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ALGERIE

Microloxia Menadiaria, Thierry Mieg, et Saturata, Bang- Haas.

Deux Espèces sont encore assez mal connues : ce sont les Microloxia Menadiaria, Thierry-Mieg, et Saturata, Bang-Haas.

M. L. B. Prout, rédacteur du Volume IV Géométrides, dans les Macrolépidoptères du Globe par le Prof. D'" Adalbert Seitz, s'exprime ainsi à propos de Menadiaria (Edition allemande, p. 27) : « Die Type stammte von Bona in Algérien, in der Coll. Vallantm, gnig leider verloren, doch besitzt ihr Autor em Bild davon und in der Coll. Piingeler befindet sich ein Q von Philippeville, das wahrscheinlich hierher geliort... >>. L'Espèce Menadiaria n'est d'ailleurs représentée sur aucune Planche de l'ouvrage de Seitz; ni le dessin que possède Thierry-Mieg, ni la Q qui se trouve dans la collection Piingeler et qui vraisemblablement appartient ici (hierher gehort), n'ont été mis à contribution comme modède de figuration.

Si le type était réellement perdu, ce serait évidemment le doute éternel sur la question de savoir ce qu'est réellement Menadiaria; mais M. Prout a ignoré que le type est encore en ma possession. Je le tiens du D'' Vallantin lui-même et je me fais un devoir d'en publier la figure dans le présent ouvrage.

Le type est une Q ; je crois aussi connaître le cT dont je possède un exemplaire pris à. Lambèse et un autre recueilli à Sebdou. Je fais représenter celui de Lambèse dont la couleur verte est mieux conservée.

Quant à Microloxia Saturata, elle a été fi.gurée dans la ligne / de la PL 2 du Vol. IV de Seitz. J'en possède neuf exemplaires; deux ont été capturés à Lambèse, en juillet 191 2; les sept autres ont été récoltés à Aflou, par Harold Powell, en août 191 1. La couleur verte de Saturata paraît peu stable et jaunit rapidement.

102 LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE

Je dois faire remarquer ici que Staudinger et Rebel, dans leur Catalog IQOI, ont imprimé à propos de Menouiiana (qu'ils appellent à tort Mcnadaria) les mots suivants : <( uno cf condita » (n" 2902, p. 263). A mon avis, le spécimen typïcitni que j'ai communiqué à feu Staudinger, sur sa demande, était bien une Q et non un cf. C'est d'ailleurs l'échantillon qui a servi de modèle à la figuration dans le présent ouvrage. L'assertion du Catalog est donc erronée.

Saturata a été initialement décrite par Bang-Haas, à la page 137 du Band XIX, Iris, Dresden, 1906, » nach 2 cfcf aus Siid-Oran (Algier) beschrieben », et une figure malheureusement extrêmement grossière, a été donnée sous le n" 20 de la Taf. V, dans le même XIX*" Volume de Vlris. La figure publiée par Seitz est meilleure que la figure initiale; celle-ci est très mal dessinée et ne fait guère honneur au talent de Bruno Geisler qui a cru devoir signer la Planche V, malgré sa détestable exécution.

2° RÉGION DE TA-TSIEN-LOU et de TSE-KOU

Le nombre des Espèces de Geometridœ paraît relativement très grand dans la région chinoise de l'Ouest qui avoisine le Thibet oriental. Je compte faire connaître, en cet ouvrage, un certain nombre d'Espèces représentées dans ma collection par rJes exemplaires assez frais et assez bien conservés pour être décrits et figurés avec une complète exactitude.

Geometra Symaria, Obthr.

Diffère de PapUionaria, dont elle a la couleur et l'aspect, par la dentelure plus accentuée de ses ailes, par l'espace médian des ailes, en dessus, plus foncé, de sorte que Symaria n'est pas du même vert uniforme que PapUionaria. En dessous, chez Symaria, les deux lignes transverses blanchâtres, descendant du bord

LEPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE IO3

costal au bord anal des ailes, sont soulignées niténeurement par une épaisse ligne vert foncé qui tranche, ainsi que les macules discoïdales, sur le fond blanc verdâtre.

Je possède un seul beau o" des frontières orientales du Thibet.

Geometra Sinoïsaria, Obthr.

Décrit d'après trois O* et deux Q de Tse-kou et de Tâ-tsienlou.

Ailes supérieures falquées à l'extrémité; en dessus, d'un vert pré uniforme, traversées par deux lignes blanches ondulées, allant du bord costal des supérieures au bord anal des inférieures; la ligne submarginale blanche est presque punctiforme. En outre, aux supérieures seulement, on distingue dans l'espace subbasilaire une série de quatre demi-lunes intranervurales blanches, descendant du bord costal au bord interne. Dessous entièrement d'un vert jaune, avec des ombres plus foncées remplaçant les lignes blanches des supérieures; on aperçoit les taches discoïdales d'un vert plus foncé et une éclaircie soyeuse plus pâle, le long du bord interne.

Les antennes du (S sont pectinées; celles de la Q sont filiformes,

Phorodesma Subprocumbaria, Obthr.

Provient de Siao-lou.

Diffère de Prociimbana, Pryer (^Cis/ida cntoniolog'ica, Vol. II ; PI. IV, fig. 2), par le développement de la tache blanc carné de l'angle apical et du bord marginal des ailes inférieures, en dessus. Cette tache carnée, chez Siibprocumbaria, est large et divisée en trois parties par des lignes brunes, allant, en suivant les nervures, d'un bord à l'autre de la ligne enveloppante brune qui entoure l'espace ovalaire blanc carné. Cependant le bord intérieur de la tache carnée n'est pas atteint par les trois traits bruns qui s'arrêtent avant d'atteindre ce bord intérieur.

