‹ Études de médecine clinique faites avec l'aide de la méthode graphique et des appareils enregistreursChapitre 96 sur 101 · ItfMOS ’DB '-EA 4 WGM«f.E ; MlMÉIdït · texte numérisé non relu

ItfMOS ’DB '-EA 4 WGM«f.E ; MlMÉIdït

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aux méthodefejfga§^^9qft9B^9^1fcj&)}s{Bir§iqnM dès résuUaJyHmt\nsufbjants e t 1 ’on s|e\qbiquejinsi que La rit d’opinions différentes et même contradictoires puissent être émises relativement à des phénomènes

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mesurables â l^aîcfe dès appareils enregistreurs. Ainsi

il ne devrait plus être question, en une pareille matière, de Y opinion ni de Yautorité de quelques per r sonnes, mais on devrait mettre les observateurs en demeure de fournir la preuve irréfutable des faits qu’ils avancent avec plus ou moins de probabilité. On s’explique, du reste, les divergences d’opinions relatives à l’action de la digitale, le caractère de cet agent thérapeutique étant précisément de donner lieu à dès manifestations variées. Il est donc important de déterminer exactement par le graphique ceS différentes espèces de variations. Dans un procès récent, les savants appelés en témoignage, relativement à l’action de la digitale, ont émis des propositions qui semblaient établir une contradiction entre quelques-uns d’entre eux. On soutenait que la digitale ralentit le pouls, que Ja digitale accélère le pouls; qu’elle amène des désordres, des irrégularités dans la circulation. Ce qu’il aurait fallu dire, c’est que tous ces effets peuvent se rencontrer sur le même sujet, à quelques moments d’intervalle.

La série qui suit fournit un exemple de ces variations rapides :

Un homme de 45 ans, affecté d’une insuffisance mitrale, présentait, au moment de son entrée à l’hôpital, lé pouls petit, irrégulier et assez fréquent, propre à cette affection.

Fig. 442. — Insuffisance mitrale.

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Fig. 446. — Quatrième tracé : Deux miuutes après.

Nous croyons devoir multiplier les exemples de ces variations du pouls chez un même sujet soumis à l’action de la digitale.

Un homme âgé de 30 ans, et atteint d’une insuffisance mitrale, fut soumis a l’action de la digitale ; son pouls, au début, était fréquent, et inégal quant à la force des battements :

Fig. 447. — Pouls avant la digitale.

Après une dizaine de jours de traitement, le pouls tombait au chiffre 54, et présentait une notable irrégularité dans le rhythme :

T’ig. 448. — Digitale.— Pouls'très-ralenti. ■

Q*y le même jour, et à quelques minutes d’intervalle, le pouls changeait complètement de caraetèré-: il était devenu très-régulier et assez fréquent, à tel

point qu’on pouvait à peine croire que ces deux:tracés

provinssent du même individu.

Chez ce malade, le grand ralentissement n’était pas constant et régulier ; du reste, il atteignait, par moments, les limites extrêmes; c’est-à-dire que si toutes les pulsations avaient été aussi lentes, on n’en aurait pas compté plus de 15 ou 20 par minute. Or, dans ce cas il n’v avait point les systoles cardiaques intermédiaires et avortées dont nous avons parié plus haut; on s’en assurera par la vue du tracé suivant :

i-'ig. 450. — Extrême lenteur sans régularité.

Que la digitale trouble le coeur et amène des irrégularités du pouls, cela n’est pas contestable. Cependant le fait est difficile à démontrer sur des malades qui Ont déjà une maladie du cœur, parce qu’en général ces maladies s’accompagnent de certains troubles dans la régularité et dans le rhythme (surtout, comme on le sait, dans les cas d’insuffisance mitrale). Il faut donc prendre un sujet qui n’ait pas de palpitations avec intermittences ou irrégularité du pouls, et voir si la digitale amène chez lui ce genre de perturbation. On peut, à la vérité, administrer légitimement la digitale à des malades atteints de fièvre typhoïde, de pneumonie ou de toute autre maladie aiguë fébrile ; mais nous ne parlerons pas ici de ces cas, et nous nous en tiendrons encore aux affections du cœur traitées par

la digitale. Or, dans ces cas mêmes, on peut fournir la preuve du trouble apporté à l'action du cœur par cet agent thérapeutique.

