‹ Études de médecine clinique faites avec l'aide de la méthode graphique et des appareils enregistreursChapitre 16 sur 101 · ÉTUDES DE SPHYGM0GRAP11IE · texte numérisé non relu

ÉTUDES DE SPHYGM0GRAP11IE

cés dans la circulation sous l’influence de l’air comprimé, il s’agit moins pour nous de la justesse absolue du tracé que de la constatation des changements relatifs que subit, sous l’influence de cette pression augmentée, le tracé originel recueilli sous la pression normale. Mach (i) a déjà démontré, tout en signalant certains défauts de l’instrument, que lesdites objections de Meissner n’étaient pas fondées, et il les a réfutées : du reste, Marey, par son livre qui fait époque, sur la physiologie médicale de la circulation du sang a fourni lui-même les preuves les plus éclatantes de la valeur de son enregistreur du pouls et de son utilité multiple. S’il fallait apporter aux démonstrations que Marey, dans ce dernier ouvrage, a données de ses vues propres, des preuves ultérieures, des recherches comparatives entreprises sous diverses pressions de l’air, comme sont celles-ci, pourraient fournir un témoignage sérieux en faveur de leur solidité ; et leûr utilité, ainsi que j’espère le faire voir avec évidence dans la suite de cette dissertation, est démontrée d’une façon si éclatante, que je n’ai pas pu faire autrement dans les conclusions de mes recherches propres, que d’adopter presque sans réserves et de faire miennes les propositions et les théories émises par Marey, tant elles trouvent leur application dans ce travail.

« Avant que j’expose les résultats obtenus-par moi, qu’il me soit permis d’insister un peu sur la manière de se servir du sphygmographe dont le maniement régulier demande la prise en considération de certaines règles de précautions et l’obtention d’une certaine adresse de main, dont la prompte acquisition pourtant n’offre aucune difficulté.*

« Ici aussi le problème principal est d’obtenir les tracés autographiques sous différentes pressions de l’air, toujours dans des conditions identiques, c’est-à-dire, en ayant soin que la posture du corps soit la même, que la main et le bras reposent dans la même attitude, avec une même pression du ressort de l’instrnment et que l’artère soit pressée toujours à la même place.

- « Pour ne produire aucune disposition anomale du cours du sang dans l’artère à explorer, dans notre cas c’est l’artère radiale, il est

(1) Ernst Mach, Zur Théorie der Pulzwellenzeichner ( Med. Jah.rb . der Zèitschr. der Ges. der Aerzte, Jahrg. 1862, § 47 ).

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de grande importance de l’explorer dans une position naturelle et exempte de contrainte.

« La position horizontale du corps imposée pour l’application du sphygmographe,- comme Marey a coutume de le faire (p. 246), ne'paraît pas indiquée pour nos recherches, parce que cette attitude ne permet pas la situation normale que réclamaient nos autres investigations. Ainsi, l’observation était faite après un repos préalable du corps, toujours dans la situation assise, l’avant-bras libre de toute gêne, avec la main à plat et tenue à peu près horizontalement, libre hors de l’espèce de gouttière en bois, qui, disposée exprès pour ce but et allant du coude au poignet, répondait le mieux à la position déjà décrite de l’avant-bras et du dos de la main. L’angle libre saillant sur le dos du carpe était garni d’un petit coussin, afin de pouvoir maintenir le plus longtemps possible dans cette attitude de repos, et sans contrainte ni fatigue, la main et l’avant-bras.

« Le lien ou lacet constricteur de l’enregistreur du pouls était serré seulement assez fort, pour qu’il ne laissât aucune empreinte visible sur la peau, et pour que le stylet écrivant appuyât juste au milieu du papier, à égale distance du bord supérieur et du bord inférieur, ce qui est une mesure pour reconnaître que la pelote placée sur l’artère radiale est serrée toujours avec la même force.

« Comme il est du reste de la plus grande utilité, pour éviter un faux autogramme, que la plaque d’ivoire élastique presse exactement toujours à la même place de l’artère radiale et au milieu, on marquait sur la peau avec de l’encre rouge les contours de la place que devait occuper exactement l’instrument, et l’on avait soin, pour plus de sûreté et d’exactitude, de retirer l’instrument après chaque observation et de le replacer pour une nouvelle expérience ; on acquérait ainsi la possibilité de l’appliquer chaque fois au même endroit.

