IV. Gouvernement Metcalfe. Réaction
La maladie de sir Charles Bagot avait laissé le champ libre aux nouveaux Conseillers exécutifs, et
Rimouski, sur le recommandation de M. La Fontaine. Il lui rendait ainsi le service qu'il en avait reçu l'année précédente.
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l'essai de gouvernement responsable s'accomplissait dans les meilleures conditions. Les conseillers devenaient de plus en plus des ministres. Si l'ombre de lord Sydenham était revenue après quelques mois de ce régime, elle n'eût point reconnu l'œuvre élaborée au prix de tant de peines, et de tant d'équivoques.
Le nouveau Gouverneur général, sir Charles Metcalfe arrivait avec des idées auprès desquelles celles de lord Svdenham pouvaient passer pour libérales. M. Poulett-Thomson avait au moins essayé de gouverner avec les réformistes, tandis que le nouveau représentant de la Couronne nourrissait de secrètes sympathies pour le parti tory, qui lui semblait le seul anglais.
Sir Charles Metcalfe n'était point le premier venu. Ancien Gouverneur général des Indes, puis de la Jamaïque, favorable, en Angleterre au parti whig, très estimé par M. Gladstone, désintéressé, actif, assez peu au courant des affaires canadiennes avant son arrivée dans le pays, il devait, dès les premiers pas, s'aventurer sur un terrain difficile. Son opinion sur les collaborateurs immédiats que lui avait légués sir Charles Bagot n'était point des plus favorables, et MM. La Fontaine et Baldwin surtout lui semblaient moins des alliés que des antagonistes. M. La Fontaine, quoique '< juste et honorable » . était « méfiant et soupçonneux», et ne semblait '< pas absolument à la hauteur de sa position ». Quant à M. Baldwin, qui avait « usurpé le gouvernement devant la maladie de sir Charles Bagot », il ne
pouvait rien comprendre « au caractère de sir Charles Metcalfe, qui faisait tout par lui-même, et s'efforçait de mettre chacun à sa place. » (i)
Sir Charles Metcalfe, avait immédiatement deviné les difficultés qui ne manqueraient pas de se produire entre lui et son ministère, au sujet même de la pratique du gouvernement responsable. La question des rapports entre le (jouverneur et les Conseillers exécutifs — rappelons que les ministres n'avaient point d'autre titre — ne s'était pas encore posée. Lord Sydenham avait laissé MM. Draper et Odgen dans une situation subalterne, et sir Charles Bagot, ayant accordé sa confiance aux hommes les plus populaires de l'Assemblée, eût sans doute gouverné d'accord avec eux, si la maladie ne l'avait empêché de faire cette expérience. MM. Baldwin et La Fontaine allaient donc se trouver en désaccord avec le Gouverneur général, mais soutenus par la majorité de l'Assemblée. La grosse difficulté du gouvernement colonial représentatif se trouverait donc soulevée : le Gouverneur était-il un chef d'Etat indépendant, ou un simple ministre de la métropole?
Sir Charles Metcalfe s'indignait d'entendre les membres de son Conseil s'appeler : les ministres, l'administration, le cabinet, le gouv'ernement.
'< Cette nomenclature, écrit-il dans sa longue
(i) Voir J. W, Kaye. Life and Correspondance of Charles, Lord Metcalfe, etc. (Londres, 1854, 2 vol. in-8».), et Gérin-Lajoie, p. III-I5S-
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lettre du 24 avril peut donner une idée de leurs prétentions. Ils se regardent comme un ministère responsable, et attendent que la conduite et la politique du Gouverneur se plierait à leurs vues et à leurs fins de partis. //
Dans une dépèche à son ministre, il étudie attentivement la situation des partis, et montre de grandes préventions contre les Canadiens-Français, qui peuvent être l'appoint d'une majorité, mais s'opposent énergiquement à toute tentative pour anglifier la population. Les réformistes, dont beaucoup sont d'anciens rebelles de 1837, ne lui inspirent pas plus de confiance: c'est dans le parti conservateur seul que l'on trouve le dévouement aux intérêts anglais. Or, ce parti, l'ancien Family Compact, est écarté des affaires, et, malgré la sympathie que sir Charles éprouve pour les tories, il doit se passer d'eux, et par là, leur devenir suspect. Sir Charles Metcalfe, prisonnier de son Conseil, des réformistes, et des Français, écrit à Lord Stanley, ministre des colonies : « Le Gouverneur doit-il être simplement un instrumententre les mains du Conseil, ou doit-il exercer son jugement privé dans l'administration du gouvernement? La question qui devra se décider sous mon administration, c'est de savoir si le Gouverneur aura ou non une voix dans le Conseil, ou s'il sera un instrument passif entre les mains d'un parti, pour proscrire les adversaires de ce parti, ces adversaires formant la classe la plus sincèrement attachée à l'Empire, et le Gouverneur chargé de les proscrire étant un gouverneur anglais. »
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Sir Charles Metcalfe était assez découragé; dans une dépêche que Gérin-Lajoie cite in extenso, il examine à son tour la théorie du gouvernement responsable, tel que Lord Durham l'a rêvé, que Lord Sydenham l'a organisé malgré lui, et que sir Charles Bagotl'a établi. Sa doctrine se résume en ces quelques lignes :
« Dans une colonie subordonnée à un gouvernement impérial, il peut arriver que le parti dominant soit hostile aux sentiments de la mère-patrie, ou qu'il ait des vues incompatibles avec ses intérêts. On devrait considérer cela attentivement, avant d'établir le système que l'on a désigné sous le nom de gouvernement responsable. >/ (i)
Remarque très judicieuse; mais le gouvernement responsable s'établit par la force des choses dans une colonie parvenue à l'âge de majorité.
