EMPOISONNEMENT. - MÉDECINE LÉGALE
Médecine légale (1).— D’après la description donnée par Ilirtz ( loc . cil.), les effets de la poudre de feuilles de digitale à dose toxique seraient les suivants : « Au bout de vingt-quatre à trente-six heures, nausées et vomissements, prostration, pâleur du visage; le pouls devient légèrement intermittent, se précipite au moindre mouvement et, après quelques oscillations, se ralentit de. 15 à 20 pulsations. Le pouls reste plusieurs jours ralenti (la température, momentanément abaissée de 1 et 2°, se relève promptement en vingt-quatre heures). Si la dosé, a été plus forte les accidents sont plus marqués; tendance à la syncope; le pouls, d’après Traube, descend à 50 et même à 50. La pâleur de la face et la sensation de froid persistent plusieurs jours. » •
Dans un cas publié par Oulmont et où la dose était excessive, il y avait douleur de tète, pâleur du visage, vertiges, dilatation de la pupille, battements dé cœur , forts et énergiques, pouls fort et dur , non dépressible, irrégulier , intermittent, de 50 à 38 pulsations.
Un cas d’empoisonnement par la digitale. — Une infirmière âgée de 26 ans éprouva, le 10 décembre 1867, les symptômes d’un empoisonnement; elle eut des vertiges, un malaise indéfinissable-et elle vomit abondamment (26 fois en dix-huit heures). On
(1) Nous renvoyons le lecteur, pour Ta connaissance dès effets de la digitale et surtout de la digitaline à doses toxiques, aux remarquables articles Digitale du dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, far M. Tardieu, 1869, et de l’Étude médico-légale et clinique sur Vempoisonnement, par M. Tardieu et M- Z. Roussin, 1867. L’observation que nous rapportons ici n'apporte dans la question qu’un élément nouveau: la sphygmograpbie.
ne put rien savoir ni du mode d’empoisonnement, ni du moment précis où il avait eu lieu. On suppose que cette femme but la substance toxique dissoute dans une fiole de vin de quinquina, vers six heures du matin. Ce n’est qu’à onze heures, toutefois, qu’elle ressentit un malaise caractérisé, et qu’elle commença à vomir. Le malaise alla.croissant, jusqu’au soir. Aucun médicament ne fut administre à la malade. Un jeune médecin auquel elle parla de son état, lui tâta le pouls vers six heures du soir et constata qu’il battait 54 fois par minute. Tel était l’état des choses, le 10 décembre, dans la soirée. Si l’on avait réfléchi dès lors, à la singularité de ces 54 pulsations par minutes, peut-être eût-on poussé l’enquête plus loin. En effet, il n’y a pour ainsi dirô^pas d’exemple d’une personne ne présentant que 54 systoles du cœur par minute, à six heures du soir, c’est-à-dire au moment dé la plus grande accélération du pouls (oscillation diurne). Ce ralentissement anomal du pouls fut donc constaté le 40 au soir. „
Dans la nuit du 10 au 11 décembre, il y eut encore quelques vomissements. Le 11, à neuf heures et demie du matin, nous vîmes cette femme. Elle présentait le faciès abdominal (nez effilé, cercle profond à la base des paupières)/ elle se sentait faible et hors d’état de marcher. Son pouls nous frappa tout d’abord par deux caractères :
1° Ralentissement;
2° Intermittences ou irrégularités;
Le sphygmographe nous donna des tracés très-inté-
EMP01S0NNEMEM. — MÉDECINE LÉGALE. a ,
ressauts. L’auscultation du cœur faisait reconnaître ces intermittences ou suspensions dehattements dont nous venons de parler. Nous donnons ici un tracé du pouls normal et habituel de cette femme, afin de montrer ensuite quelle était, la déviation de ce type normal, au moment dont nous parlons :
Le tracé, çi-dessus appartient à cette femme; il a été pris après la guérison (le pouls est régulier et bat 72 fois par minute).
Le, I l au matin, le pouls-ne battait que 54 fois et il présentait, en outre, un type si particulier, si spécial, que l’on ne pouvait s’empêcher de faire aussitôt une supposition : à savoir que celte femme avait absorbé une dose considérable de digitale; on remarque sur les tracés qui suivent et qui tous ont été recueillis le 11 décembre, dans la matinée, que le pouls est : .
1° Lent;
2° Irrégulier.
Cette irrégularité consiste en une pulsation qui intèrvient après quatre autres, lesquelles sont normales et égales entre elles, tandis que cette pulsation anomale est prolongée et en vaut deux, c’est-à-dire occupe autant d’espace sur le papier, que s’il y avait 2 pulsations ordinaires. C’est un mode d’irrégularité réglée, qui peut être appelée palpitation intermittente, ou inter-
mittenee du pouls. Ici il ne semble pas que cette lungue pulsation soit composée d’une systole double, dont
la première serait avortée ; il semble. j| non pas avortement, mais suppression systole.
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Le soir, à cinq heur.ës;il s'était ration notable dans Petat général.
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diminué, et la malade n’ava ^ejjfois.
Son pouls battait'SÜ foîs-pdr minüté et présentait par là un caractère; qiiksq ; rf®pr^^it ^^n^g^^^’état normal ; les Epf egj ^ j 1
Il y avait .flpar séries, tantôt leqtes s ,..taçtô i t ; rapjdes. ;Jl y-^vjaitjdusieurs types, plusieurs variétés, ainsi qu’on le verra.ci-dessous. Le pouls était chanqeant: d’un moment à l’autre il donnait des tracés différents, quoiquercpmparables par certain côté ; il n’v avait plus, dn moins cette lenteur anomale, ni ces longues intormillences, qui avaient été notées au. début, ou, si elles„se présentaient quelquefois, elles étaient du moins plus rares. En un mot, le type morbide, du matin, tendait à se déformer et à perdre une partie de ses caractères, f