Parmi les formes de cette excitation perturbatrice, nous distinguerons deux catégories :

1° L’irrégularité simple ou inégalité des pauses avec accélération;

2° L’irrégularité régulière ou rhythme géminé : 2 pulsations, dont la seconde est suivie d’une pause trèslongue dans laquelle on peut croire que se confond une systole cardiaque tout à fait avortée.

Dans un cas d’empoisonnement de nature inconnue chez une femme, j’ai pu diagnostiquer l’intoxication par la digitale, grâce à ces troubles caractéristiques du pouls, et l’enquête prouva la réalité du fait. (Voir plus loin.)

Chez un malade âgé de 51 ans et qui présentait un état d’anémie et d’anasarque, avec un simple dédoublement du premier bruit du cœur à la pointe, sans antécédent rhumatismal, la digitale fut*administrée. '

Le pouls initial, avant l’action du médicament, était régulier et sans autre caractère qu’un léger degré de sénilité.

Fig. 451. — Pouls d’un homme de ni ans.

Après un usage de plusieurs jours de la poudre de digitale à dose de 0 gr ,50, le pouls était troublé, tantôt

offrant une vitesse ordinaire, tantôt accéléré et irrégulier ou inégal.

Fig. 452. — Action de la digitale. — Irrégularité du pouls.

Puis apparut le pouls géminé dont la signification est si importante en pareil cas :

Fig. 455. — Pouls géminé ou bigéminé

La saturation existait; on cessa l’usage du médicament.

Nous avons rencontré fréquemment le pouls géminé ou couplé , par suite dé l’action de la digitalé.

Chez une femme âgée de 57 ans, et affectée d’irisuflisance mitrale, le pouls était fréquent et inégal ; l’irrégularité n’y obéissait à aucun rhythme.

Fig. 454 — Pouls deTinsuffisance mitrale.

La digitale (poudre de feuilles) fut administrée pendant trois jours consécutifs à la dose de 0 gr ,50 chaque fois; le pouls fut ralenti, agrandi, et prit le rhythme

Un homme, âgé de 42 ans et affecté d’une maladie du cœur avec anasarque, fut traité pendant plusieurs jours par la digitale à la dose de 25 centigrammes en vingt-quatre heures. L’autopsie montra un état athéromateux très-marqué de l’aorte et des grosses artères; les valvules sigmoïdes de l’aorte présentaient quelques végétations non indurées ; le cœur était trèshvpertrophié et très-dilaté; l’orifice mitral était trèsélargi, mais sans induration de la valvule. Le tumulte des bruits du cœur pendant la vie ne permettait pas de se rendre un compte exact de la nature des lésions, par l’auscultation.

Ce qu’il importe de montrer, c’est que le pouls ne présentait d’abord ni irrégularité, ni intermittences ; c’était, à proprement parler, un pouls normal :

. Fig. 43t5: — Pouls initial.

Après un traitement de quatre jours par la digitale, le pouls était agrandi, sans cesser d’être régulier :

Fig. 457. — Agrandissement par la digitale.

On continua l’administration du médicament, et.

le septième ; jouir, le pouls présentait l’irrégularité rhythmée, jdite;géminée :

Fig. 458. — Action de là digitale. — Fouis géminé."

En d’autres moments apparaissait le type ingéminé.

L’irrégularité du pouls que nous appelons géminée (bi-géminée, Traube) peut se rencontrer quelquefois dans des cas où elle n’est point justifiée par l’état anatomique du cœur, ni par l’absorption de la dose de digitale, nous l’avons rencontrée chez un tuberculeux, âgé de 58 ans.

Fig. 4ày.

Une femme, âgée de 47 ans, entra à l’hôpital pour une maladie du cœur consistante une hypertrophie avec souffle au premier temps à la pointe; elle avait de llariasâ^qùë; On lui administra la poudre de feuilles de. digitale à la dose dé 0 gr ,40 pendant plusieurs jours.

Son pouls, avant l’usage du médicament, ne présentait aucun caractère anomal, il était régulier.

Fig. 4i

La digitale modifia considérablement; les tracés ; le pouls fut ralenti, agrandi, et il devint irrégulier. On voit sur les deux tracés qui suivent, la preuve de l’état ataxique et convulsif du cœur :

Fig. 461. —Pouls troublé par la digitale.