L'attention fut détournée pendant quelques temps, par la discussion sur le siège du gouvernement ; mais une fois Montréal choisie comme capitale, au lieu de Kingston, les rapports entre le Gouverneur et les Conseillers devinrent de plus en plus tendus. Une rupture était imminente : elle se produisit, plus brusquement encore qu'on ne l'avait prévu, le lundi 27 novembre 1843.
A l'ouverture de la séance, M. La Fontaine se
(i; Peut-être verrons-nous quelque jour, malg-ré les rêves impérialistes de M. Chamberlain, cet antagonisme se manifester entre les intérêts de la Grande-Bretagne et non seulement du Dominion, mais encore du jeune CommonweaUh australien.
leva, et annonça que le ministère tout entier, à l'exception de M. Daly, avait donné sa démission, et que le Gouverneur l'avait acceptée. Remettant à plus tard ses explications, il quitta son banc, ainsi que ses collègues. On se perdit en conjectures. Mille bruits couraient sous le manteau. Enfin, à la demande de l'Assemblée, sirMetcalfe publia les documents relatifs à la crise — on pouvait presque dire au coup d'Etat.
Les documents comprenaient un mémoire des ministres démissionnaires, et une réplique du Gouverneur général, contradictoires naturellement.
M. La Fontaine et ses collègues avaient compris que le Gouverneur général n'était pas d'accord avec eux au sujet du principe même de la responsabilité, garanti par les fameuses Résolutions du 3 septembre 1 841; le Gouverneur tenait que l'accord n'était pas nécessaire entre son Conseil et lui, et entendait être seul responsable de ses actes devant la Couronne. Son Excellence était d'ailleurs, depuis quelques mois, obligée de suivre une marche politique qu'elle désapprouvait.
A cette question de principe, le Gouverneur opposait une question de fait. 11 se déclarait — hypocritement si nous en croyons les dépêches officielles dont nous avons donné des extraits — partisan du gouvernement responsable, mais il désirait garder le droit de faire certaines nominations par lui-même, sans prendre l'avis du Conseil. En outre, le Gouverneur voulait réserver à la sanction royale un bill de M. Baldwin, frappant les sociétés secrètes, et en particulier
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les Orangistes. Les ministres prétendaient donner le change à l'opinion, soulever en leur faveur la Chambre, et mettre dans une fausse position le Gouverneur qui, sur quelques points de détail seulement, était en désaccord avec eux.
M. La Fontaine protesta. Jamais, dit-il, il n'avait réclamé le droit de donner des avis au Gouverneur : ce droit, il le tenait des Résolutions du 3 septembre 1841. Il avait réclamé, non le droit, mais son exercice, et, soucieux de faire respecter les prérogatives constitutionnelles du Conseil, dissipé un malentendu.
Une adresse favorable aux ex-ministres, fut votée par 46 voix contre 2-;. et la réponse insolente de sir Charles Metcalfe (un avis de passer à Tordre du jour) considérée comme 'f. ne pouvant constituer un précédent dans la suite ».
Mais il fallait former un nouveau ministère. Tâche ardue. Seul, M. D. B. Viger, un Canadien-Français universellement estimé, avait bien voulu, avec M. Daly, ancien membre de l'administration Draper- Ogden, assurer son concours au Gouverneur, mais sans entraîner ses amis. Sir Ch. Metcalfe espérait réunir un ministère de concentration, réformistes, français, tories, dont il serait le chef véritable. Il ne put constituer que le triumvirat Draper-Viger-Daly. Il résolut alors de compléter ce cabinet tant bien que mal, puis de réunir la Chambre de nouveau. Si la majorité suivait le ministère, tout était sauvé; sinon, une dissolution prématurée s'imposait. Si les élections tournaient en faveur du gouverne-
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ment, on pouvait espérer que rien n'entraverait plus la marche des affaires. Dans le cas contraire sir Charles devrait demander son rappel.
