‹ Études de médecine clinique faites avec l'aide de la méthode graphique et des appareils enregistreursChapitre 45 sur 101 · DE L’EFFORT · texte numérisé non relu

DE L’EFFORT

offrent une amplitude inversement proportionnelle à leur fréquence ; en quoi il diffère d’opinion avec Marev, qui pense que l’arrêt de la respiration produit un ralentissement des battements du cœur et une diminution de leur intensité 1 .

M. Marey s’exprime ainsi à la page 291 de son livre:

« Toute gêne au passage de l’air à travers les voies respiratoires augmente les influences thoraciques et produit, en conséquence, l’ascension de la ligne d’ensemble du tracé 'pendant l’expiration , sa descente pendant l’inspiration. Cet effet s’observe lorsqu’on respire par une seule narine. Toute gêne à l’ampliation de l’abdomen produira l’effet inverse : l’ascension de la ligne d’ensemble au moment de l’inspiration , sa descente pendant l’expiration. Il suffit, en général, de tenir la bouche ouverte et de faire des mouvements respiratoires d’une grande ampleur, pour voir les influences abdominales devenir prédominantes. »

M. Marey pense même que le tracé sphygmographique pourra fournir des indications sur le siège de l’obstacle qui gêne la respiration, et à déterminer si cet obstacle se trouve dans les voies respiratoires ou dans la région diaphragmatique. •

Le ralentissement du pouls dans Yeffort (glotte fermée) amène, ainsique l’a montré M. Marey, des modifications dans le tracé du pouls. Les battements du cœur peuvent même momentanément s’arrêter sous l’influence delà respiration. (Voir dans le livre deM. Marey, Le tracé du pouls, p. 301.)

(1) Journal deVanatomie et de la physiologie, 18G5, p. 424. '

POULS DE LA CONVALESCENCE

POULS DE LA CONVALESCENCE

11 devient moins nécessaire aujourd’hui qu’autrefois de faire des prédictions par le pouls. Aussi n’interroget-on guère l’artère radiale pour savoir si la convalescence s’annonce. La connaissance de l’évolution des maladies et les moyens dont nous disposons aujourd’hui pour le diagnostic de toutes les phases d’un procès morbide, nous dispensent de consulter la forme et le rhytlime du pouls. Le chiffre du pouls nous suffit. On sait qu’il décroît et tombe même au-dessous de la normale pendant les premiers jours qui suivent la défervescence ou chute des phénomènes thermiques.

Quant à la forme du pouls, elle n’a guère été étudiée chez les convalescents. Les derniers travaux parus sur ce sujet ne présentent aucun caractère nouveau. Ayant recueilli depuis plusieurs années, un grand nombre de fois, le tracé du pouls des convalescents, j’y ai observé assez souvent des caractères particuliers que je décris

A. Le pouls de la convalescence est irrégulier. — Nous le prouvons par différents types de pouls recueillis dans la convalescence de diverses maladies aiguës ; cette irrégularité porte sur plusieurs éléments :.elle n’atteint généralement que le rhvthme; c’est-à-dire que la fréquence y est variable, mais qu’on n’y voit pas habituellement d’intermittences, ni surtout de systoles avortées. Cette irrégularité s’observe surtout cl\ez les sujets qui ne sont pas avancés en âge ; le tracé 74 a été recueilli chez un jeune homme de 19 ans

Loraik. — Pouls. 10

i46 • . IRRÉGULARITÉ DU POULS,

pendant la convalescence d’un rhumatisme articulaire aigu ; on peut voir sur co court tracé trois faits différents

1° Pouls à peu près normal quant à sa forme et quant à sa fréquence.

2° Au milieu, grand ralentissement.

3° A la fin, pulsations submirantes et précipitées.

Fig. 74. — Convalescence de rhumatisme.

Le tracé 75 appartient à un homme en convalescence de fièvre intermittente; on remarquera seulement les différences qui existent ici dans la fréquence des battements, et, par conséquent, dans la longueur de la ligne diastolique.

Fig. 75. — Convalescence de fièvre intermittente.

Chez un sujet âgé de 19 ans, convalescent d’une angine tonsillaire, le pouls présentait la môme irrégularité, , c’est-à-dire que le rhythme y,était variable. On remarquera ici que la ligne verticale ou systolique est d’autant plus haute, que la pulsation qui la précède a. été plus prolongée et que l’artère, par conséquent, a eu le temps de se vider plus complètement. La tension dès lors étant nulle, Fondée sanguine ne rencontrera pas d’obstacle ét fera parcourir au levier du sphygmographe un plus grand espace'(fig. 76). '

POULS DE LA CONVALESCENCE. 147

Depuis plusieurs années, nous avons eu l’occasion de vérifier, un grand nombre de fois, ce fait de l’irrégularité du pouls dans la convalescence des maladies aiguës fébriles.

Fig. 76. — Convalescence d’angine.

B. Irrégularité avec intermittence du pouls. — Chez un homme âgé de 58 ans, exempt de toute maladie du cœur, le pouls pendant une pneumonie avait le caractère dicrote franc et étaitparfaitement régulier ; pendant la convalescence, il devint irrégulier et intermittent. L’intermittence peut être définie : suppression d’une pulsation. C’est un trouble plus accentué que ne l’est la simple irrégularité du rhythme. On la rencontre plutôt chez les sujets avancés en âge.

Fig. 77. — Pouls fébrile de la maladie.

Ces faits ne sont pas sans valeur. Ils nous permettent d’échapper à la banalité courante, à ces notions vagues qui entretiennent le médecin dans une fausse

POLYGROTISME.

sécurité.; Nous^pouvons donc dire quand commence la convalescence, et cela avec certitude. Que le malade ait une température au-dessous delà moyenne, un pouls lent et irrégulier, cela nous suffit ; il est convalescent, quand bien meme les signes locaux de sa maladie persisteraient dans une certaine mesure. Au lieu de ces éléments de science, que trouvons-nous dans les auteurs qui suivent la tradition sans contrôle? Nous y trouvons relatées la lenteur et la faiblesse du pouls. Cela ne suffit pas.

C . Le pouls de la convalescence n’est faible que chez les sujets épuisés et qui ne se réparent pas vite.

Fig. 79.

Il faut s’entendre sur la valeur du mot faible. Le pouls peut être à la fois faible et petit, faible et grand, etc.: Ce qu’il faut dire, c’est que le pouls, chez les sujets convalescents, ne cesse pas en général d’être ample, et qu’il donne, chez les sujets épuisés seulement, un tracé où les ondulations sont peu élevées. Mais il en est tout autrement quand les sujets ne sont pas exsangues, ainsi qu’on peut le voir par les tracés qui précèdent.

D . Le pouls de la convalescence est polycrote. (Voy. plus liaut les travaux allemands sur le polycrotisme.)

Fig. SO. — Pouls d un jeune homme de 18 ans,' convalescent d’une fièvre typhoïde. '

POULS DE LA CONVALESCENCE

Fig. 81. — Pouls polycrote chez un homme convalescent- d’un rhumatisme articulaire aigu sans lésion du cœur.

Fig. 82. — Convalescence de variole (pouls polycrote) .

Nous pourrions multiplier beaucoup ces exemples en prenant des cas dans toutes les maladies aiguës. Nous avons dû nous borner à ne reproduire qu’un petit nombre d’exemples des faits que nous citons, et nous avons choisi les tracés les mieux caractérisés, parmi de très-nombreuses courbes sphygmographiques recueillies par nous.

Ainsi le pouls des convalescents a trois caractères :

1° Lenteur; -

2° Irrégularité;

3° Polyerotisme.

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