« L’enregistreur du pouls qui était à ma disposition était de la fabrique de Breguet à Paris, construit exactement sur le modèle de l’instrument original dé. Marey (sans la modification ou améliorataion apportée par Mach). Il pesait 220 grammes, avait 17 centimètres de long et son mouvement placé, non pas horizontalement, mais un peu redressé sur l’avant-bras, était d’une durée de qua-

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torze secondes. La longueur originelle de la bande de papier était de 14 centimètres, mais comme cette longueur est réduite à 11 centimètres par les limites de la course de l’instrument, la longueur générale de nos courbes de pouls correspond à une durée d’environ 11 secondes.

« Je dois pourtant tout d’abord convenir que les évaluations sur la durée d’une pulsation d’après les données précédentes ne sont pas admissibles, attendu que je n’ai pas trouvé l’instrument dont je me servais pour contrôler la fréquence du pouls, d’accord avec le chiffre supposé pour des courbes graphiques. Malgré toutes les précautions prises par moi pour régler l’instrument, il se trouvait que le mouvement d’horlogerie ne marchait pas toujours dans le même espace de temps, mais tantôt un peu plus vite, tantôt un peu plus lentement. De là, il arrivait assez souvent, que la fréquence du pouls ralentie sous l’air comprimé (et le fait était vérifié par des mesures certaines) apparaissait représentée sur le tracé écrit, par un plus grand nombre de courbes de pouls que celle qui avait été reconnue à l’avance sous la pression atmosphérique normale, et qui répondait cependant à un pouls plus accéléré.

« Au lieu de papier noirci à la suie, nous nous servîmes de bandes luisantes, faites avec des cartes de visites préparées à cet effet, et sur lesquelles le style écrivant, mouillé d’une encre carmin légère, inscrivait les mouvements du levier.

« Les expériences que nous communiquons ici sont le résultat de plus de400 traces de pouls, qui comprennent environ 100 observations isolées recueillies sur différentes personnes. Les courbes furent prises d’après la manière décrite plus haut, et à chaque fois de même, le plus souvent quatre fois, pendant la séance où l’on changeait la pression de l’air (y compris quelquefois aussi des cas où l’on opérait encore plus souvent en une séance).

« Les recherches furent continuées du 30 avril au 17 juin 1864, tous les jours, c’est-à-dire, jusqu’à ce que la justesse des résultats obtenus ne laissât subsister aucun doute. Bientôt se montra une si grande concordance dans les changements des figures des courbes, qu’il suffira parfaitement de reproduire seulement, dans le grand nombre des tracés de pouls que j’ai recueillis, une série particulièrement caractéristique.

VIVENOT.

« Un regard rapide, jeté sur les courbes exposées ici, montre que celles-ci, sous l’influence d’un air comprimé, subissent de remarquables modifications dans leurs figures primitives ; une attention plus profonde montre que toutes les parties de la courbe sont si essentiellement changées, que leur, analyse demande absolument une dissection pénétrante des segments isolés de la courbe.

« Nous voyons que dans toutes les ondulations sans exception, sous faction de l’air comprimé, la hauteur de la courbe (amplitudede Marey) décroît. La ligne d’ascension plus ou moinsabrupte primitivement devient plus oblique, le sommet paraît plus arrondi, et, par suite de l’amoindrissement de l’amplitude, la ligne de descente encore moins abrupte à la fin s’infléchit en forme d’onde, qui se transforme én une droite plus ou moins convexe. Par suite de la diminution de la hauteur de l’ondulation, l’angle figuré par la rencontre.de la ligne ascendante et de la ligne descendante de la pulsation écrite, et qui sous la pression atmosphérique normale, mesure environ 47°, est. notablement émoussé, comme aussi par suite de la direction plus oblique de la ligne d’ascension, la pointe ou sommet de la courbe se prolonge plus en arrière... de sorte que la courbe dans son entier affecte la forme d’un segment de sphère.