I04 LÉPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE

Le dessous est d'un blanc soyeux argenté, verdâtre aux supérieures, avec quatre petits points noirs discoïdaux, reproduisant ceux du dessus des ailes, et une ligne commune grisâtre, droite aux supérieures, courbe et très peu visible aux inférieures.

Le Genre Phorodesma est envisagé ici tel que Guenée semble l'avoir compris et constitué dans le Species Général. Il est aujourd'hui partiellement synonyme des Genres Comibcrna, Uliocnemis et Euchloris; chaque Auteur ayant, relativement à la collocation des Espèces dans les Genres, sa conception personnelle.

Phorodesma Ornataria, Leech, et Superornataria, Obthr.

Voisine de Ornataria, Leech, décrite à la page 238 dans On Lepidoptera Heterocera froîn China, Japan and Corea {Ann. et Mag. Nat. HisL, Vol. XX) et figurée sur la PL 2 c, par Prout, dans Die Grosschnietterlinge der Erde von D"" Adalbert Seitz; IV Band.

Diffère de Ornataria par le développement considérable de la couleur brun rouge près de l'angle interne des ailes supérieures en dessus et le long du bord marginal des inférieures.

Je possède de Tâ-tsien-lou et localités voisines, dix exemplaires de Ornataria, tandis que de Siao-lou, Tien-tsuen, etc., j'ai reçu neuf échantillons référables à Superornataria.

Il y a des exemplaires de Ornataria un peu plus largement bordés de rougeâtre aux ailes inférieures ; mais je ne vois aucun spécimen faisant la transition entre Ornataria et Superornataria.

Je crois à la validité spécifique de Superornataria. Car l'expérience démontre qu'il existe sur les frontières thibétames beaucoup d'Espèces très voisines les unes des autres, mais parfaitement distinctes. Je fais du reste représenter les deux sexes des deux Espèces, de façon à bien établir la comparaison. Les Q ont des stries blanches sur le fond vert des ailes. Ces stries sont très faiblement accentuées chez les cf et paraissent même faire presque complètement défaut dans les individus cf.

LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE 105

On doit en outre tenir compte d'une sorte de lavis blanchâtre qui, chez Supt'rornataria, se remarque sur le côté extérieur de la ligne blanche descendant du bord costal à l'angle interne des supérieures. Ce lavis blanchâtre s'arrête à la première moitié de l'aile chez Super ornatarïa. Il n'existe pas chez Ornataria.

Phorodesma Argentaria, Leech, et Subargentaria, Obthr.

Je possède sept çj à.' Argentaria, ou du moms de l'Espèce que je crois pouvoir référer d'une part à la description écrite par Leech et d'autre part à la figure publiée par Prout sur la PI. 2 b, dans le Volume IV de Die Grossschmetterlïnge der Erde von D"" Adalbert Seitz.

Ma collection contient quatre cf de la Subargentaria, qui diffère par des détails de peu d'apparence, mais semblant très fixes et sans transition entre les deux Espèces; en premier lieu, il s'agit du bord marginal des ailes inférieures en dessus; chez Argentaria, toujours aux ailes inférieures, le contour extérieur de la ligne blanche, derrière laquelle se montre un espace noirâtre, surtout près l'apex, ou at outer angle, comme dit Leech, est bien plus dentelé tout le long du bord marginal jusqu'à l'angle anal; chez Subargentaria, outre que la tache noirâtre apicale, aux ailes inférieures, est moins développée, la ligne, le long du bord marginal, est beaucoup moins sinueuse dans toute l'étendue de son parcours.

Enfin, aux ailes supérieures, chez Argentaria, le bord marginal est plus largement teinté de blanc que dans l'autre Espèce; la fine ligne blanche extracellulaire descendant du bord costal au bord interne, n'est pas absolument la même dans les deux Espèces; il est vrai que cette ligne est individuellement variable. Jamais Argentaria ne présente la tache brune, contiguë au bord interne, située non loin de la base, au-dessous de la nervure médiane, à l'embranchement de la 4'' nervule; laquelle tache brune se remarque chez tous les exemplaires de Subargentaria,

Io6 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE

en deçà de la très fine ligne blanche subbasilau'e descendant du bord costal au bord interne.

Pour comparaison, je fais figurer deux cf Argentaria de la région de Tâ-tsien-lou et deux cf Sîtbargentaria de la frontière orientale du Thibet.

J'ai donc remis à M. Culot deux exemplaires de chaque Espèce, afin de donner d'abord à mon collal)orateur artistique, puis à mes Lecteurs, des éléments d'appréciation plus complets sur la fixité des caractères différentiels. Un unique exemplaire de chaque Espèce ne saurait fournir une indication aussi convaincante.

L'Espèce de Momeit (Burma) figurée par Warren, dans P. Z. S., 1893, PI. XXXI, fig. 15, avec le nom cie Uliocnemis signifera, est du même groupe que Argentaria, dont elle est d'ailleurs assez voisine.

Phorodesma Rookaria, Obthr.

Phorodesma Ceramicaria, Obthr.

Phorodesma Castalaria, Obthr

Phorodesma Doddaria, Obthr.

Phorodesma Albimarginata, Wancn.

Phorodesma Nigromacularia, Prcut, nec Leech.

Phorodesma Eurynomaria, Obthr. {Nigromacularia, pro parle, Leech).

