VII. — Famille GEOMETRID
N° 515. — Aclilora Oxypterarïa, Guenée {Sp. 6'., p. 335).
Le type Q décrit par Guenée vient de Cayenne; malheureusement il a perdu les antennes et l'abdomen. Je possède un exemplaire de Chambireyacù, près Yurimaguas (Pérou) absolument semblable pour les ailes au spechnen typicuni de Guenée, mais tout à fait complet. Je le transmets à M. Culot ; on pourra ainsi avoir une figuration, sans lacune, de V Achlora Oxypteraria.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 69
N" 516. — Achlora Ablaiaria, Giienée {Sp. G., p. 336).
Je fais représenter le type portant l'étiquette « Amazon » ; c'est une Q, bien conservée pour les ailes, mais privée de son abdomen.
Ma collection contient un assez grand nombre d'Espèces américaines du genre Achlora. Ce sont en général des papillons très délicats, d'une coloration indécise et de dessins souvent peu apparents, surtout lorsque le papillon a volé.
N" 517. — Achlora Perigearia, Guenée (S p. G., p. 387).
Le spécimen typicwn Q décrit par Guenée, a souffert. Cependant ses ailes sont reconnaissables. C'est d'ailleurs une Espèce commune et très répandue dans l'Amérique méridionale. Je possède une bonne série venant de la Guyane française, de Cavallo-Cocho, de Chambireyacù et d'Obydos. La teinte du dessus des ailes varie du roux vineux au lilas rosé; le cf a les antennes longues, très finement, mais assez longuement pectinées ; les pattes sont aussi très longues ; la dernière paire a deux épines, vers le milieu et à la fin du second article.
Je joins pour modèle à la Q type, privée d'abdomen, une Q bien intacte de Chambireyacù, afin de la compléter.
J'ai précédemment exposé qu'il me paraissait avantageux pour la Science, lorsqu'en outre d'un typicinn spécimen incomplet, je possédais un exemplaire exactement pareil au type et bien complet, de remettre pour la figuration, non seulement le spécimen typiciim défectueux, mais encore l'exemplaire intact, de façon à mettre M. J. Culot à même de produire une iconographie définitive, c'est-à-dire ne laissant rien ignorer d'essentiel.
N" 518. — Achlora Cuprearia, Guenée {Sp. G., Atlas, PI. 9, ftg- 4. P- 336) — (rectifiée en Cuprinana, Errata, Vol. IX, p. 515).
Je pense que Cuprinaria est le cf de Perigearia. Je ne vois aucune différence spécifique, surtout si je considère la série des autres exemplaires que j'ai sous les yeux.
Ici se place une difficulté. La figure 4 de la PL 9, dans le Species Général, ne semble nullement établie d'après le spécimen
70 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
typicum qui est pourtant bien celui paraissant avoir servi à Guenée pour sa description ainsi conçue : << Elle ressemble tout à fait à la précédente [Perigcaria Q) aux différences suivantes près. Plus petite (30 mm.), d'un ton plus clair, et à ligne moms marquée et à dents moins nettes.
Les ailes inférieures sont notablement coudées sur i et 2. Le front est d'un brun noir. Le 3" article des palpes est à peine du cinquième du second (mais il s'agit d'un cf). Cayenne. Un cf. Coll. Gn.
On remarquera sous les ailes inférieures un petit faisceau de poils redressés en aigrette, que traverse la 4, non loin de son insertion ».
L'exemplaire figuré sous le n" 4 a les ailes traversées par une ligne blanche très peu ondulée ; sa taille et ses antennes sont beaucoup plus grandes et la couleur générale plus foncée que chez Cuprearia type.
Je suis donc porté à croire que le modèle ayant servi à la figuration à.' Achlora Cuprinaria cf (fig. 4, PL 9) est un tout autre papillon que le véritable type Cuprinaria à qui convient pourtant la description rapportée ci-dessus.
N° 519. — Achlora Injnnctaria, Huebner {Zutraege zur Sammlung exotischer Schmetterlinge, fig. n°^ 573, 574) — {Sp. G., P- 33;)-
Me paraît être la même Espèce que Achlora Cuprearia, de sorte que le nom seul à'injunctaria doit subsister et les deux noms Perigearia g et Cuprearia cf doivent tomber en synonymie devant le nom Injunctaria qui est beaucoup plus ancien.
J'ai cependant fait représenter Perigearia g et Cuprearia cf, de manière que chacun puisse, au moj^en des figures que je publie, contrôler mon opinion.
N" 520. — Pseudoterpna Coronillaria, Hb. {S p. G., p. 338,
N" 521. — Pseudoterpna Axillaria, Gn. {Sp. G., p. 339).
LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE
N° 522. — Pseudoterpna Conicaria, Rambur \Sp. G., p. 339)-
N° 523. Pseudoterpna Cytisaria, Rœsel {S p. G., p. 339,
1(1., var. .4. Agrestarïa, Duponchel iSp. G., p. 340).
N" 524. — Pseudolerpna Porracear'ia, Bdv. {S p. G., p. 341).
Les Pseudoterpna C orondlaria et Cytisaria diffèrent parce que le groitnd coloitr est gris chez Coronillaria et vert chez Cytisaria. De plus les lignes et traits, sur le dessus des ailes des deux Pseudoterpna, sont toujours noirs chez Coronillaria et vert olive chez Cytisaria.
D'ailleurs, les habitudes des deux Espèces sont très différentes. Aux environs de Rennes, on peut les capturer toutes les deux ; mais elles ne se rencontrent pas dans les mêmes parages. C'est ainsi que, jusqu'ici, je n'ai jamais trouvé Cytisaria ailleurs qu'au sud et sud-ouest de la ville de Rennes (Mesneuf, Bourg-des- Comptes), là où il y a des genêts. Jadis, quand la culture des céréales n'était pas intensifi.ee comme aujourd'hui, il y avait encore dans la campagne de Rennes de vastes champs de genêts qui atteignaient parfois une hauteur d'environ deux mètres. C'étaient alors des localités superbes. Les espaces abandonnés à la libre végétation des genêts se sont bien raréfiés; mais il en reste encore des plants assez nombreux sur les talus qui forment la clôture entre les champs, et dans les sites pierreux et agrestes, non cultivés et bien exposés au soleil. Telles sont les localités qu'affectionne Cytisaria.
Les lieux fréquentés par C orondlaria sont tout autres. Ce sont ou bien les falaises herbues de Cancale, pourvu que la végétation y soit assez riche et qu'il y ait des bruyères et des ajoncs en mélange, ou mieux encore les landes situées à l'ouest de Rennes, là où croissent, dans les bas-fonds humides, VErica tetralix, sur les pentes où l'humus a une certaine profondeur, la haute et molle Erica ciliaris, et enfin sur les plateaux secs et arides, VErica cinerea. On fait lever le papillon en marchant; il va se reposer un peu plus loin devant le chasseur, de sorte qu'il est aisé de le
LÊPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE
saisir. Je dois observer que les Ulex Eiiropœus et Isl anus végètent partout en compagnie des bruyères précitées.
J'ai observé aussi Coronïllaria à la forêt de Rennes, dans les vastes clairières couvertes d'herbes, plus ou moins humides et parsemées de touffes à'Erïca tetralix.
En Bretagne, Coronillarïa et Cytisaria semblent avoir une seule génération, pendant l'été.
Mais dans les Pyrénées-Orientales, où je n'ai pas rencontré Cytisaria — (ce qui ne prouve cependant pas qu'elle est complètement étrangère à cette région) - — et où Coronïllaria est abondante, cette dernière Espèce éclôt deux fois par an, d'abord en juin et juillet, puis en septembre. Les papillons de la génération de septembre sont, presque tous, plus petits que ceux de juin et juillet.
Je relève dans ma collection les indications suivantes d'habitat pour les Pseudoterpna Coronillarïa et Cytisaria.
I" Coronillaria : Bretagne, Bordeaux, Landes de Gascogne (Dax), Basses-Pyrénées, Château-du-Loir (Sarthe), Aude, Pyrénées-Orientales, Provence (Hyères, Cannes), Alpes-Maritimes, Corse, Italie, Sicile, Algérie et Tunisie (Sebdou, Lambèse, Aïn- Draham), Syrie.
