana.
N" 682. — Anisodes Globaria, Guenée (? Binocellaria, Herrich- Schaeffer) — {S p. G., p. 417, 418); Colombie.
Var. A, Guenée (Sp. G., p. 418); Brésil; Collection du Muséum national de Paris.
Il ne me semble pas que Globana, Guenée, dont je fais représenter la O, et Binocellaria, lierr.-Sch. {Sainml. anssereiirop. Schmett., n° 351) soient réf érables à une même Espèce; suivant moi, ce sont deux unités spécifiques distinctes.
N° 683. — Aiîisodes Monetaria, Guenée {Sp. G., p. 418); Bornéo.
Var. A, Guenée {Sp. G., p. 418); Bornéo.
L'Espèce n'a pas été reconnue dans la description de Guenée; je l'ai reçue avec le nom de Argen/isptla, Warren. Je fais figurer les specirnina typica de la collection Guenée, c'est-à-dire Monetaria et Var. A.
N" 684. — Anisodes Lateritiaria, Herrich-Schaeffer, — Guenée {Sp. G., p. 418); Venezuela.
La figure donnée par Herrich-Schaeffer, sous le n" 332, dans Sammlung ausserenrop. Schmett., cadre très bien avec des exemplaires de Bolivie que contient ma collection; mais Guenée ne possédait rien d'assimilable à Lateritiaria, H. -S.
N" 685. — Anisodes Areolaria, Guenée {Sp. G., p. 418, 419); Bornéo.
Je fais figurer le cf et la Q Areolaria, secunduni Guenée; mais je crois que le cf et la g en question se rapportent à deux unités spécifiques distinctes; car je possède des cT semblables à la Q Areolaria, Guenée. Je fais représenter un cf de Chcrra-Pungi (Assam) tout à fait référable à la g Areolaria, Guenée. J'appelle cette Espèce Falsareolaria, Obthr.
158 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
N° 686. — Anïsodes Maxhnana, Guenée (^Sf. G., p. 419); Bornéo.
Le cf type est figuré dans le présent ouvrage.
N" 687. ■ — Anisodes hitortarïa, Guenée {Sp. G., p. 419), Bornéo.
Je fais représenter le çS type dont Guenée signale les particularités en suite de sa description.
N" 688. — Anïsudes Prunellaria, Herrich-Schaeffer, — Guenée {S p. G., p. 420) ; Venezuela.
N'existait pas dans la collection Guenée.
Je possède un cf de Bolivie référable à l'excellente figure donnée par Hernch-Schaeffer, sous le n" 329, dans Sammlung aiissereiirop. Schmett.
N" 689. — ■ Anisodes Pardaria, Guenée {Sp. G., p. 420) ; Bornéo.
Le cT type est un peu fruste; je remets à M. Culot un cf plus frais, mais bien semblable au premier, pour combler les lacunes dues à la vétusté.
N" 690. — Anïsodes Sarawackaria, Guenée {^p- G., p. 420) ; Sarawack.
Je fais représenter la Q type de Guenée. L'Espèce n'a pas été reconnue au moyen de la description de Guenée. M. Swinhoë lui a donné le nom de Lichenana, si j'en juge par les nombreux individus que j'ai reçus d'Angleterre avec cette détermination.
N° 691. — Anïsodes C ompto gramniarïa, Guenée {pp- (j-, p. 420, 421); Sarawack.
La Q que possédait Guenée est en assez mauvais état. Je fais figurer, en même temps que cette Ç, un cf de Mou-Pin. Toutes ces Anïsodes semblent répandues dans une très vaste région indomalaise et elles ne sont point confinées à une seule île ou à une partie restreinte d'un Continent.
N" 692. — Anïsodes Frenarïa, Guenée {S p. G., p. 421); Bornéo.
LÉPIDOPTÉROLOGIF COMPARÉE I59
La mauvaise Q dont Gucnée fait mention est le seul exemplaire qui se trouvait dans sa collection; je transmets à M. Culot un exemplaire entier et frais, mais bien pareil, pour aider à la figuration et la rendre parfaitement conforme à la nature.
N*^ 693. — Anisodcs Illcpidana, Gucnée {Sp. G., p. 421); Sarawack.
Espèce de petite taille et à dessins bien peu accentués, très fins, mais visibles. Gucnée dit que la Q (seul exemplaire qu'il possédait), « tout bien conservée qu'elle soit, ne laisse pas de prise à la description ». Je pense cjuc la figure rendra ûdèlement le spécimen typicinn et permettra de mieux se rendre compte de la nature de V Anisodes Illepïdaria.
XL — Faaiille ACIDALID^
N" 694. — Synegia Bol ydar'ia, Guenée {Sp. G., p. 423, 424); Bornéo.
Le cT seul a été connu de Guenée. La figure en est publiée dans cet ouvrage. Les chasseurs Lepchas que j'ai employés jadis, Lakatt et Pamboo, avaient capturé la Synegia Botydaria à Perak.
N" 695. — Drapeiodes Mitaria, Guenée (^Sp. G., p. 424); Lide centrale.
L'Espèce a été bien figurée sous le n° 6 de la PL 18, dans V Atlas du Species Général.
N" 696. — Asellodes Lat émana, Guenée iSp. G., p. 424, 425); Brésil.
Représentée sous la figure 3 de la PI. 21, dans V Allas du Species Général.
N° 697. — Asellodes Feneslraria, Guenée ÇSp. G., p. 425, 426) ; Colombie?
Guenée a décrit cette Espèce d'après un çS de la collection Zeller. Il ne possédait pas Feneslraria dans sa collection. J'ai
l60 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
reçu du Paraguay central trois exemplaires d'une AselLodes que j'ai déterminée par à peu près, d'après la description de Guenée, Feneslraria. Je fais représenter un échantillon de cette supposée AseUodes Feneslraria.
Il existe un certam nombre d'autres Espèces américaines référables au curieux Genre AseUodes.
Felder et Rogenhofer ont fait connaître dans Novara, sous le n" 6 de la PL CXXVIII, V AseUodes Thyreata Ç dont je crois posséder un cf d'Obydos et 2 Q du Sud-Brésil. Druce, dans BioLogia Centr. Amer., figure, sous le n° 8 de la Tab. 51, la Q d' AseUodes Laternaria, Guenée.
Je n'ai pas trouvé qu'il ait été figuré jusqu'ici d'autres Espèces américaines du Genre AseUodes; dès lors, comme le Genre Asellodes est anormal, je fais représenter les Espèces suivantes qui sont intéressantes et me paraissent n'avoir encore été l'objet d'aucune figuration.
Les Ç) semblent avoir le bord marginal inférieur des secondes ailes coupé assez droit, tandis que chez les cf les secondes ailes montrent, ainsi que le dit Guenée, l'angle anal échancré et comme déchiré.
Je fais donc représenter les AseUodes suivantes :
i" Daphnïtes; ma collection contient quatre cT de la Guyane française (Maroni), de Huambo (Pérou) et de Cochabamba (Bolivie). Le fond des ailes est d'un rosé lilas, sauf le bord marginal des supérieures qui est teinté de jaunâtre; la tache hyaline, aux supérieures, est très grande, un peu triangulaire ; aux inférieures, il y a plusieurs petits points vitreux; le bord anal des inférieures est échancré. Presque au milieu du bord marginal des supérieures, il y a un trait sagitté brun foncé, suivi d'un obscurcissement du bord marginal qui s'étend jusqu'aux inférieures. Aux supérieures, le rembrunissement, le long du bord marginal, se trouve limité entre deux lignes noires très fines. En dessous, le bord marginal est jaunâtre, séparé de la partie vitreuse par une épaisse ligne brune.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE l6l
2" Daidias; j'ai sous les yeux deux çj de l'île Portai, au Maroni (Guyane française); l'aspect est le même que celui de Fenestraria; la taille est plus petite cependant; la coupe des ailes supérieures est plus droite et l'échancrure des ailes inférieures est très différente; elle consiste surtout en un prolongement du bord anal ; aux supérieures, comme aux inférieures, les taches hyalines sont séparées les unes des autres par de minces lisérés bruns, mais elles paraissent toutes, plus ou moins, accolées les unes aux autres. Le bord marginal des supérieures est largement teinté de gris lilas, traversé, le long du bord marginal et parallèlement à ce bord, par une ligne brune ondulée, extérieurement accompagnée d'un liséré clair et d'une ombre brune, foncée, allant en s'élargissant vers l'angle interne; la frange est blanchâtre, entrecoupée de brun.
3" Dapalïs; la plus grande de toutes les Espèces que je connais ; les ailes inférieures sont dépourvues de la déchirure de l'angle anal; le fond des ailes, en dessus, est d'un rose lilas tournant à l'orangé aux inférieures; les taches vitreuses sont très larges aux supérieures, plus petites et nombreuses aux inférieures. Les antennes du cf sont pectmées et blanchâtres ; le bord marginal des ailes est aigu, avec des pointes en saillie; le dessous est d'un blanc jaunâtre, sauf dans les espaces hyalins et le long du bord qui est teinté de brun vineux. Je possède six cf pris à Huancabamba (Nord-Pérou) et à Chanchamayo.
Sans doute, l'Espèce que j'appelle Dapalis (surnom de Jupiter), pourrait être placée dans un Genre spécial, à cause de la conformation de ses ailes inférieures qui n'ont pas l'angle anal échancré; j'avais pensé à créer pour Dapalis le Genre nouveau Oxyplerodes; mais les taches hyalines et le faciès relient Dapalis au Genre Asellodes et il n'est pas utile, dans l'état actuel de la Science, de morceler les Genres avec excès.
4° Daphnogethes; petite Espèce, du Paraguay central, qui pourrait être classée dans la même section que Dapalis, à cause de la forme aiguë du bord marginal de ses ailes; le fond des
102 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
ailes est d'un brun lilas, avec une gros3e tache hyaline, très inégulière, sur les supérieures, et une tache hyaline également irrégulière, relativement assez développée^ accompagnée de plusieurs petites taches hyalines, rondes, sur les inférieures. Le dessous reproduit le dessus en plus pâle.
N° 698. — Try godes Herbiferata, Guenée {^f. G., p. 426) ; Brésil.
L'Espèce est ftgurée sous le n° 4 de la PI. 15, dans V Allas du Species Général.
N° 699. — Try godes Musivaria, Herrich-Schaeffer, • — Guenée {S p. G., p. 426); Brésil.
Guenée ne possédait pas Musivaria; je possède neuf exemplaires : un cf de Tarapoto et sept cf d'Equateur, assez bien référables à la figure donnée par Herrich-Schaeffer, sous le n'' 340, et une Q parfaitement conforme aux figures publiées sous les n°' 6 et 7 de la PI. 51, dans Biologïa Centr. Amer.
N" 700. — Try godes Solanïferata, Guenée y^p. G., p. 427) ; Brésil.
Je fais représenter ici le spécimen typiaim <3 de la collection Guenée. L'Espèce est commune aux Amazones d'oi^i j'en ai reçu un grand nombre d'échantillons très purs.
Druce figure sous le n" il de la PI. 51, dans Biolog. Centr. Amer., avec le nom de Try godes Mer ta, un échantillon dont le dessus des ailes est orné de taches vertes. Ma collection contient une série de onze individus venant du Pérou et de l'Equateur, présentant toutes les transitions entre l'abondance des taches vertes et leur complète indigence. La même chose existe pour l'Espèce très voisine de Merta, mais moins blanche, moins transparente, plus grise, que Guenée a appelée Solanïferata. Or, celle-ci, je veux dire Solaniferata, présente aussi une variété à taches vertes dont je crois utile de donner une figure dans le présent ouvrage, d'après une Q de Cachimbo et que j'appelle Var. Herbida.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 163
Gucnée n'a parlé que de trois Tr y godes américaines; il y a pourLant des Espèces indiennes et océaniennes, notamment Dïviscnia, Walker, et Agrata, Feld.-Rog. {Novara, PI. CXXVIII, fig. 19). Il y a aussi des Espèces africaines et plusieurs autres Espèces américaines, entre autres Physciala, Felder et Rog. {Novara, PL CXXVIII, fig. 8), dont je possède un seul cf de S. Paulo d'Olivcnça. Sans doute, les jolies Trygodes indomalaises, éthiopiennes et sud-américaines, découvertes depuis un demi-siècle, ont été çà et là décrites, mais pour la plupart non encore figurées et par conséquent restées méconnaissables. Au cours de ce travail, où je m'efforce de rendre intelligibles les descriptions de Guenée qui, sans la figuration à laquelle je pourvois, laisseraient toujours la détermination qu'on essayerait de réaliser d'après elles, douteuse et incertaine, je reconnais de plus en plus r inanité des descriptions sans figures et par contre la nécessité des bonnes figures pour donner à la Nomenclature toute la clarté indispensable. Combien les excellentes figures des Espèces de Lépidoptères, publiées par Herrich-Schaeffer, bien que les descriptions soient si sommaires, sont utiles pour l'exacte détermination !
Au contraire l'expérience ne donne-t-elle pas le droit d'appeler Festis Lepid 0 pierolo giœ, les descriptions sans figures dues à la fécondité malfaisante de Walker et autres prosateurs, aussi prodigues d'écriture vaine qu'économes de figures explicatives.
N" 701. — Pomasia Y ernacularia, Guenée {Sf. G., p. 427); Sarawack.
