U2 DE L’EFFORT
C’est pendant les efforts de l'accouchement, dans les derniers moments que l’auteur a fait ses observations. 11 a examiné la pulsation temporale sur un grand nombre de femmes efl* travail et a toujours constaté, dans les efforts muets et prolongés, la suspension des pulsations à la fin de l’effort. Expérimentant sur lui-même, M. F. Guyon a pu soutenir l’effort pendant vingt-cinq secondes et a constaté, à l’aide du sphygmographe, que le pouls radial continuait
battre; seulement, au lieu de soixante-quatre pulsations, on comptait , pendant l’effort, quatre-vingt-quatre battements. L’auteur donne F explication suivante du phénomène, en s’aidant des idées de M. Maignien(l) :
La turgescence des corps thyroïdes, jointe à l’action des muscles pendant l’effort, serait la cause (Le:ce phénomène; ce fait èst encore rendu plus probable chez les femmes en couches par le développement exagéré que subit le corps thyroïde pendant la grossesse(2).
Dupuy. —- Influence de la respiration sur le uouls (o).
U existe, comme l’a démontré Marev, deux types respiratoires bien tranchés, l’un thoracique et l’autre abdominal. Le type thoracique nous offre une diminution de pression pendant l’inspiration, puis la ligne d’ensemble du tracé remonte dans l’expiration. Le type abdominal donne lieu à des effets directement inverses.
U’après Marey, toute gêne au passage dé l’air â travers les voies respiratoires augmente les influences thoraciques. En respirant,'la
(1) Maignien, Des usages des corps tyroïdiens dans l'espèce humaine et chez- les mammifères, AUI (Comptes rendus de l'Acad. des sciences, t. XIV, p. 75 ; t. XVI, p. 1200).
(2) La respiration est particulièrement gênée chez les femmes enceintes. Le développement du corps thyroïde, le refoulement du diaphragme par la distension du ventre, le pléthore, un état fréquent de congestion pulmonaire, sont des causes qui, en dehors de l’effort du travail de l’accouchement, contribuent à gêner la circulation. ( Voy , notre chapitre des Femmes enceintes et accouchées.) (Note de l'auteur.)
(3) Paul Dupuy, Rapports généraux des mécanismes circulatoire et respiratoire (extrait de la Gazette médicale de Paris, 1867).
INFLUENCE DE Là RESPIRATION SUR LE POULS. U5
bouche et l’une des narines fermées, on obtient le premier type de pouls.
Normal. | Inspiration I Exmration.
Fig. 7F. — Type thoracique.
Mais on peut également reproduire le même type par une inspiration énergique, qui donne les résultats suivants :
Normal. I Inspiration. I Expiration.
Fig. 72. — Type thoracique.
Le type abdominal donne lieu à des effets inverses. Si, au lieu d’une inspiration d’inlensifé médiocre, on contracte le diaphragme avec énergie pour donner au thorax le plus de capacité possible, la forme du tracé se modifie :
Fig. 73. — Type abdominal.
Dans le type abdominal, comme dans le type thoracique, la pulsation diminue, puis disparaît en même temps que la tension artérielle augmente.
Donc l’effort d’inspiration donne, relativement à la ligne d’ensemble du tracé, deux résultals inverses, suivant qu’on procède par une inspiration brusque et profonde (type thoracique.), ou bien par une inspiration plus lente, mais accompagnée d’une contraction énergique du diaphragme (type abdominal).
D’après d’autres observations du même auteur, la suspension de la respiration multiplie le nombre des pulsations, et ces pulsations