2° Cytisaria : Lozère (Florac), Vienne (Charroux), Limoges, Châteaudun, I Ile-et-Vilaine (région au sud et sud-ouest de Rennes), Digne, Alpes-Maritimes, Alsace, Stettm (ex collection Bellier), Turkestan, Angoulême, Montpellier-le-Vieux (Aveyron), Fuerth (Bavière).
Coronillaria présente quelquefois, mais très rarement, une variété à fond des ailes gris clair avec une sorte de reflet légèrement verdâtre, dont la teinte est appréciable dans certaines conditions d'éclairage; seulement les lignes et traits des ailes supérieures, en dessus, restent très nettement noirs, tandis que, comme je l'ai exposé ci-dessus, les mêmes lignes et traits, chez Cytisaria, paraissent toujours verts.
Je n'ai pas vu, jusqu'ici, la variété inverse, très bien caracté-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 73
risée, c'est-à-dire grise, chez des exemplaires frais de Cytisaria; Guenée n'a pas vu, plus que moi, cette prétendue variété grise de Cytisaria, comme en fait foi le Nota détaillé, imprimé à la page 340 du Vol. IX du Species Général, en suite de la brève notice consacrée à la Var. A. Agrestaria, Duponchel. Cependant Rambur affirme l'existence de cette variété grise de Cytisaria (A un. Soc. eut. France, 1832, p. 32, 33), à propos de la description de VHemithea Corsicaria. Je crois que Rambur a exprimé une opinion fausse, notamment lorsqu'il ajoute dans la note {loc. cit., p. 33), que la véritable Coronillaria doit être confinée dans la partie méridionale de la Provence 011 croît la plante qui la nourrit ; cependant il peut avoir dit vrai quant à l'existence de la variété grise de Cytisaria que pourtant ni Guenée, ni moi, nous n'avons constatée à l'état vivant, sur des exemplaires encore parfaitement frais. Mais il ne faut pas oublier que Rambur était un chasseur et un observateur excellent; aussi, ce n'est pas pour moi une raison de dire qu'il a mal vu, parce que je n'ai pas été à même d'observer le fait même qu'il signale et ciu'il affirme.
Cytisaria présente une variété A gr est aria, Duponchel (5/». G., p. 340).
Cette variété A gr est aria de Cytisaria se rencontre surtout dans la région méditerranéenne du sud et du sud-est de la France, depuis Montpellier, où elle a été découverte, jusqu'à Nice. Chez Agrestaria, les lignes subbasilaire et médiane et le point d'un vert plus foncé que le fond des ailes, sont effacés; il ne reste que la ligne blanche subterminale commune. Duponchel a représenté, sous le n° 4 de la PI. CLII dans VHistoire Nat. des Pap. de France et décrit, pour la première fois, aux pages 257 et 258 du Tome IV^ 2" partie, VHemithea Agrestaria, d'après un exemplaire bien petit et coloré en vert plus bleu que les échantillons dont je dispose. Il avait reçu une unique g, de M. Adrien Devilliers, de Montpellier.
Les exemplaires de ma collection proviennent des Alpes-Maritimes et des Basses-Alpes ; les uns ont été obtenus d'éclosion par feu mon ami MiUière; les autres ont été pris au filet. Ils sont
74 LEPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE
tous plus grands et d'une tout autre teinte de vert que l'exemplaire figuré par Duponchel.
La var. Simflex, Alphéraki, dont je possède un cf du Turkestan, paraît complètement décolorée; elle est d'un blanc verdâtre, sans trace de dessin. C'est l'exagération de Agrestaria.
Quant à Coroiiillaria, elle est assez variable, non seulement pour la taille, l'épaisseur et l'accentuation des dessins noirs qui traversent le dessus des ailes, mais aussi pour la teinte du groundcolour, toujours grise, mais plus ou moins blanchissante ou enfumée.
La var. Axillaria, Guenée, chez laquelle les lignes sont très pâles et plus ou moins effacées, provient de Syrie.
Je possède des exemplaires pris à Akbès ; mais il convient de noter que tous les échantillons de Coronillaria provenant de Syrie et d'Asie Mineure ne sont pas référables à la var. Axillaria.
La var. obscure que j'ai appelée Arnioraciaria et dont j'ai fait "figurer un cf pris à Monterfil (24 kil. ouest de Rennes) dans les Etudes d'Entomologie (XX^ liv., PI. 6, fig. 92; descript. p. 71), se rencontre assez fréquemment en Bretagne.
Chez nous, les deux sexes peuvent être affectés de la tendance mélanisante; le fond des ailes est d'un gris noirâtre violacé avec les lignes et traits noirs assez bien marqués; la ligne subterminale blanche se détache généralement bien, sur le fond gris obscur des ailes. Ma collection contient 5 cf et 2 Q très caractérisés.
Les échantillons de Coronillaria récoltés en Algérie et en Tunisie sont parfois, mais pas toujours, de taille relativement très grande.
Dans le Bordelais et dans les Landes de Gascogne, au contraire, les spécimens de Coronillaria sont le plus souvent de taille moyenne ou petite.
Il reste à examiner la question de savoir si l'on doit considérer Corsicaria comme une Espèce distincte de Coronillaria, ou comme une variété géographique.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 75
Les raisons exposées par Rambur aux pages 32 et 33 des Annales de la Société entomologiqite de France, 1832, et provenant de l'examen comparatif des chenilles de Corsicaria et de Coronillaria, ont certes une réelle valeur; notamment s'il est vrai que la larve de Corsicaria vit exclusivement sur Genista corsica, alors que la chenille de Coronillaria, qui se trouve aussi en Corse, ne se rencontrerait que sur les Cytisjis lanigcrns et spinosus.
Je serais donc porté à croire que Psciidoierpna Corsicaria est une Espèce séparée; d'ailleurs elle varie beaucoup et donne une forme à fond des ailes blanc, très jolie et fort différente de la typique Corsicaria qui est d'un gris très sombre.
Je crois devoir faire figurer dans le présent ouvrage, pour aider à fixer l'histoire des Psciidotcrpna Corsicaria et Coronillaria, les échantillons suivants :
1° Corsicaria Q, de la collection Boisduval, l'un des co-types de Rambur, de qui je possède 3 cf, dont l'un portant l'étiquette (( dédit Rambur » ; Corse.
2° Corsicaria, var. Rambiiraria cf et Q , Obthr., à fond des ailes blanchâtre, de la collection Bellier; Corse.
3° Coronillaria cf ; Corse, ex coll. Bellier.
4" Coronillaria, var. Armoraciaria cf, Obthr.; Landes de Monterfil (Ille-et-Vilaine).
On remarquera le caractère curieux des crêtes abdominales chez Corsicaria et Coronillaria; mais, comme le dit Guenée, ces crêtes sont fragiles; on n'en constate la présence que chez les échantillons bien frais et qui n'ont pas trop voltigé.
J'ignore absolument ce que peut être Porracearia signalé par Boisduval, avec la provenance : Monspelii, sous le n" 1419, dans le Gênera et Index methodicus, 1840. Comme Boisduval indique qu'il a seulement vu Porracearia, mais qu'il ne la possède pas, et que, de plus, il donne Rambur comme étant l'auteur de Porracearia, il est vraisemblable que c'est Rambur qui avait découvert et nommé cette Porracearia dont il possédait un seul exemplaire. En effet, au temps où Rambur et Boisduval étaient liés d'amitié,
/Ô LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Rambur avait très largement partagé avec Boisduval ses récoltes lépicloptérologiques ; mais il avait dû conserver les sfecimina unica. On peut lire le témoignage de la générosité de Rambur, envers Boisduval, à la page Vil du Pr(rvioniiinu T^epidofterophïVis dans V Index niethodïcus précité. Le pâtissier Daube, de Montpellier, est associé à l'expression de la gratitude de Boisduval dans les termes suivants : ... " Qui quidem illud gratas recordationis testimonium tum universi acceptum habeant velim, tum singulariter ac prœcipue eruditissimus D. Rambur et oculatissimus D. Daube, qui, si quando novitates invenerant, in earum partem semper largius me vocaverant, et haud mediocrem rerum accensionem ad id attulerunt ut europasa Fauna amplificaretur ». C'est à cette circonstance que je dois de posséder des cotypes de Pseudoterfna Corsicaria; je les ai trouvés dans les collections Boisduval et de Graslin. L'amitié de ce dernier pour Rambur lui est restée fidèle jusqu'à la mort.