La longue dépêche où le Gouverneur général fait part de ce plan à l'administration centrale indique un certain manque de sang-froid, et, en tous les cas, une singulière façon de comprendre le gouv^ernement responsable. Néanmoins sir Charles Metcalfe le reconnaissait implicitement, malgré le coup d'Etat du 27 novembre — un véritable i6 mai — puisque luimême, Gouverneur général, se déclarait impuissant à lutter contre la volonté de l'assemblée, si elle se manifestait avec quelque ténacité, et si le pays la partageait.
Le Gouverneur, qui voulait être l'arbitre des partis, se trouvait donc jeté dans la lutte politique et, malgré lui, devenait le chef des tories, l'adversaire de la coalition franco-réformiste. Il ne pouvait rencontrer dans la Chambre d'éléments suffisants décidés à le soutenir, et sa personne se trouverait nécessairement discutée. Les illusions qu'il avait pu conserver sur l'efficacité du concours que lui apportait M. Viger devaient se dissiper bien vite, car la popularité du vieil homme d'état ne résistait pas à ce que certains Français appelaient son apostasie. Une brochure publiée à Kingston par le nouveau ministre ne lui ramena pas ses anciens amis.
C'est qu'on ne gouverne pas le Canada comme les Indes ou la Jamaïque. Ce n'est pas à une popula-
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tion blanche, consciente de ses droits politiques, capable de les défendre, ayant goûté un an les douceurs du self governm eut que l'on peut retirer tout à coup les libertés lentement conquises au moment où elle croit les tenir. La déclaration que fit sir Charles aux habitants du district de Gore, ne laissa pas le moindre doute sur ses intentions.
'< Si vous entendez, disait-il, que chaque parole, chaque action du Gouverneur doive subir l'examen du Conseil, cela est tout à fait contraire à l'expédition des affaires... Un tel abandon des prérogatives de la Couronne est, à mon sens, incompatible avec l'existence d'une colonie anglaise. »
Lord Stanley, en Angleterre, exprimait les mêmes idées presque dans les mêmes termes, et les divers hommes d'Etats qui, au Parlement impérial, discutèrent la question, ne différèrent point d'avis. Ils semblaient, du reste, peu au courant des affaires canadiennes, et ne comprenaient pas la véritable question. Ils auraient pu s'en informer en lisant les remarquables articles publiés à cette époque par M. Chauveau dans le Courrier des Etats-Unis, dirigé par notre compatriote Frédéric Gaillardet, l'ancien collaborateur de Dumas père, avec lequel il eut, lors de la Tour de Nesle, de si retentissants démêlés, qui se terminèrent par un duel (i). M. Chauveau montrait que l'illusion n'était plus permise, que le long malentendu se dissipait une fois de plus, et qu'il s'agissait de savoir, non pas « qui aie mieux respecté les cou-
(l) Voir les amusants Mémoires de Dumas.
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tûmes parlementaires, de M. La Fontaine ou de M. Viger », mais « qui est pour le principe de la responsabilité réelle du gouvernement, et qui est contre ».
Cependant le cabinet n'était toujours pas constitué. Après neuf mois d'interrègne et de provisoire, le Gouverneur compléta tant bien que mal son Conseil, en y adjoignant MM. Morris, Smith, et D. B. Papineau, frère du grand patriote toujours exilé, Louis Papineau. Les nominations eurent lieu le 2 septembre. Encore le gouvernement était-il tellement certain d'être mis en minorité, qu'il préféra dissoudre la Chambre immédiatement, et ne nommer les ministres manquants qu'après les élections.
Les manœuvres à la Sydenham recommencèrent. Il fallait à tout prix une majorité. On ne négligea rien pour arriver à ce résultat. Les élections se faisaient ouvertement pour ou contre le Gouverneur, dont la haute valeur morale et la loyauté reconnue souffraient de cet état de choses. A Montréal, les candidats officiels , triomphèrent des députés sortants. Presque partout ailleurs, en Bas-Canada, les partisans de M. La Fontaine furent en majorité. Mais en Haut-Canada où l'on avait fait des élections une question d'attachement à la Couronne, le parti conservateur remporta la victoire — à quelques voix seulement. Difficilement, M. Baldwin put conserver son siège.
