‹ Études de littérature canadienne française. Précédées d'une introduction "La Langue et la littérature françaises au Canada, la famille française et la nation canadienne"Chapitre 12 sur 67 · INTRODUCTION LXXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXXXIII

quel grossissement! Ces marins, ces explorateurs, ces soldats, ces défricheurs, ces laboureurs, ces forestiers, partisan XV II etau XV IIIe siècles, reviennent en la personne de leurs descendants, identifiés avec eux, donc avec nous, par l'affection et par le souvenir fidèle, parla conscience héréditaire.

Ils reviennent combien plus nombreux, mieux munis, s'étant formés et élevés sans secours, vieux d'expérience et jeunes de confiance. Ils sont pour nous des ressuscites; ils seraient des revenants pour la rivale d'outre-Manche, si elle prétendait encore absorber ou détruire tout ce qui n'est pas « de son bord. » Car rien ne s'efface plus mal que les taches de sang. Macbeth aurait pu l'apprendre à la politique britannique, et Shakespeare aux gouvernants qui savent certainement ses vers par cœur.

Après tant d'efforts atroces, la politique d'exclusivisme anglais se retrouverait donc en face des mêmes problèmes aggravés, avec faillite inévitable des expédients de la force et de la ruse. En sorte que les seules solutions pratiques se retrouvent celles de la justice et du bien général, celles de l'humanité, cette puissance qui monte sans cesse, qui se sert des États comme des individus pour frayer sa voie, mais qui les rejette et les brise s'ils lui font obstacle.

Place donc pour ces Français qu'on a rendus, en voulant les dominer, plus maîtres d'eux-mêmes, mieux en garde contre leurs propres erreurs, plus complètement dotés des qualités utiles. Il faut devenir équitable par intérêt et généreux par

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