J'ai fait remarquer, plus haut, que les Espèces du Genre Phorodes7na, envisagées selon la conception de Guenée, sont quelquefois très voisines les unes des autres, quoique parfaitement distinctes entre elles. Un exemple très intéressant et très instructif est fourni à cet égard par les Espèces du Groupe de Nigromacularia, Leech {Ann. and M a g. Nat. HisL, Vol. XX, p. 237, 238). De plus, de l'étude des Espèces alliées à Nigromacidaria, mais spécifiquement très différentes, résulte un témoignage très probant quant à l'insuffisance des descriptions pour

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permettre de reconnaître les diverses Espèces. Les Auteurs n'ayant du reste pas toutes les Espèces affines sous les yeux, au même moment, sont exposés, — faute de pouvoir prévoir des caractères différentiels essentiels, mais peu saillants, que d'ailleurs ils ignorent, — à écrire des descriptions convenant aussi bien non seulement à une seule Espèce, que même à plusieurs. On se rendra compte que ce fait est arrivé pour Isligr orna cul aria et pour six autres Espèces voisines, mais distinctes. La même description convient en effet à sept Espèces.

Pour fournir une démonstration facile à contrôler de cette situation, intéressante au point de vue du cas qu'on peut faire des descriptions sans figure, je prends, comme terme de comparaison, l'Espèce décrite par Leech, avec le nom de Eiichloris Nigromacularia, aux pages 237 et 238, dans Ann. and Mag. Nat. Hist. (XX); Sixth Séries; n" 116; August 1897. L'article écrit par Leech est intitulé : On Lepidoptera Heterocera froni China, Japan and Corea. Part. II. Family Geouietrïdœ; Subfamilies Œnochrominœ, Orthostixïnœ, Larentunce, Acidaliinœ, and Geometrinœ. En conséquence, je reproduis littéralement et in extenso, comme suit, la description de Leech. Le texte anglais original est suivi de la traduction française.

(( Enchloïis nigromacularia, sp. n. — Bright green. Pnmaries hâve the costa white and two white angulated transverse lines ; the second line is followed on the inner margin by a ferruginous more or less quadrate patch ; submarginal line white, interrupted. Secondaries hâve a blackish patch at outer angle extending along margin to third médian ncrvule, this is limited by a white line which becomes broader below third médian nervule and expands into a pale ferruginous tinged patch at anal angle. Fringes pale greyish preceded by a séries of black dots, thèse dots are largest on the secondaries and at inner angle of primaries ; ail the wings hâve a black discal dot. Under surface white, tinged with green on the primaries; secondaries hâve a black patch on outer interrupted by the nervules; discal dots as above. Expansé

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40 millim. One female spécimen from Chow-pin-sa, taken in June; and there was an example of the same sex in Pryer's collection, probably from Yokohama. Distributioj-i. Western China ; Japan. »

La traduction française paraît devoir se présenter comme suit : (I Eiichloris Nigromacularia, sp. n. — Vert clair; les ailes antérieures ont la côte blanche et deux lignes transverses anguleuses blanches; la seconde ligne est accompagnée au bord interne d'une tache ferrugineuse plus ou moins carrée; la ligne submarginale blanche est interrompue. Les ailes inférieures ont une tache noirâtre à l'angle externe, s'étendant, le long du bord, jusqu'à la troisième nervure médiane. Cette tache est limitée par une ligne blanche qui devient plus large au-dessus de la troisième nervure médiane et s'étend sous la forme d'une tache pâle teintée de ferrugineux, jusqu'à l'angle anal. Franges d'un gris pâle, précédées d'une série de points noirs; ces points sont plus larges sur les ailes inférieures ainsi qu'à l'angle interne des antérieures. Toutes les ailes ont un point noir discal.

Surface inférieure blanche teintée de vert sur les ailes antérieures; les inférieures ont sur la bordure externe une tache noire interrompue par les nervules; point discal comme sur le dessus. Envergure 40 millim. Un exemplaire Q de Chow-pin-sa, pris en juin; il y avait un exemplaire du même sexe dans la collection Pryer, probablement de Yokohama. Distribution : Chine occidentale ; Japon. »

Tout d'abord se dresse la question suivante : il est vraisemblable que Leech a confondu deux Espèces, celle de Western China et celle de Jafan. C'est l'Espèce de Western China qu'il paraît avoir décrite puisqu'il dit : << Secondaries hâve a blackish patch at outer angle... )>. Si Leech avait décrit l'Espèce du Japon, il n'aurait pas écrit blackish, mais plutôt orange.

M. Prout a publié sur la PI. 2 t de l'ouvrage : Die Grossschînetterlinge der Erde, la figure de Nigromaailaria o . Je pense que l'échantillon représenté vient du Japon?

LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE lOQ

En effet, je lis dans le texte allemand (p. 21) : u Hflgl (Hniterfliigel) mit einem grossen rotlichen oder dunkelpurpurbraunen Fleck am Apex... ^\

La désignation rôllich paraît être pour l'exemplaire de « Japan und Siidost-Sibirien » ; celui qui a dû servir de modèle à la figuration, tandis que le qualificatif purpiirbrmin serait applicable à l'exemplaire de <( West-China » décrit par Leech, non figuré par Prout.

La valeur de la figure primant celle de la description, c'est la figure donnée par Prout qui compte. Dès lors, c'est à l'Espèce du Japon et de Sibérie sudonentale que j'applique le nom Nigroniaciilaria, Prout, nec Leech.

L'Espèce de Chine occidentale, décrite par Leech, avec une tache noirâtre à l'angle apical des ailes inférieures, ne peut plus s'appeler Nigro7iiacnlaria, ce nom étant attribué à l'Espèce de Japon et de Sibérie figurée par Prout et qui est différente. L'Espèce de West ("hma s'appellera désormais Eiirynoniaria, Obthr.

On voit combien, dès l'origine de cette question, un premier malentendu surgit. La figure publiée par Prout, dans l'ouvrage de Seitz, donne cependant une base certaine d'appréciation.

