‹ Études de médecine clinique faites avec l'aide de la méthode graphique et des appareils enregistreursChapitre 15 sur 101 · TRAVAUX ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

TRAVAUX ÉTRANGERS

Notre livre ayant un caractère particulièrement pratique et étant destiné surtout aux médecins qui vivent au contact des malades, nous l’avons allégé de tout ce qui pouvait arrêter l’attention du lecteur et retarder l’exposé des faits cliniques que nous avions observés. Nous avons donc évité avec soin de nous étendre sur les explications théoriques et de nous engager sur le terrain de la mécanique. Mais nous ne pouvions cependant négliger de donner un exposé de l’état actuel de la question, et, pour ce faire, nous avons emprunté à des travaux étrangers les observations critiques et le contrôle scientifique auxquels la sphygmographie a été soumise. Nous espérons qu’on ne lira pas sans profit les longs extraits de ces mémoires originaux dont quelques-uns renferment des expériences de laboratoire, d’autres des faits pratiques, d’autres enfin un exposé méthodique, et un historique complet de ïa question.

Pour aider le lecteur et lui rendre la tâche plus facile, nous ferons précéder chacune de nos observations personnelles d’un court exposé des opinions de M. Marey et de celles qui ont été émises par quelques-uns de ses critiques ou de ses imitateurs.

Vivenot (de Vienne) (1) :

Parmi les médecins qui ont utilisé le sphygmographe pour des recherches expérimentales du ressort de la physiologie, et ont en même temps et comparativement appliqué cet instrument à la

(t) Vivenot (de Vienne), Ueber die Verânderungen im arteriellen Stromgebiele unter dem Einflusse des verstarkten Lufldrukes, 48ts6

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nosographie et à la thérapeutique, il faut citer avec éloge Vivenot (de Vienne), qui a récemment essayé les effets de l’air comprimé sur le pouls et la respiration. Ses tracés graphiques du pouls sont doublement instructifs, en ce qu’ils démontrent les mêmes résultats obtenus par la compression de l’air sur l’homme sain ou malade (asthme, hypertrophie du cœur, etc.), et sur des appareils schématiques de la circulation, placés dans le même appareil compresseur.

Vivenot a expérimenté dans les conditions suivantes : Dans un établissement hydrothérapique de Johannisberg, on emploie l’air comprimé pour la guérison de certaines maladies. C’est dans l’appareil à air comprimé que l’auteur s’est placé ét a placé les personnes qu’il examinait. Un grand nombre d’expériences ont été faites sür lui-même. La pression n’a jamais été poussée au delà de 106 centimètres. Les expériences ont été conduites avec les plus grandes précautions. Elles ont duré trois mois consécutivement. Le pouls était examiné dès le matin, au lit, puis

[Sur les changements dans la circulation artérielle, produits sous l’influence de l’augmentation de la pression atmosphérique]. Virchow’s Archivfür pathologische Anatomie, t. XXXIV.

L’auteur avait précédemment étudié l’action de l’air comprimé sur la respiration (Medic. Jahrb. der Zeitschr. der k. k. GeseLlsch. der'Aertze... Wien, 1865, et Arehiv fur pathologische Anatomie de Virchow, t. XXXIII). Cette question à laquelle l’avenir réserve probablement une certaine importance à déjà sa bibliographie ; voyez :

Junod. Recherches sur les effets physiologiques et thérapeutiques de la compression et de la raréfaction de l’air, tant sur le corps que sur les membres isolés (Arch. gén. de méd. 2 e série, t. IV, 1855).

Tabarié (E.), Compt.rend. Acad, des sciences, t. VI. Paris, 1838, p. 896.

Guérard (Alph.), Note sur les effets physiques et pathologiques de Pair comprimé (Ann. d'hyg. publ. et de méd. lég. 2 me série, 1.1. Paris, 1854).

Pol (B.) et Watelle, Mémoire sur les effets de la compression de l’air appliquée au creusement des puits àjiouille (Ann. d'hyg. publ. 2 e série, 1.1, 1854, 2 e partie).

Bertin, Étude clinique de l’emploi et des effets du bain d’air comprimé. Paris, 1855.

Milliet, De l'air comprimé au point de vue physiologique. Lyon 1856.

Pravaz (Ch. G.), Des effets physiologiques et des applications thérapeutiques de l’air comprimé. Paris, 1859.

