TENTATIVES DE TOUCHER ET D’AUSCULTATION
s ujet est maigre, on entend tout d’abord un bruit de soufflet coïncidant avec le choc principal. Seulement, lorsque la maigreu r n’est pas très-grande (pathologique), que le pouls soit normal ou pathologique, on entendra ce premier souffle, quand l’oreille se sera mise en équilibre avec le stéthoscope et la tête, et aura repris toute son élasticité.
« Le pouce et l’index doivent corriger aussi l’excès de pression de la tête sur l’artère, en relevant légèrement le stéthoscope. Si l’on appuie fortement, le souffle se change en un bruit sourd et profond. Mais il y a d’autres bruits plus délicats. »
Voici la formule de l’auteur :
Dans le pouls cubital commun chez l’homme adulte (chez les gens maigres surtout et chez les convalescents de maladies fébriles graves), on entend les trois souffles musicaux, qui sont fondus ensemble ou séparés, suivant la pression que l’on exerce, et dont la force et le temps correspondent à la grandeur, et à la succession des trois grandes saillies dé la courbe du pouls. Le premier souffle est aussi le plus fort, le plus long, le plus accentué; le second, plus faible et plus court que le premier ; le troisième, égal en force au second, mais un peu plus long que celui ci. Fuis vient une grande pause. Quelquefois, dans les grands pouls, le temps de la grande pause est couvert par un bourdonnement qui disparaît sitôt qu’on appuie un peu plus le stéthoscope.
Le pouls normal des vieillards, présente, en rapport avec les deux hautes pointes et ses deux chocs sensibles au doigt, deux souffles se suivant avec rapidité, dont l’un, le premier, est le plus, fort. En raison de l’épaississement et dû défaut d’élasticité des parois artérielles, non moins que de l’état adipeux des tissus, il faut exercer une pression un peu forte avant de pouvoir entendre le premier soulfle. Quelquefois le premier et le second souffle sont confondus, mais, en pressantunpeu plus, on les entend nettement séparés; le troisième bruit relativement faible, qui est un peu plus éloigné du second que le second ne l’est du premier, ne s entend pas dans le pouls des vieillards aussi constamment que les deux premiers.
Plus le pouls est complètement dicrote, plus est faible le second souffle, qui n’est que comme un annexe du premier, et plus le troisième s’entend vite et fort. Le pouls dicrote complet de la eu-
SANDERSON. — DIFFÉRENTES ESPÈCES DE PODLS. 129 bitale donne deux grands souffles dans le temps des deux grands chocs,' avec une pause proportionnellement courte, de sorte qu’à moins d’avoir l’expérience et le sens du rhythme, on peut douter si l’on n’a pas là le premier et le troisième et non le premier et le second souffle. Si l’on presse un peu plus avec le stéthoscope, le premier souffle devient musical et le troisième est un souffle simple souvent d’un ton très-élevé, etc.
En somme, c’est une méthode qui a donné des résultats sans grande valeur.
Sanderson (de Londres) (1).
M. le docteur Burdon Sanderson a cru pouvoir joindre à ses études sphymographiques, un aperçu de classification des différentes espèces de pouls, en suivant le cadre des anciens auteurs. Il pense que l’on peut conserver quelques-unes des expressions employées habituellement pour désigner les sensations que le pouls fait éprouver au doigt. %
Le pouls serait donc :
1° Fréquent ou rare ;
2° Relativement à la durée de la pulsation, lourd ou vif (Ludwig, Vierordt et autres) ; ■*
3° Suivant le degré de dilatation de l’artère ou de son déplacement, le pouls serait dit grand ou petit ;
4° Il serait suivantla compressibilité de l’artère, dur ou mou.
Quant aux pouls appelés celer et tardas , dont on a tiré des déduction pronostiques et thérapeutiques, et qu’on a attribués à certains tempéraments, l’auteur pense qu’on ferait mieux de des appeler court et long.
Le pulsus frequens celer et parvus appartient à la phthisie et à l’hystérie. Dans la fièvre inflammatoire, le pouls serait frequens , magnus et celer, dans la pléthore, magnus et tardas.
Dans les fièvres éruptives, il serait magnus et mollis ?
(1 \Loc. cil.