N" 702. — Pomasia Psylaria, Guenée {Sp. G., p. 428); Ceylan. Je fais représenter ces deux Espèces aux dessins blancs très compliqués sur un fond de couleur brun rougeâtre.
Guenée passe ensuite en revue les Genres Hyria et Cambogia, composés d'une grande quantité d'Espèces généralement de petite taille, mais toutes fort jolies, quelquefois très voisines les unes des autres et cependant très distinctes. Ce qui est intéressant,
164 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
c'est l'analogie de couleur et de dessin présentée par des Espèces indiennes et sudaméncaines, par exemple celles du Groupe de Grataria, Walker, des Indes, et Fagaria, Guenée, d'Amérique.
J'ai été bien surpris de recevoir d'Akbès, en Asie Mineure, une Hyria voisine de Fagaria et de trouver dans les récoltes faites par les chasseurs indigènes de Tâ-tsien-lou, une grande Hyria, peut-être la plus grande de toutes. Je décris plus loin ces deux Espèces dont la figure ne me semble pas avoir été publiée jusqu'ici. Je pourrais faire connaître par une figuration exacte et telle que M. J. Culot sait la faire, un grand nombre d'Espèces non encore figurées et que l'on doit considérer, au cas où elles auraient été seulement décrites, comme méconnaissables; mais je dois, avant tout, pourvoir à la figuration des Espèces décrites par Guenée et assurer ainsi la valeur de leur nom dans la Nomenclature. Aussi je me borne à intercaler dans la Révision des Phalénites décrites par Guenée, les seules Espèces qui me paraissent très remarquables et dont, à cause de cela, la publication ne doit pas être différée.
N" 703. — Hyria Faustaria, Guenée {Sp. G., p. 429) ; Brésil.
Cette Espèce que Guenée qualifie d'une des plus jolies Géomètres et qu'il a négligé de faire représenter, appartient à la collection du Muséum national de Paris.
N** 704. — Hyria Pyrausiaria, Guenée {Sf. G., p. 429) ; Brésil. Très petite et délicate Espèce. Le spécimen typicum de Guenée est assez frais, mais n'a plus que trois ailes.
N" 705. — Hyria Triangnlaria, Guenée (Sp. G., p. 429); Brésil. Remarquable par la tache triangulaire jaune à l'angle interne des ailes supérieures.
N" 706. — Hyria Faganaria, Guenée {Sp. G., p. 430) ; Brésil.
Il y a, dans le très proche voisinage de Faganaria, plusieurs Espèces paraissant distinctes; ma collection contient 3 cf de Faganaria; ils ont les antennes pectinées et le front blanc; ils viennent de Bolivie.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 165
N" 707. — Hyria Olearia, Gucnée {Sp. G., p. 430) ; Nord de rindc.
La Q typicitm spécimen de la collection Guenée se trouve en très bon état; ce qui n'est malheureusement pas fréquent, lorsqu'il s'agit d'Espèces aussi délicates et récoltées depuis au moins soixante ans.
N" 708. — E yrïti Aitrorana, Wien.-Verz., — Guenée (Sp. G., p. 430) ; Europe, dans certaines parties forestières ; n'est pas rare à la forêt de Rennes et à la forêt de Paimpont (Ille-et-Vilaine), depuis la fin de juin jusqu'au 20 juillet.
Var. A, Guenée (Sp. G., p. 43 1 ) ; Angleterre.
Cette Variété A a été figurée sous le n" ^ a de la PI. 328, dans The Lepïdoptera of the British Islands, par Charles G. Barrett. Elle est maintenant appelée Totanibra, I^ambill.
N° 709. — Hyria? Carnaria, Hernch-Schaeffer, — Guenée (Sp. G., p. 431); Surinam.
Espèce figurée sous le n° 194 par Herrich-Schaeffer, dans Sauirnlitng muer oder wenig bekannter aussereuropœischer Schmetterlinge. Je crois posséder un exemplaire tout à fait réiérable à celui que Herrich-Schaeffer a représenté. Il vient de l'île Portai, au Maroni.
Je fais connaître les deux Espèces suivantes du Genre Hyria :
1° Hyria Gradivaria, Obthr. ; Tâ-tsien-lou.
Relativement de grande taille; l'apex des ailes supérieures est aigu ; les ailes inférieures sont rétrécies, avec le bord marginal très droit ; le fond des ailes, en dessus, est d'un gris lilas soyeux, avec le bord marginal de teinte plus foncée que le reste des ailes; la frange est jaune, en dessus, comme en dessous; la couleur du fond des ailes, en dessous, est d'un brun vineux très soyeux, uniforme. Décrit d'après une Q très fraîche.
2° Hyria Charités, Obthr. ; Akbès.
Ressemble à Faganaria; le fond des ailes est d'un brun lilas, avec la frange jaune et une tache jaune triangulaire, à l'extrémité de la cellule des supérieures. La frange jaune n'est pas
l66 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
droite et d'égale largeur comme chez Gradïvaria. Elle se présente à peu près comme chez Fagaria.
N° 710. - Canibogïa Heliadaria, Guenée (Sp. G., p. 432); Guyane et Brésil.
Var. A, Guenée {Sp. G., p. 432); Brésil.
La Var. A appartient au Muséum national de Paris. Je fais représenter l'un des exemplaires de la forme type provenant de la collection Guenée.
N" 711. Cambogia Rnsseana, Guenée {Sp. G., p. 432);
Cayenne.
Figuré par Huebner sous les rf^ i55 et 156, dans Zutraege zur Sanimhing exotischer Schmetterlinge.
N° 712. — Cambogia Binaria, Guenée {Sp. G., p. 432); Brésil. Appartient à la collection du Muséum national de Pans
^" 713- — Cambogia Gemellana, Guenée {Sp. G., p. 433); Cayenne.
N" 714. -- Cambogia Tegulana, Guenée {S p. G., p. 433); Brésil.
N" 715. — Cambogia Marccaria, Guenée {Sp. G., p. 433); Amazone.
N" 716. — Cambogia Apyraria, Guenée {Sp. G., p. 433, 434); Cayenne.
Je fais figurer les quatre Cambogia Gemellaria, Tegularia, Marcearia et Apyraria d'après les specimiha typica de la collection Guenée. Je fournis à M. Culot, pour aider à la figuration, des exemplaires très frais et intacts de Tegidaria et de Apyraria, bien conformes aux specimina typica de la collection Guenée.
N° 717. — Asthena Luteata, W. V., — Guenée {Sp. G., p. 435) ; une grande partie de l'Europe, notamment Rennes, Paris, Autriche, Allemagne du Nord; je l'ai aussi reçue de l'île Askold, en Mandchourie.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE îô/
N° 718. — Asthena Candïdala, W. V., — Guenée iSp. G., p. 435, 436); certaines parties de l'Europe (Hautes-Pyrénées, Digne. Rennes, Pans, Wurtemberg, Angleterre).
N" 719. — Asthena Ans er aria, Herrich-Schaeffer, — Guenée {Sp. G., p. 436V, forêt de Compiègne, Silésie.
N" 720. — Asthena N yniphiilata, Guenée (S p. G., p. 436, 437) ; Espagne méridionale.
N" 721. — Asthena Sylvata, W. V., — Guenée (^7'- G., p. 437) ; Courlande, Dantzig, Angleterre.
N" 722. — Asthena Blomeraria, Curtis, — Guenée {Sp. G., p. 437); Angleterre, Silésie.
N° 723. — Asthena Lucata, Guenée {Sp. G., p. 437, 438); Canada.
N° 724. — Asthena Ondinata, Guenée {Sp. G., p. 438 ; Atlas, PI. 19, flg. 4) ; Tasmanie.
N° 725. — Asthena Risata, Guenée {Sp. G., p. 438); Tasmanie.
De toutes ces Espèces d' Asthena, qui existent en plus ou moins grand nombre d'exemplaires dans ma collection, je me borne à faire représenter Lîtcata qui est extrêmement voisine de Sylvata et Risata, qui par sa couleur rosée ne ressemble guère aux autres Asthena. Ondinata a déjà été figurée par Guenée.
On trouve à Tâ-tsien-lou une Asthena semblant bien conforme à Blomeraria; elle est seulement un peu plus grande.
Il me semble que c'est au voisinage des Genres Asthena et Eupisteria que doivent se placer les Espèces sino-thibétaines que Leech a appelées Hydrelia Distinctaria, PnnctiUneana, et une autre jolie Asthena figurée par Prout, dans l'ouvrage de Seitz : Die Grosschmetterlinge der Erde, avec le nojn de San giiinipla ga (PI. 7, g\
Je fais figurer avec le nom de Yargongaria une jolie Asthena thibétaine, prise en 1903, au nombre de cinq échantillons, à Yar-
l68 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
gong-Zambala, par feu le Père P. Soulié, qui fut un botaniste si distingué et un amateur éclairé de toutes les branches de l'Histoire naturelle.
La nouvelle Espèce ressemble à Distïnctaria; mais elle en diffère nettement par ses lignes transversales brunes plus droites et le bord marginal plus ponctué de ses ailes, et, en outre, lavé de jaune orangé.
L'Espèce figurée par Prout {loc. cit.) avec le nom de Piincfilinearia, Leech, est très variable. Je possède une bonne série d'échantillons. Quelques-uns sont presque entièrement blancs, par oblitération des lignes de la costale orangée.
N° 726. — Efisterïa H e parât a, W. V., ■ — Guenée {S -p. G., p. 439) ; une partie de l'Europe.
C'est une Espèce bien connue.
N" 727. — V ejinsia Canibricana, Curtis, - - Guenée {^p. G., p. 440, ■441^; Angleterre, Suisse, Savoie, Sibérie.
Ma collection contient des exemplaires d'Angleterre, d'Ecosse, de Finlande, de Haute-Savoie (Chamouny), d'Uriage (Isère).
Il semble que beaucoup d'Espèces de Yemisia habitent les environs de Tâ-tsien-lou. J'en ai fait connaître plusieurs; mais il en reste un assez grand nombre à figurer.
N° 728. — Clcta Eptonaria, Guenée {Sp. G., p. 441, 442); Brésil.
N" 729. — Cleta Viitaria, Huebner, • — Guenée (Sp. G., p. 442) ; Espagne, Dalmatie, Est de l'Algérie.
N" 730. — Cleta Perpusïllaria, Eversm., — Guenée '\Sp. G., p. 442) ; Volga inférieur, Russie méridionale.
N° 731. — Cleta Pygmœaria, Huebner, --- Guenée {S p. G., p. 443); Italie, Carniole.
N" 732. — Cleta Cirtanana, Lucas, — Guenée (S p. G., p. 443); Constantine.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE l6g
N° 733- — Cleta Spolïataria, Guenée (Sp. G., p. 443, 444); Cayenne.
Les Espèces européennes étant bien connues, je considère qu'il est inutile de les faire figurer de nouveau. En conséquence, je me borne à publier la représentation des deux sexes de Cleta Epionaria, qui sont très différents l'un de l'autre, et la Cleta Spolïataria cf, seul sexe que je connaisse de cette Espèce.
Nous abordons maintenant le Genre Acidalia, composé d'un si grand nombre d'Espèces. On rencontre des Acidalia dans toutes les parties du Monde.
Au temps 011 Guenée écrivit le Sp%cies Général {Fhalénites, Volume IX, 1857), on ne connaissait qu'un petit nombre d'Espèces d' Acidalia. D'ailleurs Guenée ne possédait pas dans sa collection les Acidalia qui venaient d'être découvertes en Asie Mineure et dans les parties sud-orientales de l'Europe. Avant 1857, la faune même de la Provence, qui s'est révélée très riche en Acidalia, n'avait pas encore été suffisamment explorée. Les Acidalia, malgré, — ou plutôt peut-être pour — leur délicatesse, ont été l'objet de la prédilection de plusieurs Entomologistes qui leur ont consacré une étude attentive. Cependant ce sont les Espèces européennes qui ont été plus particulièrement observées. Dans presque toutes les collections, les Acidalia exotiques sont groupées sans détermination, en attendant des temps meilleurs.
En révisant les Acidalia citées par Guenée, dans le Species Général, je me bornerai à faire connaître, par la figuration, les Espèces exotiques dont les types existent encore, et je laisserai de côté les Espèces européennes que Guenée a eues en vue, mais qui, dans l'état présent de la Science, ne semblent plus présenter un grand intérêt. Je ferai cependant exception pour les Espèces paléarctiques décrites par Guenée et me paraissant susceptibles de prêter à confusion ou à malentendu.
Voici donc, avec la référence des numéros d'ordre et des pages du Species Général, la liste des Acidalia exotiques dont je fais représenter, dans cet ouvrage, les specirnina typica.
i;0 LÉPIDOPTÊROLOGIE COMPARÉE
N° 744. — Acïdalia Siderariay Guenée {Sp. G., p. 451); Californie.
N" 750. — Acïdalia Balistaria, Guenée iSp. G., p. 453, 454); Géorgie aiTiéricaine.
Dans V Errata, Guenée remplace le nom Balistarui par Pleniyrarïa.
N" 751 (par erreur 451). — Acidalia Inermaria, Guenée {Sp. G., p. 454) ; Haïti.
N" 752. — Acïdalia Figlinaria, Guenée {^Sp. G., p. 454); TasT manie.
A été figurée sous le n° 8 de la PI. 12, dans l'Atlas du Sfccies Général.
N° 753- — Acidalia Remotata, Guenée {Sp. G., p. 458, 459); Nord de l'Inde; habite aussi l'Algérie.