Fig. 462. — Pouls troublé par la digitale.

11 y a parfois de véritables convulsions du cœur : tantôt ce sont des contractions précipitées coup sur coup et sub-intrantes, tantôt un état tonique pendant lequel le tracé descend lentement et très-bas, par la vacuité absolue des artères, ce qui rend plus ample la diastole artérielle qui suit, et plus grand le tracé des pouls. D’autres fois, il y a des systoles cardiaques avortées et à peine indiquées sur le tracé (fig. 462). .

Parmi les différentes actions que la digitale exerce sur le pouls, les plus constantes, assurément, sont le ralentissement et l’agrandissement qui ne manquent pas, alors même que les autres feraient défaut. Cet agrandissement des tracés est surtout sensible lorsqu’on emploie la digitale dans le cours d’une maladie aiguë fébrile qui tend déjà à donner plus d’arri •

plitude aux pulsations. Tel est le cas du rhumatisme articulaire aigu.

Chez un jeune homme de 18 ans, atteint d’un rhumatisme articulaire aigu, la digitale fut administrée à •haute dose (0 gr ,50 de poudre par jour, pendant cinq jours). Son pouls avait sous cette influence acquis une amplitude énorme.

Fig, 463. -— Pouls agrandi par la digitale.

Fig.' 464. — Action de la digitale.

Quelqùes jours après le pouls était revenu à son volume normal.

Fig. 465. — Pouls normal.

Nous donnons ici'plusieurs séries de tracés pris suides malades chez lesquels la digitale a amené les divers troubles de circulation que nous avons signalés plus haut.

Une femme âgée de59 ans présentait les signes d’une insuffisance et d’un rétrécissement aortiques. Sur le premier tracé, recueilli avant l’usage de la digitale.

on remarquera surtout les signes propres au rétrécissement aortique. (Voir le chap. du rétrécissement aortique,)

Fig. 466. — Pouls avant la digitale.

Le deuxième tracé montre la force du cœur accrue, l’ascension verticale, et le plateau bien formé; il y a en outre, un ralentissement très-accusé et quelques irrégularités dans la fréquence; à ce moment, la malade avait pris, pondant trois jours de Suite, la poudre, de digitale à la dose de 25 centigrammes :

Fig. 467. —Action de la. digitale.

Le médicament étant continué, il survint une véritable ataxie du cœur : ....

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Fig. 468. — Ataxie du cœur par la digitale. (Cardiographie,)..

Chez un homme atteint d’hypertrophie du cœur avec palpitations, on entendait un souffle peu intense au deuxième temps et à la base ; pourtant le pouls n’offrait pas les caractères de l’insuffisance aortique. La fréquence très-grande des pulsations fut calmée par l’administration de la digitale ; mais alors

survinrent les irrégularités (pouls géminé et trigéminé).

. ; Fig- *?0. — Poul§ après.la digitale.

Fig. 471. — Pouls bigêminé et trigéminé.

Nous avons dit que le pouls, dans les cas où la digitale a été administrée, est très-mobile et variable. Il suffît en effet d’une'ëmôtion, d'un mouvement violent pour l’accélérer extrêmement et lui faire perdre tous ses caractères spécifiques.

Un malade âgé de 45 ans, et atteint d’insuffisance aortique (diagnostic clinique), mourut subitement. A l’autopsie on trouva le cœur doublé de volume; l’aorte était dilatée et fortement athéromateuse; les valvules sigmoïdes présentaient des végétations anciennes, et d’autres récentes, et de plus, l’état fenêtré. Pendant la vie on recueillit plusieurs tracés sphygmographiques. Le malade était à ce moment sous l’influence de la digitale; or dans la même journée on'obtint des tracés fort différents. •

Le premier tracé fut pris alors que le malade venait

de '.marcher.; son pouls était très-fréquent et dîerote, semblable à celui d’un fébricitant. 11 semblait parfaitement régulier. Cependant si l’on examine le tracé attentivement, on verra que les pulsations sont un peu inégales, et tendent à se grouper deux à deux. Chacun de ces tracés du pouls est accompagné d’un tracé cardiographique pris au même moment.

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Fig. 473. — Cœur après la marche.

Dans un autre moment, alors que le malade reposait tranquillement dans son lit, le tracé du pouls et celui du cœur donnaient le plus pur type du pouls géminé ou disystolique.

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