Maintenant, il convient d'examiner cinq autres Espèces en même temps que NigromacuLaria, Prout {Die Grossschmett. der Erde, PI. 2 b), et Eurynomaria, Obthr. {Nigromaadaria, Leech, in texto, Ann. and Mag. Nal. Hisi., XX, p. 237, 238).

Ces cinq Espèces sont les suivantes :

1° Ceramicaria, Obthr., de Ceram, de Goodenough-Islands TMeek, avril 191 3).

2" Castalaria, Obthr., des collines Khasia (Assam), et sans doute aussi de Kuranda (Australie);

3" Doddaria, Obthr., de Kuranda (Oueensland, ex Dodd);

4" Rookaria, Obthr., de Rook-Islands (Meek, juillet 1913);

5° Albimarginata, Warren, des collines Khasia.

no LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE

C as t al aria me fut envoyé au nombre de 14 cf, tous bien pareils entre eux, avec le nom tout à fait erroné de Cassidana, Guenée, par M. Doncaster, marchand naturaliste à I.ondres. De plus, j'ai reçu un cf de Kuranda (Queensland) pris par M. Dodd.

Albhnargïnata a été décrite, mais non figurée, par W. Warren, aux pages 355 et 356, dans Proceedings of the Zoological Society of London, for the year 1893, en un article intitulé : On new Gênera and Species of Moths of the Family Geometridcc froni India, in the Collection of H. J. Elwes.

Ma collection contient plusieurs exemplaires des deux sexes que j'ai reçus de divers correspondants anglais.

Je crois donc utile de faire représenter dans cet ouvrage : un cf Ceramicaria, de Bomfia (île de Ceram) pris par le P. Le Cocq d'Arman ville, en 1894; un cf C as t al aria, Obthr. (falsé : Cassidara, Guenée), de Khasia Hills ; un cf et une Q Albimarginata, W. Warren, de Khasia Hills; un cf et une Q Doddaria, Obthr., de Kuranda (Queensland); un cf Rookaria, Obthr., de Rook- Islands ; un cf Eurynomaria, Obthr. {fsji gr orna cid aria , Leech, nec Prout), de Tse-kou ; envoyé par feu le P. Dubernard, en 1898; un cf Nigromacnlaria, Prout, nec Leech, de Sidemi, ayant fait partie de l'importante collection de papillons mandchoux, formée jjar Jankowski et qui me fut expédiée en 1882.

Je prie le Lecteur de vouloir bien examiner les figures exécutées par M. J. Culot, avec son talent et sa probité scientifiques universellement reconnus, et d'appliquer à la figure de chacune des sept Espèces la description de Leech, ci-dessus rapportée.

Ne peut-on pas dire avec raison que la description en question peut aussi bien s'appliquer à l'une quelconque des cinq Espèces; car il n'y a, dans les lignes écrites par Leech, aucune considération excluant l'une quelconque des sept Espèces. On peut objecter que tous les détails relatifs à chaque Espèce n'ont pas été mis en lumière; mais combien y a-t-il de descriptions sommaires, encombrant les publications entomologiques les plus diverses et ayant la prétention de valoir tout autant que les autres et dans lesquelles l'Auteur se borne à une simple énumération des carac-

LEPIDOFTEROLOGIE COMPARÉE I I I

tères principaux, sans entrer dans les détails qui auraient exigé un examen très minutieux.

Je pourrais citer des diagnoses très récemment imprimées et ne dépassant pas cinq lignes.

Cependant les sept Espèces précitées sont bien distinctes et j'expose comme suit les particularités de chacune :

i" Castalaria, Ceramïcaria et Doddaria sont seules à présenter aux ailes supérieures, le long du bord marginal, au-dessous de l'apex, leur seconde petite ligne blanche formant, avec le bord, un triangle dont le centre est vert. Je répète que ce sont les trois seules Espèces, parmi les sept en question, chez lesquelles une tache verte un peu ovalaire, allongée, se trouve encadrée dans un triangle blanc par : the second white angidated transverse Une, seaindîim Leech.

2" Nigroniacnlaria, Enrynoiiiaria et Rookarïa ont le fond vert des ailes inférieures plus finement strié de blanchâtre qu'aucune des quatre autres.

3" Chez Albimargïnata, les ailes inférieures, en dessus, sont traversées, depuis le bord anal jusqu'à la macule apicale noirâtre, par une ligne fine blanche courbe, parallèle au bord marginal.

4° Tandis que chez Ceramïcaria et Doddaria il y a deux petites lignes blanches fines, le long du bord marginal des ailes inférieures, en dessus : i° une ligne sinueuse, brisée, tout près du bord terminal, mais non parfaitement parallèle à ce bord ; 2" plus haut, une ligne partant du bord anal, décrivant une courbe dont le sommet est renflé vis-à-vis la base des ailes ; la ligne en question atteint la tache noirâtre apicale, pour en suivre le contour extérieur, au lieu de s'arrêter net à la rencontre de cette tache noirâtre, comme cela a lieu chez ALbimarginala.

5" Chez Castalaria, il y a deux linéaments blancs assez parallèles au bord marginal des ailes inférieures, en dessus, reliés, l'un à l'autre, par des traits nervuraux blancs; l'un, presque contigu au bord marginal, l'autre plus rapproché du milieu des ailes, partant du bord anal, assez droit, jusqu'à la rencontre de

112 LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE

la tache noirâtre où la ligne blanche se prolongeant en bifurcation, vers le haut et vers le bas, limite entièrement, sur la face intérieure, la tache noire apicale.