N" 754. — Acidalia Subquadrata, Guenée {Sp. G., p. 459); Brésil, Cayenne.
Var. A ; Cayenne.
Var. B; Brésil.
N° 767. — Acidalia Eupitheciata, Guenée {S p. G., p. 461); Brésil.
N° 768. — Acidalia Prœtextaria, Guenée {Sp. G., p. 461); Brésil.
N° 773- — Acidalia Monogramniata, Guenée ySp. G., p. 463); Haïti.
Var. A; Haïti.
N° 783. -- Acidalia hwersata, Guenée (5/. G., p. 467); Brésil.
N° 788. — Acidalia Insulsaria, Guenée {S p. G., p. 469); Amérique septentrionale.
N° 789. — Acidalia Placidaria, Guenée {Sp. G., p. 469, 470); Amérique septentrionale.
N" 790. — Acidalia Pannaria, Guenée {S p. G., p. 470); Amérique septentrionale.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE I/l
N" 791. — Acidalïa Phorcarïa, Guenée iSf. G., p. 470); Haïti.
N" 792. — Acidalia Lophofterata, Giience (S p. G., p. 470, 471); Madagascar.
Cette Phalénite, qui ne me paraît nullement appartenir au Genre Acidalia, n'est pas rare à l'île Bourbon.
^" 793- — Acidalia Hc palicaria, Guenée (5/». G., p. 471); Baltimore.
N" 795. — Acidalia Y pononieularia, Guenée \Sp. G., p. 471, 472); Haïti.
N° 797. — Acidalia Lucidala, Guenée (Sp. G., p. 472); Ile Bourbon.
N" 798. — Acidalia Asopiata, Guenée {Sp. G., p. 472, 473); Cayenne.
N" 799. — Acidalia Fignrinafa, Guenée (Sp. G., p. 473); Amazone.
N" 800. — Acidalia Nyinphidiala, Guenée (S p. G., p. 473); Haïti.
N" 801. — Acidalia Eburneala, Guenée {Sp- G., p. 474); Brésil.
N" 802. — Acidalia Mappata, Guenée {Sp. G., p. 474); Brésil.
N° 807. — Acidalia Temnaria, Guenée {S p. G., p. 476); Amérique septentrionale.
N" 809. — Acidalia Mauntiata, Guenée {Minorât a, Bdv. ; Faune entoni. Madag. Boiirbovi et Maurice, p. 115) — {Sp. G., p. 476); Ile Maurice.
L'Espèce se trouve aussi à l'Ile Bourbon.
N" 823. — Acidalia Subroseata, Guenée {Sp. G., p. 482, 483) ; Cayenne.
N" 825. ~ Acidalia Rubrocinctata, Guenée {Sp. G., p. 483); Brésil.?
172 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
N° 826. — Acïdalia .'Vinocinctata, Guenée {Sf. G., p. 483; figurée dans V Atlas du Species Général, sous le n" 6 de la PL 15 V Brésil.
N" 827. — Acidalia Usiaria, Guenée {S p. G., p. 484) ; Cayenne.
N" 829. — Acidalia Nelaia, Guenée {S p. G., p. 484); Haïti.
N" 830. — Acidalia Expolitata, Guenée {Sp. G., p. 484, 485); Cayenne.
N" 835. — Acidalia Abornata, Guenée {S p. G., p. 486); Brésil.
N" 837. — Acidalia Micraia, Guenée {Sp. G., p. 487); Haïti.
N" 838. — Acidalia M yrinidonata, Guenée {Sp. G., p. 487, 488) ; Amérique septentrionale.
N" 839. — Acidalia Piirata, Guenée {S p. G., p. 488; figurée dans VAilas du Species Général sous le 11° 6 de la PI. 7); Amérique septentrionale.
N° 844. — Acidalia Fibiilaia, Guenée {S p. G., p. 490; figurée dans V Allas du Species Général, sous le n° 5 de la PI. 15); Ceylan.
N'' 846. — Acidalia Accentuata, Guenée {Sp. G., p. 490, 491); Pays des Namaquois.
N° 852. — Acidalia Inductata, Guenée {Sp. G., p. 494); Amérique septentrionale.
N" 863. — Acidalia tJivosaria, Guenée [Sp. G., p. 499, 500), Canada.
N° 869. — Acidalia Xanthocephalata, Guenée {S p. G., p. 503); Brésil.
N" 870. — Acidalia Napariaia, Guenée {Sp. G., p. 503); Brésil.-
N'' 871. — Acidalia Amazonata, Guenée {Sp. G., p. 503, 504); Amazone.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 1/3
N" 872. — Acidalta Urubilica/a, Fabr. ?, — Guenéj {Sp. G., p. 504) ; Haïti.
N" S73. — Acidalia Y aciiala, Guenée ^Sp. G., p. 504); Sarawack.
N" 874. — Acidalia Enucleata, Guenée (S p. G., p. 505 ; figurée dans VAilas du Species Général, sous le n" 3 de la PI. 12) ; Amérique septentrionale.
Var. A, Guenée.
N" 875. — Acidalia Nigropiinctaia, Guenée (Sp. G., p. 505); Patrie inconnue.
N" 876. — Acidalia Nicfala, Guenée {Sp. G., p. 506); Nord de l'Inde.
N" 87S. — Acidalia Interna/ a, Guenée {S p. G., p. 506); Pays des Namaquois.
N° 887. — Acidalia Œnopodiata, Guenée {Sp. G., p. 509, 510); Brésil.
J'ai terminé l'niventaire des Espèces exotiques à' Acidalia que Guenée a décrites dans le Volume IX du Species Général des Lépidoptères, qui est en même temps le tome I des IJ ranidés et Phalénites, et dont les types existent encore dans sa collection.
Ainsi que je l'ai exposé ci-dessus, je n'ai pas cru devoir réviser, une par une, les Espèces européennes ou circa-européennes, énumérées par Guenée dans le Species Général. Une quantité notable d'Espèces figurées par Herrich-Schaeffer, décrites par Lederer et Zeller, étaient d'ailleurs restées inconnueSj en nature, à Guenée. Il en résulte qu'au point de vue de la faune paléarctique, le Genre Acidalia, tel que Guenée l'a envisagé, ne s'accorde plus avec les connaissances modernes.
En effet, depuis 1857, les travaux des Entomologistes relatifs aux Espèces européennes du Genre Acidalia, ont complètement transformé la question.
1/4 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
La preuve en est faite par le Catalog, œuvre de Staudinger et Rebel, édité en mai IQOI, qui énumère, dans le Genre Acïdalia, une série d'Espèces commençant au n° 2923 pour s'arrêter au n" 3101. C'est, par rapport aux connaissances acquises au temps où Guenée écrivait le Species Général, une véritable révolution (^res nova). En effet, si Guenée cite, dans le Genre Acidalia, des Espèces inventoriées depuis le n" 734 jusqu'au n" 892, il faut observer que, dans cette quantité, les Espèces exotiques, rigoureusement exclues de leur Catalog par Staudinger et Rebel, figurent au Species Général pour au moins 60 unités.
De plus, avant la guerre que l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie ont allumée dans le Monde, au commencement d'août 191 4, un travail important sur les Acidalia avait été publié par un Entomologiste anglais, L. B. Prout, dans l'ouvrage Die Grossschnicttcrlinge der Erde, entrepris par Adalbert Seitz.
L.e Genre Acidalia, pour la Faune paléarctique seule, a été morcelé par L. B. Prout, qui a créé les Genres Glossotrophia, Holarctias, Oar, et ressuscité, pour une partie des Acidalia, le Genre Ptychopoda, Curtis. Je pense que cet émiettement des Genres naturels ne représente cependant pas un progrès scientifique bien réel.
Néanmoins l'ouvrage réalisé par L. B. Prout est considérable. Malheureusement toutes les Espèces recensées ne sont pas figurées dans Die Grossschmelt. der Erde, et la figuration, bien que très améliorée depuis les premiers Volumes où sont représentés les Lycœna, Hesperia, Zygœna, est encore trop grossière pour être satisfaisante.
Les Phaléniies sont des papillons délicats qui exigent, pour être convenablement reproduits, non seulement un dessin très exact, mais très finement exécuté.
Or, il se trouve que L. B. Prout est un des principaux défenseurs du système des Descriptions sans figure. Il entend laisser toute leur valeur à ces diagnoses pourtant absolument inintelligibles dans la plupart des cas, et laissant tout au moins toujours
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 1/5
subsister le doute après elles, ainsi que je crois en avoir surabondamment fait la preuve en maintes occasions. Ce fut M. I,. B. Prout qui, au Congrès d'Oxford, en août 191 2, fit lire par le Rév. K. St. xA-ubyn Rogers un long plaidoyer tendant à faire l'apologie du côté opposé de la question « the other side of the question » que je venais de traiter moi-même oralement, relativement au principe : Pas de bonne figure à V appui cVune description, pas de nom valable.
Mais voici qu'il se présente un fait intéressant : Un Lépidoptériste de Menton, M. Balestre, a décrit, sans les figurer jusqu'ici, des nouvelles Espèces d' Acielalia; ce sont : Euphorbiata {Bulletin Soc. eut. France, 1906, p. 80), Oberthiiriata (Bulletin Soc. ent. France, 1907, p. 23, 24) et C ouloniata (loc. cit., p. 24, 25).
M. L. B. Prout, bien que les descriptions écrites par Balestre soient copieuses et s'étendent même aux premiers états, déclare que les Espèces en question lui sont inconnues et que, pour leur position systématique, les points d'emprise ne lui sont pas révélés. V^oici d'ailleurs le texte allemand : « Die folgenden neuerdings beschriebenen Arten sind mir unbekannt und wenig oder keine Anhaltspunkte fur ihre systematische Stellung smd angegeben... »
Lf'S Acidalia décrites par Balestre, et non figurées, sont donc méconnaissables, même pour M. L. B. Prout, et celui-ci se borne à traduire le texte que Balestre a fait imprimer dans le Bidletin de la Société entomologique de France. Après la publication de la traduction, en anglais et en allemand, du texte français initialement écrit par Balestre, en sera-t-on plus avancé pour la connaissance des Espèces?
Evidemment non. Des figures bien exécutées auraient été infiniment plus profitables.
Comme je suis redevable à l'obligeance de M. Balestre d'échantillons des Acidalia Euphorbiata et Oberthiiriata, je suis heureux de faire représenter ces deux Espèces dans le présent ouvrage. La figuration annoncée par l'auteur, M. Balestre, se fait
1/6 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
toujours attendre; en ce qui concerne Euphorhiata et Oberthûriata, elle va se trouver désormais assurée.
Pour finir, je fais représenter, en outre, les Espèces suivantes, dont la figuration était désirée :
Acïdalia NigycUneaïa, Chrétien (^Annales Soc. eut. France, 1910, p. 508) ; Gafsa.
M. Prout n'a pas mieux reconnu VAcidalia Nigrolineala, d'après la description qui est pourtant minutieuse et occupe toute une page, qu'il n'a pu se rendre compte, toujours d'après la description, des Aculalïa précitées : Eii-pJiorbiata et Oberthûriita (voir Seitz ; IV Band ; Geonietr., p. 139, 140).
Acidalia Lambessata, Obthr. {Bidletin Soc. eut. France, 1887, p. LXVII, LXVIII); Algérie.
Acïdalia Subrufaria, Stgr. {Jris, XII, p. 386); Tunisie.
Acïdalia Argïlata, Guenée [Sfecies Général, IX; Phalénïtes, I, n'* 787, p. 469); Lozère, ex collect. Bellier.
Acïdalia Adjunctarïa, Boisduval {Gênera et Index Methodicns europ. LepuLopt., 1840); Alp. Lombard, ex collect. Boisduval.
Acïdalia Subsaturata, Guenée {Species Général, X; Phalénïtes, II, Errata- et Addenda, n° 777-/7'^, p. 542); France méridionale, environs de Cette, en jum, ex collect. Guenée.
Charles OberthÙR.
Rennes, achevé d'écrire le 16 février 191 6.
Faune des Lépidoptères de Barbarie
(Partie II)
Le Volume X des Etudes de Lé [^ido ptèrologïe cunifarée a été consacré à l'inventaire détaillé des Espèces de Lépidoptères Rhopalocères jusqu'ici observées dans la région barbaresque.
J'avais hâte de continuer l'ouvrage entrepris et ayant pour but de dénombrer tous les papillons actuellement connus de la Faune marocaine, algérienne et tunisienne. Aussi, en vue de produire une suite au travail commencé et afin de fournir, pour chaque notice spécific]ue, les renseignements biologiques capables de faire le plus possible progresser notre science, ai-je demandé à M. Harold Powell qui a réalisé en Algérie des chasses si fructueuses et écrit, presque chaque jour, au cours de son exploration, des notes très précieuses sur les Lépidoptères, de venir à Rennes me donner son concours particulièrement compétent.
IM. Powell ayant répondu à mon appel, avec sa bonne grâce ordinaire, il en résulte que le présent travail est devenu autant l'œuvre de mon excellent collaborateur que la mienne propre.
J'ai d'ailleurs rempli un devoir élémentaire de justice en faisant connaître dans la notice consacrée à chaque Espèce quelle est la part de collaboration dont M. Powell a bien voulu se charger.