N" 525. — Geonietra Specularïa, Guenée {Sp. 6"., p. 342).
Je fais figurer le spécimen typïcum; mais comme la teinte verte a passé avec le temps, je remets un exemplaire frais à M. J. Culot, pour le renseigner exactement au sujet de la couleur de l'Espèce. Guenée donne pour localité : Inde centrale. Ma collection contient des exemplaires de Ceylan, Trichinopoly (Hindoustan méridional) et Java occidental.
N" 526. Geonietra Avïcularia, Guenée iSp. G., p. 342, 343).
Je crois que l'Espèce n'a pas été reconnue, faute de figure; car j'ai reçu d'Angleterre, avec le nom d'Avicî/lariû, Guenée, une Geometra, capturée aux collines Khasia, voisine, mais spécifiquement distincte. La Geojnetra Avicularia n'est pas rare au Sikkim ; je l'ai reçue d'Amboine, sans modification.
N" 527. — Geonietra Papilionana, Linné (Sp. G., p. 343).
Répandue en Europe et bien connue de tous les Entomologistes. Il semble qu'à la forêt de Rennes, Papilionaria soit particulièrement recherchée par les oiseaux de nuit ou les chauves-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE JJ
souris; car la quantité des ailes de PafiUonarïa qu'on voit sur le sol des allées est, certains jours, très considérable. Il en est du reste de même pour Ar et omis V nignan.
N" 528. — Geomelra Suiaragdaria, Fab. {S p. G., p. 343).
Comme le dit Guenée, c'est une superbe Espèce. Elle est assez commune à Vernet-les-Bains (Pyrénées-Orientales) ; elle se rencontre aussi en Poitou (Charroux).
La Var. Prasinana, Eversmann, de Russie méridionale, a les lignes blanches plus larges et les ailes inférieures plus pâles ; ce serait la suivante que Guenée a érigée en Espèce sans l'avoir vue.
N" 529. — Geonietra Yolgaria, Guenée iSp. G., p. 344).
N° 530. — Geonietra Loxïarïa, Guenée i^Sp. G., p. 344).
Je fais représenter l'exemplaire type de la coll. Guenée dont la patrie est restée inconnue. Dans ces conditions, malgré la fidélité de la reproduction graphique et en couleurs, l'identification exacte sera peut-être difficile à obtenir. Guenée eût peutêtre mieux fait de ne pas décrire la Geometra Loxïaria, puisqu'il en ignorait la provenance.
^" 531- —~ Geonietra Iridaria, Guenée (Sp. G., p. 344); Améric|ue septentrionale.
L'exemplaire mutilé de la collection Boisduval, qui a servi de type pour la description, n'existe plus.
N" 532. • — Geonietra Subtïnctarïa, Guenée {Sp. G., p. 345). Guenée a décrit une Q sans indication de patrie, mais qu'il croit océanienne, appartenant au Muséum national de Paris.
N" 533- — Nemoria Flavifrontaria, Guenée {Sp. G., p. 346) ; Inde Centrale.
Je fais figurer le type de la collection Giienée. Il est parfaitement conservé, mais est resté piqué bas, à la mode anglaise.
Une Neinoria, de Tse-kou, aue j'ai appelée Sigana, est très voisine de Flavifr ont aria, mais distincte par les antennes du cS
LEPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE
beaucoup moins largement et longuement pectinées et par le liséré brun très fin séparatif de la frange. En dessous, Flavifrontarïa a les ailes d'un vert pâle uni, tandis que Sigaria présente, sur un fond blanchâtre, des ombres vertes, parallèles au bord terminal, qui constituent un caractère spécifique incontestable.
N" 534. — N enioria Viridata, Lmné, — Guenée (Sp. G., p. 347). Généralement commune en France ; se trouve aussi en Algérie.
N" 535. — Nenioria Cloraria, Huebner-Guenée {Sp. G., p. 347).
C'est la Cloraria figurée par Huebner sous le n" 352 que Boisduval possédait très exactement dans sa collection. Mais Guenée dit ne point avoir vu cette Espèce. Dans le Catalog par Staudmger et Rebel, 1901, Cloraria, Huebner, 532, se trouve spécifiquement réuni à Viridata, comme synonyme. Je serais plutôt porté à considérer la Phalène que je crois pouvoir référer à la figure 532 dans l'ouvrage de Huebner, comme une Espèce distincte de Viridata. Cependant je n'ai pas de documents biologiques me permettant d'avoir une opinion nette.
N'' 536. — Ne7noria Melinaria, Eversm. -Guenée {Sp. G., p. 347).
Pas plus que Guenée, je n'ai vu le type Melinaria, de l'Ural. Je ne connais que la figure 413 publiée par Herrich-Schaeffer. Par la disposition des lignes blanches, Melinaria paraît être une Espèce spéciale.
N° 537- — Nemoria Beryllaria, Guenée {Sp. G., p. 348).
Voici ce que Guenée, dans le Species Général, dit de Beryllaria : « C'est encore une Espèce que je ne connais pas et qui n'a été du reste ni décrite, ni figurée. MM. Herrich-Schaeffer et Lederer se bornent à la mentionner dans leurs catalogues. Environs de Beyrouth ».
Entre temps, feu Millière ayant découvert et décrit avec le nom de A7ireliaria, une Nenioria d'un vert très vif et très pur, aux environs de Cannes, les auteurs allemands de catalogues de Lépidoptères jugèrent à propos de réunir la nouvelle Aureliaria
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
à Beryllana, comme S)nonyme. Guenée ayant reçu de Millière son Aitreliana, longtemps après la publication du Species Général, munit de l'étiquette suivante la petite boîte qui contenait les exemplaires que lui-même, Guenée, avait obtenus des chenilles envoyées de Cannes par xMillière : (( Cannes; élevées de chenille. — Millière a fait connaître en détail l'histoire de cette charmante Espèce qui vit sur les PhylUrea.
Les Allemands ont voulu retirer à Millière l'honneur de la découverte ; mais je ne vois m dans la description de Mann, m dans celle de Herrich-Schaeffer, rien qui prouve qu'ils y soient parvenus. Aucun ne parle de cette ligne abdominale blanche, coupée de rouge, qui caractérise si bien l'Espèce. Ce qu'il y a de plus curieux, c'est que Millière lui-même n'en parle pas; les autres points de leurs descriptions ne s'appliquent que peu ou point ici ».
N° 538. - Nemoria Solidana, Guenée {Sf. G., p. 348); Ceylan.
Je fais représenter dans cet ouvrage la Q typictan spécimen qui existait dans la collection Guenée.
N° 539- — Neinoria Ptsiaciaria, Guenée {Sp. G., p. 348); Amérique septentrionale.
Guenée dit qu'il n'a que des débris de cette Espèce. Elle n'existe plus dans la collection.
N" 540. — Nejnona Etruscaria, Zeller. -- Guenée {Sp. G., P- 349) ; Livourne.
Guenée n'a point vu cette Nemoria que Staudinger et Rebel, dans leur Catalog 1901, réunissent, comme synonyme, à Piilmentaria.
N° 541. — Nemoria Ptdmentaria, Guenée {Sp. G., p. 34g); Europe méridionale et Algérie; se trouve à Lambèse en juin et en août; a été trouvée aussi à Sebdou et à Bône.
L'Espèce a été figurée par Duponchel avec le nom de Cloraria, et par Millière, dans V Iconographie, tome II, PI. 96, fig. 9 et 10
8o LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
(chenille), ii (chrysalide) et 12 (imago), avec le nom de Pulmentaria.
