‹ Études de littérature, ancienne & étrangère: ancienne & étrangèreChapitre 4 sur 25 · ET DE LA MANIERE DE LE TRADUIRE · texte numérisé non relu

ET DE LA MANIERE DE LE TRADUIRE

H sensible chez tous ; c'est par elle que leurs écrits subie sistent encore. »

Quelques traits de ce jugement pourraient se rapporter à nos chroniqueurs , Tuniformité de langage , la naïveté, la crédulité; mais, sans compter cette grâce dont parle le critique grec, et dont notre moyen âge n'approchait guère, il faut se souvenir que ces chroniqueurs de la Grèce sont fort loin d'Hérodote. Ce fut lui qui, suivant l'expression de Denys d'Halicarnasse, agjrandit et illustra l'histoire, ne se bornant pas à raconter les traditions d'une seule ville ou d'un seul peuple , mais embrassant dans un seul récit tous les événements de l'Europe et de l'Asie, et enrichissant son discours de toutes les beautés de style inconnues à ses prédécesseurs.

La diction d'Hérodote, dit ailleurs le même critique , est à la fois gracieuse et belle. Puis il décompose un récit familier du vieil historien , pour montrer que ses paroles, simples par elles-mêmes, ont reçu de l'arrangement et de l'harmonie un charme merveilleux. Rien ne ressemble moins à l'élocution inculte de nos chroniqueurs ; et ce n'est pas le hasard du talent qui produit cette différence ; elle tient à l'état même de la société, à la culture des esprits, et méritait par là d'être remarquée.

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