INTRODUCTION I.XXXI
ressources pécuniaires, se sont, non pas expatriés, mais transpatriés au Canada, pour y être plus à l'aise que dans les étroits territoires de la Gaule ; pour devenir propriétaires, — ô fierté, — et même grands propriétaires, — ô orgueil!
L'homme est trop nombreux ici pour la bon ne terre, et pas assez là-bas. Grâce aux concessions de colonisation, elle s'achète par le travail, sans charges appréciables en argent. Et non pas une ruine, les enfants, mais une richesse, puisque le capital précieux est encore l'homme. Pas plus de dépaysement pour un Normand ou un Breton qui s'établit en Québec, qu'à Marseille. Avec la poste, la télégraphie et la photographie, tous ceux qui s'aiment sont proches.
Or par les entreprises agricoles, industrielles, minières, métallurgiques et autres, quelle place à prendre pour les valeurs, les talents et les capitaux français! Que de projets et de résultats sont réalisables dans ce plein air et dans ce vide espace, qui ne sembleraient pas tentants ni tentables dans notre champ d'activité confinée!
Vovez-vous un grand industriel se taillant un royaume de France? Qui l'en empêche, dans les plaines solides ou liquides voisines du Saint-Laurent? Mieux qu'un royaume, une propriété, où l'on pourrait loger telle principauté ou telle république de nos environs.
Pointez sur la carte l'île d'Anticosti, dont le propriétaire est un citoyen français qui ne manque, il est vrai, de moyens dans aucun sens du mot.