N" 542. — Nemoria Caudularia, Guenée {Sp. G., p. 349) ; Nord de l'Inde.
Je fais représenter le spécimen t y pic uni Q décrit par Guenée, malgré sa vétusté et sa décoloration.
N" 543. — ISIemoria Herbaria, Iluebner, — Guenée {Sp. G., !>■ 350).
Bien figurée par Huebner sous le n" 407. Lorsque Guenée a publié le Species Général, il ne possédait pas la véritable Herbaria; mais il l'avait obtenue plus tard. Je l'ai prise à Florac. Je possède des exemplaires de Corse, des Pyrénées-Orientales et de Biskra.
N" 544. — Nemoria Advolata, Eversmann, - Guenée {Sp. G., p. 350).
Guenée n'a pas connu la Nemoria Aclvolata qui est considérée par Staudinger et Rebel comme une variété de Herbaria.
N" 545. — N emoria Olympiaria, Herrich-Schaeffer, — Guenée {S p. G., p. 350).
Guenée n'a pas vu en nature la Nemoria Olympiaria; il ne l'a connue que par la figure 539 publiée dans l'ouvrage de Herrich- Schaeffer. Cette figure est d'ailleurs très bonne. J'ai reçu Olympiaria de Akbès.
N" 546. — Nemoria Chloroleucaria, Guenée {Sp. G., p. 546) ; Amérique septentrionale.
Je fais figurer le cf le plus coloré qu'il y ait dans ma collection ; mais je regrette que la fraîcheur de ces Nemoria soit si fugitive et qu'il soit difficile, dans certains cas, de disposer d'exemplaires assez purs.
N° 547. — Nejuoria Faseolaria, Guenée {Sp. G., p. 546) ; Californie.
N'existe plus dans la collection.
LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
N° 54S. — Neuioria Gnitïosala, Guenée {Sp. G., p. 546, 547); Tasmanie.
Curieuse espèce dont les ailes supérieures sont vertes et les inférieures sont jaunes. Elle est figurée sous le n" i de la PI. 17 dans V Atlas du Species Général.
N" 549. — Trïmetopia /Eiheraria, Guenée {Sp. G., p. 352); Abyssinie.
Elle est figurée sous le n" 9 de la PI. 5, dans V Atlas du Species Général.
N" 550. — lodïs Vernaria, Lniné, — Guenée {Sp. G., p. 354).
Charmante Espèce dont je possède des exemplaires provenant d'Alger, de Tunisie (Aïn-Draham) où la race est petite, des Pyrénées-Orientales, de l'Isère, de Digne, des Hautes-Pyrénées.
N" 551. — lochs Iinparana, Kmdermann, — Guenée {Sp. G., p. 354); Ural.
Guenée semble avoir vu Impararia; mais il ne la possédait pas. Ma collection contient une paire ayant appartenu à de Graslin, avec l'étiquette : dédit Rambur. XJlodïs Impararia a été figurée par Millière, dans son Iconographie, sous les n°^ i et 2 de la PI. 84.
N" 552. — lodïs Fugitivaria, Guenée {Sp. G., p. 354, 355); Tasmanie.
Je fais figurer le mauvais cf de la collection Guenée.
N" 553. — lodis Euc/ilotaria, Abbot, — Guenée {Sp. G., p. 355) ; Amérique septentrionale.
Je n'ai pas trouvé le spécimen typiciim.
N° 554. -- lodis Meandraria, Guenée {Sp. G., p. 355); Australie.
Fait partie de la collection du Muséum d'Histoire naturelle de Paris.
^" 555- — lodis Lactearia, Linné, Guenée {S p. G., p. 355, 356).
Très commune dans toute l'Europe et parfaitement connue.
82 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
N" 556. — lodïs Pittatarïay Linné, — Guenée iSp. G., p. 557) ; Allemagne, Russie.
Egalement bien connue.
N" 557. — lodis Prodîictaria, Herrich-Schaeffer, — Guenée {Sp. G., p. 357); Brésil.
Très jolie et délicate Phalène dont la couleur vert vif indiquée sur la figure n" 342 publiée par Herrich-Schaeffer dégénère en vert olive, avec le temps.
N° 558. — lodis Opalaria, Guenée {Sp. G., p. 357, 358); Inde centrale?
Je fais figurer le type faisant partie de la collection Guenée.
N° 559. — lodis Theiydaria, Guenée {Sp. G., p. 358); Inde centrale.
Theiydaria est une Espèce commune en Assam. Je fais figurer un cf.
N" 560. — lodis Phylirata, Cramer, — Guenée {Sp. G., p. 358) ; Surinam.
Guenée n'a pas connu cette Espèce.
N" 561. — Thalassodes V ermicnlarïa, Guenée {Sf. G., p. 359); Afrique centrale.
N° 562. — Thalassodes Simiaria, Guenée {Sp. G., p. 359, 360) ; Sénégal.
Je fais représenter les deux cf ayant servi de type pour les descriptions ; le seul exemplaire de Simiaria possédé par Guenée, avec l'étiquette : Caternault; Cazamance (non Sénégal), est en mauvais état. Je remets à M. Culot un exemplaire frais de la même Espèce pour aider à la figuration.
N" 563. — Thalassodes Germinaria, Guenée {S p. G., p. 360) ; Abyssinie.
Fait, partie de la collection du Muséum de Paris.
N° 564. — Thalassodes Quadraria, Guenée {Sp. G., p. 360) ; Inde centrale? Nouvelle-Hollande.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 83
N" 565. -~ Thalassodes Hyraria, Guenée {Sp. G., p. 360); Ile Bourbon.
Je fais figurer le (S Quadraria type de la coll. Guenée et la Q Hyraria type, malgré sa préparation défectueuse, mais, dans des conditions de semblable conservation, je ne puis m'empêcher de regretter que Guenée ait cru devoir donner un nom à un pareil échantillon. En présence de documents aussi mal conservés, la sagesse commande de s'abstenir. Cependant je suis sûr que M. Culot fera tout son possible pour donner de V Hyraria une représentation aussi complète que le permet le mauvais état du s-pecirnen typicum.
Les deux Espèces suivantes appartiennent au Muséum de Paris.
N" 566. — Thalassodes Yeraria, Guenée {Sp. G., p. 360 et 361); Nouvelle-Hollande ?
N" 567. — Thalassodes Pilaria, Guenée {Sp. G., p. 361) ; Taïti. La figure de Pilaria a paru dans V Atlas du Species Général sous le n" 2 de la PI. 15.
N° 568. — Thalassodes Marinaria, Guenée {Sp. G., p. 361); Bornéo.
Je fais figurer la Q typicuui spécimen.
En outre des Thalassodes décrits dans le Species Général et dont la révision est achevée, Guenée a décrit dans l'Annexe G de l'ouvrage intitulé : Noies sur Vile de la Réunion, par L. Maillard, aux pages G. 32 et G. 33, les Thalassodes C ellidaria et Ricinaria.
Je ne trouve pas Cellularia dans la collection Guenée, mais il y a trois cf de Ricinaria et je profite de cette circonstance pour rendre valable le nom Ricinaria, en publiant la figure permettant de reconnaître exactement les caractères de l'Espèce.
Je puis même faire représenter la chenille et la chrysalide de Thalassodes Ricinaria, grâce à une jolie aquarelle dont je suis
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redevable au D"" Auguste Vinson, qui a complété sa communication par la note suivante dont voici la copie :
(( Thalassodes Ricinaria, Gn. — Petite Phalénite verte, à ailes larges, étalées, frangées d'un liséré jaune; la côte de même couleur appartenant à la famille des Geometridce ; fort commune à l'île de la Réunion.
M. A. Guenée, qui a établi ce Genre et décrit les Espèces inédites qui le composent, a donné à cette Espèce que j'avais découverte à l'île de la Réunion, le nom de Thalassodes Ricinaria. Sa description se trouve imprimée dans l'ouvrage de Maillard. Voici la description de sa chenille.