« Les changements que nous venons de décrire sont proportionnels à la force de la pression de l’air et à la durée du séjour dans l’air comprimé, et par conséquent d’autant plus marqués et plus intenses, que la pression de l’air a été portée plus haut et le séjour dans l’appareil plus prolongé. Nous trouvons donc que les signes suivants produits après vingt minutes de pression maximum, c’està-dire l’obliquité visiblement apparente de la ligne d’ascension, le rapetissement de l’ondulation, l’aplatissement, arrondi du sommet, et la transformation de la ligne onduleuse de descente en une ligne droite ou en une simple ligne convexe, après une heure et demie,

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c’est-à-dire après une heure d’exposition à la pression maximum constante, prennent un caractère encore plus accusé, si bien que le tracé du pouls finit par ne plus présenter pour ainsi dire! qu’une ligne droite.

Fig. 4.

«Wilhelm Winternitza, dans un travail récemment paru (1), entrepris avec le sphygmographe des expériences sur le changement que le pouls radial normal éprouve par suite d’applications froides extérieures faites sur le bras. J’ai été très-surpris de retrouver dans les figures 14 et 15, § 12 de ce mémoire, et dans les figures 16 et 17, § 13, où l’action du cataplasme froid se montre d'une façon expressive, une image fidèle des changements obtenus par moi sur le pouls à l’aide de l’augmentation dépréssion de l’air. Cette concordance de deux courbes de pouls obtenues sous des influences différentes est hautement significative, en ce sens que la rencontre de la pression de l’air et du froid local dans une action commune et identique sur les vaisseaux périphériques est assez d’accord avec la théorie pour que cela soit d’un grand poids pour l’usage pratique.

« Par le retour à la pression atmosphérique normale, immédiatement après la séance, la courbe reprend son intégrité, ou ne retourne que partiellement à l’état primitif, ou, ce qui n’est pas rare, le changement, une fois commencé dans 1’appar.ence de l’ondée sanguine, subit encore un mouvement de descente.

« Dans aucun cas, il ne m’est arrivé de trouver durable ce changement de la courbe, mais cette action, d’accord avec les résultats obtenus par nous pour la fréquence du pouls, se prolonge dans les cas favorables pendant un petit nombre d’heures. La seconde courbe, figurée plus loin par Vivenot, fournit un exemple d’une courbe sè relevant et regagnant sa forme primitive non

(1) Winternitz, Traité sur les fondements rationnels de quelques applications hydrothérapeutiques (Med. Jahrbuch der k. k. Gesellschaft der Aerzte zu Wien , Jahrgang 1865, 1. Heft, § 1-20).

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pas immédiatement, mais vingt minutes après le retour à la pression normale de l’air, tandis qu au contraire, la deuxième courbe de la planche, page 28'de Vivenot, après un quart d’heure de retour à la pression normale, ne montre encore aucune tendance marquée de la courbe à reprendre sa figure primitive.

Fig. 5.

« Pour établir la vérité de l’assertion que nous avons acceptée déjà, que la trace restante après la séance, d’une action sur le tracé, s’éteint déjà après une durée de plusieurs heures, on peut se servir des courbes obtenues sur' moi-même le 26 mai, jour où j’avais accompli deux séances d’expériences dans l’air comprimé. Si nous comparons la courbe obtenue ce jour-là avant la la première séance, à huit heures du matin, avec la courbe correspondante de la deuxième séance, c’est-à-dire prise à deux heures et demie de l’après-midi, on ne peut reconnaître aucune différence essentielle entre ces deux tracés de pouls. 11 ne reste plus de trace sensible après cet espace de quatre heures et demie, de l’influence encore remarquable à dix heures sur la courbe b de la figure 13 de Vivenot; à plus forte raison ne faut-il pas chercher la persistance de cette action d’un jour sur l’autre.

« Maintenant, pour pouvoir saisir la valeur des différences trouvées jusquici, nous devons nous représenter les divers éléments des courbes comme l’expression de ces changements.

« Le choc à ligne ascendante qui coïncide avec la systole du cœur, est produit par l’ondée sanguine chassée en avant par la contraction du cœur, ondée qui, tendant à fuir dans toutes les directions, va presser en partie le sang du grand courant, et exerce en partie une pression excentrique sur les parois des vaisseaux qu’elle élargit. La partie ascendante de la courbe (ligne d’ascension) correspond donc à la diastole artérielle. Plus l’écoulement du sang se fait facilement dans les capillaires, plus celui-ci est transporté vite dans les artères, et plus le cœur revient facilement sur lui-

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même, puisque la pression du sang représentant la résistance opposéeà la systole du cœur en devient plus faible; or il est connu que tout muscle se contracte d’autant plus facilement et plus vite, que l’exécution de ce mouvement demande moins de dépense de force. Par conséquent, en pareil cas, l’expansion artérielle se fera en d’autant moins de temps, et si le temps à partir du moment de la montée de la pression du sang jusqu’à son point d’élévation (maximum de l’expansion) est très-petit, cela trouvera son expression dans Y escarpement de la ligne ascendante de la courbe ; et même si la durée du temps est si courte qu’elle ne peut être mesurée, alors la ligne d’ascension paraîtra complètement verticale, comme c’est presque toujours le cas dans l’état normal.

