‹ Études de médecine clinique faites avec l'aide de la méthode graphique et des appareils enregistreursChapitre 30 sur 101 · APPLICATION VICIEUSE DE L’INSTRUMENT · texte numérisé non relu

APPLICATION VICIEUSE DE L’INSTRUMENT

épreuves où les praticiens, plus expérimentés, ne reconnaissent pas les signes caractéristiques que doit fournir l’instrument, lorsqu’il est manié par une main exercée.

Le premier tracé, ici, représente le pouls d’un homme affecté d’insuffisance mitrale ; mais ce tracé mal dessiné, par suite d’une mauvaise application de l’instrument, ne donne pas une idée nette de l’irrégularité et des palpitations spéciales de cette maladie.

Fig. 4G. — Pouls ondulant.

Le -second tracé, au contraire, donne le type de la maladie avec toute son amplitude et toute sa netteté.

FORMES DES TRACÉS COMPARÉES AVEC LES FORMES TROUVÉES PAR LE TOUCHER ET AVEC LES DONNÉES DE L’AUSCULTATION

Type ondulant. — Chez une femme de 21 ans, en état d’éclampsie puerpéral avec albuminurie, le pouls présentait le caractère qu’on a appelé ondulant.

Pouls filiforme. — Chez un homme à l’agonie et mourant après une longue et progressive inanition... (cancer d’estomac) on recueillit le tracé sphygmographique. En regardant ce tracé, on se rappelle l’expression de : pouls filiforme.

Fi g. 47.

Nous ne donnerons aucune suite à l’idée que nous avions eue d’abord d’accorder les sensations tactiles avec les résultats de l’instrument enregistreur. Ce serait une entreprise difficile. L’expérience sera longue, mais il n’y a nul doute qu’elle n’aboutisse plus tard. Cependant on trouve parfois des tracés auxquels on donne malgré soi et comme par souvenir, des noms empruntés à la vieille nomenclature clinique,

Nous donnons ici l’extrait de deux mémoires dont,les auteurs ont tâché d’accommoder les résultats du sphygmographe avec ceux du toucher et de l’auscultation.

TENTATIVES DE TOUCHER PERFECTIONNÉ ET d’aUSCÜLTATION EN RAPPORT AVEC LES INDICATIONS SPHYGMOGRAPHIQUES DU POULS

Wolff. — Le pouls par le loucher (1).

Le pouls par le toucher. « Ce qui nous frappe d’abord, c’est la fréquence. 11 ne faut pas tâter le pouls dans le premier moment de l’émotion du malade. » L’auteur n’insiste pas sur

(1) Loc. cil.

WOLFF. — LE l'OULS PAR LE TOUCHER.

la grandeur, la célérité, ni la mollesse et autres particularités bien connues. Il s’occupe surtout des sensations qui sont en rapport avec ce que montre la figure graphique du pouls, telles, par exemple, que les ondées secondaires,

« La plus apparente de ces sensations, celle que nous trouvons dans des tracés de pouls recueillis dans les circonstances les plus différentes, c’est que le pouls présente, dans les cas les plus remarquables, trois ondées secondaires (tricrotisme) ; dans d’autres cas, une. seule (dicrotisme), et dans d’autres cas, qui sont les moins favorables, il n’y a aucune grande ondée secondaire (monocrotisme).

« Nous avons vérifié le fait de la façon la plus formelle sur l’artère radiale et l’artère cubitale; aussi, est-ce |sur ces artères que nous devions exercer notre toucher. Comme le pouls cubital est plus grand et qu’il se comporte en général graphiquement comme le pouls radial, on devra s’en tenir, du moins, au commencement, à l’étude tactile du pouls cubital. Pourtant il serait utile de contrôler les résultats d’une artère sur l’autre.

« Conformément à l’apparence de la courbe du pouls radial et du pouls cubital, le pouls cubital et le pouls radial feront éprouver au doigt une sensation de trois, de deux, ou d’une seule secousse. Le pouls normal de ces artères est donc tricrote ; il y a en lui trois chocs qui se succèdent rapidement, dont l’un, suivant la fréquence du pouls, est plus ou moins grand « grande pause, » et qui sont sensibles au doigt.

« La possibilité de sentir ces chocs fugitifs et inconstants, dépend avant tout de la maigreur du bras et de la posture favorable dans laquelle on place le vaisseau artériel pour cet usage. Cette position favorable, c’est dé placer le bras dans un état intermédiaire à la pronation et à la supination avec la main et l'avant-bras légèrement fléchis. Pour examiner le pouls cubital, il est convenable que, pendant que, par exemple, on tâte avec la main gauche le pouls droit de l’individu, autant que possible couché, la main droite tienne l’avant-bras qui repose sur son bord interne et qu’elle le mette lentement dans la pronation et dans la supination, jusqu’à ce que la main gauche ait éprouvé dans quelle position le pouls agit avec le plus de force; il faudra aussi, dans tous les cas, que les trois ou quatre derniers doigts soient placés rapprochés l’un

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