‹ Études de médecine clinique faites avec l’aide de la méthode graphique et des appareils enregistreurs; Le pouls, ses variations et ses formes diverses dans les maladiesChapitre 114 sur 117 · G0 WOLFF · texte numérisé non relu

G0 WOLFF

« Si l'on a cependant de la patience avec cette sorte de malades, si l'on éloigne tout ce qui les empêche d être tranquilles , on peut voir, après quelques tracés mal venus, le pouls se calmer, prendre une fréquence et un type en rapport avec le retour du repos, le bras devenir souple, la tête retomber en arrière, et assez souvent le malade, sommeiller et devenir aussi souple de corps qu'il était roide et contracté auparavant.

« Je vais maintenant indiquer un moyen de rendre les paralytiques dans le sens le plus étendu du mot, faciles à l'observation ; c'est de les mettre au lit plusieurs heures d'avance et de réchauffer par de bonnes couvertures, leurs extrémités qui deviennent si facilement froides et bleues ; je développerai plus loin ce point de vue. »

L'auteur explique le mécanisme du sphygmographe. Il préfère pour diverses raisons, le papier noirci et le style, au papier blanc et à la plume. 11 cite diverses modifications faites soit par lui, soit par Czermak au sphygmographe de Marey.

Il reproche au papier de ne pas bien adhérer à la bande de laiton, etc.; il maintient la nécessité d'un ressort au milieu pour assujettir le papier, etc.

« Lorsque la plaque est préparée, on cherche le meilleur moment, sans rien changer à l'attitude du bras, sans parler, sans faire paraître aucun signe d'impatience ni d'étonnement ; car les impressions mal contenues du médecin agissent, ainsi que le confirmera quiconque a jamais usé attentivement du sphygmographe, d'une façon si profondément perturbatrice sur le malade (surtout s'il est soumis à l'opération pour la première fois), que le pouls devient petit, souvent même ne se marque plus, et prend un type en rapport avec le trouble momentané du sujet. Pour se débarrasser de ces signes d'excitation initiaux et pour ainsi dire inévitables, on opère méthodiquement, jour par jour, régulièrement dans les mêmes conditions extérieures, et en peu de temps, souvent à la fin de la première séance, on remarquera comment l'émotion de la nouveauté s'émousse, jusqu'à ce qu'elle disparaisse complètement, de sorte qu'on arrive à distinguer aussitôt dans les tracés du pouls les conditions d'excitation ou d'affaissement résidant en la maladie elle-même. On diminuera de beaucoup l'émotion causée par l'opération chez les malades qui la subissent pour

la première fois, en les tenant dans la société des autres malades. J'ai examiné ainsi depuis plusieurs années, tous les jours, entre sept et neuf heures du matin et de cinq à sept heures du soir en moyenne de 8 à 12 malades, les uns pendant des mois, les autres pendant des semaines, ou quelques jours, et je reviens à eux de temps en lemps afin, par ce moyen, de soumettre peu à peu tous ou presque tous les malades à* ce contrôle de leur santé. J'ai toujours un certain nombre de malades qui régulièrement sont soumis à l'opération matin et soir et qui y sont tellement habitués qu'ils ne s'en émeuvent aucunement et s'étonnent même quand on ne les y soumet, plus. Ceux-là forment pour ainsi dire le noyau ; on commence toujours l'opération par les anciens malades, de façon que, par leur exemple, ils agissent sur les nouveaux ; ceux-ci prennent connaissance de ce qui les attend, voient qu'ils n'ont rien à craindre, et qu'on en a d'autant plus vite fini que l'on se tient plus tranquille.

« Quand le chariot a exécuté sou parcours et que le tracé est fini, on place la plaque dans un vase dépoli (dépoli, pour que la plaque ne glisse pas au fond), on remonte le mouvement d'horlogerie, on place une nouvelle plaque et l'on rectifie la position dérangée pendant les différentes phases de l'opération précédente. Fuis on tire un nouveau tracé et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on n'ait plus rien à reprendre à la perfection technique du tracé. Avant de finir la séance, je me hâte de prendre le chiffre des pulsations, et alors seulement je permets aux malades de s'asseoir et de parler. Il suffit, en effet, que le malade veuille parler pour que déjà la fréquence de son pouls change.

« La disposition du malade à exprimer un désir, à faire une observation, principalement les impressions et son altention qui est de plus en plus éveillée et surtout l'effort qui précède ou qui suit une émotion ou une excitation intérieure, tout cela se. traduit dans le pouls d'une façon infaillible. Un observateur, qutlque instruit qu'il soit d'ailleurs de la variabilité du pouls, quelle que soit l'habitude qu'il ait d'en apprécier par le toucher toutes les modifications de fréquence, de grandeur, de dureté, sera cependant extraordinairement étonné de l'influence puissante que l'émotion exerce souvent tout d'un coup sur le pouls chez celui qui se voit pour la première fois le sujet d'une semblable expérience.

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