Je le remercie, au nom de la science entomologique, d'avoir bien voulu me consacrer ainsi, à Rennes, plusieurs semaines de son temps, afin de mettre ses souvenirs et ses notes au service de l'ouvrage que je voudrais mener à bonne fin.
C'est donc ensemble, dans ma collection, (]ue, pendant les mois de juin, juillet, septembre et octobre igi6, nous avons pu achever
l8o LÉPIDOPTÊROLOGIE COMPARÉE
le travail concernant les Sphingiche, les Zygœnidœ, les Heterogynidce, les Lïmacodïdœ, les Natodonl'uLe, les Liparidœ, les Lasiocampidce, les Salurmida\ les Drepamdœ, les M c galop y-
gïdce.
Nous avons bien l'intention de ne pas cesser de poursuivre le travail commencé. Dès lors je me plais à espérer qu'une troisième partie pourra bientôt paraître, contenant notamment, avec le texte des Mgcnidcc par M. Ferd. Le Cerf, Préparateur au Muséum national d'Histoire naturelle de Pans, le Catalogue des Arctiidce, des Cossidœ et des Hepialïdce.
Comme on le sait, les Planches relatives aux /Egenïdœ de la faune barbaresque ont déjà paru, par anticipation sur le texte, dans le Volume XI des Etudes de Lèpidopthologie comparée. Mais inversement, c'est-à-dire en retard sur le texte, les Planches qui devraient accompagner les Sphnigidœ, Zygœnidce, etc., paraîtront peut-être avec le Volume XIII, c'est-à-dire un peu après la pu'olication du texte imprimé dans le présent Volume. Cependant il est possible que le travail iconographique se trouve terminé plus tôt que je ne le prévois. L'état de guerre actuel occasionne bien des incertitudes et des difficultés dans les délais d'exécution des ouvrages artistiques et d'impression. Les travaux sont en cours. Quand pourront-ils être achevés?
Rennes, septembre 191 6.
Charles OberthÛR.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE iSl
SPHINGID/E
Acherontia Atropos, Lmné.
Paraît plutôt rare en Algérie. M. Powell a rencontré un exemplaire à Géryville et trois spécimens à Lambèse. A propos de l'un de ces derniers, M. Powell a noté ce qui suit : « Lambèse, 191 2, 3 août; attiré par la lumière, un Acherontia Atropos cf est entré dans ma chambre; il a crié fortement lorsque je l'ai pris dans le filet. Il m'a paru en très mauvais état et je l'ai lâché dehors ».
M. Powell ajoute que, le 9 septembre 191 3, il a trouvé trois chenilles écrasées dans un champ de pommes de terre, dans la vallée de l'Oued-Fedhala, à l'est de Ain-Touta. Les Arabes étaient occupés à enlever les pommes de terre et ils écrasaient les chenilles qu'ils rencontraient.
M. le D'' H. C. Nissen, Consul Général de Danemark en Algérie, m'a fait connaître qu'il possédait quatre exemplaires provenant des environs d'Aller.
Amorplia Austauti, Stgr.
La grande forme de V Aniorp/uj PoPiili du Nord de l'Afrique correspond à la forme également très agrandie, dite Atlant'uits, du Sphinx Ocellata.
l'eu Staudingcr a distingue par \v nom de Anslaiili, la morjjhc algérienne de Populi. l'ai fait représenter dans la V' 1' luraison des Etudes (V Entomologie, sous le n" i de la PI. V, une i^) Austauti, et sous le n" 4 de la PI. 1, dans le même ouvrage,, le cf (le Austanti-Staudingcri. J'ai fait imprimer aux pages 65 et 66 ce que je connaissais en 1.S81, relativement a Amorplia Populi- Austauti. Je puis compléter les renseignements très sommaires que je possédais, il y a 35 ans, par la documentation ci-dessous rapportée, d'ai^rès les notes de M. Harold Powell.
l82 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
(( Snierinthiis Austauti. — Je n'ai rencontré ce papillon ni à Géryvillc, ni à Aflou. 11 existe, néanmoins, dans la première de ces localités, ainsi que cela est prouvé par la présence, dans la collection Charles Oberthiir, d'un petit cf de la variété Staudïngeri dont l'étiquette porte << Géryville >>, comme lieu d'origine. J'ai pris Austauti à l'état de chenille et à l'état d'imago, à Sebdou, en 1907 ; il y était même assez commun; mais les chenilles ne sont pas commodes à prendre, car elles se tiennent, le plus souvent, hors de portée, sur les branches de peuplier. Le papillon n'est pas rare, non plus, à Batna (Constantine) ; il est moins commun à Lambèse. Austauti. paraît être très répandu en Barbarie, depuis le Maroc jusqu'en Tunisie; il doit exister dans la plupart des localités où croissent les deux peupliers qu'on rencontre communément dans le voisinage des sources, le long de certains oueds et en bordure des routes et places des villages français. Ces deux arbres sont le Populus Nigra, L., et le P. alba, L. J'ai trouvé la chenille sur l'un et l'autre de ces peupliers, mais je ne l'ai jamais observée mangeant les feuilles des saules.
Sur les Hauts Plateaux, le papillon éclôt deux fois par an, en avril-mai, ensuite en juillet-août. Je n'ai pas de raison pour croire c^u' Austauti a plus de deux générations par an dans les régions moins élevées de l'Algérie.
C'est en juin que l'on trouve la chenille qui doit fournir la seconde éclosion ; les chenilles provenant de parents éclos en juillet-août se rencontrent en septembre; elles s'enterrent et se chrysalident vers la fin de ce mois ou même plus tard, en octobre, et leurs chrysalides hivernent.
En septembre 19 13, j'ai élevé à Lambèse une demi-douzaine de chenilles écloses d'œufs pondus à Batna, qui m'avaient été donnés, vers la fin du mois d'août, par M. Nelva, pharmacien.
On obtient le meilleur résultat quand on élève les chenilles sur l'arbre même, en les entourant d'un manche de mousseline et en les changeant de place, au fur et à mesure qu'elles se développent; sans cela, on risque de voir périr beaucoup de chenilles dans les
LÉPIDOPTÉROLOGIi: COMPARÉE 1S3
premiers stades et, de plus, les papillons provenant de chenilles élevées sur branches coupées sont généralement rabougris. J'ai élevé mes chenilles sur un peuplier qui croissait dans la cour de la maison que j'occupais à Lambèse; deux d'entre elles se trouvent photographiées sur la planche 26 du Vol. X des Eti{(ics de Lépidoptérologie comparée, dans la position qu'elles prennent normalement, sur les feuilles. Lorsque la chenille a atteint tout son développement et qu'elle a cessé définitivement de manger, le dorsum prend une teinte vineuse ; cette modification se fait, le plus souvent, pendant la nuit et, le lendemain matin, la chenille se met à marcher rapidement; elle s'enterre généralement dans l'après-midi, après une longue course.
Le 26 septembre 1907, à Sebdou, j'ai pris deux chenilles de S. Atistauti, au moment oi^i elles descendaient du peuplier pour se chrysalider; quelques jours auparavant, en déterrant une touffe de Graminée, j'ai, malheureusement, coupé en deux une belle chenille qui s'était enterrée pour se métamorphoser.
J'ai remarqué que les papillons de la première éclosion sont plus foncés que ceux de la génération estivale; la bande médiane gris brun ou gris olivâtre de l'aile supérieure, ainsi que les lignes ondulées, sont, notamment, plus foncées que chez les sujets de l'éclosion d'été et, par suite, elles se détachent mieux. Il y a des variétés à teinte rose appelées : Incarnata, Aust. et Mirabilis, Aust. La variété Staiiclingeri, Austaut, est une forme très pâle de l'éclosion d'été ».
Il est utile de prévenir les Entomologistes ayant entre les mains l'ouvrage du Prof. D'' Adalbert Seitz, que la figure donnée sur la PI. 39, ligne b, comme représentant la variété Staiidingeri à.'Austaiiti, ne correspond nullement à la réalité.
Je fais représenter un exemplaire Q de la forme Mirabilis, Austaut, dont je suis redevable à M. Austaut lui-même, et un autre spécimen également Q, provenant de Tanger, d'une teinte uniformément ocre safrané, qui n'a pas encore été trouvée en Algérie, du moins à ma connaissance. On trouve parfois en
184 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Europe des exemplaires de Popnli colorés comme la variété Aurantiaca, de Tanger.
Une foule de produits hybrides de Aniorpha Popiili et Smerïnthiis 0 cellata ont été obtenus aussi bien en accouplant les individus des races européennes que ceux des morphes algériennes. Je donne la figure d'un hybride cf provenant de Aiistauti q et Atlanticus cf.
M. le Consul général de Danemark à Alger, D'' Nissen, m'a communiqué trois variétés ex larva provenant de chenilles recueillies par lui sous le même peuplier, dans le jardin du Palais d'été de Mustapha. L'un des exemplaires est une grande Q de la forme Austauli, l'autre est une Q Staudïngerï et le troisième spécimen est un superbe cf Mirabilis.
Smerinthus Atlanticus, Austaut.
La forme 0 cellnta-0 cellata se trouve en Europe. La race qui a été rencontrée en Algérie et au Maroc est Atlanticus, Austaut.
Selon M. Powell, le Smerinthus Atlanticus éclôt deux fois par an, comme Ai4stauti; il a été capturé à Sebdou, à Géryville, à Aflou, à Tlemcen, à Khenchela, à Lambèse, à Batna et à Hussein- Dey, c'est-à-dire dans l'Ouest, le Centre et l'Est Algérien, en Tunisie et à Tanger. La chenille vit sur différentes espèces de saules, tandis que la larve de V Aiuorplia Popidi-Aitstauti n'a été rencontrée par M. Powell sur aucun Salix, mais exclusivement sur les peupliers.
D'ailleurs la chenille du Siiicrintlius Atlantica se trouve aussi sur le peuplier à feuilles glabres iPopiilns nigra). La chenille en question a été reproduite par photographie sur la PL J / du Vol. V, Part. II, des Etudes de Lcpidoptérologie comparée.
J'ai reçu de M. le Docteur Moltrccht, de Wladivostock, un grand exemplaire Q étiqueté : Ussuri, exactement conforme aux Atlantica de Barbarie, c'est-à-dire avec la base des ailes inférieures entièrement rose.
M. Austaut m'avait autrefois envoyé une paire de la forme
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 185
qu'il avait appelée : œsiivalis, venant de la frontière orientale du Maroc. Cette forme œstivalis semble naturellement un peu décolorée, comparativement aux exemplaires ordinaires. «
M. Harold Powcll m'a communiqué les notes suivantes :
(( J'ai élevé plusieurs fois la chenille de 5. A/lanlica, en Algérie. Huit chenilles, presque à terme, ont été trouvées, le 4 juillet igoS, sur une haie de petits saules, dans le jardin de l'Hôpital Militaire de Khenchela; elles n'ont pas tardé à développer la teinte vineuse sur le dorsum et à descendre en terre à une profondeur de près de 10 centimètres. Le cocon, que forment les parois de la cellule souterraine, est composé de fines particules de terre, liées ensemble par une soie légère et très peu solide. La métamorphose, en cette saison, a lieu quatre jours, tout au plus, après la descente en terre de la chenille. Chez Atlantica, la surface de la chrysalide est moins rugueuse que chez Austaitti.
On obtient facilement le d* de 5. Ailantica si on possède une Q vierge d'éclosion récente. En juillet et au commencement d'août 1912, à Lambèse, j'ai eu plusieurs éclosions de cette Espèce. Le .soir de l'éclosion, je plaçais la Q en cage, dans la cour de la maison, et, vers 1 1 heures, les cfcf ne manquaient jamais d'arriver ; une nuit — c'était le T"' août — dix cfcf ont été attirés, entre 1 1 heures et i heure, par une Q éclosc plus tôt dans la soirée. J'ai remarqué qu'à partir de i heure du matin, environ, les C^cf ne viennent plus; le vol reprend peut-être vers l'aube, mais je n'en suis pas certain. La Q ne cherche pas à voler, avant d'être fécondée; j'en ai gardé une, vivante, pendant quelques jours, en l'exposant chaque nuit; son attrait pour les cfcf diminuait progressivement, de soir en soir.
A Aflou, en août igi i, mon attention a été attirée, un soir, sur la récente éclosion d'une g, grâce à l'anivéc presque simultanée de trois cfcf, dans la chambre où se trouvait la Q. La lumière fait aussi arriver les cTcT, mais rarement. »
Je crois devoir ajouter, en suite de cette dernière obserxation de M. Powell, (]ue, contrairt-ment à ce (|ui se passe en Algérie,
lS6 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
pour Atlantiais, les d*cf Ocellat'i viennent, en nombre parfois considérable, aux lumières cleetriques de la gare de Rennes où il a été» capturé une grande quantité d'cxemplan'cs pendant ces dernières années.
De certains œufs de cette Espèce, trouvés en juin 191 2, sur les feuilles de saule, à Lambèse, sont éclos, à la fin de ce mois, de petits Hyménoptères parasites; chaque œuf ne contenait qu'un exemplaire du parasite, qui, d'après M. Claude Morley, appartient à la famille Chalcididœ.
Daphnis Nerii, Linné.
Ni M. Holl, ni M. le D'' Nissen, ni M. Powell n'ont jamais trouvé en Algérie, sur les lauriers-roses qui croissent au bord des oueds, la chenille de Neni. M. Powell n'a même jamais vu les traces que laissent ces chenilles et aident à les découvrir, dans le Midi de la France, où il a très fréquemment récolté les chenilles en question. Cependant l'Espèce m'a été signalée comme habitant l'Algérie, mais je regrette de n'avoir pas de renseignements précis, de sorte que la présence des Ncrii, en Barbarie, reste pour moi douteuse.