La chenille arpenteuse qui produit le Thalassodes Ricinaria vit sur les sommités et sur les feuilles du Ricin {Ricinus comiminis L.). Le naturaliste Dumont, de l'expédition de Boudin aux terres australes, en passant à l'île de France (Maurice) l'avait déjà remarquée dès 1700... et la décrit ainsi dans son manuscrit :
(( Chenille. — Bâton du Ricin : 12 à 16 lignes de longueur, verte, douze anneaux, les antérieurs un peu moins gros; 10 pattes : 6 antérieures et 4 postérieures ; les deux dernières recouvertes par une espèce d'appendice triangulaire du \2^ anneau. Tête inclinée et allongée comme celle des Sauterelles et terminée par deux petites cornes pyramidales. Cette chenille se tient en état d'extension verticalement ou obliquement au disque, ou au bord de la feuille, cramponnée par les pattes postérieures. Assez commune sur le Ricin dont elle se nourrit; on la rencontre en février » (Manuscrit de J.-B. Dumont, Entomologie de Vile de France').
Cette chenille se rencontre aussi sur les sommités des rosiers : un peu plus petite que celle du Ricin, elle a la même forme et la même posture. Sa couleur seulement est différente; elle est jaunâtre avec une raie dorsale rouge ponceau très apparente, autant qu'elle est peu marquée sur V Arpenteuse du Ricin. La tête également inclinée porte deux petits cônes pyramidaux.
Ces deux chenilles se changent l'une et l'autre en une chrysa-
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lide verte, ovoïde, allongée, de 4 à 5 lignes de long; plus grande pour la chenille du Ricin, plus petite pour celle du Rosier. La couleur vert tendre, vert pomme qu'elle a d'abord, devient jaunâtre et même blanchâtre, les jours suivants. Les deux yeux prennent une couleur brune. L'éclosion a lieu le septième jour. Cette chrysalide est souvent suspendue par sa queue audessous de la feuille du Ricin. )>
A mon sens, les deux chenilles observées par le D'" Vinson, celle du Ricin et celle du Rosier, appartiennent à deux Espèces distinctes.
Je ne connais pas le papillon de la chenille du rosier.
N^ 569. — Dyspteris Lobofhoraria, Guenée {Sp. G., p. 362) ; Brésil.
N" 570. — Dyspteris Dcvùnutarïa, Huebner, — Guenée {S p. 6"., p. 362, 363); Surinam.
N" 571. — Dyspteris Inwqitaria, Guenée {S p. G., p. 363)'' Cayenne.
J'ai examiné soigneusement la ûgure donnée par Huebner, avec le nom de Devùmitaria, dans Zutraege zur Sammlung exotischer Schvietterlinge, sous les n°^ 1 71-172. Je trouve, pour ma part, que la teinte verte, dans lesdits n"' 171 et 172 est trop bleue. Guenée critique d'ailleurs très judicieusement la figure en question. Est-ce ou n'est-ce pas la même Espèce que Lobophoraria ?
De plus il m'a semblé que le seul exemplaire type, incomplet (privé d'antennes) et manquant de fraîcheur de Lohophoraria, ne pouvait être séparé spécifiquement des deux types Inœquaria. Il est en effet impossible à l'œil de saisir quelque différence appréciable.
En conséquence, je fais figurer le meilleur exemplaire d'Inœqnaria, que possédait Guenée et je considère que Lohophoraria n'a pas lieu d'être figuré, comme étant trop fruste et indistinguable de Inœquaria.
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Si Deminîitaria, comme c'est possible, est la même Espèce que Lob ophor aria et Inœquaria, il y aura lieu de supprimer de la Nomenclature les deux noms Lobofhorarïa et ItKcqiiarïa, en laissant subsister le seul nom Demïmitaria, Huebner.
N" 572. — Dyspteris Ahorlivaria, Herrich-Schaeffer, — Guenée {Sp. G., p. 363); Cincinnati.
La figure donnée par Hcrnch-vSchaeffer sous le n" 346 est très exacte. Ma collection contient des exemplaires de Floride et de l'Etat de New- York. Il y avait dans la collection Guenée un d reçu après la publication du Species Général.
N° 573- — Dyspteris Naïadaria, Guenée {Sp. G., p. 363); Brésil.
Je fais figurer une des Q ayant servi à la description écrite par Guenée et je joins pour aider au coloriage une Q très fraîche, provenant de Cundinamarca (Nouvelle-Grenade). Je pense que c'est la même Espèce que Naïadaria. Cependant l'exemplaire de Nouvelle-Grenade n'a pas, en dessous, la même ligne transversale descendant droite du bord costal des supérieures au bord anal des inférieures, comme dans Naïadaria, type du Brésil; cette ligne, aux supérieures, est brisée, dans la forme de Cundinamarca.
N° 574. — - Dyspteris Legiiiniaria, Guenée {Sp. G., p. 364) ; Brésil.
C'est exactement la même Espèce que Amata, Cramer
(PI. CCXXVIil, fig. F). Du reste, dit Guenée, Legitiviaria paraît
avoir tout à fait le même dessin que Amata qui est beaucoup plus
.grande. Dans ces conditions, Legiliinarïa tombe simplement en
synonyme de Amata et n'a pas lieu d'être figurée.
N" 575- — Dyspteris Amata, Cramer, — Guenée {Sp. G., p. 364) ; Surinam.
Guenée a cru ne pas l'avoir vue; c'est pour cela qu'il a créé à tort l'Espèce Legitimaria.
Amata n'est pas rare à la Guyane française et en d'autres contrées de l'Amérique du Sud.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 87
N" 576. — Dyspteris Egregiaria, Guenée {Sp. G., p. 364); Brésil.
Guenée a représenté cette Espèce sous le n" 6 de la PI. 8 de l'Atlas du Species Général. Egregiaria paraît assez répandue au sud du Brésil. C'est, comme le dit très justement Guenée, une charmante Espèce.
N" 577- — Chloro chroma Dichlorarïa, Guenée {S p. G., p. 365) ; Nouvelle-Hollande, Tasmanie.
Guenée a figuré Dichloraria sous le n" 8 de la PI. 6 dans V Atlas du Species Général.
N° 578. — Chloro chroma V crtumnaria, Guenée {Sp. G., p. 365) ; Tasmanie.
N° 579. — Chlorochroma Cadmaria, Guenée {Sp. G., p. 365, 366) ; Australie.
N" 580. — Chlorochroma Carenaria, Guenée (Sp. G., p. 366) ; Nouvel le-FIol lande.
N" 581. — CJiloro chroma CitroUmharïa, Guenée (Sp. G., p. 366) ; Nouvelle-Hollande.
Je fais représenter, dans le présent ouvrage, les quatre Chlorochroma australiennes que Guenée a décrites dans le Species Général, avec les noms de Y crtumnaria, Cadmaria, Carenaria et Citrolimbaria.
Les specimina typica existent encore tous dans la collection Guenée.
A part la taille, je déclare trouver bien peu de différence entre Verlnjnnaria et Cadmaria.
J'ai pu remettre à M. Culot pour l'aider dans son travail exceptionnellement délicat et difficile, lorsqu'il s'agit de Phalènes vertes, anciennes et généralement décolorées, des exemplaires frais de Y ertumnaria et Citrolimbaria. Je n'ai pas besoin d'affirmer de nouveau tout le soin que j'ai pris de n'identifier aux specimina typica que des nouveaux exemplaires rigoureusement conformes.
88 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
N" 582. — Eucrostis Indigenarïa, Villiers, — Guenée {Sp. G., p. 36/).
Délicieuse petite Espèce assez commune dans les Alpes-Maritimes et en Algérie (Aflou, Lambèse). La taille des exemplaires Ç) d'Algérie est souvent deux fois plus grande que celle des cf.
N" 583. — Eîicrostis Donùnicaria, Guenée {Sp. G., p. 367); Haïti.
Je fais représenter le spécimen typicuni.
N" 584. — Encrostis Riifociliarïa, Hernch-Schaeffer. Guenée dit qu'il n'a pas vu cette Espèce figurée sous le n" 345 par Herrich-Schaeffer.