6" La forme de la tache noirâtre apicale, aux ailes inférieures, en dessus, diffère chez les sept Espèces. Chez Nigromacîilaria, c'est presque un ovale d'un brun rougeâtre; chez Albimarginata, la tache est noirâtre, grosse, avec une éclaircie centrale et une sorte de prolongement caudal, assez épais le long du bord marginal ; chez Doddaria, la tache en question est relativement énorme, d'un brun rougeâtre et — ce qui ne se remarque chez aucune autre des six Espèces dont nous étudions les particularités, — une tache blanche ovale, très nette, se trouve encerclée par la tache en question, sauf vers le bord marginal auquel elle est contiguë; chez Eurynomaria, la tache noirâtre apicale des ailes inférieures, en dessus, est à peu près triangulaire, avec un prolongement très fin, le long du bord marginal.

7" Aucun prolongement caudal de la tache noire en question ne se constate chez Cer amie aria; chez Castalaria, ce prolongement existe, mais moins accentué que chez Albimarginata.

8" Eurynomaria et Albimar ginata ont un empâtement laiteux, blanchâtre, entre le linéament blanc extracellulaire et le bord marginal, aux ailes supérieures, en dessus.

Nigro7nacularia montre, au lieu de l'empâtement blanchâtre, un simple trait blanc un peu large. Aucune trace de cette z'oie Lactée n'existe chez Ceravùcaria, ni chez Castalaria. Leech ne fait aucune mention de cette éclaircie blanche, bien que la figure donnée par Prout la représente largement.

9° Le bord des ailes, surtout des inférieures, est aussi très différent chez les sept Espèces, de sorte que vraiment, malgré leur similitude d'aspect, elles sont absolument distinctes spécifiquement.

io° L'abdomen offre aussi de notables différences; ainsi, chez Albimarginata, l'abdomen est vert avec une ligne médiane blanche et deux points noirâtres de chaque côté de cette ligne, un peu avant l'extrémité anale. Malheureusement l'abdomen

LEPIDOPTEROLOGIE COMPAREE II3

des Phorodesma a une tendance marquée à tourner à la graisse, de sorte que les caractères, pourtant importants que révèle l'abdomen, disparaissent assez vite. Vu l'extrême délicatesse de ces Géometrïdes, le dégraissage, même pratiqué avec le plus grand soin, ne fait pas renaître des caractères oblitérés. L'abdomen de Ceramicaria Q paraît porter sur le milieu trois ou quatre crêtes pustuliformes.

11° Enfin, le dessous des ailes varie pour le plus ou moins d'accentuation de la nuance verte, le long du bord costal des ailes supérieures.

12° Rookaria, la plus simple de toutes les Espèces ci-dessus envisagées, a les ailes entièrement vertes en dessus, blanches en dessous, avec deux taches brunes couleur de rouille, assez arrondies, à l'angle interne des supérieures et à l'apex des inférieures, en dessus, et une seule tache noirâtre à l'apex des inférieures, en dessous. Il y a, en dessus, sur les supérieures, trois lignes blanches transversales extrêmement fines, l'extrabasilaire sinueuse, la submarginale assez droite, la marginale denticulée; la basilaire est liée à la tache brune de l'angle interne par un trait horizontal; la submarginale est liée à la marginale par trois traits horizontaux, au-dessous de l'apex.

Aux ailes inférieures, les lignes blanches sont analogues 'à celle de Ceramicaria.

13° Toutes les sept Espèces ont à chaque aile un point discoïdal noir extrêmement fi.n.

Spaniocentra Incomptaria, Lecch.

M. Prout a créé un Genre Spaniocentra pour deux Espèces au nombre desquelles il a classé, comme variété de Pannosa, V Enchloris Incomptaria, décrite par Leech, à la page 239, dans Ann. and Magaz. Nat. Hist., XX. Le type de Leech, selon M. Prout qui ne l'a pas figuré dans Die Grossschmetterlinge der Erde, « sich nicht in gutcm Zustand befindet ». Je comble la lacune et je fais représenter une g du Spaniocentra Incomptaria, Leecli.

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C'est effectivement une variété de Pannosa, Moore, Espèce commune au Sikkim et dans les collines Khasia. J'en possède une longue série d'exemplaires parmi lesquels se trouvent plusieurs échantillons très faiblement maculés à l'angle interne des ailes supérieures, en dessus; ces exemplaires indiens sont presque référables à Incornptaria, dont je possède aussi une série de spécimens sino-thibétams.

W. Doherty a recueilli dans la région basse de Célèbes méridional, entre Maros et Tiamba, en 1S96, le Spanio centra Unduliferata, Swinhoë, seconde Espèce jusqu'ici connue du Genre Spaniocentra.

L'Espèce de Célèbes paraît bien distincte de Pannosa.

Phorodesma Dubernardi, Obthr.

Feu le P. Dubernard a capturé à Tse-kou 3 cf d'un très joli Phorodesma que je dédie à sa vénérable mémoire. Le Phorodesma Dubernardi, en dessus, a les ailes d'un vert clair; les supérieures sont traversées par deux lignes blanches, droites, la première subbasilaire oblique, la seconde médiane ; les inférieures ont le bord marginal très finement liséré de blanc et la frange semble marquée, à sa base, de petits traits rouges, sur un fond rosé; à l'angle anal, il y a une assez grosse tache presque carrée, de teinte carnée aux bords, rouge orangé au centre. Les antennes sont proportionnellement assez fortement pectmées, blondes; la frange des supérieures est relativement longue et verdâtre. Le dessous est d'un blanc verdâtre, plus foncé aux supérieures ; le bord marginal des inférieures est marqué de traits fins, noirs, qu'on soupçonne en dessus; la frange est rose, ainsi que l'angle anal.

Phorodesma Theodoraria, Obthr.

Une Espèce très voisine de Phorodesma Dubernardi est celle que j'ai désignée avec le nom de Theodoraria; les chasseurs indi-

LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE II5

gènes de feu le P. Déjean ont capturé 2 çS sur la frontière orientale du Thibet, dans la région de Tâ-tsien-lou.