Lobais — Pouls
RAPPORTS DU l’OULS EL’ DE LA TEMPÉRATURE.
Wolff(I). — Courbe du pouls radial par rapport à la température dans les maladies. (Pages 40-42.)
L’auteur lente d’établir un parallèle entre la courbe du pouls et l’état de la température du corps. U recommande de faire cet examen dans le même temps, à cause des variations nombreuses et fréquentes qui surviennent d’un moment a l’autre dans la température de certains malades; chez l’adulte, il trouve ce qui suit (p. 41) :
Quand la température d’un homme précédemment bien portant s’élève par hasard de quelques dixièmes de degré, par exemple de 30°, 5 R. à 30°,8, le pouls radial précédemment normal éprouve un premier changement :il dévient incomplètement dicrote; tandis que la température normale de l’homme peut tomber jusqu’à 29° R., sans que le pouls radial dans cet état si différent de la température normale soit altéré, ce qui contraste avec la sensibilité qu’il montre au contraire, sitôt que la chaleur s’élève un tant soit peu au-dessus du maximum normal. Par exemple, que l’on note chez un homme en bonne santé pendant la grande rémission nocturne de la température 29°, 1, et à midi ou le soir 29 J ,9 R., les deux courbes du pouls seront normales et à part de faibles différences de hauteur ou de fréquence, semblables l’une à l’autre ; c’est un fait qui est tout à fait d’accord avec ce qu’on sait déjà de l’étendue des limites de la température humaine. Si maintenant on sphygmographie un homme sain le matin à 29°,7 R., que sa température s’élève ensuite par une cause quelconque, vers le soir, ou à un autre moment à 30°,7, et qu’on trouve en même temps la fréquence de son pouls - augmentée quelque peu, le premier tracé du pouls sera normal, le second au contraire incomplètement dicrote ou, d’en autres termes, sousdicrote (unterdicrot). Cela ne veut pas dire que le pouls unterdicrot commence juste et subitement à 50°,7 R.; j’ai déjà parlé, et je le répète, de la transformation progressive du pouls normal en pouls pathologique. Rien plus, si l’on a la patience d’observer la montée de la température, quelque lente qu’elle soit, sans s’interrompre, on reconnaît que déjà dans le tracé entre 50 ü ,0 et 30°, 1, la seconde ondée secondaire est plus petite, la grande incisure, quelque peu que ce soit, est devenue plus grande que dans le
(1) Loc. cil.
WOLFF. — RAPPORTS DU POULS ET DE LA TEMPÉRATURE. 151 tracé normal, à plus forte raison entre 50°,2 et 50°,3; que la seconde ondée secondaire, environ vers 34°,4 et 30°,5 disparaît, et que la grande incisure est devenue encore plus marquée ; en un mot que le pouls unterdicrot se forme peu à peu et en suivant exactement la vitesse de la montée de latempérature. Il résultede cesrecherches, que, lorsqu’on suit un individu depuis le moment où il est à l’état normal, jusqu’à celui où sa température s’est élevée par exemple de 1° R., et qu’on ait pris une vingtaine de tracés du pouls dans cet intervalle, on n’apercevra aucune différence sensible entre deux de ces tracés pris immédiatement l’un après l’autre ; cette différence apparaîtra au contraire, si l’on examine deux tracés distants l’un de l’autre, et d’autant plus que l'intervalle entre eux sera plus grand. D’une façon générale, on peut dire que le pouls radial, à une température de 50° R. donne un tracé unterdicrot.
C’est tout à fait de la môme manière que se fait le passage du pouls dicrôte bas au dicrote complet, quand la température du malade passe de 31° à31°,8 et que la fréquence du pouls s’élève jusqu’à 100 ; pourtant l’augmentation de la fréquence du pouls donne des chiffres très-différents suivant la fréquence du pouls de l’individu à l’état normal. Lorsque survient le pouls dicrote complet (nu simplement dicrote ), le sommet.de la grande ligne d'ascension est reculé notablement, c’est-à-dire que cette ligne atteint son maximum d’amplitude, et la pointe de la gr ande incisure atteint la base de la courbe ou la dépasse même un peu (fig. 49), tandis que la seconde onde secondaire est encore devenue plus petite.