Cette défaite des réformistes , par un jeu de bascule analogue à celui des élections anglaises, entre whigs et tories, assurait au ministère une
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faible majorité, qui ne dépassa point une voix, dans certaines circonstances. Le Gouverneur et son Conseil étaient donc sûrs de vivre quelque temps encore. L'ancien parti ministériel, le grand parti Baldwin-La Fontaine , coalition des libéraux anglais et des Canadiens-Français, devenait le parti de l'opposition, et MM. Baldwin et La Fontaine prononcèrent pendant cette période , quelques-uns d3 leurs plus beaux discours.
Mais le Gouverneur, s'il était l'adversaire résolu du self-goveniment, ne voulait point néanmoins opprimer les Canadiens-Français . Il se faisait un devoir d'humanité de leur témoigner sa bienveillance. S'il acceptait à contre-cœur la proposition D. B. Papineau, tendant à faire abroger l'article 41 de l'acte d'Union (i),il employa toute son influence à faire amnistier les condamnés politiques de 1838. L'adresse présentée par M. La Fontaine et transmise par le Gouverneur, fut accueillie favorablement, grâce au crédit de sir Charles Metcalfe, et le 31 Janvier 184% la clémence royale s'étendait sur tous les Canadiens déportés ou en exil.
Vers la même époque, sir Charles Metcalfe fut créé Lord Metcalfe de Fern-Hill, en récompense de ses efforts plus que de ses réels succès, car si la session de 1844-1845 apporta quelques résultats pratiques, la politique du Gouverneur subit plus d'un échec, et devant l'opposition grandissante s'amoin-
(i) Emploi exclusif de la langue anglaise comme langue officielle.
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drissait de jour en jour l'autorité du Conseil exécutif, dont les membres n'avaient que peu d'influence personnelle.
Lord Metcalfe ne se faisait point d'illusions. Ses longues et nombreuses dépêches au ministre des colonies en font foi. Il y étudie soigneusement l'état et la position des partis, et ne manque pas d'attribuer aux Canadiens-Français toutes les difficultés qu'il rencontre. Ce parti, '< il faut le briser » il faut lui refuser obstinément « ce système de gouvernement appelé responsable». Ses efforts tendent à détacher de jour en jour le Canada de la Grande- Bretagne. Il ne faut pas compter sur le loyalisme de cette colonie. Telles sont les conclusions de Lord Metcalfe.
C'était sans doute aller trop loin. Mais Lord Metcalfe voyait la situation sous hs plus noires couleurs et ne disait pas que l'obstacle à tout gouvernement régulier résidait, non dans les Franco-Canadiens, mais dans sa personne même. Malgré ses grandes qualités il ne comprenait pas les exigences de son époque. Il voulait résister à cette évolution du Canada — et de toutes les colonies anglaises — vers la situation d'États mi-souverains, en attendant plus. Il se croyait toujours Gouverneur général des Indes, et obéissait aux instructions de Downing street. Mais les lois qui président au développement des sociétés sont plus fortes que les chefs d'Etat et que les Gouverneurs, car ce sont les lois biologiques, et le Canada continuait son développement normal dans une voie où il ne devait point s'arrêter.
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L'incendie terrible qui, à deux reprises, dévasta Québec, détourna quelque temps les esprits de ces questions ; mais c'est alors néanmoins que prit naissance l'idée première du système de la double majorité.
Les tories formaient la majorité de la députation haut-canadienne ; les Français occupaient la même situation en Bas-Canada. Abandonnant leurs anciens alliés les réformistes, alors quantité négligeable comme nombre, sinon comme talent, les Canadiens-Français ne pou^'aient-ils promettre leur concours à l'ancien parti du Family Compact, pour les affaires concernant le Haut-Canada, en échange d'un service analogue clans les questions relatives au Bas-Canada? Ainsi, chaque partie de la Province s'administrerait elle-même, chacune retrouvant sa liberté pour les questions d'intérêt général. Le principe était excellent. Il diminuait les inconvénients de l'Union, dont il démontrait, soit dit en passant avec M. Chauveau, la parfaite absurdité. Il préparait la voie à la Confédération actuelle. C'était déjà l'embryon de cette autonomie provinciale, la plus précieuse et la plus originale conquête du Canada contemporain. C'est à cette double majorité que M. Baldwin sacrifia son portefeuille, à la fin de son second ministère. Mais il répugnait à beaucoup de bons esprits d'abandonner les alliés de la première heure au moment où la majorité leur échappait, et le système ne fut pas tout de suite mis en pratique.
Lord Metcalfe ne devait pas voir son développe-
ment, car la terrible maladie qui lui rongeait le visage ayant empiré, il dut demander son rappel, et quitter ce Canada où, avec les intentions les plus louables, il laissait le pays en proie au malaise et divisé profondément, alors qu'il avait reçu des mains de sir Charles Bagot un ministère puissant pour le bien, et des affaires en pleine prospérité.