Je fais représenter avec le nom de Mirabilïaria une délicieuse Eucrostis de Kamerun (Johann-Albrechts-Hoehe) dont ma collection contient six exemplaires. En dessus, le fond des ailes est vert tendre un peu bleuâtre, entouré de rouge carmin, avec une frange jaune. Sur les supérieures, il y a cinq points rouge cerclés de jaune crème et quatre semblables aux inférieures. Le dessous est d'un blanc bleuâtre, sans aucun point, avec le bord marginal jaunâtre. Le corps participe de la couleur des ailes. Les pattes sont très unes et blanchâtres. La Mirabilïaria rappelle beaucoup Euchloris Meritaria, Walker; mais elle est bien distincte et notamment beaucoup plus petite.
N" 585. — Omphax Planlaria, Guenée \Sp. G., p. 368) ; Patrie ?
Je fais représenter le spécimen typicum dont Guenée a ignoré la provenance.
N" 586. — Phorodesma Bajidaria, Geoff., — Guenée {Sp. G., p. 369).
Très jolie Phalène, toujours rare; à la forêt de Rennes, j'ai trouvé des exemplaires isolés; ma collection contient des échantillons de Château-du-Loir (de Graslin), de Digne et des environs de Pans.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 89
N- 587. Phorodesma Neriaria, Herrich-Schaeffer, — Guenée {Sp. G., p. 369, 370).
Environs de Brousse et de Beyrouth.
Guenée a vu le Phorodesma Neriaria, mais il ne le possédait pas lorsqu'il a écrit son ouvrage. J'ai reçu un grand nombre d'exemplaires d'Akbès.
N" 588. - Pliorodesma Indiic/aria, Guenée {S p. G., p. 370); Sarawack.
Ainsi que le dit Guenée, son typicuni spécimen est en détestable état ; je regrette que Guenée ait donné un nom à un papillon aussi avarié.
N" 589. — - Phorodesma Cassidaria, Guenée {Sp. G., p. 370); Inde centrale.
C'est une faute typographique qui a fait imprimer le nom de cette Espèce Cassidara dans le Species Général; il faut lire Cassidaria. Je fais représenter l'un des deux specimina typica.
N" 590. — Phorodesma Siollaria, Guenée {Ocellata, Stoll, PI. XXXIV, fig. 9) (5/. 6"., p. 370, 371); Surinam.
Guenée a changé le nom ocellata, donné par Stoll, en Stollaria, Guenée.
Il ne connaissait pas l'Espèce en nature; je ne la connais pas moi-même.
N" 591. — Phorodesma Buprestaria, Guenée {Sp. G., p. 370^ Tasmanie.
Fait partie de la collection du Muséum national d'Histoire naturelle de Pans; figurée dans V Atlas du Species Général, sous le n" 4 de la PL 7.
N" 592. - Phorodesjna înclusaria, Plerrich-Schaeffer, ■ — Guenée {Sp. G., p. 371); Brésil.
L'Espèce est figurée sous le n" 341 par Herrich-Schaeffer. Ni Guenée, ni moi, nous ne l'avons vue en nature.
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N" 593. -- Phorodesma Megaspïlarïa, Guenée {Sp. G., p. 371, 372) ; Sarawack.
Je fais représenter la Q spécimen typiann de la collection Guenée.
N" 594. -- Phorodesma Trilunnrui, Guenée {Sp. G., p. 372); Brésil.
L'exemplaire type n'a plus d'abdomen. Par ailleurs, il semble reconnaissable. Je le fais figurer dans le présent ouvrage.
N° 595. — Phorodesma Semïalbaria, Guenée {Margmaria, Stoll, PI. XXXIV, fig. 8) {Sp. G., p. 372); Brésil.
Manque dans la collection Guenée et clans la mienne.
N° 596. — Racheospila Araria, Giienée {S p. G., p. 373) ; Afrique centrale, Pays des Namaquois.
L'échantillon type est en mauvais état, ainsi que Guenée d'ailleurs le reconnaît à la page 373 du Species Général. Je le fais néanmoins figurer.
N" 597- — Racheospila Aggravaria, Guenée {Sp. G., p. 373) ; Cayenne.
Je fais représenter le seul exemplaire que j'ai vu de cette Espèce; c'est le spécimen tyfici4,m de Guenée
N" 598. Racheospila Albociliaria, Herrich-Schaeffer, —
Guenée {Sp. G., p. 373); Venezuela.
Sous le n" 344, Herrich-Schaeffer a figuré, avec le nom de Albociliaria, une Espèce qui me paraît voisine de celle que Guenée possédait dans sa collection, mais un peu différente, notamment pour l'abdomen que Herrich-Schaeffer figure blanc et non maculé de taches blanches relativement grosses, d'ailleurs signalées par Guenée dans sa description. La bordure des ailes est moins dentelée que dans la figure publiée par Herrich- Schaeffer et le gros point discoïdal, rougeâtre dans la figure précitée, est remplacé par un trait long dans l'exemplaire de la collection Guenée. Je fais représenter le spécimen de Guenée avec le nom de Dubiaria
LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE QI
N° 599. — Racheospila Mïccidaria, Gucnée iSp. G., p. 374); Cayenne.
Je fais représenter le spécimen typicinn.
N" 600. — Racheospila Sitellaria, Gucnée {Sp. G., p. 374) ; Haïti.
La collection Guenée contenait deux exem])laires de conservation inégale; je donne naturellement le incillcur comme modèle de figuration.
N" 601. — Racheospila Lixaria, Guenée {Sp. G., p. 374); A.mérique septentrionale.
Le spécimen typicum, d'ailleurs unique, a beaucoup souffert. Néanmoins je le remets comme modèle de figuration.
N° 602. — Racheospila Sigillaria, Guenée {S p. G., p. 375) ; Montevideo.
Le spécimen i y pic uni est vieux, mais assez complet et ne semble pas décoloré.
N" 603. — Synchlora Liquoraria, Guenée [Sp. G., p. 375); Californie.
Le spécimen typicmn n'existe pas dans ma collection.
N° 604. — Synchlora Frondaria, Guenée {S p. G., p. 376) ; Cayenne, Haïti.
L'un des deux specimina typica a pour étiquette Haïti, localité que Guenée omet de citer dans le Species Général, p. 376. C'est cet exemplaire, le moins défectueux des deux, que je fais représenter.
N" 605. — Aploclcs Mimosaria, Guenée {Sp. G., p. 377); Géorgie américaine, Canada.
Je fais figurer l'échantillon étiqueté : Canada ; l'abdomen manque.
N" 606. — Aplodes Glaucaria, Guenée {Sp. G., p. 377); Géorgie américaine.
L'abdomen manque ; l'exemplaire n'est pas frais ; ses antennes paraissent complètes.
92 LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
N° 607. - Thetïdïa Pliisiaria, Boisduval, ■ — Guenée {S p. G., p. 378) ; Andalousie, Algérie.
Admirable Espèce; abondante à Lambèse en mai et juin, puis en septembre ; à Zebch, près Sebdou, en septembre ; à Aflou, en juin.
Je l'ai reçue aussi de Cuenca et de Malaga. Elle varie assez sensiblement; je fais figurer une Aberr. Poiucllaria prise à Lambèse, en septembre 191 3, que j'aurais même été tenté d'ériger en Espèce séparée, si j'en avais possédé plusieurs échantillons.
On trouve dans la nature des exemplaires de Fhisïaria semblant frais et chez lesquels les si jolis dessins verts des ailes supérieures sont transformés en brun verdâtre un peu doré. Cette mutation de couleur se produit sur les deux faces des ailes. Est-ce le résultat de quelque accident ou est-ce une variation naturelle ? J'inclinerais du côté de cette solution.
N" 608. -— Chlorodes M'irandaria, Guenée {Sp. G., p. 379); Tasmanie.
Figurée par Guenée dans V Atlas du Sfecies Général sous le n'' 7 de la PL 5.
N" 609. — - Phyle Arciiosaria, Herrich-Schaeffer, - Guenée (jSp. G., p. 380); Nouvelle-Fribourg (Brésil).
Figurée par Herrich-Schaeffer, sous le n° 338. Assez commune dans l'Amérique méridionale oîi elle est répandue dans une grande étendue de pays. Je possède des exemplaires provenant de Bolivie, de l'Equateur, du Brésil méridional et du Pérou.