« Lorsque, au contraire, sur les tracés obtenus dans l’air comprimé, nous observons que la ligne d’ascension devient oblique, il en résulte, pour nous, que la résistance qui s’oppose au flot sanguin poussé par la systole du cœur, a augmenté, en même temps que l’écoulement du sang est arrêté dans les capillaires; que par suite la systole du cœur est moins rapide, que le flot sanguin arrive lentement aux artères, èt que par suite aussi la dilatation des artères ne se fait pas brusquement, mais progressivement.

c; Le sommet de la courbe que nous ne voulons pas considérer comme un point mathématique, mais comme la convergence des lignes ascendante et descendante, nous montre le moment où l’artère parvenue au maximum de sa dilatation par le sang qui la distend, résiste en vertu de sa contractilité propre à la pression du sang qui agit sur elle, et par son retrait imprime au sang une nouvelle impulsion. Maintenant la résistance que le flot sanguin éprouve dans les troncs artériels éloignés du cœur, vientelle à décroître un peu, alors l’écoulement du sang dans le sens du courant, du cœur à la périphérie, devient facile et rapide, la pression du sang dans les artères s’abaisse rapidement, et celles-ci peuvent se resserrer rapidement. Plus cette disposition est marquée, et plus aigu se montre le sommet du tracé, comme on peut le voir par exemple sur le pouls normal.

« Le contraire a lieu dans Pair comprimé et l’angle aigu primitif se change, comme nous avons vu, en un angle plus ou moins

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émoussé, et même en un cintre, lequel cas a lieu, si par la notable obliquité de la ligne d’ascension le point culminant suivant la verticale en arrive à occuper juste le milieu de la courbe : ces courbes ressemblent beaucoup à celles que Marey a obtenues dans des cas d’embolies et d’anévrysmes, et qui figurent dans sa Physiologie médicale sous les n os 159, 146 et 148, que nous reproduisons ici (fig. 6, 7, 8). .

Fig. 6 (fig. 159 de"Marey).

Fig. 7 (fig. 146 de Marey).

Fig. 8 (fig. 148 de Marey).

« Par conséquent, l’augmentation de résistance exprimée déjà dans la partie ascendante delà courbe, par son obliquité sous l’influence de Pair comprimé, s’est communiquée ou transmise aussi au sommet de la courbe.

« Les artères dilatées par suite de l’accroissement progressif de la pression du sang, peu à peu jusqu’au maximum, ne peuvent pas triompher subitement de là insistance née de l’obstacle qu’éprouve à s’écouler le sang coulant vers les troncs éloignés du cœur, mais elles réussissent peu à peu, par suite de l’élasticité qui leur est inhérente, et grâce à la diminution de la pression du sang par le fait de l’écoulement de celui-ci, à se rétracter par un violent effort, et à contribuer ainsi à une nouvelle poussée donnée au sang qui était arrêté dans son cours. Mais si l’obstacle opposé au cours du sang est assez fort pour résister un certain temps, il peut arriver un moment où l’arrivée et le départ du sang se compensent, ont une valeur égale, et où, en raison de ce qu’il arrive autant de sang qu’il eu part, la pression, maintenue longtemps au même niveau, tient pendant un certain temps les artères au maximum

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de tension. En pareil cas, le sommet du tracé primitivement à angle aigu, 11 e deviendra ni émoussé ni en forme de cintre, mais formera une ligne plus ou moins horizontale (plateau de Marev), ce qui est la règle pour le cas où les artères, par suite d’ossification ou athérome, ont perdu leur élasticité.

