FIÈVRE INTERMITTENTE. I
Quelquefois, cependant, les trois stades, frisson, chaleur, sueur sont bien positivement accusés par le sphygmographe (accroissement progressif de l’amplitude), ainsi que le montrent les trois tracés suivants, recueillis pendant un accès, chez un homme âgé de 40 ans.
Fig. 100. — Sueur.
Il est important pour le diagnostic de reconnaître, dans l’intervalle des accès, c’est-à-dire en l’absence de toute manifestation morbide, que l’on est au lendemain et probablement à la veille d’un accès. On ne trouve pas toujours, en pareil cas, la rate grosse, ni les signes de l’anémie et l’on ne peut pas toujours examiner les urines. En l’absence de tout autre signe, le tracé du pouls peut quelquefois fournir un renseignement qui n’est pas sans valeur. Or, dans ce cas, le pouls est lent, à forte tension et tricrote ou polycrote; ce qui indique ou la convalescence d’une maladie aiguë, ou que l’on est au lendemain d’une fièvre intermittente. Le tracé suivant a été recueilli dans ces circonstances (le cœur battait 52 fois par minute). Nous
avons pu ainsi contrôler Passertion du malade et prédire l’accès prochain.
Fig. 101. — Jour intercalaire.
On comprend facilement de quelle importance, au point de vue de la thérapeutique, serait un pareil renseignement dans le cas de fièvre intermittente pernicieuse.
Les prédictions par le pouls ne sont donc pas un vain mot. Les anciens croyaient le fait possible, et ils tentaient de le réaliser à l’aide des seules indications fournies par le toucher. Leur imagination devançait le temps. Ce qui n’était qu’imaginaire alors peut être démontré scientifiquement aujourd’hui.
Pneumonie. — On peut se placer à des points de vue divers pour étudier le pouls de la pneumonie, soit que l’on observe les troubles apportés à la respiration et par suite à la circulation, soit que l’on étudie la marche de la fièvre et du processus morbide.
Dans une pneumonie régulière, à évolution normale et légitime, le pouls . marque lés différentes phases de la maladie'^ Rarement il est donné à l’observateur d’assister au début, de la maladie, c’est-àdire au frisson initial, qui doit donner au pouls une apparence toute spéciale. Nous ne pouvons point fournir d’exemple se rapportant à ce type; mais on peut toujours étudier le pouls dans les trois états suivants :