N" 610. — Agathia Lycœnaria, Kollar, — Guenée (S p. G., p 380, 381); Inde centrale, Masuri.
Guenée possédait trois exemplaires. Il déclare que la figure publiée dans V Atlas du Species Général sous le n" 12 de la PI. 3, est très mal rendue, notamment quant à la queue des ailes inférieures. De plus, le coloriage est mauvais. La figure donnée par, Herrich-Schaeffer sous le n° 339, avec le nom de Albiangularia, est meilleure; mais la teinte verte est trop sombre, pas assez gaie, pour être conforme à la nature.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 93
N" 6ii. — Agaihïa Hemitheana, Gucnée {S p. 6"., p. 381); Inde centrale.
L'exemplaire type est mauvais ; mais je possède une bonne série d'exemplaires très frais où je fais choix d'un exemplaire aussi pareil que possible au type, afin d'aider l'artiste dans le travail de figuration.
N" 612. — Agalhia H'darala, Gucnée {Sp. G., p. 381, 382); Inde centrale?
L'Espèce d'ailleurs charmante et en effet décorée d'un vert très gai, n'est pas rare dans les collines Khasia. Je fais aider, au moyen d'un spécimen frais, à la figuration du type qui a plus de soixante ans d'âge et se trouve un peu fané.
N" 613. — Heniïthea Robitstaria, Guenée {Sp. 6'., p. 383), Inde centrale.
Comme le reconnaît Guenée, le spécimen typiann de sa collection a passé au jaune d'ocre. Je remets à M. ("ulot jK)ur l'aider dans la figuration un échantillon frais ayant sa couk^ur naturelle vert olive, non jaune d'ocre.
N" 614. — Hemithea Bnplevraria, Frisch, — Guenée {S p. G., P- 383, 384) ; Europe.
Répandue en Europe, en Algérie et dans le Nord de l'Asie; ma collection contient des exemplaires de Sidemi (Mandchourie), Escorial, Pyrénées-Orientales, Alpes-Maritimes, Rennes et Lambèse.
N" 615. — Heinithea Thynnïaria, Albin, — Guenée {S p. G., p. 384) ; Europe.
Les exemplaires de ma collection proviennent de Rennes, du Poitou, de Stettin, de Sidemi (Mandchourie), des Pyrénées-Orientales (Vernet-les-Bains et Montlouis-sur-Têt).
N" 616. — Heniïihea Insiilaria, Guenée (Sp. G., p. 385); Bornéo.
Le spécimen typiciim est en état pitoyable.
94 LEPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE
N" 617. — Amaurinia Oleraria, Guenée {Sp. G., p. 385); Bornéo.
Le spécimen typicuni est défectueux. Comme je ne crois pas posséder d'autre exemplaire semblable, je suis obligé de me contenter pour la figuration d'un modèle imparfait.
N*^ 618. - — Amaurïnia Riibrol'wibraria, Guenée {Sp. G., p. 386). Ceylan.
C'est par erreur d'impression que le nom Rubrolïinbraria a été publié dans le Species Général; l'étiquette de Guenée est écrite Rubrolïmbarïa. En effet, cette petite Phalène est finement bordée de rougeâtre.
N° 619. — Amaurinia Hyperythraria, Guenée {Sp. G., p. 386); Brésil.
Je transmets à M. J. Culot, pour figuration, le meilleur des deux çS de la collection Guenée.
N" 620. — Amaurinia Nenlraria, Guenée {Sp. G., p. 386); Brésil.
Guenée a donné la figure de Klentraria sous le n" 5 de la PI. 19, dans V Atlas du Species Général.
N" 621. — Amaurinia Siibviolaria, Guenée {Sp. G., p. 386); Cayenne.
Je possède un exemplaire très frais venant de Petropolis (Brésil) ; je le joins au spécimen iypicum vétusté et un peu décoloré pour servir de modèle au coloriage.
J'ai donc terminé avec l'examen des Espèces du Genre Amaurinia, la révision des Phalénites appartenant à la famille des Geomeiridœ.
Feu Achille Guenée les avait soigneusement étudiées, ainsi d'ailleurs qu'il avait coutume de faire, malgré la défectuosité des exemplaires qu'il possédait, ce dont il rend compte, dans le Species Général, avec son ordinaire sincérité. Il a publié les descriptions des Geomeiridœ en 1857 ; malheureusement il a
LEPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE 95
négligé, en ce temi)S-là, lorsque ses Geornetridœ pouvaient encore présenter quelque fraîcheur, d'accompagner chaque description d'une figure qui eût été bien nécessaire pour rendre intelligibles les descriptions des Phalènes si délicates qu'il décrivait.
Les Papillons de Guenée ont vieilli et toutes ces Geornetridœ dont les nuances vertes sont souvent si fragiles, si peu résistantes à l'humidité ou aux émanations acides, s'étant ternies avec le temps, se trouvent aujourd'hui bien plus malaisées à figurer exactement et par conséquent utilement, qu'au temps jadis.
Cependant, tout en ne m'illusionnant pas relativement aux difficultés parfois très grandes C[ue rencontrera mon excellent collaborateur artistique, M. J. Culot, pour représenter convenablement des échantillons souvent très défectueux, j'estime qu'il vaut encore mieux, maintenant et sans plus attendre, essayer de publier la figuration des Geornetridœ en question, (''est en effet le seul moyen de sauver, autant que cela est présentement possible, un certain nombre de noms dont il est évident que seul, le dessin, en rendant la description intelligible, peut assurer la validité.
Guenée a passé en revue un peu plus de cent Espèces de Geornetridœ. Actuellement le nombre des Espèces connues de cette Famille — du moins envisagée dans les limites que Guenée avait conçues, — doit atteindre un chiffre au moins quintuple de celui que Guenée a recensé, il y a environ 60 années.
La plupart des Geornetridœ a le fond des ailes verdâtre, avec des décors bruns ou rougeâtres et même simplement d'une autre nuance de vert que celle du fond. L'effet qui est ainsi produit est très gracieux et agréable à l'œil.
Les Geornetridœ sont répandues sur toute la Terre, sauf dans les régions polaires; elles sont surtout nombreuses en Chine, dans l'Inde, en Afrique, dans l'Amérique tropicale, dans les îles océaniennes, en Australie. Les récentes explorations entre-
gô LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
prises en Nouvelle-Guinée, la patrie des paradisiers et des splendides Ornithoptères, ont révélé, dans cette grande île, l'existence d'un grand nombre de G eometridœ charmantes dont il importerait de publier la figure au plus tôt.
Malheureusement, on doit toujours regretter qu'une foule de Lépidoptères Hétérocères, parmi lesquels beaucoup de Phalénites, se trouve seulement décrite sans l'illustration d'aucune figure, — me permettra-t-on de même dire : le plus souvent, assez mal décrite — par plusieurs Auteurs contemporains.
On dirait que le seul but de ces descripteurs sans figures, est de créer une obstruction à toute publication ultérieure, en dressant, au moyen de leurs descriptions qu'ils savent être inintelligibles, comme une barrière en vue d'interdire à qui que ce soit de s'aventurer sur un terrain dont il leur plaît égoïstement de prohiber l'entrée.
Cette prétention ne dépasse-t-elle pas la mesure de ce qui est tolérable? La Science a le droit d'être ouverte à tous et le devoir de chaque homme aimant sincèrement la Science est plutôt d'en faciliter l'accès au plus grand nombre, que d'en défendre jalousement la porte.