Protoparce Convolvuli, Linné.
La chenille n'était pas rare à Sebdou vers la fin de septembre 1907. M. Powell a pris deux papillons à Sebdou, le 2 août 1907; ils butinaient, le soir, sur les belles-de-nuit. M. le D'" Nissen possède trois exemplaires provenant de Mustapha supérieur, près Alger.
Sphinx Ligustri, Linné.
D'après les renseignements dont je suis redevable à M. le Docteur Nissen, un exemplaire du Sphinx Ligiistrï a été cap-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 187
turc, par lui-même, à la lauipc, à, la fin d'avril 1914, à Hammam- Meskoutine. Ce papillon se trou\-e, paraît-il, maintenant dans la collection de The Hon. W. Rothschild, à Tring.
Le Sphinx Ligiistri, d'Hammam-Meskoutine, n'est pas tout à fait semblable au Liguslri, d'Europe. Il diffère notamment pour les deux caractères suivants : i" l'absence de la teinte argileuse sur les ailes antérieures; 2" la bande noire des ailes inférieures se trouve plus éloignée du bord marginal.
Cette variété géographique doit être décrite avec le nom de Nisscni (*).
(*) I>a description que je signalais par avance, lorsque je remis en juin 1916 à notre atelier de composition typographique la courte notice imprimée cidessus, a paru dans les Novitates Zoologicœ, Vol. XXTII, n» 2 « issued september 25 th 1916, at the Zoological Muséum, Tring ».
Aux renseignements sommaires publiés ci-dessus, j'ajoute la date de la capture, telle qu'elle est mentionnée : April 22, 1914.
On peut lire la description de Sphinx Ugiistri nisseni subsp. nov. à la page 253 de l'ouvrage ci-dessus désigné; elle est incorporée dans un article intitulé : Fiirtlwr corrections of and additions to ottr « Revision of iJie Sfhingidœ » by I.ord Rothschild and D^ Karl Jordan. Aucune figure du Sphinx ligustri-nisseni n'est publiée, ni même annoncée.
C'est au nom d'un intérêt supérieur, celui de la Science, que je parle. Dès lors on trouvera juste que j'exprime le jilus vif et profond regret en constatant qu'aucune figure n'est publiée dans ces Novitales Zoologicœ pour rendre intelligibles les nombreuses descri])ti«ns de Lépidoptères par Prout, Warren, Lord Walter Rothschild et Karl Jordan qui y sont imprimées.
Il est évident qu'une pareille fabrication de types, d'après des descriptions impossibles à comprendre exactement, et sans aucune figure des papillons en cause, loin de constituer un ])rogrès scientifique, n'engendre dans la Nomenclature que le trouble et la confusion. Il faut avoir le courage de protester, une fois de plus, contre l'obstruction opposée au développement des Sciences Naturelles par l'abus toujours croissant des descriptions sans figures. On m'a jusqu'ici objecté, comme raison principale en opposition à la formule : « Pas de bonne figure à Ca-ppii d'une description, pas de nom valable », le prix que coûte la figuration. Dans la circonstance présente, il ne semble pas que ce I)rétexte puisse être invoqué. Dès lors pourquoi cette économie de figures que ne conqiense nullement la prodigalité des descriptions ?
Il n'y a qu'un moyen pratique — mais nécessaire — d'arrêter cette marée débordante d'inintelligibles descriptions (ju'il est impossible d'attribuer avec ([uelque certitude à aucune Espèce de Lépidoptère prétendue nouvelle, c'est de ne tenir aucun comjite des descriptions sans figures. D'après ce que j'entends, d'autres que moi sont d'ores et déjà décidés à ignorer de parti pris les descriptions sans figures. La force des choses obligera bientût tout le monde à agir ainsi. — Ch. Obthr. Rennes, 29 septembre 19 16.
LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE
Hyloicus Pinastri, Linné.
Un seul exemplaire Q , de taille médiocre, trouvé par M. Harold Powell, en août 19 13, au pied du Djebel-Ichali, dans la direction de Boursalah, près de Lambèse. Le papillon était posé sur une pierre, près d'une source. On remarque dans la forêt de nombreux pieds de Pinus Halepensis sur lesquels la chenille de V Hyloicus Pinastri a sans doute vécu.
M. le D"" Nissen, Consul Général du Danemark à Alger, m'a fait connaître qu'à sa connaissance V H yloiciis Pinastri avait été capturé à Hammam-Rhira.
Celerio Nicaea, Prunner.
Commun dans la province d'Oran, notamment aux environs de Sebdou et d'Aflou; beaucoup plus rare à Géryville où un seul exemplaire a été capturé à la lumière. C'était sur le Djebel- Ksel. D'ailleurs, à Géryville, on ne trouve pas d'euphorbes. Rare à Lambèse où cependant les euphorbes abondent.
Le Cclcrio Nicœa, à l'état parfait, varie assez sensiblement pour la taille. Mesurant depuis le centre du thorax jusqu'à l'apex de l'aile antérieure, nons trouvons en millimètres, pour les cfcf, les dimensions suivantes : 42, 43,5, 44, 47, 5> 49; et pour les Q Ç), les dimensions ci-après relatées : 48, 54, 55,5, 56,5.
Les ailes supérieures varient, en dessus, i)our la coloration du fond qui est le plus souvent d'un ocre pâle uni légèrement carné, mais qui se présente parfois avec un lavis rosé assez prononcé {carnca, Austaut). Les taches ordinairement vert olive sur le fond des ailes supérieures, peuvent être d'une couleur rousse; cette même coloration atteint aussi le dessus du thorax et de l'abdomen. Certains échantillons manquent plus ou moins complètement de la tache vert olive ou rousse, costale, la plus rapprochée de l'apex.
Les ailes inférieures varient rarement pour la teinte rose, dite
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 189
fleur-de-pêchcr ; mais la bordure noire submarginalc est plus ou moins épaisse, quelquefois très festonnée et même interrompue.
En dessous, la couleur ordinaire des quatre ailes est d'une teinte dite : calamine, du nom d'un produit naturel des Dolomites qui est composé de carbonate de zinc et de silicate de zinc impurs. Cependant le disque des ailes supérieures apparaît toujours un peu rosé. On distingue ordinairement une sorte de trait noir correspondant à la tache vert olive médiane du dessus. On voit souvent, sur les ailes inférieures, une ligne noirâtre festonnée descendant par le milieu des ailes, du bord costal au bord anal. Cette ligne noirâtre correspond au contour extérieur de la tache noire basilaire des inférieures. Quelquefois, deux traits noirâtres se remarquent au bord costal des ailes supérieures, semblant comme le commencement d'un tracé qui pourrait se poursuivre sur le disque desdites ailes supérieures.
J'ai 'fait représenter sous la fig. 9 de la PL 111, dans la VP livraison des Etudes cV Ento^tiologie, un exemplaire de la forme ordinaire algérienne. Sous la fig. (^a, j'ai publié la représentation d'une chenille dont la robe est noire; j'en parlerai plus loin.
Je crois utile de remettre à M. J. Culot, pour figuration : 1° une Ç) Nicœa, d'Aflou, à fond des ailes d'un carné un peu rosé et ayant les taches ordinaires d'un brun roux légèrement doré, au lieu d'être vert olive; 2" une Q, de Sebdou, obtenue d'éclosion à Rennes, qui est remarquablement albinisante, sans doute albidine infecta, mais très uniformément et complètement. Le dessous des ailes et du corps de cet albinos est d'un blanc légèrement ocraceux, au lieu d'être rosé.
On peut comparer à Celerio Nicœa-albina, le Parnassius Apollo-sneviciis-albinos de Schwaebische-Alb, figuré sous le n° 1930 de la PI. CCXIV, dans le VHP fascicule des Etudes de Lépidoptérologïe comparée.
3° Un cf, de petite taille, dont le bord submarginal noir des ailes inférieures est remarquablement festonné; il provient d'Aflou. Pour la teinte du fond de ses ailes supérieures en dessus
igO LÉPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE
et en dessous, et pour la couleur vert olive des taches, ce çf viargïne-denticula(a servira d'excellent terme de comparaison avec la Q nibida.
Je n'ai jamais vu, sur aucun des 500 exemplaires que contient ma collection, un seul sujet dont les épaulettes ou ptérygodes sur le dessus du thorax soient intérieurement bordés de blanc, ainsi que cela se remarque chez certains Enflwrbiœ.
La forme de Crimée {Crimœa, Bang-FIaas), chez laquelle le fond des ailes supérieures est poivré d'un abondant semis d'atomes noirâtres, semble avoir les ailes inférieures d'un rose beaucoup [ilus pâle que la forme algérienne désignée sous le nom de Cds/issh/ia, Austaut. De plus la bande vert olive qui descend de l'apex des ailes supérieures, en dessus, jusqu'au bord interne, est réduite dans la forme criméenne, d'abord à une simjîle ligne, avant de rencontrer l'empâtement contigu au bord interne. Chez Nicœa d'Algérie, la bande vert olive en question s'élargit progressivement, à partir de l'angle apical jusqu'au bord interne.
Je fais représenter pour établir nettement la comparaison entre les diverses races de Niccra, une Q Criniœa, un cf, de Vernetles-Bains (Pyrénées-Orientales), un autre cf de Cannes (Alpes- Maritimes), un (S de Marseille, une Q de Montpellier (ex coll. Guenée, qui l'avait reçue de M. Chabrier), et un cf {Lathyriis) de l'Inde. La figuration de tous ces i:)apillons fixera mieux sur la valeur respective des caractères morphologiques que toutes les descriptions.
M. flarold Powell avait pris, sur la biologie du Cclerio Nicœa, les notes suivantes qu'il veut bien me communiquer :
(( Jusqu'au 15 juin 191 1, les Euphorbes cl'Aflou, assez abondantes le long des oueds et dans certains ravins, n'ont montré aucune trace de chenilles de Nicœa ou de Maiiretanïca.
Le 15 juin, Charles David m'a rapporté d'un ravin, au sud, une dizaine de chenilles de Nicœa, presque toutes jeunes encore, mais l'une était dans sa dernière peau.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPAKÉE IQI
Sous une feuille, il y avait deux œufs, et un seul œuf sous une autre feuille de la plante rapportée. L'œuf me paraît ressembler beaucoup, comme forme et couleur, à l'œuf de Daphnis Nerii. Il est d'un ovale arrondi, d'un vert un peu jaunâtre; la surface est luisante. Dans les œufs avancés, on voit un point vcrdâtre au centre, qui est, je pense, la tête de la jeune chenille. L'œuf est plus grand que celui d' Eiiphorbiœ et de Maitretanica, et je n'ai jamais vu plus de 3, sous une même feuille, tandis que chez Maiiretanica et Eupliorbiœ, on en trouve souvent 5 à 8 ensemble.
La chenille, dans son premier stade, est d'un vert jaunâtre, avec les taches déjà faiblement indiquées en couleur plus claire.
A partir du 15 juin, on en a trouvé presque tous les jours et en nombre toujours croissant.
Vers la fin juin, la chenille avait paru un peu partout et dans certains ravins, notamment un qui se trouve à 2 kilomètres au nord-est d'Aflou, toutes les euphorbes ont été dévorées et les grosses chenilles couraient par terre, affamées. Nous en avons ramassé plusieurs centaines, choisissant les plus grosses. Je suppose que, comme à Sebdou, beaucoup de ces chenilles contiennent des larves de Diptère. Plusieurs sont déjà mortes en effet des attaques de ces parasites.
A ces grosses chenilles, il faut naturellement beaucoup de nourriture; car elles mangent furieusement pendant le jour, et même la nuit, quoique moins. On leur apporte de l'Euphorbe fraîche, trois fois par jour.
La forme normale a la couleur fondamentale d'un crème plus ou moins foncé, avec les taches bien séparées.
La forme à couleur du fond rosé est commune aussi, mais cette couleur ne se développe qu'à la dernière mue. L,a forme mélanique est rare à l'état sauvage, mais se développe beaucoup plus souvent chez les sujets pris jeunes et élevés en captivité. C'est à la dernière mue que cette forme se présente. L'étendue du noir est variable.
Déjà, fin juin, beaucoup de chenilles s'étaient chrysalidécs.
192 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
formant un cocon, au niveau de la terre, ainsi que fait la chenille à' EupJiorbïce.
Le 4 juillet, il y a encore des masses de chenilles, mais les jeunes se font plus rares.
Le 12 juillet, nous en avons pris beaucoup du côté de l'Aïn- Mansour, le long de l'oued. Partout où pousse l'Euphorbe, on trouve de ces chenilles ou bien leurs traces. A ce moment, il y en avait encore dans leurs troisième et quatrième peaux; mais elles étaient rares. Près de 400 chenilles se sont chrysalidées. Il y a eu quelques mauvaises métamorphoses, ce qui a réduit le nombre à environ 350.
Quand une chenille contient des larves de mouches, elle meurt à l'état adulte, généralement dans son cocon; mais elle ne se transforme pas en chrysalide.
Les éclosions ont commencé le 25 juillet.
