LE SPHYGMOGRAPHE DE MAREY
.sur un miroir qui reproduit les mouvements de l’artère. Les rayons réfléchis sont reçus sur un écran qui marche. Czermak n’a pas communiqué les résultats de ses expériences. »
Les pages qui suivent contiennent quelques expériences sur les mouvements ondulatoires des liquides dans les vaisseaux en général et sur le pouls en particulier. Ces expériences ont été exécutées au moyen du sphygmographe de Marey. Dans la première partie, nous donnons.une description du sphygmographe. Dans la seconde, nous tentons une explication des courbes obtenues avec le sphygmo graph e.
Description du sphygmographe de Marey et des courbes qu'on obtient par cet instrument. — Cbap. i. — Vierordt avait dit « le problème serait de placer sur le pouls un ressort élastique trèsléger, et, par son intermédiaire, de transmettre les mouvements du pouls au sphygmographe; » Marey a résolu le problème.
Le sphygmographe est fait pour l’artère radicale ; mais on peut l’appliquer utilement sur d’autres artères, brachiale, dorsale d u pied, et carotide. Il y a deux procédés pour écrire :
1° la plume et l’encre (Marey) ;
2° Lè papier noirci à la fumée ; moins d’adhérence, plus de finesse du trait. Il ne faut pas que la couche noire de fumée soit trop épaisse. .
B. Examen de l'instrument. —La courbe obtenue avec l’instrument de Marey est fonction de la pression que le sang exerce sur la paroi interne de l’artère. Plus la pression est grande et plus haut s’élèvera le levier.
On suppose pour que l’instrument soit parfait, qu’il réalise les conditions idéales suivantes :
i° Que son mouvement d’horlogerie fonctionne bien;
2° Le mouvement du ressort équivalent à la pression artérielle ;
5° Le mouvement du levier équivalent au soulèvement du ressort ; '
4° L’absence de mouvements propres du ressort et du levier ;
5° Un frottement qui ne cause aucun trouble.
L’auteur fournit les moyens d’établir la précision du mouvement d’horlogerie. 11 constate que le mouvement d’horlogerie n’est ja-
mais régulier et qu’il faut renoncer à compter le pouls sur les tracés.
Mach (1 ) a soumis la question du ressort à un examen rigoureux. Les résultats de ses recherches mathématiques nous apprennent que les mouvements propres du ressort sont très-faibles, et nous donnons ici simplement les conclusions de son mémoire :
1° Le ressort du sphygmographe est à peine déplacé de son équilibre même par une grande force ;
2° Il se meut régulièrement;
5° Il reste bien équilibré avec des poids variant de 0 à 300 grammes ;
Étudier les vibrations du ressort, était un sujet digne d’attention.
Mach en a trouvé cent trente par seconde. Fick (2) a étudié cette question dans un mémoire spécial.
Résumé. — 1° Le levier s’infléchit dans les limites compatibles avec les dispositions du sphygmographe, d’une façon suffisamment proportionnelle à la pression, c’est-à-dire d’environ 0 llun ,26 par une pression de 20 grammes;
2° Les mouvements enregistrés par le levier sont grossis cinquante fois. Les déplacements du levier sont, dans les limites dites, suffisamment proportionnels à ceux du ressort ;
3° 11 suit de là que la courbe peut être à chaque moment proportionnelle à la pression existant dans l’artère ;
4° La pression du ressort par l’application du sphygmographe compatible avec de bonnes courbes, correspond à un poids qui varierait entre 260 et 390 grammes et au delà;
5° Quand le ressort, avec cette force de pression, est soulevé par une force de 5 grammes, la hauteur à laquelle s’élève le levier est de 5 mm ,3. La réplétion d’une artère battant avec une force moyenne, fait monter le levier d’une quantité à peu près semblable-,
6° Le même déplacement de 5 mm ,l est imprimé au levier, par une élévation de pression de 60 millimètres de mercure, dans
(1) Mach, .Zur théorie der Pulswellenzeichner, in Sitzungsberichle def fc. Alcademie der Wissenschaften. "Wien, 1863.
(•2) Fick, Die medicinische Physik. Braunschweig, 1866, p. 148.