J'ai déjà, en maintes circonstances, exposé quelle est ma manière de voir au sujet des descriptions sans figure, créatrices de types à bon marché. La valeur, d'ailleurs conventionnelle, des diagnoses ne peut pas résider dans les termes mêmes de la description, puisque presque toujours obscurs, incomplets, mal définis, ils demeurent pratiquement incompréhensibles. Le point d'appui réel des diagnoses — on pourrait dire : unique — est dans la conservation des specimina tyfica. Or, chacun sait que les échantillons ayant servi à la description, se trouvent renfermés dans des collections diverses, publiques ou privées, plus ou moins accessibles, exposées à toutes les chances variées de destruction qui ne cessent de les menacer.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 97
Lorsque ces speciiiiïna tyfica sont dispersés ■ — ce qui peut arriver au décès de leurs propriétaires, — ou perdus définitivement — (il suffit pour cela d'une larve d'anthrène) — qu'arrive-t-il? Les noms c]ui ont été proposés dans des descriptions, pour des Espèces devenues irrecognizable, sont rayés de la Nomenclature qu'ils encombrent inutilement et rentrent simplement dans le néant.
Leur durée a été éphémère, subordonnée à l'existence des specimïna typica.
De nouveau, je ne saurais assez recommander aux descripteurs qui, par raison d'économie financière, ne publient aucune bonne figure explicative de leurs descriptions, de lire ce qui est imprimé à la page 53 de Systematic List, dans la Part IX de Illustrations of t y pic al spécimens of Lepid. Heter. in the collection of the british Muséum (The Macrolepicloptera Heterocera of Ceylon by George Francis Hampson).
Précédemment, je n'ai pas manqué d'appeler l'attention des Entomologistes sur l'importance de l'enseignement qui découle du titre suivant : List of Spccies described by Walker and Nietner frein Ceylon, of ivhich the descriptions are insufficient for identification and the types lost.
Ne nous fatiguons pas de remettre sous les yeux des intéressés un document dont nul ne peut contester la valeur.
Les types perdus! the types lost! voilà l'anéantissement total de la base sur laquelle reposait la valeur du nom. En effet il n'y a pas de description qui vaille, du moment que les types sont perdus. Les descriptions sont toujours insuffisantes, « insufficient for the identification » ; d'ailleurs, dans la pratique, on ne lit même pas les descriptions ; on a recours au sfecimen typicum; s'il existe encore, tout est bien; mais s'il vient à disparaître, ce qui, avec le temps, est fatal, il n'y a plus rien et la description est lettre morte. La description et le nom qui en résulte ne durent et ne valent qu'autant que dure le spécimen typicum. Voilà la vérité.
98 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Qui osera la contredire? J'ai rencontré trop d'occasions de ]a constater, lorsqu'ici même, à Rennes, je recevais la visite d'Entomologistes de diverses nationalités, cherchant à identifier leurs papillons avec les speciniïna typïca de Boisduval ou de Guenée. Ils comparaient les papillons aux papillons, mais ne recouraient aux livres que dans des cas exceptionnels.
Les Congrès ont été saisis de la question.
Par ordre de date, celui de Bruxelles, en août iQio, a eu le courage de décider qu'z'Z est désirable que les descriptions soient, autant que possible, accompagnées de figures.
Le Congrès d'Oxford (août 1912) et le Congrès de Monaco (mars 191 3), ont bien voulu m'entendre développer les raisons pour lesquelles, sans une bonne figure, aucun nom de Papillon ne peut être valable. La seule objection que m'aient réellement faite les contradicteurs, est que l'exécution des figures coûtant très cher, il n'y avait pas lieu d'entraîner les descripteurs d'Espèces prétendues nouvelles, à supporter des dépenses exagérées.
Est-ce donc que l'économie d'une dépense nécessaire peut s'accommoder avec le progrès de la Science? Faut-il laisser la Science rester boiteuse et presque aveugle, pour économiser la dépense qui produirait la lumière et la libre marche en avant?
L'avance et le progrès scientifique ne peuvent pas s'accorder. Il faut oser dépenser quelque argent pour assurer définitivement la base de notre Nomenclature et empêcher notre science chérie de se débattre dans les obscurités, dans les doutes et dans les incertitudes.
Les Congrès d'Oxford et de Monaco n'ont du reste pas osé prendre parti en faveur des descriptions sans figure et décider que les descriptions sont suffisantes pour permettre d'identifier exactement les Espèces. La vérité s'impose avec une telle force que nulle décision ne fut prise, ni même proposée dans ce sens, parce que c'est contraire à l'évidence même. Aucune décision n'a donc été arrêtée contre ma proposition.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE Q9
Mais, d'un autre côté, la question d'argent se dressait toujours comme un spectre qui faisait reculer les plus braves.
L'horreur de la dépense a fait peur et si la thèse des descripteurs sans figure n'a pu recevoir un vote d'approbation, la thèse opposée — c'est-à-dire la mienne, celle que je soutiendrai avec d'autant plus de constance que j'ai conscience de défendre la cause supérieure des intérêts de la Science et de la Vérité — n'a pu obtenir des Congrès le vote libérateur.
On a nommé des commissions. Que font-elles? Entre la question d'argent et l'intérêt évident de la Science, il est, paraît-il, trop dur de faire son choix.
Auri sacra faînes, qiiïd non viortalia pectora cogis !
Dans ces circonstances, en cette année 191 6, me préoccupant exclusivement de la conservation d'une base solide pour la Nomenclature lépidoptérologique, c'est-à-dire appuyée sur une bonne figuration qui résiste au temps et dure plus longtemps que les Papillons eux-mêmes, je déclare une fois de plus que je considère définitivement comme nulle et non avenue toute description non accompagnée d'une bonne figure.
Dès lors, je ne me laisse point arrêter par des scrupules qui seraient dommageables à la Science et je fais bon marché des barrières — d'ailleurs moins meurtrières que les haies de fil de fer barbelé, — au moyen desquelles les descripteurs sans figures voudraient, avec les égards qu'ils exigent pour leur prose indigeste mais économique, arrêter les progrès de la Science.
Donc, je poursuis, sans me fatiguer, le but qui consiste à rendre valables les noms donnés par Guenée aux Phalènïtes décrits par cet Auteur dans le Species Général et je m'efforce ainsi d'établir l'ordre dans les éléments anciens de la Nomenclature; puis, je publie les figures, ■ — qui vaudront mieux que toutes les descriptions, -— de certaines Espèces de Phalénites de ma collection dont je ne suis pas parvenu à trouver la représentation quelque part; j'envisage surtout les Espèces de la faune palaéarctique dont les amateurs sont toujours plus nombreux.
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D'ailleurs, ainsi que je l'ai dit à la page i6 du Volume IX (i"""" partie) des Etudes de Léfïdoptérologïe comparée, « la vérité est en marche et bientôt son action bienfaisante rayonnera sur la Lépidoptérologie et par extension sur l'Histoire naturelle tout entière ».
J'en ai pour garant de précieuses adhésions et notamment celle du D'' T. A. Chapman, dont j'ai relaté {loc. cit., p. 14-16) l'opinion qui se résume par ces paroles : (( We may wake some morning to find that it has been ail but universally accepted ».
En nous réveillant quelque matin, nous nous apercevrons que la formule : (* Pas de bonne figure à l'appui d'une description, pas de nom valable », est universellement acceptée.
Tout d'abord, on a souri en entendant ma proposition jugée utopique et subversive; puis j'ai trouvé d'ardents contradicteurs; enfin si Dieu me laisse encore vivre quelque temps sur la Terre, je verrai probablement se réaliser la prédiction du D'' T. A. Chapman.
Il en sera donc pour l'indispensabilité d'une bonne figure, afin de rendre la description de chaque Espèce de Papillon valable, comme l'a dit, à propos de toute autre chose, Bertha von Suttner, d'après le livre : ]" accuse, par un Allemand, p. 296, Chap. U Avenir (*) : <( Tout mouvement intellectuel doit traverser trois phases : dans la première, on s'en moque; dans la seconde, on le combat; dans la troisième, on lui reproche d'enfoncer des portes ouvertes ».
J'entreprends maintenant, avant de réviser la Famille VIII : Mecoceridœ, Guenée, dans le Species Général, la publication, avec figures, d'un certain nombre d'Espèces de Geonietridce qui m'ont paru spécialement intéressantes et non encore représentées. Je les examine par région.
(*) Ouvrage avec avertissement de Anton Suter, Docteur en Droit, daté de Lausanne, le 20 avril 1915; nouvelle Edition française publiée par la librairie Payot et C'^, 46, rue S^-André-des-Arts, à Paris.
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