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feu de la rampe, ne se croit-on pas vu et compris de partout ? N'éprouve-t-on pas aussi quelque pudeur à étaler ce qu'on a au cœur? Parlons-nous de l' Alsace et de la Lorraine, ce Canada voisin et récent? Et
pourtant on parle plus que jamais de Jeanne
d'Arc. C'est en bronze qu'on se souvient d'elle.
Quant aux visites, si les Français d'Europe n'en rendent pas toujours assez, ne serait-ce pas précisément qu'ils sont trop sortis parfois?
Quelle étude singulière serait celle du goût, du besoin et de la passion qu'ils ont eus, selon les temps, de « sortir de chez eux »; l'étude de ces poussées et incursions impétueusesau dehors, suivies depériodes de «recueillement//, d'apparente indifférence, d'existence soit-disant casanière; phases d'action et d'évolution, mouvement intérieur ou extérieur; les allers et les retours, le va-et-vient. Mais ce serait l'histoire de notre destinée et de ses causes, de celle des autres aussi; car il y avait répercussion, à l'entour de la France et même au loin.
Il faut le rappeler patiemment, pour les acte s et les péripéties de la formation des sociétés modernes, la scène s'est constamment passée chez nous ; témoins, les luttes des races, des religions, des gouvernements, des classes, de la politique et de la liberté. Les révolutions des Anglais étaient chez eux et pour eux. Pour tout le monde ont été celles des Français, qui ont proclamé non pas '< Dieu et mon droit », ce dualisme qui n'est qu'égoïsme, mais « les droits de l'homme », l'humanisme altruiste.
Ces besognes-là sont absorbantes et coûteuses pour
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l'ouvrier. Pendant que la France se battait et se débattait, souffrait et saignait, les autres « faisaient leur main ». et tiraient profit. Songeant à ce qui s'est dépensé d'énergie et de génie, qu'on s'étonne plutôt de ne pas voir « à bout // le peuple auteur et acteur des drames de l'affranchissement humain dans nos quatre derniers siècles; car toujours il est rentré en scène.
Comme on dit d'un voyageur en ses pérégrinations ou d'un arbre en poussée de sève. « il est reparti //. — Mystère de la vie qui crée et se crée en se consommant, qui s'enrichit en se dépensant!
N'en déplaise à ceux qui voulaient lui prendre sa place sous les soleils lointains, le Français est reparti pour le dehors. C'est en son voisinage qu'il avait fondé sa première colonie, la conquête franconormande, l'Angleterre, laquelle en a fait tant d'autres! C'est l'Europe entière qu'il avait colonisée de ses idées et de ses enfants, par la fleur de sa jeunesse combattante ou les fruits de sa virilité savante. Mais l'Asie. l'Afrique et l'Océanie savent, comme l'Amérique, qu'il ne craint pas les voyages au long cours, et qu'il lui reste du courage, du sang et des dons créateurs.
Que nos compatriotes nous excusent donc d'avoir interrompu les expéditions directes d'hommes et de ressources. — « C'est à reprendre». — Qu'est-ce que cent ans pour des peuples? Une année peut-être pour un individu; et ne remet-il pas souvent ses projets à l'an prochain? Mais les temps sont venus
Avouons-le; il semble qu'il y ait moins loin du
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Canada en France que de France au Canada; car La Rochelle ou Bordeaux, Cherbourg et le Havre, sont la route de tous les pays où l'on a « à faire * en Europe. Paris est l'intermédiaire géographique, Ventre-deux de toutes les cités des deux mondes, hormis celles de l'Angleterre ou de l'Espagne. Mais patience! Les chemins sont retrouvés, et quand les Français « s'y mettent», ils vont bon train. C'est la mise en train qui était malaisée. Qu'on mesure la renaissance dévie commune qui s'est opérée en un quart de siècle, entre Français des deux bords!
Déjà nombreux sont ceux qui de France s'occupent du passé et de l'avenir des Canadiens. Nombre de noms des plus distingués et des plus illustres figurent parmi les auteurs d'articles, d'études et d'ouvrages, comme parmi les visiteurs ou voyageurs ayant fait un tour en Amérique du Nord; — ce qui mène au tour du monde, et fera bientôt partie d'une éducation complète ou intégrale, comme « le tour de France » pour nos anciens artisans.
Que d'émouvantes visites à faire dans ces campagnes et ces villes françaises, en la plus vaste desquelles ils retrouvent le représentant de la France, un Consul-Général, qui semble détaché là comme un résident extérieur de la vieille patrie! Car n'at-il pas une mission plus chère à tous égards que celle de nombre de Ministres ou d'Ambassadeurs, bien propre à faire apprécier les mérites personnels d'un Français, parmi ces nationaux du Canada qui sont si semblables aux nôtres?
Combien de nos concitoyens, même avec des