En dessus, les ailes sont d'un vert un peu plus tendre que chez Dubernardi; les supérieures sont traversées par deux lignes blanches droites, ayant une autre direction que chez Dubernardi; le bord marginal des quatre ailes est légèrement dentelé, liséré de brun rouge, et les sinus extérieurs, entre chaque dent, sont blancs. Le dessous et le fond des ailes plus clair que le dessus; mais la bordure marginale est semblable. Les antennes sont bien pectinées depuis la base jusqu'aux trois quarts de leur longueur; après quoi, elles se terminent en un fil d'une extrême ûnesse.

Nemoria Christinaria, Obthr.

Aux environs de Tse-kou, feu le P. Dubernard, de qui j'ai reçu tant d'Espèces de Lépidoptères intéressantes ou nouvelles, a découvert une charmante Nemoria que j'ai appelée Christinaria; elle est d'un vert très tendre avec la côte et la frange d'un blanc jaunâtre. Les ailes supérieures sont aiguës à l'apex; les inférieures présentent une légère saillie au milieu du bord marginal; les quatre ailes sont traversées par une ligne d'un blanc jaunâtre, très fine, d'abord descendant assez droite, du bord costal au bord anal, dans l'espace subbasilaire, puis brisée, formant deux pointes dirigées vers le bord extérieur, en remontant depuis le bord anal vers le bord costal, dans l'espace submarginal. Les antennes du cf sont assez longues et très finement pectinées. En dessous, les quatre ailes sont d'un blanc argenté soyeux.

lodis Niveovenata, Obthr.

Je n'ai trouvé nulle part cju'il fût fait mention de la charmante lodis que j'ai nommée Niveovenata. J'ai reçu une seule Q de Siao-lou. Les quatre ailes sont vert clair en dessus comme en

Il6 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE

dessous, avec toutes les nervures très finement et très nettement écrites en blanc. Par rapport au dessus, la coloration du dessous se trouve un peu atténuée. Les antennes sont extrêmement fines et blanches.

Chlororithra Fea=Missioniaria, Obthr.

Butler a publié, avec le nom de Chlororithra Fea, sous le n" 9 de la PL CXXXVI du Vol. VII (et non VIII, comme Prout l'indique à tort à la page 74, dans le 129'' Fascicule du Gênera hisectoruni édité par P. Wytsman, 191 2), la figure d'une Espèce dont il me semble bien que j'ai reçu dix-neuf cf de Tse-kou ; j'en suis redevable à l'obligeance de feu le P. Dubernard. Les exemplaires de Tse-kou diffèrent cependant de celui qui a servi de modèle à la figure précitée, par la coloration jaunâtre, et non grise, de tous les dessins et du fond des ailes ; de plus, Butler n'a pas fait représenter la frange qui est longue, entrecoupée de noir et de blanchâtre. En dessous, le fond des ailes est blanc ; la frange est blanche et noirâtre et très apparente par sa longueur et sa forte coloration. Chez certains exemplaires, il y a une grosse tache noire, presque carrée, à l'apex des ailes inférieures, en dessous; aux supérieures, la ligne ondulée, subbasilaire, est très marquée. Je fais publier la figure de deux exemplaires de la forme géographique de Tse-kou, avec le nom de Missioniaria; cette forme est un peu variable pour l'accentuation de la frange et de la tache noire en dessous, comme les deux figures permettent de s'en rendre compte.

Anisozyga Gavissima, Walker.

Une délicieuse Geometridœ de Tse-kou est V Aîiisozyga Gavissima Walker. Comme il n'a été publié jusqu'ici de cette charmante Espèce, si délicatement colorée, qu'une très grossière figure sous le n° 6 de la PL 196, dans The Lepidoptera of Ceylon, par Moore, je fais représenter un çS de Tse-kou, dont je suis redevable, avec plusieurs autres cf, à feu le P. Dubernard.

LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE II7

Je dois faire observer que dans la figure publiée dans l'ouvrage anglais préeité, des inexactitudes importantes semblent avoir été commises. C'est au point que je me suis demandé si le Papillon de Tse-kou n'était pas une Espèce différente de celui qui avait servi de modèle pour la figure 6 de la PL 196 de The Lepïd. of Ce.ylon.

J'ai comparé les (^ de Tse-kou à un (J de Zi-ka-\ei et à une Q du Sikkim qui sont renfermés dans ma collection. La race géographique de Tse-kou paraît un peu différente de celle de l'Inde et de la Chine orientale, mais il ne me semble pas que ce soit de façon à ce que les différences en question aient une valeur spécifique.

Lophomachia Augustaria, Obthr.

Il y a à Tse-kou une très jolie Espèce qui me paraît nouvelle, que je range dans le Genre Lophomachia Prout, et que je désigne avec le nom spécifique de Augustaria. Le Lophomachia Augustaria se place près de Aureofulva, Warren {Novitat. Zool., Vol. IV, PI. 5, fig. 20). Les ailes, en dessus, sont d'un blanc soyeux et argenté, avec une tache brune contiguë au bord costal des supérieures, au delà de l'espace médian. Cette tache brune se fond dans une tache verte triangulaire qui s'étend largement le long du bord marginal où elle est entrecoupée d'une grosse tache et de points blanc d'argent. La tache brune est séparée par un croissant d'argent, d'une autre tache verte qui descend du bord costal au bord interne, ayant elle aussi une forme presque triangulaire. Les ailes inférieures, vers le bord marginal, sont parcourues par trois séries de lignes sinueuses, plus ou moins épaisses, formées de taches vertes tantôt réunies, tantôt séparées, accompagnées d'une sorte de poussière verdâtre et entrecoupées de blanc argenté. En dessous, les taches du dessus se voient transparaître. Il y a une tache brune, costale, ronde, pupillée de blanc aux supérieures çt une tache noirâtre, petite, costale, apicalc aux inférieures.

