PRÉCAUTIONS PRÉLIMINAIRES. H
ment un détail disparaît ou s’affaiblit, comment un autre s’exagère.
Il faut aussi se mettre en garde contre les effets de l’inertie du levier. Enfin je dirai en empruntant les termes d’une définition bien connue, qu’il y a « beaucoup de tracés qui sont bons, mais qu’il n’y en a qu’un qui soit le bon. »
Lorsque, par suite de quelques circonstances, dépendant soit de l’opérateur, soit du malade, l’appareil est mal appliqué ou s’est déplacé, il n’est pas toujours nécessaire de l’appliquer de nouveau, il suffit quelquefois de lui faire subir un léger mouvement de translation latérale, de le repousser en bas ou en haut, de déranger son parallélisme par rapport à l’axe de l’avant-bras, ou de l’incliner soit à droite soit à gauche, de façon que son plan d’application ne soit plus parallèle à la surface de l’avant-bras, ce qui est quelquefois nécessaire quand le ressort est plus large que l’espace compris entre le radius et le tendon du longfléchisseur du pouce, etc. On voit par là quelle est la complexité des détails que doit connaître un expérimentateur scrupuleux, et comment il ne faut point se hâter de tirer des conclusions d’un tracé avant de s’être assuré de la bonne application de l’instrument. Ces difficultés se rencontrent à chaque instant dans l’observation clinique. La médecine offre à l’expérimentation des obstacles que ne rencontrent jamais au même degré les hommes de science qui se livrent à l’observation de phénomènes physiques moins complexes; aussi la science théorique n’est-elle entre les
112 COMMENT ON DOIT SE SERVIR DU SPHYGMOGRAPHE. mains d’un médecin qu’un instrument inutile s’il ne prend pas soin d’exercer patiemment ses sens au contact du malade.
Il ne faut pas trop se fier au mouvement d’horlogerie qui fait mouvoir le chariot, car il n’a pas toujours la même force. La vitesse de la course varie d’un instrument à l’autre et même sur le même instrument par suite de diverses circonstances dont on se rendra facilement compte si l’on étudie convenablement le mécanisme, la position et les détériorations possibles de l’instrument.
Comment on obtient le tracé du poids. — On se sert d’une bande de papier glacé et très-épais que l’on fixe bien exactement au contact de la plaque qui se meut avec le chariot; il faut que le levier n’appuie ni trop, ni trop, peu sur cette bande de papier. 11 y a deux procédés pour écrire : 1° avec une plume spéciale qui termine le levier et que l’on charge d’encre; 2° avec une pointe remplaçant la plume et qui écrit sur le papier enduit de noir de fumée. Ce dernier procédé est préféré par quelques auteurs; c’est celui qui est généralement employé pour les appareils enregistreurs qui écrivent sur un cylindre. Nous allons dire quels sont les inconvénients et les avantages des deux-procédés.
Avantages de la plume. Elle permet de transporter l’instrument et de l’utiliser en tout temps et en tous lieux sans qu’il soit nécessaire d’y adjoindre des appareils accessoires; c’est là un avantage qui, dans la pratique, doit être apprécié.
Le second avantage, c’est que le tracé fait à l’encre ne demande aucune précaution pour être conservé ;