‹ Études de médecine clinique faites avec l’aide de la méthode graphique et des appareils enregistreurs; Le pouls, ses variations et ses formes diverses dans les maladiesChapitre 47 sur 117 · MODIFIANT LA FORME ET LA GRANDEUR DU POULS · texte numérisé non relu

MODIFIANT LA FORME ET LA GRANDEUR DU POULS

insuffisamment nourri, fut amené à l'hôpital et nourri copieusement; sou pouls prit bientôt de l'ampleur,

Kig. 55. — Pouls au moment de l'entrée.

Fig. 5b. — l'ouls du troisième jour

Le pouls est souvent irrégulier au réveil.

Chez un hommeatteini d'ictère, le pouls, habituellement régulier, devenait irrëgulier au moment même du réveil

Fig. 57. — l'ouls ordinaire.

Fig. 58 — l'ouls au moment du réveil.

Influence de la taille sur le pouls. — Il faut tenir compte de la taille et de la race des hommes dans la question de l'amplitude du pouls. Nous avons trouv

136 IMFLUliINCES DIVERSES.

plusieurs fois le pouls très-ample chez des sujets de haute taille, principalement chez des Flamands.

Fig. 59. — l'ouls d'un homme haut de 0 pieds (adulte).

Les influences qui peuvent l'aire varier le pouls sont innombrables. Un expérimentateur a recherché l'action que pouvait avoir la douleur sur la forme du pouls.

Mantegazza. — Expériences faites sur l'homme avec le sphygmographe de Marey (1).

Tout en se réservant de faire quelques expériences sur les animaux, pour mesurer avec un hémodynamomètre la force des contractions du cœur sous l'influence de la douleur, l'auteur a voulu voir si le sphygmographe de Marey pourrait indiquer un caractère qui démontrât graphiquement quelque différence entre le pouls normal et le pouls d'un homme chez lequel on provoquerait dans ce hut une douleur intense. La méthode employée par l'auteur consista à appliquer l'instrument sur l'artère radiale et à recueillir l'expression graphique du pouls normal. Subitement, il provoqua sur l'autre main du sujet en expérience une douleur intense et qui pouvait à peine être tolérée, et ainsi produisit une déformation du pouls. « Je tentai, dit l'auteur, d'observer, avec le sphygmographe, le pouls pendant la douleur ; mais ces observations ne sont pas possibles, parce que la volonté la plus forte ne suffit pas à maintenir immobiles les muscles pendant une souffrance trèsintense, et que les indications graphiques données alors par Ffai-

(1) Mantegazza, Delhi azzione del dolore salla calorifwazione et sui moli del cuore, Ricerche sperimentali del professore Paolo Mantegazza. Milano, tipogr. e libr. <ii Gius. Chiusi, 1®86.

- INFLUENCE DE LA DOULEUR SUR LE l'OULS. 157

strument expriment les contractions musculaires plus que les pulsations de l'artère.

« J'eus alors recours à de nouvelles expériences. »

D'après les tableaux donnés par l'auteur, on voit que la douleur tantôt accélère un peu, tantôt ralentit le pouls ; c'est ce dernier cas qui paraît le plus commun. Peut-être faut-il tenir compte de l'appréhension qui accélérait la vitesse des battements avant la douleur (?).

Les tracés sphygmographiques donnent le pouls avant et après la douleur. — Ces tracés indiquent en général un pouls plus petit après la douleur.

Fig. 00. — Pouls normal.

Fig. 00 bis. — Après la douleur.

Il est à craindre que l'instrument n'ait été dérangé par les mouvements involontaires du patient.

Élévation du bras comme moyen d'agrandir les tracés du pouls. — Cette méthode empruntée à la pratique usuelle en ce qui concerne le pouls de Corrigan, peut être transportée avec quelque utilité aux pouls de toutes les espèces. Nous nous en sommes servi quelquefois. M. R. Lépine a fait, sur cet intéressant sujet, une série de recherches dont il n'a pas encore publié les résultats. Il nous convient de laisser à cet observateur distingué le mérite et la nouveauté de ses recherches et de ne rien emprunter à un travail inédit dont nous avons eu connaissance. Nous ne donnons les tracés suivants recueillis par nous qu'à titre de spécimen.

Chez une femme chlorotique et convalescente de

138 DE L'ELEVATIOiN DU BRAS.

pleurésie, le pouls pris horizontalement puis verticalement donne les deux tracés ci-joints. Le tracé supérieur appartient à la verticalité.

Kig. 01. — liras vertical.

Pie. ti"2. — liras horizontal.

La théorie de ce fait est facile à donner. Dans le cas d'horizontalité, la pression est ce qu'elle doit être, et, l'ondée sanguine étant faible, le déplacement du levier à chaque systole du cœur est très-minime, d'où résulte un pouls petit.

Lorsque, au contraire, le bras est tenu en l'air, il n'y a plus de sang dans la partie supérieure de Tarière radiale; pendant l'intervalle des systoles cardiaques, Par 1ère est vide ; il n'y a donc pas seulement tension faible, mais tension nulle, vacuité du conduit. Dans ces conditions, charpie poussée ventriculairc lance l'ondée1 dans le vide, et de ce choc résulte un pouls très-grand.

L'émotion qui fait battre fortement le cœur, chez les chlorotiques affaiblies et anémiées, peut changer subitement la forme et l'amplitude du pouls, mais non pas à un degré aussi élevé que le fait l'élévation verticale du bras.

La position verticale amplifiant les tracés chez les malades atteints d'une affection organique du cœur avec hyperthrophie et faiblesse des battements permet

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