I. Le Canada avant l'Union
Les récents événements déterminés parla contestation des frontières du Klondyke, ont montré que le Canada se considère comme appelé, dans un avenir prochain, à négocier lui-même ses traités. Les paroles désir Wilfrid Laurier, premier ministre de la Confédération, ont eu le plus grand retentissement, et les commissaires canadiens ont refusé de contresigner la sentence qui enlevait à leur pays d'importantes voies d'accès sur le Pacifique. Mais, il y a quatre-vingts ans, nul n'aurait pu prévoir la tournure que devaient prendre les revendications politiques canadiennes.
En 1830, en effet les colonies anglaises étaient exploitées pour le plus grand intérêt de la métropole. On ne considérait pas comme dignes d'examen leurs droits à l'autonomie et au self government. L'Acte de navigation, qui contribua tellement à la prospérité du Royaume-Uni, développait la marine marchande britannique aux dépens de la prospérité locale. La grande insurrection de 1774 montra les graves inconvénients de ce système arbitraire, et fit perdre à l'Angleterre une partie considérable de ses colonies américaines ; mais en Canada, où l'ancien état de choses subsistait, les difficultés auxquelles le gouvernement de Londres se heurtait.