« Chez un malade dont le pouls montrait déjà à la pression normale l’aplatissement de la pointe, cette disposition disparaissait dans l’air comprimé, c’est-a-dire que ce plateau se transformait dans la:ligne d’ascension en une forte courbure (1); ce phénomène fournit une nouvelle preuve, de la diminution de la forcé de résistance, et du défaut d’élasticité.

« A. la prolongation sus-mentionnée de la durée de la systole du cœur, qui: s’accuse: par.le déplacement du sommet du tracé, à l’expansion progressive des artères, à la lente montée du flot du pouls jusqu’à son maximum, et à l’amoindrissement progressif de celui-ci accusé par l’aspect arrondi du sommet, on reconnaît ce. pouls* que les anciens médecins, par opposition au . pulsus celer que caractérisait la sensation tactile au doigt d’un choc rapide et vite, nommaient pulsus lentus , forme du pouls qui est en effet observée avec ces caractères dans l’air comprimé et résulte évidemment de cette compression même.

« Le flot descendant de la courbe du pouls, qui correspond à la diastole du cœur, nous montre la décroissance de la pression du sang dans les artères, coïncidant avec la clôture des valvules semi-lunaires, et avec l’écoulement simultané du sang des grosses artères dans les capillaires, c’est-à-dire les artères sortant victorieuses de leur combat contre la pression du sang, et grâce à leur élasticité par la transformation de leur force d’expansion (ressort) en force vive, pouvant se rétracter jusqu’à la limite minimum de leur calibre. L’apparence si différente de la ligne de descente, suivant qu’elle s’infléchit, qu’elle devient rectiligne, ou oblique, ou convexe, ou qu’elle tombe à pic, nous donne la mesure du plus ou moins de facilité avec laquelle le cours du sang s’effectue

(1) M. Vivenot donne des tracés qui ne nous paraissent pas confirmer son raisonnement. La ligne b de la figure 5 de M. Yivenot est une fidèle image de'la figure donnée par Marey comme celle du pouls dans le rétrécissement aortique. (Note du traducteur.)

Lorain. — Pouls. 3

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dans les capillaires. Les tracés de pouls, obtenus à la pression atmosphérique normale avant l’entrée dans l’air comprimé (tracés I — XYII a de M. Vivenot) montrent ce caractère d’oscillation plus ou moins accentué, que le doigt ne ressent que dans les cas les plus prononcés, et qu’on appelle dicrotisme, et qui consiste en deux et plus souvent trois oscillations de l’ondée.

« Ces oscillations de la ligne de descente, auxquelles, à ce qu’il me semble conviendraient le nom d epolicrotisme, et qui, ainsi que nous le montrerons plus tard, doivent être attribuées à un simple effet d’interférence inhérent à la contractilité des artères, et produit par le changement continuel de direction, tantôt centripète, tantôt centrifuge que subit le flot oscillant de la colonne liquide se pressant en avant avec une vitesse une fois donnée et remplissant plus ou moins l’artère; c epolicrotisme est d’autant plus accusé que l’artère contient moins de sang par rapport à son calibre, et qu’elle s’emplit et se désemplit plus rapidement. Toutes les circonstances (telles que la chaleur, le mouvement, la prise de nourriture, l’effervescence de la fièvre) qui accélèrent la circulation en agissant sur la dilatation des vaisseaux périphériques', ont, parce qu’elles facilitent la circulation dans les capillaires et accélèrent le cours du sang, pour effet de diminuer le contenu relatif des vaisseaux et d’augmenter la vitesse du courant, d’où aussi une augmentation du policrotisme ; de sorte que les parois artérielles, par suite de leur réplétion et d’une forte pression, arrivées.à une certaine distension, sont placées dans des circonstances moins favorables pour la transmission des vibrations que ne l’est le cas particulier et contraire que nous avons décrit, et qui grâce à la faible quantité de sang contenu dans les artères, favorise la propagation de l’action élastique des ondes se suivant l’une l’autre, les parois artérielles étant pour ainsi dire molles et flottantes. C’est ainsi que par suite d’un repas chaud pris immédiatement avant la séance, nous voyons la dilatation des vaisseaux amener le policrotisme dans la courbe.

« Encore faut-il comme condition indispensable que l’élasticité des parois artérielles soit intacte, car ie défaut d’élasticité, chez les vieillards notamment, se montre par le défaut de dicrotisme (d).

(d) Marey a montré, par beaucoup d’exemples, l’influence des vête-

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