A partir du 25 juillet, il y a eu des éclosions, tous les jours. C'est le matin, entre 8 heures et 10 heures, que le papillon sort de la chrysalide. Il monte sur les parois de la cage ou sur une tige, pour développer et sécher ses ailes. Une fois bien développées, les ailes sont ramenées en toit, et le papillon reste immobile jusqu'au crépuscule. Il se tient haut sur ses pattes. Ni son corps ni ses ailes ne touchent l'objet sur lequel il se repose.
La chrysalide est presque lisse, à surface relativement plus unie que chez Mauretanica et Eiipliorbiœ.
Il n'y a que des traces de ce réseau de traits fins, noirs, qui recouvrent les ptérothèques, yeux, pattes, antennes et maxillae chez Mauretanica et chez Eîtphorbue; ces traits occupent le fond des petits sillons et dépressions qui existent aussi bien chez Niccra que chez les autres. Le cremaster est plus long, plus pointu chez Mauretanica que chez Nicœa.
Pour Niccsa, les éclosions ne se produisent que rarement en dehors de la période 8 heures à 10 heures du matin. Jusqu'à présent, sur environ 125 papillons éclos, tous, sauf 4, sont éclos entre ces heures. Les 4 autres sont éclos à la tombée de la nuit. Environ
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE ig3
15 heures avant l'éclosion, la chrysalide se tourne sur le dos, si elle n'est pas déjà dans cette position.
Au moment de l'éclosion, la chrysalide est presque invariablement tournée sur le dos.
Le papillon a vite fait de briser les sutures et de sortir de la coque. Il lâche un jet de méconium dans la chrysalide, et un second quand il s'est retourné et se trouve sur ses pattes. Son premier acte ensuite est de se brosser l'œil gauche avec la première patte du côté gauche. Il me semble bizarre que le papillon se contente de se frotter l'œil gauche. J'ai assisté ce matin (4 août) à 8 éclosions et, dans chaque cas, la même opération a eu lieu ; jamais, à ma connaissance, un papillon ne s'est frotté l'œil droit ! Il monte ensuite sur les parois de la cage, s'arrête et fait subir à l'abdomen un mouvement d'étirement pendant quelques secondes. Puis il reste immobile. Les ailes ne commencent à s'allonger qu'au bout de 5 à 6 minutes. »
Dans la Partie II du Volume V des Etudes de Lépidoptérologie comparée, se trouvent publiées, dans les Planches H c, H d, H ^, H /, les différentes phases du développement des ailes de Celerio Nicœa. Les photographies avaient été prises par M. Powell, à Aflou, en loii. Je prie le Lecteur de se reporter à cette documentation.
Avant d'entreprendre son exploration du Djebel-Amour, en 191 1, M. Powell avait déjà élevé à Sebdou, en 1907, beaucoup de chenilles de Celerio Nicœa et, dès cette époque, il avait fait des observations qui corroborent celles réalisées plus tard à Aflou et rapportées plus haut. Je me fais un devoir de les ajouter ici, comme un intéressant complément de renseignements relatifs à la biologie de Celerio Nicœa.
C'est encore M. Powell qui parle : (( Sebdou, ly juin 1907. — Les petits Arabes m'ont apporté à différentes reprises, dans la journée, des chenilles de Nicœa. J'en possède des quantités maintenant et elles mangent avec un appétit féroce. La captivité paraît produire assez souvent, chez cette chenille, des formes à robe noi-
194 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
râtre. Toutes celles que l'on trouve dehors présentent un grand excédent de couleur blanche ou crème. Dans le quatrième stade, le fond blanc de la robe des chenilles est toujours très pur. Ce sont les chenilles c]ui, prises jeunes et élevées en captivité, donnent à la dernière mue une forme mélanique. Les cercles noirs s'élargissent et viennent à confluer, laissant sur chaque segment un triangle dorsal blanc et sur le côté une tache blanche en forme de dôme. La proportion du noir est cependant variable et cette proportion de noir, suivant qu'elle est plus ou moins accentuée, détermine des modifications d'aspect plus ou moins profondes. Les taches, d'un rouge orangé, se trouvent réduites dans la forme mélanienne du dernier stade. »
Des chenilles d'Aflou ont été photographiées comme les papillons et les photographies ont été reproduites sur les PI. J // et J j du Vol. V, 2'' partie, des Etudes de Lépidoflèrologie coniparée.
Il reste à parler des chenilles de Nicœa, rencontrées à Lambèse. M. Powell m'a fait savoir qu'il en avait trouvé un petit nombre d'exemplaires, en septembre 191 3, sur les Euphorbes croissant le long des oueds presque tous desséchés à la fin de l'été, près du cimetière romain à Lambèse et dans la vallée de l'Oued-Feddalah, au sud de Lambèse. Ces chenilles étaient semblables à celles de la province d'Oran.
Beaucoup de chrysalides de Celerio Nicœa, qui avaient été envoyées à Rennes, y sont écloses, généralement au courant d'août. Les papillons étaient sou\'ent atteints d'une maladie qui déformait la partie anale de l'abdomen; cependant les ailes arrivaient à un parfait développement.
Celerio Mauretanica, Stgr.
Ce Sphingide est répandu dans presque toute la Barbarie. Je possède des exemplaires provenant du Maroc, de Nemours, de Sebdou, d'Aflou, d'Alger, de Lambèse, de Khenchela, d'El- Outaya, de Biskra, d'El-Goléa.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Le Celerio Mauretnnica est très variable à l'état parfait. I es deux variations extrêmes se trouvent à Biskra, où la race est plus petite et plus pâle et a reçu le nom de Deserlicola, Bart., et dans les montagnes au sud de Lambèse, par une altitude qui peut dépasser i.Soo mètres, où la forme atteint son maximum de grandeur et d'éclat. Dans les autres localités, se trouvent des races intermédiaires qui vont être envisagées successivement. On peut dire que l'Espèce se rencontre partout où croissent les euphorbes.
J'ai fait connaître, à propos du Celerio Nicœa, que ce Sph'mgide était extrêmement rare à Géryville, par suite du manque des euphorbes dans la campagne. Géryville est la seule localité d'Algérie où M. Powell n'a pas observé la présence du Celerio Maitretanica.
1° El-Goléa, Biskra, El-Outaya. — Là, se trouve la véritable forme Deserlicola, la plus caractérisée.
J'ai fait figurer le çS, la g et la chenille jeune sous les n'" i a, i b et i c de la PL II, dans la i'"'' livraison des Eludes d'Enl ontologie; c'est à tort que je l'ai désignée sous le nom de Tilhyniali, dans cet ouvrage; la détermination de Til/iyi/iali, Bdv. {Icônes, PL 51; fig. I ; Vol. II, p. 30, 31) s'applique à la seule race des Canaries.
Je reproduis textuellement, ici, les notes prises par M. Powell sur la chenille de Deserlicola, à Biskra, en mai igo8 : (( ... 16 mai ; Dunes sur le chemin des Zibans, à 6-8 kilomètres de Biskra; sur les sables, il y a énormément d'euphorbes et une quantité considérable de chenilles de Celerio Deserlicola, des tailles les plus diverses, sur les euphorbes en question. On trouve souvent deux chenilles sur la même plante; mais il est rare d'en rencontrer davantage. Les plantes les mieux garnies de chenilles sont celles qui poussent au bord des dunes et dans le lit des deux oueds qui traversent ces dunes; ces oueds étant à sec, leur lit ne diffère pas beaucoup des dunes elles-mêmes; cependant, comme il y a peu de sables, il y a moins d'euphorbes. A l'intérieur des dunes, les euphorbes sont très nombreuses et très vigoureuses; néanmoins, ainsi que cela est déjà signalé plus haut, on y rencontre moins
igô LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
de chenilles qu'aux bords de la dune. Les chenilles sont voraces et mangent constamment. En général, elles sont conformes à celles que j'ai déjà observées à Sebdou ; mais elles présentent beaucoup de variétés, peu accentuées il est vrai. Jeunes, elles ont plus de ressemblance avec les chenilles de V Eîiphorbïœ d'Europe, que lorsqu'elles sont arrivées aux 4'' et 5" stades.
Dans son dernier stade, les caractères extérieurs de la chenille sont comme suit : tête, plaque prothoracique, pattes écai lieuses et membraneuses, queue et clapet anal rouges ; antennes et dessus de la mâchoire blanc jaunâtre; ligne du centre dorsal rouge, bordée de chaque côté par une bande large paraissant grise ou noirâtre; cette bande contient une grande quantité de petites taches blanches; elle est très nettement limitée au bord inférieur par une large bande d'un jaune verdâtre.
Sur chaque segment se trouve une seule grande tache blanche sur fond noir. Cette tache, de forme arrondie, est beaucoup moins grande que chez Eu phorb'ue ; elle ne paraît être jamais accompagnée d'une seconde tache, en dessous, comme cela se remarque dans EîtphorhicT ; elle est située partie dans la bande grise semée de points blancs, partie dans l'espace d'un jaune verdâtre qui surmonte une nouvelle bande grise semée elle-même de points blancs, située dans la région stigmatale ; cette bande grise est plus étroite que la dorsale, et comme elle est parfois interrompue, elle présente, dans ces conditions, une macule isolée sur chaque segment. Ees stigmates sont d'un blanc sale, entourés d'un peu de rouge; toute la surface ventrale est d'un jaune verdâtre et parfois presque blanche, ainsi que la base des pattes, dont l'extrémité, comme il est dit plus haut, est rouge.
Au-dessus de chacune des pattes et dans les deux premiers segments abdominaux, on remarque une certaine quantité de petites taches arrondies, blanchâtres, entourées de noir.
La pointe de la corne anale est plus étroitement terminée de noir que chez Euphorbiœ.
Une variété de la chenille, assez commune, a les taches orbiculaires latérales, centralement plus ou moins remplies de rouge.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE I97
Une autre variété est très claire avec les bandes grises et les petites taches blanches très réduites ou même presque complètement absentes. La ligne rouge médiodorsale est quelquefois entrecoupée sur chaque segment. En captivité, il se produit à la dernière mue des formes plus foncées qu'à l'état libre et, dans certains exemplaires, les deux bandes grises ou noires se rencontrent presque, restant simplement séparées l'une de l'autre, par une étroite ligne jaune.
Le nombre des exemplaires récoltés dans la journée du 16 mai 1908 a été de 143. »
Le papillon éclôt depuis le mois d'avril.
Il offre d'assez nombreuses variétés, d'abord celle dont les ailes inférieures sont jaunes ; Ab. ilaveola) et dont j'ai publié la figure sous le n" 60 de la PI. VI, dans le fascicule I des Etudes de Lépïdoptérologie eomparée; je puis citer encore les deux aberrations heluncopue et viaitnis, d'El-Outaya, écloses en a\^ril 1910, et dont j'ai publié la figure sous les n"** 664 et 665 de la PI. LXXII du Vol. V, Part. I, des Etudes de Lépïdoptérologie comparée.
Par ailleurs, les nervures des ailes supérieures sont plus ou moins saillantes en blanc, pour traverser le large espace vert olive submarginal. Quelquefois, les nervures en question ne sont pas apparentes; la teinte du fond est plus ou moins claire, grise ou jaunâtre, quelquefois très obscurcie d'atomes noirs, le plus souvent unie et pâle. La couleur rose, aux ailes inférieures, peut devenir très pâle. Les épaulettes du thorax sont le plus souvent bordées de blanc intérieurement ; quelquefois cette bordure blanche est très large; très rarement, elle est nulle. Sur le bord costal des ailes supérieures, la teinte olive est plus ou moins développée et étendue vers le milieu des ailes. La taille des Celerio Desertïcola est relativement petite ; cependant ma collection contient quelques exemplaires dont la dimension égale certains échantillons des autres races non déserticoles.
Une variété très rare paraît consister dans la présence d'une
igS LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
ligne olive supplémentaire parallèle au contour intérieur de la grosse tache triangulaire, submarginale, également vert olive, aux ailes supérieures, en dessus.
Les observations ci-dessus relatées sont réalisées d'après 225 spécimens de l'insecte parfait et une assez grande quantité de chenilles soufflées dans les divers stades qu'elles parcourent; tout ce matériel provenant d'El-Outaya, Biskra et El-Goléa, c'est-à-dire de la région désertique.
2" Aflou, Scbdou et Alger. — La moyenne de taille dans les trois localités ci-dessus désignées est supérieure à celle de la race dite : Dcscrtïcola. Je pense que les exemplaires de Cclcrïo Maiiretanica de Sebdou et d'Alger peuvent être considérés comme appartenant à la race type Maitretanïca, Stgr.
Cependant la forme rencontrée à Aflou ( Sud-Oranais, 1.400 m. d'altitude), semble plus spécialement tenir une place intermédiaire entre Desertïcola et Mauretanica. Chez elle, toutes les parties vert olive sont plus claires, plus jaunes que chez Maiirclaiiica des autres provenances, notamment de Khcnchela. Les nervures, dans 8 exemplaires de ma collection, sont très saillantes en blanc, aux ailes supérieures, en dessus; chez 4 autres exemplaires, les nervures en question sont beaucoup moins apparentes, tandis qu'une seule grande femelle n'offre aucune trace de nervure saillante en blanchâtre pour la traversée de la tache olive triangulaire submarginalc, (]ui reste ainsi uniformément unicolore.
