HÉMORRHAGIE PUERPÉRALE
et le lendemain le pouls offrait l’apparence suivante (ces faits confirment l’opinion de M. Marey relativement à la tension artérielle) :
Fig. -22S.— Pouls après une hémorrhagie.
Une hémorrhagie artificielle (saignée abondante au bras) peut également modifier le pouls ; mais le cas est plus complexe, ici, attendu qu’il s’agit d’une éclampsie et que le pouls avant la saignée était peut-être anomal et modifié par l’état cérébral : la saignée sembla restituer simplement au pouls ses caractères normaux un peu exagérés toutefois.
Fig. 229. — Pouls vingt-quatre heures après Faccouchement.
Fig, 230. — Douze heures, après la saignée-
l.a perte de sang ne relève le pouls qu’à la condition den’être pas trop abondante ; si la déplétion est telle que la quantité du sang en circulation soit trop diminuée, le pouls devient petit ; il peut même devenir in-
212 PUERPÉRALITÉ.
sensible ; le tracé suivant a été recueilli vingt-quatre heures après l’accouchement chez une femme qui avait perdu de 2 à 3 litres de sang.
®Eig. 231. — Après une hémorrhagie grave.
Hémorrhagie par insertion du placenta sur l'orifice.
La représentation graphique du pouls en pareil cas vaut mieux que toute description et donne l’idée la plus nette du drame morbide.
En regardant les tracés suivants, on assiste aux péripéties qui se succèdent, et l’on voit la mort survenir.
D’abord le pouls est petit, mais il y a encore du sang suffisamment ; puis survient un grand désordre de la respiration avec une énorme diminution de la quantité du sang en circulation. Enfin l’hémorrhagie est telle, qu’il n’y a plus de pouls, la malade meurt.
Voici* en quelques mots l’observation : Une femme fut amenée à l’hôpital Saint-Antoine par une sagefemme chez laquelle elle était soignée depuis trentesix heures pour une hémorrhagie utérine survenue au terme de la grossesse ; on avait tenté d’arrêter cette hémorrhagie à l’aide de la glace. Je reconnus que la grossesse était à terme, que le fœtus était mort, que le placenta était, inséré sur l’orifice, lequel permettait l’introduction de la main. Je pris aussitôt le tracé du pouls, et sans plus tarder j’arrachai le placenta, saisis le fœtus par les pieds et l’amenai au dehors. L’utérus fut vigoureusement frictionné, il revint mal
HÉMORRHAGIE PAR DÉCOLLEMENT DU PLACENTA. 215 sur lui-même ; l’opération avait été faite à neuf heures et demie du matin; à dix heures et demie, la femme, épuisée par la perte de son sang survenue tant avant que pendant l’opération, succombait sous nos yeux.
Les derniers tracés sont tout à fait horizontaux, autrement dit nuis. Les vibrations qui existent sur la dernière figure sont le produit de la contraction musculaire d’un aide qui comprimait l’aorte de la malade. (L’instrument est si sensible qu’il reproduit les moindres chocs ou mouvements imprimés au corps des malades.)
Fig. 232. — Dix minutes avant l’opération.
Fig. 235. — Cinq minutes après l’opération.
Fig. 234. — Pouls nul.
Fig. 255.— Au moment de la mort.
Le pouls battait avant et après, 104. Dans les grandes hémorrhagies, le pouls, contrairement à ce que 1 on croit généralement, n’a pas toujours une très-grande fréquence.
Les maladies aiguës du cerveau modifient le pouls. — Dans un cas A’albuminurie, avec coma et délire , chez un homme de 45 ans, le pouls offrait des irrégularités dont les unes consistaient en une sorte d’ataxie des
Fig, 236. — Albuminurie avec délire .
battements du cœur ; les autres résultaient des tremblements musculaires.
Fig. 237. — Tremblement musculaire.
La méningite aiguë peut présenter, surtout au début, des difficultés sérieuses pour le diagnostic. On peut facilement la confondre avec d’autres affections, surtout avec la fièvre typhoïde.