Il8 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE

Ochrognesia Monbeigaria, Obthr.

J'ai reçu de Tien-tsuen deux cf d'une Espèce que je crois nouvelle et que j'appelle Ochrognesia Mo7ibeigaria, en mémoire de l'excellent Père Monbeig qui fut assassiné dans la mission du Thibet, en 1914. XJ Ochrognesia Monbeigaria me paraît, par les dessins de ses ailes, voisine de Gratiosaria, Bremer {Lepid. Ost-Sibiriens, bearbeitet von Otto Bremer, dans Mémoires de r Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg, t. VIII, 1864, PI. VIT, iîg". i), et de Osteosoma Alboviridis, Moore {Pr. Z. S., London, 1872, PL XXXIV, % 3) ; mais Alboviridis cf est représenté avec des antennes pectinées, tandis que chez Monbeigaria cf les antennes sont filiformes.

La taille de Ochrognesia Monbeigaria est égale à celle à'' Alboviridis, donc relativement grande; la côte des ailes supérieures est largement blanche; l'espace basilaire des quatre ailes, en dessus, est vert, traversé de multiples stries blanches; les nervures sont écrites en blanc; il y a aussi un trait blanc, subbasilaire, un peu courbe, descendant du bord costal au bord interne. L'au delà de l'espace vert est blanchâtre, strié çà et là de vert, avec une tache apicale verte divisée par les nervures blanches et par un trait courbe, descendant du bord costal, près l'apex, jusqu'à la rencontre de l'espace blanchâtre; l'angle anal des inférieures est brunâtre, ainsi que l'angle interne des supérieures et le bord marginal des inférieures. La tête et le thorax sont marqués de vert, avec des linéaments blancs ; le dessus de l'abdomen est crête ; le dessous des ailes est blanchâtre avec transparence de la coloration du dessus.

Hipparchus Vervactoraria, Obthr.

Très yoisine de Vallata, Butler (^Illustrations of typical spécimens of Lepidopt. Heteroc. in the coll. of the British Muséum, II, PI. XXXVI, fig. 9), mais spécifiquement distincte ; plus allongée et plus grande; le fond des ailes, en dessus, est vert

LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE IIQ

d'eau; on remarque à peu près les mêmes dessins sur les ailes que chez Yallata, mais ils sont différents par la direction beaucoup plus oblique de la ligne blanche, extérieurement bordée de brun, qui, un peu au delà de l'espace basilaire, descend, droite, du bord costal des supérieures au bord interne. De plus, la ligne blanche commune, médiane, qui part du bord costal des supérieures, pour aboutir au bord anal des inférieures, et qui est intérieurement bordée de brun, est beaucoup plus large que chez Vallaia. Le bord des ailes inférieures est plus arrondi que chez Vallata. Les antennes du cf sont légèrement et finement pectinées vers la base, ensuite filiformes; celles de la Q sont longues, brunes, filiformes.

En dessous, les différences entre les deux Espèces sont plus sensibles; chez Vervactoraria, le fond des ailes est d'un blanc soyeux, paraissant argenté, plus lavé de vert aux supérieures qu'aux inférieures. Le bord costal des supérieures est jaune nankin finement ponctué de noir. En outre de la transparence sur le dessous des ailes, des lignes blanches du dessus, au delà de la ligne médiane, on voit sur les supérieures une ligne finement ondulée, verte intérieurement, contiguë à un espace vert, extérieurement bordée de blanc, puis de vert et encore une fois de blanc, avant l'espace marginal qui est entièrement vert; cette ligne se prolonge aux inférieures, jusqu'au bord anal, entièrement verte, sur un fond blanc. Les cf semblent plus largement teintés de vert et les Q paraissent plus albinisantes en dessous. Le bord marginal des ailes est très finement liséré de brun; la frange n'est pas longue, mais serrée, soyeuse et jaunâtre. En dessous, comme en dessus, elle est interrompue par une assez grosse tache noire, quelquefois divisée en deux gros points noirâtres, par une partie de frange blanc jaunâtre, au sommet de l'angle formé par le contour des ailes et vers le bord anal.

Ma collection contient i6 individus des deux sexes, la plupart bien frais, provenant de la région de Tâ-tsien-lou, de Siao-lou et de Kiao-chuy.

Vallata se trouve aussi à Tâ-tsien-lou, à peu près conforme à

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la forme géographique japonaise. Je fais figurer, pour comparaison, un cf V dilata, de Tâ-tsien-lou, un cf et une Q Vervactoraria. Cette figuration est d'autant plus nécessaire que l'Espèce suivante, de Tse-kou, pour être distinguée, doit être examinée comparativement à V allai a et à Y ervactoraria.

Hipparchus Verjucodumnaria, Obthr.

Diffère de V ervactoraria, parce qu'elle est, en dessus, d'un gris verdâtre clair, avec des traits extrêmement fins brunâtres, surtout répandus sur le bord costal des supérieures, mais aussi sur le fond des mêmes ailes. On ne peut distinguer aucune trace des mêmes stries ou atomes bruns ni chez Vallata, ni chez V ervactoraria. Le bord marginal des ailes est liséré de brun; le bord anal, chez Verjucodumnaria, est assez largement couvert de stries brunes. Le dessous des ailes est d'un blanc grisâtre et argenté; le bord costal est jaune nankin, ponctué de brun ; le bord marginal est liséré de brun, avec une ponctuation à l'aboutissement de chaque nervule ; on voit par transparence les lignes du dessus ; aux inférieures seulement, une ligne brune, un peu courbe, descend du bord costal au bord anal ; au-dessus de cette ligne brune, l'espace anal est largement strié de brun.