]\L Harold Powell me communique les notes suivantes qu'il a écrites à Aflou, en 191 1, relati\'ement au Cclerio Mauretanica : '< La chenille de Mauretanica, si commune à Biskra, en mai 1908, et à Khenchela, en mai et juin 1908, est rare à Aflou, mais cependant moins rare qu'elle ne l'était à Sebdou, en 1907. 11 est curieux de noter que, dans les deux régions où j'ai rencontré Nicœa, en abondance (Sebdou et Aflou), Mauretanica est rare. La première chenille de Mauretanica a été trouvée, cette année 191 1, le 3 juillet ; d'autres chenilles ont été rencontrées le 4 juillet; ensuite, nous
LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE IQQ
en avons trouvé en petit nombre jusqu'à la fin de juillet; en tout, à peine une vingtaine.
Pour cette espèce, Aflou est en retard d'environ un mois sur Khcnchela; mais il faut tenir compte que la saison 1908, à Khenchcla, était plus précoce, non seulement à Khenchela, mais partout en Algérie, que celle de 191 1. »
M. Powell a trouvé, à Aflou, une chenille anormale dont il n'a pu obtenir le papillon, mais dont il a pris la description, comme suit :
Cette chenille, presque complètement développée de Maurctanica, est d'une variété dont je n'ai jamais xu la pareille.
Elle est surtout remarquable parce que la chenille de Maiirctanica conserve un type très régulier et ne varie guère que par l'étendue des parties noires, par la teinte plus verte ou plus jaune de la couleur fondamentale et par la présence ou l'absence clc rouge carmin dans les taches blanches.
La chenille décrite présentement est d'un type à part; elle paraît, même, un peu moins allongée que la chenille normale, mais ceci peut être à cause de la grande dimension des taches blanches et de l'absence des taches noires sablées de points blancs. La corne du huitième segment abdominal est moins longue que chez le type; elle se trouve assez fortement recourbée en arrière; (Mie est de couleur rouge axec l'extrémité noire.
La couleur fondamentale est d'un laune olive un peu carné; les taches blanches, émaillées, sont deux fois plus grandes que chez les autres chenilles de Maurctiinicd que j'élève actuellement; ces taclies sont cerclées de noir, le demi-cercle supérieur étant plus épais que l'inférieur; elles sont teintes de couleur rosée, au centre. La ligne médiodorsale est rouge; celle qui coupe les taches émaillées, blanches, est d'une couleur orangée un peu rougcâtre.
En dessous de chaque grande tache l^lanche, se trouve une autre, plus petite, envahie par la couleur jaune saumonée; cette seconde tache est limitée, en bas, par un trait noir ayant la forme
200 LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
d'un croissant un peu obliquement disposé; ce trait est joint à la petite tache noire qui entoure le stigmate blanc. Sont entièrement absentes, chez cette chenille, la bande dorsale gris noir marquée de points blancs et celle de la région stigmatale. La surface ventrale est un peu plus claire que le dorsum; elle est verdâtre aux incisions.
La ligne du rebord (Jiange), très peu marquée, porte une tache orangée sur chaque segment; Manretanica typique est également pourvu de cette tache.
La tête, l'écusson, la surface extérieure des pattes membraneuses, les pattes écaillcuses et le clapet anal sont d'un rouge moins vif que chez la forme type. »
A Alger, le Celerio Maiirelanica paraît très variable ; la forme chez laquelle le thorax est entièrement recouvert de poils vert olive, sans trace de la frange intérieure blanche des épaulettes, se rencontre très rarement. Je suis redevable à M. Holl de deux exemplaires de cette variété.
A Sebdou, d'où je possède une série de dix exemplaires seulement, la race paraît se rapprocher de celle d'Alger et être généralement moins grande qu'à Khenchela.
3° Khenchela. — Je dispose d'un matériel assez important pour pouvoir apprécier exactement la race clc cette localité, puisque j'ai sous les yeux 80 exemplaires de Cclcrïo Maurctanïca qui y ont été obtenus en 1908 par AL Powell. Les g et même les cf sont assez souvent de très grande taille, d'une coloration vive et foncée, tandis qu'il est juste de reconnaître que certains cf surtout sont quelquefois sensiblement plus petits et moins colorés ; mais, en général, la race de Manretanica, à Khenchela, se trouve caractérisée par son aspect robuste, le dév^eloppement de ses proportions et l'éclat de sa coloration; elle se rapproche de la morphe de Lambèse.
M. Powell a préparé 4 chenilles dans leur dernier stade; elles diffèrent des chenilles de Deserticola, de Riskra, d'abord par leur grande taille, puis par la double ocellation qui se présente parfois,
LEPIDOPTEROLOGIE COMPAKÉE 201
comme rhcz Euphorh'uc, sur les cotés et le long du corps. Vivante, la chenille est plus verte et moins jaune à Khcncliela qu'à Biskra.
4" Lambèse. — C'est à I.ambèse que la race algérienne de Cclerio Maiiretanica semble plus grande, plus colorée et plus belle.
J'ai fait figurer 9 exemplaires variés du Cclerio Maurctanica, des en\'irons de Lambèse, sous les n"^ 4604, 4605, 4606, 4607, 4608, 4609, 4610, 461 1 et 4612 des PL CCCXIII, CCCXIV, CCCXV, dans le Volume X des Etudes de Lépidoptérologie comparée. Comme il est aisé de s'en rendre compte, grâce aux figures précitées, la morphe à Lambèse est superbe et présente de très intéressantes variétés.
M. Powell me mande que les chenilles étaient très abondantes à Lambèse et dans la montagne jusqu'aux plus hauts sommets, notamment au col de Doufana (1.650 mètres altitude) et le long du sentier montant au Stoh, pendant le mois de juin, en 191 2 et 1913. La chrysalidation des chenilles a eu lieu fin juin; mais l'éclosion des papillons a été très irrégulière. Certaines chrysalides ont tardé longtemps à éclore et je possède encore, au moment où j'écris ces lignes, fin mai 19 16, des chrysalides vivantes qui me furent envoyées en 19 13.
La variation du thorax, par suppression de la frange lilanche intérieure des épaulettes, est plus fréquente à Lambèse que dans les autres localités algériennes, d'où j'ai reçu des Cclerio Maurctanica. Ma collection contient actuellement 162 échantillons de Lambèse, avec des variétés très curieuses. Je crois utile de distinguer par le nom de major, la forme de Maurctanica, de Lambèse, comparée à celle d'Alger, de Sebdou, d'Aflou et de la région désertique.
Celerio Lineata=Livornica, Esper.
L'Espèce se trouve répandue dans une immense étendue de pnys; on la rencontre en Améric]ue, en Afrique, en Asie (Turkcstan, Thibct, Sikkim), en Australie et en Europe où arrivent,
202 LEPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE
certaines années, des exemplaires émigrants. On a capturé le Celerio Lineata vers le Nord jusqu'en Angleterre; je possède plusieurs exemplaires recueillis à Rennes, dans les Pyrénées, les Alpes françaises, la Corse, l'Espagne, mais je suis porté à croire que la véritable patrie du Celerio Lineata est la région chaude de la terre; car ce Sphingide ne se reproduit pas d'une façon contmue dans les contrées tempérées oi^i la chrysalide ne semble pas résister à l'iiiver.
Le Celerio Lineata, en Europe et en Afrique, est désigné sous le nom de Livornica, Esper. C^'est donc le Celerio Lineata-Livornica qu'on rencontre en Algérie. Je l'ai reçu de Biskra où il est très abondant et où il donne une éclosion en mai, de Bou-Saada, de Tunisie, de la province d'Oran et de Tanger. M. Harold Powell l'a élevé à Sebdou et à Aflou et, comme toujours, cet excellent observateur a consigné sur la biologie du Celerio Livornica des notes fort intéressantes et que je transcris textuellement plus loin.
La morphe américaine s'appelle : Lineata-L^ineata; elle a été figurée par Cramer avec le nom de Daiicus; sa ligne dorsale blanche est doublée de chaque côté d'une ligne noire et les autres caractères de l'abdomen la distinguent nettement des formes de l'ancien monde.
La race thibétainc a les ailes aussi obscures que la morphe américaine; mais l'abdomen est conforme à la race de l'ancien monde; je l'ai distinguée sous le nom de Tatsiciiluica.
Quant à la minuscule forme australienne, elle est connue sous le nom de Lineata-Livornicoides, Lucas.
Je crois utile de faire représenter le Celerio Liuealn-l alsienliiica et le Celerio Lineata-Livornicoides cjui a été simjilemeiit décrit et pas encore figuré jusqu'ici.
Voici les observations dont je suis redevable à M. Powell :
(( Sebdou, 1907. — La Deilepliila L^ivornica était assez commune à Sebdou, où nous avons aperçu quel(]ues exemplaires en mauvais état, jicndant le mois de mai 1907; en juin, c'était à la
LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE 203
lumière, la nuit, que nous prenions l'Espèce. Le 12 juin, 9 exemplaires très frais ont été capturés.
iS juin 1907. — Ramo, sur l'indication d'un Arabe, est allé prendre des chenilles de Lïvornïca, le long de l'oued, en aval de Sebdou. Il est revenu avec une quarantaine, dont les plus jeunes étaient dans le troisième stade.
J'ai souvent élevé cette Espèce à Hyères, sur la vigne et sur un Galïuin. La seule forme de la chenille que je connais d'Hyères et de Marseille, est la forme noire et jaune, avec les grandes taches blanchâtres sous-médianes très réduites ou absentes. Ici, la chenille, dans son dernier stade, présente une apparence toute autre, quoiqu'elle soit très variable; la couleur fondamentale, chez une des variétés de Sebdou, est blanchâtre, la ligne médiodorsale blanche, bordée de rose; la ligne sous-médiane — celle qui coupe les grandes taches blanches — est d'un blanc un peu jaunâtre; le centre des taches blanches en question porte une macule rose, ou d'un rose saumoné, qui envahit, parfois, presque toute la surface de la tache; la tache blanche est surmontée d'un croissant noir dont le côté convexe atteint la marge de la ligne médiodorsale; un mince croissant noir suit la courbe de la tache, en dessous de la ligne sous-médiane. — Il arrive quelquefois que la tache blanche se trouve incomplète et réduite, la partie dépassant inférieurcmcnt la ligne sousmédianc pouvant lairc défaut. - De petits points blanchâtres ou jaunâtres, sur fond rougcâtrc ou gris vcrdâtre, occupent le quadrilatère limité en liaut par la ligne médiodorsale, en bas par la ligne sousmédiane, en avant et en arrière par la tache blanche et son croissant noir supérieur. La région stigmatale est d'un rouge brun clair, parsemée de petits points blanc jaunâtre; l'étendue de l'espace ainsi marqué est parfois réduite au profit de la couleur fondamentale; la ligne du rebord, qui se trouve juste en dessous des stigmates, est d'un jaune blanchâtre; elle est souvent marquée d'une tache rouge orangé, un peu en arrière du stigmate, et cette tache peut s'étendre vers la base des pattes; les stigmates sont ovales, blanchâtres; la surface ventrale est toujours blanchâtre; la tête, l'écusson et la
204 LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
corne du huitième anneau abdominal sont rouges ou rosés, la corne étant noire au bout. Chez certanis exemplaires, la couleur fondamentale est verdâtre; d'autres sont noircissants, mais je n'ai vu aucun exemplaire approchant de la forme noire du Midi de la France.
Les chenilles trouvées par Ramo, aujourd'hui, mangeaient un Polygonimi ; mais l'Espèce vit également sur d'autres plantes à Sebdou ; j'ai trouvé, ici, à Sebdou, des œufs de Lïvornica sur un Riiinex et sur une vigne qui recouvre, en partie, la porte de ma chambre; il y a, en ce moment, plusieurs petites chenilles dans leurs 2'' et 3° stades; elles sont d'un vert jaune avec les grandes taches blanches à centre orangé, très distinctes.
Il y a un peu plus de quinze jours, j'ai assisté à une ponte de Lh'ornïca; au crépuscule, une Q est venue voltiger autour de la vigne de ma porte; elle s'approcha de l'extrémité d'une branche et, sans cesser un instant de faire vibrer ses ailes qui la soutenaient, elle saisit la branche avec ses pattes, recourba l'abdomen et déposa rapidement son œuf en dessous d'une toute jeune feuille.
Elle s'envola aussitôt, mais revint sur une autre branche pour pondre un second œuf, sur la tige même; d'autres œufs ont été déposés ensuite, tantôt sur les jeunes feuilles et les bourgeons, assez souvent sur la tige; la Ç n'a jamais cessé de se soutenir par moyen de ses ailes, pendant la ponte, et je ne l'ai jamais vue pondre plus d'un œuf à la fois.
A-floii, 191 1. - Pendant le mois de juin, Lïvornica s'envolait souvent, à mon passage, en plein jour, des touffes d'Alfa, des creux de rochers et des bords des oueds. Nous avons capturé le papillon plusieurs fois, à cette époque, et je constatais, à chaque occasion, qu'il s'agissait de Q passées, défraîchies par le vol, mais dont l'abdomen se trouvait bien garni d'œufs.
Vers le 20 juin, les chenilles ont commencé à se montrer sur un Galium à fleurs blanches, assez commun sur les coteaux aux environs d'Aflou et dans des endroits le plus souvent rocheux.
LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 205
Le 24 juin, nous avons pris, à la lumière, trois papillons fraîchement éclos, ce qui prouve que les chenilles trouvées le 20 juin n'étaient pas les plus précoces de l'année.
