‹ Études de médecine clinique faites avec l'aide de la méthode graphique et des appareils enregistreursChapitre 88 sur 101 · POULS VEINEUX · texte numérisé non relu

POULS VEINEUX

le retrait de l’artère ni dans le relâchement du ventricule. Mais elle correspond précisément au temps où se fait la diastole de l’oreillette; elle doit donc résulter de l’afflux rapide du sang veineux dans cette cavité relâchée, afflux qui désemplit aussitôt les veines voisines du thorax; 4° enfin le second affaissement (E) survient un peu après la diastole du ventricule (K) , et il ne peut bien s’expliquer que par l’appel nouveau que cette diastole opère sur le sang contenu dans l’oreillette et qui, de proche en proche, se transmet jusqu’aux veines du cou.

Le tracé que nous venons d’analyser a été pris sur une femme en couches de l’hôpital Necker, dont le pouls, très-ralenti, battait seulement 40 fois par minute. C’est celui-là que j’ai choisi pour vous le présenter d’abord, parce que cette lenteur extrême-est singulièrement favorable àl’étude des coïncidences que je voulais établir. Ceux que j’ai obtenus, dans d’autres cas du même genre, sont tout à fait identiques.

Au demeurant, il n’est besoin d’aucun état pathologique pour que les battements de la veine jugulaire se dessinent avec la netteté et avec tous les détails que nous ont montrés les tracés précédents. Je vous apporte en preuve celui-ci que j’ai pris sur moi-mêmè.

Fig.'425. — A, Réplétion progressive de la veine; B, Systole de l’oreillette; C, Systole-du ventricule; D, Diastole auriculaire; E, Diastole .ventriculaire. ;

Les éléments de la courbe y sont un peu plus pressés, parce que mon pouls a plus de fréquence que celui des malades sur lesquels j’avais recueilli les tracés précédents; mais ils ont la même forme, se montrent dans le même,ordre ét sont aisément reconnaissables. Ainsi on y remarque en A, le soulèvement lent que produit la réplétion progressive de la veine; en B, le soulèvement brusque du à la systole de l’oreillette; en C, celui de la systole du ventricule ; en D, l’affaissement de l’aspiration auriculaire ; en E, celui de l’as*

DU MÉCANISME DES SOUFFLES VEINEUX, piralion ventriculaire, c’est-à-dire précisément tout ce que. nous avions rencontré en analysant les tracés fournis par les jugulaires des femmes en couches ou des ictériques à pouls très-ralenti.

Voyons maintenant quels sont les rapports de ces mouvements avec les frémissements et les souffles.

%° Le. frémissement, que l’on sent en posant légèrement le doigt au-dessus de la clavicule sur le trajet des vaisseaux du cou, est parfois continu et souvent intermittent; c’est dans ce dernier cas qu’il nous intéresse surtout ici. Quand on l’observe attentivement et principalement sur soi-même, on peut constater qu’une inspiration énergique et soutenue le renforce s’il était faible, ou tend à le rendre continu s’il était intermittent ; qu’une expiration forcée l’arrête à l’instant ; que, dans certains cas, une pression légère pratiquée au-dessus du point qu’on explore peut le faire apparaître ou le renforcer, tandis qu’une pression un peu plus forte l’éteint abso- •lument. Preuves positives, si on les médite avec attention, qu’il s’agit là d’un phénomène veineux et que ce frémissement ne siège nullement dans l’artère. Parfois même, il est possible de constater, d’une façon parfaitement évidente, que lé frémissement intermittent se produit au moment précis où la veine se déprime et s’affaisse, et qu’il est simple ou double, de même que l’affaissement auquel il correspond. Or, il est évident de soi-même et surabondamment prouvé, je crois, par les faits exposés plus haut, que l’affaissement de la région Occupée par la j ugulaire interne correspond à un appel du sang vers la cavité de la poitrine, d'où il résulte qu’à ce moment, le courant s’accélère dans cette veine: Il y a donc tout lieu de penser que l’accélération du courant centripète est la véritable cause du renforcement que le frémissement éprouve à ce moment-là. J’ose même dire (si les faits que j’avance ont été, comme je le pense, bien observés) qu’il ne saurait y avoir pour ce fait une autre interprétation rationnelle.

5° Le souffle coïncide avec le frémissement, se montre dans les mêmes circonstances, se manifeste dans le même point et avec les mêmes variétés de rhythme. Comment ne pas reconnaître à ces deux phénomènes une inême cause et un même mécanisme ? Comment douter que l’interprétation applicable à l’un le soit également bien à l’autre ? La vraisemblance est au moins très-grande. Cependant cette preuve par induction ne pouvait ici suffire; j’en ai

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