J'ai sous les yeux trois cf, bien semblables entre eux et en bon état de conservation. Ils viennent tous de Tse-kou.

Hipparchus ûrearia, Obthr.

J'ai reçu une bonne série d'exemplaires pris à Tse-kou. L'Espèce est d'assez grande taille; son aspect est délicat et frêle; ses ailes sont anguleuses, d'un vert un peu sombre, avec le disque des supérieures semblant présenter un léger reflet lilas; l'apex des supérieures, le long du bord costal et du bord terminal, est brun souligné de jaune; une ligne coudée, commune, descendant du bord costal des supérieures au bord anal des inférieures, située au delà des points cellulaires médians, est blanchâtre près de la côte, puis brune, assez épaisse et droite aux

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supérieures, formée de fines demi-lunes brunes sur un fond blanchâtre. Entre cette ligne coudée et le bord marguial, on voit des points bruns et blanchâtres, comme les témoins d'une ligne submargmale interrompue. Près de la base des supérieures, on distingue une ligne courbe, irrégulière, brune. La pointe de l'angle, formant saillie au milieu du bord marginal des inférieures, est brune; la frange est fine et d'un blanc soyeux. Les antennes du d sont très faiblement pect niées.

En dessous, le fond des supérieures est vert et le fond des inférieures est blanc; la côte des supérieures est brune, avec des interruptions claires. Près de l'apex, le long du bord terminal, l'épais liséré brun, intérieurement sinueux, se reproduit; la ligne coudée est brune, comme aux supérieures ; mais aux inférieures, elle est formée d'une série de petits croissants verts; les points médians sont très fins, bruns, bien perceptibles.

Je crois que dans la Nomenclature, VEi-pparchus Grearia ne doit pas être placé bien loin de Variegata, Butler, dont il est cependant très distinct spécifiquement.

Plus haut, je constatais, à propos des Espèces du Genre Fhorodesnia, que, pour les colloquer génénquement, on avait le choix entre les Genres Cornïbœna, Eiichloris et Uliocnemis. En ce qui concerne Variegata, c'est le même désordre; Butler en a fait un Loxochila, Warren un Ckloroglyphica, Hampson un Thalassodes, Prout un Hipparckns.

Notre classification reposant sur une base incertaine, chaque fois qu'un nouvel Auteur de Catalogue intervient, toute la classification est bouleversée. La Science n'y gagne rien ; mais jusqu'ici, tout nouveau Catalogue s'est cru obligé de faire table rase des ouvrages similaires antérieurs.

Hipparchus Rana, Obthr.

Je possède sept cf de Tse-kou.

La forme des ailes est moins anguleuse que chez Greana; en dessus, la teinte uniformément verte du fond des ailes est moins

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sombre; le bord marginal est finement dentelé, brun; une ligne commune, extramédiane, formée de petits croissants blanchâtres part du bord costal des supérieures et aboutit au bord anal des inférieures. Près du bord interne, on remarque un croissant blanchâtre plus gros. Le dessous est beaucoup plus pâle que le dessus. Les points cellulaires ne sont apparents qu'en dessus; ils sont fins et très peu saillants.

Les antennes du cf sont très légèrement pectinées.

Hipparchiis fragilis, Obthr.

J'ai reçu une bonne série de Tse-kou.

Espèce essentiellement délicate; les ailes supérieures, en dessus, sont d'un vert gai uni; elles sont aiguës à l'apex; les inférieures sont blanc jaunâtre vers la base et le bord anal, et verdâtres au bord marginal. Le fond des ailes, en dessous, est entièrement vert avec le bord marginal des supérieures finement liséré de brun.

En dessus, on distingue, sur les ailes supérieures, quelques points blanchâtres situés au milieu des espaces nervuraux, le long du bord marginal, et une ombre, d'un vert plus foncé que le fond, descendant en ligne oblique, du bord costal vers le bord interne.

La couleur verte chez VHipparchus fragilis, s'altère très facilement et passe au jaune.

Le thorax est couvert de poils verts ; les antennes du cf sont plus fortement pectinées que chez les précédentes Espèces du genre Hipparchiis décrites dans le présent ouvrage.

Thalassodes Flaminiaria, Obthr.

J'ai reçu cinq cf pris à Tse-kou.

Ailes anguleuses, mais à contour droit et nullement dentelé, en dessus, vertes, avec le disque des supérieures pourvu d'un léger reflet lilacé; les franges sont blanches, soyeuses, comme argentées ; sur toute la surface des ailes, on remarque un certain nombre de taches brunes, mais de teinte claire et se fondant

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presque dans la couleur verte du fond. L'angle apical est assez finement bordé de brun foncé, formant un feston qui se prolonge légèrement sur le bord marginal. La pointe saillante des ailes inférieures ne paraît marquée d'aucun point noir.

En dessous, les ailes sont blanchâtres, cependant plus nettement blanches aux inférieures qu'aux supérieures où le disque est nuancé de gris verdâtre; le l)ord des ailes est largement lavé de vert; on aperçoit à l'apex et le long du bord marginal, le bref feston brun, comme en dessus; près de l'angle interne des supérieures, il y a une tache brune qui se lie à une sorte de ligne également brune, indécise, interrompue, assez épaisse à sa base, située dans la partie verte, parallèlement au bord marginal. Aux ailes inférieures, l'apex et le bord marginal, près l'angle apical, sont lavés de brun noirâtre. En dessous, les points noirs discoïdaux, bien que très Êns, sont nettement visibles.

Les antennes du cf, faiblement et finement pectinées à la base, se terminent en fil

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