Je ne pense pas que Livornïca puisse hiverner à Aflou, dans aucune de ses phases ; il est fort probable que la deuxième génération est stérile, comme cela paraît être le cas pour le sud de la France; la chrysalide possédant, comme Dafhnis Nerii, la tendance au développement rapide, ne pourrait résister à l'hiver froid d'Aflou, même s'il se trouvait une Q fertile pour fournir des chenilles d'automne; par conséquent, il n'y a pas grand doute que les Q Q défraîchies que l'on rencontre sur les Hauts-Plateaux, au printemps, sont des voyageuses qui arrivent de régions plus chaudes.
A Aflou, la forme inélanique de la chenille (celle qui se rencontre à Hyères et à Marseille) est rare; la forme de Sebdou, avec ses variétés, est, au contraire, très commune. Toutes les chrysalides résultant des chenilles élevées en juin et au commencement de juillet, à Aflou, ont donné leurs papillons entre le 20 et le 21 du même mois; l'heure de l'éclosion est moins régulière que chez Nicœa; quelques papillons ont émergé le matin, mais, en général, les éclosions se sont produites le soir, entre 8 heures et 1 1 heures. Nous avons plusieurs fois trouvé, le matin en nous promenant, des Livoniica fraîchement éclos, posés sur des touffes de
Gouftt >>, en juillet. »
Hippotion Celerio, Linné.
Ce Sphingide est voyageur comme beaucoup de ses congénères, originaires de l'Afrique et de l'Asie tropicales. On l'a pris plusieurs fois en Angleterre. Je l'ai observé à Cancale voltigeant en plein jour, sur les fleurs. L'Espèce a été capturée à Rennes et j'y ai trouvé la chenille sur la vigne, à l'arrière-saison.
W. Powell a récolté une bonne série d'exemplaires à Sebdou, en août 1907; le même Entomologiste a recueilli VHippotion Lclcriû à Géry ville et l'a élevé de chenilles rencontrées à Lam-
2o6 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPAREE
bèse, en septembre; elles vivaient sur la vigne. M. le D' Nissen a capturé le Hippotion Celerïo à Alger.
Pergesa Porcellus, Lmné.
La forme d'Algérie orientale et de Tunisie (Aïn-Draham), a été distinguée avec le nom de Colossus\ Bang-Haas.
Comparativement aux exemplaires de France, le Pergesa Porcellus, de Lambèse, est de plus grande taille, d'un rose vineux plus accentué, surtout sur le thorax et l'abdomen et à la base des supérieures qui est entièrement teintée de rose, depuis la nervure costale jusqu'au bord interne.
Il semblerait, d'après des spécimens de l'Aragon (ex coll. Vazquez), que le Porcellus d'Espagne pourrait faire la transition entre la forme de Rennes, Digne, Savoie, Larche, Gavarnie et celle de Lambèse. M. le D'' Nissen a capturé le Pergesa Porcellus aux glacières de Blida, à Teniet-el-Haad et à Tala-Rana.
M. Harold Powell a pris, relativement à Pergesa Porcellus- Colossus, les notes suivantes :
« Je n'ai rencontré le papillon qu'à Lambèse, en mai 191 2. Les quelques sujets capturés ont été pris à la lumière, dans le ravin, en amont du village, sauf un exemplaire trouvé, un matin, fraîchement éclos, dans un champ de vigne, à proximité du ruisseau coulant au fond du ravin.
Le 26 juin 190;, en revenant à bicyclette de Tlemcen à Sebdou, j'ai trouvé, sur la route, une chenille ressemblant à la variété grise de Dell. Elpenor; mais elle n'avait pas la corne sur le huitième segment abdominal. Au bord de la route, à cet endroit, croissaient un Galnnu, une Linaria et une Scrophularïa; j'ai examiné ces plantes, mais je n'ai pas trouvé d'autres chenilles de cette Espèce. L'exemplaire pris est mort au moment de la métamorphose; je n'ai donc pas pu confirmer son identité, mais je suis d'avis que la chenille était celle de Porcellus. »
Macroglossum Stellatarum, T.inné.
Europe, Asie, Nord de l'Afrique.
Vole partout en Algérie, aussi bien qu'en Europe. C'est une Espèce très commune. M. Harold Powcll a fait, relativement à la biologie du SteUdtaruin, les constatations que je transcris textuellement :
(( J'ai observé, dit-il, une Macroglossa Stellatarum en train de pondre sur un Gal'nun; elle s'est approchée de la plante, a saisi l'extrémité d'une pousse latérale avec ses pattes et, sans discontinuer de faire vibrer ses ailes, elle a recourbé son abdomen et a appliqué très rapidement un œuf sur une feuille; puis elle a volé plus loin; l'œuf est d'un vert pâle, luisant, presque sphérique, cependant vm peu plus long que haut. »
Haernorrhagia Tityus, Linné.
C'est l'Espèce plus connue sous le nom de Bonibylifonnis. Mais comme pour sa congénère Fuciforniïs, Linné, selon \V. Rothschild et K. Jordan, j'ai adopté la détermination proposée par ces Auteurs dans la révision de la famille des Sphïngidce.
M. Powell a trouvé deux exemplaires en haut de la prairie de Tirnthemam, clans le Djebel-Ichali, près Lambèse. Ils volaient, le 30 mai 191 3, à l'ardeur du soleil, butinant sur les fleurs. La race algérienne ne paraît pas différer de celle du Midi de l'Europe; notamment elle ressemble à la morphe sicilienne qui est un peu plus largement bordée de brun que les formes du Nord de la France.
Haemorrhagia Fuciformis, Lmné.
J'ai adopté le nom linnéen, d'après A Revision of the Lepidopterous Family Sphingidœ, par the Hon. Walter Rothschild, Ph. D. et Karl Jordan, M. A. L. Ph. D.
208 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
M. Powell n'a pas trouvé cette Espèce en Algérie. Je ne la cite que d'après l'autorité de l'ouvrage précité où l'on peut lire l'indication de localité : North Africa (Noi'i/. Zoologicc?, Vol. IX, Supplém., p. 455).
zyg^nid.ï:
Zygœna Zuleïma, Pierret.
Espèce exclusivement propre à l'Algérie; habite les environs d'Alger, d'Oran et de Lambèse; elle vole aux environs d'Alger dès le mois de mars.
Je prie le lecteur de se reporter, pour ce qui concerne l'histoire de la Zygœna Ziilc'inia, à la page 441 du Vol. IV des Etudes de Lépido plérologïc comparée.
Zygaena Loyselis, Obthr.
J'ai déjà beaucoup disserté à propos de la Zygœna Loyselis, notamment dans les Etudes d'Entomologie (Liv. I, p. 34 et 35; PI. III, fig. 4) — ( Liv. XII, p. 24 et 25) — (Liv. XIII, p. 20; PI. VIII, fig. 76, ']'], /S, 79 et 80). Je n'ai rien à ajouter à tout ce que j'ai déjà imprimé, sinon que la race de l'Ouest Algérien, plus vivement colorée, d'un rouge plus vermillon et plus éclatant, avec les parties rouges élargies et plus développées comparativement à la forme de Lambèse originairement figurée, mérite d'être distinguée par le nom : occidentalis.
Les figures n"' 76, J"] et 78, représentant des exemplaires de Géryville, appartiennent à la morphe : occidentalis.
Les figures n"^ 79 et So, reproduisant des spécimens de Lambèse, représentent la forme type.
Quant à la chenille, elle a été figurée d'après les aquarelles de M. Powell sous les n™ 4521, 4522, 4523, 4524 et 4527 de la PI. CCCIV du Vol. X des Etudes de Lépidoptérologie comparée.
LEPIDOPIÉROLOGIE COMPARÉE 209
Le cocon est représenté sous le n" 4528 de la même Planche, clans l'ouvrage précité.
Je suis heureux de publier les observations suivantes, relatives à la Zygœna Loyselis, dont je suis redevable à M. Harold Powell. Il s'exprime ainsi :
(( Cette Zygène, quoique très répandue sur les Hauts-Plateaux Algériens, est bien moins abondante et un peu plus localisée que la Favonia, avec laquelle on la voit souvent voler. Elle éclôt en mai et en juin, la date de la première apparition du papillon l)ouvant varier d'un mois, suivant les régions et les années.
A Sebdou, en 1907, j'ai pris le premier sujet de Loyselis, le 28 mai; à partir de cette date et jusqu'au 23 juin, j'ai noté la capture de quelques exemplaires à presque chaque sortie diurne. A Gér)'ville, en IQIO, Loyselis était plus abondant qu'à Sebdou, en 1907, mais il n'a commencé à voler qu'au mois de juin; nous y avons pris le premier exemplaire le 9 juin et l'éclosion a atteint son maximum vers le 20 de ce mois.
Dans certaines saisons, plus précoces que celle de 1910, l'Espèce éclôt à Géryville, en mai; feu le Lieutenant Lahaye y a pris une série d'exemplaires entre le 10 et le 25 mai 1886. A Aflou, en 191 1, l'éclosion de Loyselis a eu lieu à la même époque qu'à Géryville, l'année précédente; à Khenchela, j'ai pris cette Zygène pour la première fois (4 exemplaires), le 29 mai 1908 ; à Lambèse, en 191 2, j'ai pris, le 10 mai, lendemain de mon arrivée, une Q fraîchement éclose; la saison était précoce en 1912; mais l'année suivante, je n'ai observé les premiers sujets de Loyselis qu'au commencement de juin. La période des éclosions est plus courte pour L.oyselis que pour Favonia, d'après ce que j'ai pu constater. Je n'ai jamais vu un accouplement de Loyselis avec Favonia, tel qu'on l'observe parfois chez les Zygènes d'Espèces différentes volant ensemble.
La chenille de Z. T^oyselis diffère beaucoup de celle de Favoîiia; toutes deux se nourrissent de V Eryngiian Campestre, mais, tandis que la chenille de Favonia, après la période hivernante, s'attaque aux feuilles développées et même à celles qui
210 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
sont devenues coriaces, en y découpant de grands morceaux, mais en évitant les principales nervures et le bord des feuilles, celle de Loyselîs, dans ses trois derniers stades, ne mange que les feuilles tendres non déployées, qui se trouvent au cœur de la plante; elle y pratique des trous et elle pénètre, même profondément, dans le cœur tendre et succulent, souvent au point d'être cachée complètement.
La chenille de Favonia, grâce à son abondance et à son habitude de réduire à l'état de squelette une partie de la feuille, sur laquelle elle se tient, est facile à trouver; je n'ai jamais manqué d'en récolter, en mai, dans les différentes localités que j'ai visitées, sur les Hauts-Plateaux; mais celle de Loyselîs m'a échappé pendant longtemps.
A Géryvillc, le lO mai iQio, j'avais bien trouvé, dans son cocon déjà, formé, une chenille qui s'est métamorphosée deux jours après rt (lui a donné un çS de Loyselîs, le 13 juin. Le cocon était fixé sur une souche de thym et ce fait m'avait fait penser que la chenille vivait peut-être sur le thym.
l'ai fait, à Géryville, la description suivante du cocon et de la chenille contenue : Le cocon est de forme ovoïde allongée, beaucoup plus allongé que celui de Z. Occïtanua, auquel il ne ressemble pas, d'ailleurs, pour la consistance et le matériel; le cocon de Loyselîs est mince et d'une couleur jaune blanchâtre, sale; ic lui trouve une certaine ressemblance avec les calices enflés de VAc(iii/h yllis NimiiLica; l'intérieur est lisse et il existe un tampon de soie semblable à de la ouate, vers l'extrémité antérieure, devant la tête de la chenille.
La chenille trouvée dans le cocon est d'un jaune pâle; de chaque cùtc du centre dorsal se voit un alignement d'assez grosses taches noires, une tache sur chaque segment, près de l'mcision; la chenille porte en outre un chevron noir sur chaque segment abdominal, excepté le deuxième (*) ; ce chevron part de la hauteur
(*) Chez les chenilles élevées plus tard, en captivité, le chevron noir latéral existait aussi bien sur le 2^ set,mient abdominal que sur les autres; sur le l'-r serment abdominal, le chevron est peu développé.
LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE 211
du stigmate et la pointe est dirigée en haut et en avant; en dessous des ehevrons et du stigmate se trouve une large ligne carminée, tout le long des segments abdominaux. La chrysalide formée par cette chenille conservait la ligne latérale carmniée.
C'est à la fin de mai 191 2 que j'ai vu, pour la première fois, pondre une Q de ZygcPitci Loyselïs et que j'ai eu la certitude que sa plante nourricière était V Eryngium campestre; les œufs, au nombre de sept, étaient placés en deux lignes juxtaposées, sur le dessous d'une feuille de la plante; ils s'appuyaient les uns sur les autres. La couleur de l'œuf fraîchement pondu est d'un blanc crème, mais la couleur se fonce progressivement et devient jaune pâle au bout de quelques jours. J'ai élevé les chenilles jusqu'au quatrième stade seulement, en 191 2 ; elles ont péri pendant l'hiver. En 1913, j'ai eu plus de chance, ayant obtenu, à Lambèse, plusieurs pontes de LoyscUs, les unes dans la libre Nature et les autres par des Q captives. En général, les œufs étaient déposés en petites séries de 6 à 20, en deux ou trois alignements; plus rarement, le nombre d'œufs par série se trouvait être supérieur à 20.
LIne Q en captivité a pondu 132 œufs en 9 séries; le nombre d'œufs par série est comme il suit :
l''' série 19 œnifs.