Vivenot, Ueber den Einfluss des verânderten Luftdruckes auf den

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après le repas, puis avant l’entrée dans l’appareil, ensuite pendant le temps que la pression montait, alors qu’elle avait atteint son maximum, au moment où finissait la décompression, et enfin après la séance. On avait soin d’entrer en pression en une demi-heure, et l’on prenait encore plus de temps pour la décompression. Les résultats s’appuient sur 609 observations dont 423 faites sur l’auteur lui-même. Nous insistons peu sur les modifications concernant la fréquence du pouls. L’air comprimé ralentit le pouls, et ce ralentissement persiste- quelque temps même après la cessation de l’expérience. Ce fait est à peu près constant (375 fois sur 423 observations). « La grandeur du ralentissement du pouls, sous l’influence de l’air comprimé, croît en raison proportionnelle de la fréquence du pouls observée sous la pression normale. » Les auteurs ne sont pas tous d’accord sur le chiffre du ralentissement : on perdrait 15 pulsations selon les uns, 10, selon les autres, par minute. Les expériences faites sur des emphysémateux offrent matière à quelque critique. Les expériences faites sur des hommes sains sont plus concluantes.

Vivenot explique le ralentissement du pouls par le simple effet

mensehlichen Organismus (Virchow’s Archiv für pathologische Anatomie , Band XIX, ïïeft 5, u. 6. Berlin, 1860, 508).

François. Des effets de l’air comprimé sur les ouvriers travaillant dans les caissons servant de base aux piles du pont du grand Rhin ( Annales d'hygiène publique et de médecine légale, 2 e série, 1860, XIV).

Einbrodt, Ueber den Einfluss der Athembewegungen auf Hertzschlag und Blutdruek (Sitzungsberichte d. k. Akademie der Wissenschaften, zu Wien. 1860, Band XL.).

Sandahl (O. Th.), Om ver-kningarneof fortatad Euft, pü den menskliga Organismen, lysiologisk, och therapeutiskt Hanseedo. Stockholm, 1862.

Tutschek, Ueber die Wirkung des compr. Luft (Bayer, ârtzl. Intell. Blatt, mai 1863).

Levinstein (E.), Beobachtungen über die Einwirkung der verdichteten Luft bei Krankheiten der Respiration undGirculationsorgâne. Berlin, 1863.

Lange (J.) (in Uetersen), Ueber comprimirte Luft, ilire physiologischen Wirkungen und ihre therapeutische Bedeutung. Gôttingen, 1864.

Foley, Du travail dans l’air comprimé. Étude médicale, hygiénique et biologique. Paris, 1863, gr. in-8.

Lange (G.) (in Johannisberg), Der pneumatische Apparat- Mittheilungenüber die physiologischen Wirkungen und die therapeutische Bedeutung der comprimirten Luft. W'iesbaden, 1865.

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mécanique de l’augmentation de la pression de l’nir, qui fait contracter les vaisseaux périphériques, et rend difficile la circulation capillaire des téguments externes : d’où suit une résistance à fondée sanguine chassée par la systole du cœur.

Par cette résistance et cette difficulté plus grande apportée à l’action du cœur, un ralentissement de la fréquence du pouls se produit, conformément à la loi de Marey « que le cœur bat d’autant plus vite qu’il se vide plus facilement, » etc., etc.

L’auteur a compris la nécessité de donner une consécration expérimentale à ses vues théoriques, et le sphvgmographe lui a paru le meilleur moyen de résoudre ces questions... Il s’exprime ainsi :

« Le sphygmographe de Marey parait éminement propre à ces recherches sans parler de l’utilité qu’il peut avoir pour d’autres sortes de recherches ; car, si notre explication est la bonne, fondée du pouls doit montrer sous la pression accrue de la colonne d’air quelle supporte, des changements bien déterminés, et que l'on peut déjà indiquer a priori et d’après des vues théoriques. Cet instrument, paraît, en outre, promettre beaucoup, pour donner les meilleurs renseignements sur quelques questions importantes telles que la force, la figure, etc., du pouls et les changements qui surviennent dans la pression du sang, et pour en donner une explication satisfaisante. Nous passons donc au deuxième chapitre de notre mémoire, pour donner l’analyse des recherches que nous avons entreprises dans cette direction.

Recherches sur les figures graphiques indiquant les changements du pouls artériel, par Vaction de l’air comprimé. (Chap. n.) « On a plus d’une .fois mis en doute l’exactitude des tracés du pouls obtenus par le sphygmographe de Marey, et, entre autres, le docteur Meissner (Henle undMeissner’s Jahresberichteüber Anat.und. Physiologique, 1859, Seite 537) a élevé une série d’objections contre ces tracés, et a particulièrement signalé le dicrotisme qui y est inscrit comme artificiellement produit par la vibration de l’instrument. Faisant abstraction provisoirement de la solidité de toutes les objections produites contre l’instrument enregistreur, les défauts qui Y sont inhérents, dans nos observations présentes, ne viennent pas en considération essentielle et ne nous détournent pas de son usage, alors que, pour la détermination des changements dénon-

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