‹ Études de médecine clinique faites avec l’aide de la méthode graphique et des appareils enregistreurs; Le pouls, ses variations et ses formes diverses dans les maladiesChapitre 48 sur 117 · COMME MOYEN D'AGRANDIR LES TRACÉS DU POULS · texte numérisé non relu

COMME MOYEN D'AGRANDIR LES TRACÉS DU POULS

une analyse plus facile des caractères du pouls; chez un malade atteint d'insuffisance mitrale, le bras horizontalement placé donnait ce tracé :

Ëig. 03. — Tracé horizontal.

Placé verticalement il donnait un tracé très-araplifié.

l'V- 04. — Tracé venical.

Le pouls ainsi amplifié est plus facile à analyser et Ton peut, par ce moyen, éclairer le diagnostic.

Lorsque le pouls est tellement petit qu'on a peine à en reproduire le tracé, si l'on élève le bras, lesphygmographe y étant placé, le tracé peut être notablement amplifié, (ihez une femme atteinte d'hypertrophie avec palpitalions, le cu'ur battant 1 5(3 fois par minute on obtint les deux tracés suivants, l'un avec le bras horizontal :

Tig. 05. — Bras horizontal.

L'autre avec le bras vertical.

rig. 00. — liras verlical.

140 Wi L'EFFORT.

L'effwl modifie le pouls. — Le pouls varie suivant une foule de circonstances en apparence insignifiantes : l'effort qui consiste dans une contraction du diaphragme et des muscles du tronc avec arrêt de la respi ration produit un effet analogue à celui qu'on obtient par la compression de l'aorte. Chez une femme en couches, atteinte de rétention d'urine, et chez laquelle on avait placé une sonde dans la vessie, l'effort pendant l'écoulement de l'urine a modifié singulièrement le pouls. Il est devenu plus ample, plus lent et a pris un plateau ascendant qui marque la résistance éprouvée par le cœur.

Fig. 07. — Pouls avant la.miclion.

Fig. 08. — Pouls pendant la miction.

Le pouls influencé par la respiration chez les femmes enceintes. — L'oppression est un fait commun chez les femmes enceintes ; elle est quelquefois purement mécanique et résulte de la difficulté que le diaphragme éprouve à se mouvoir; elle peut être d'ailleurs accrue par un état d'engouement pulmonaire accusé par des râles sibilants. Cette gêne respiratoire qui est souvent confondue avec la bronchite motivait jadis la saignée

ARRÊT DE LA ClIîCU LATION . 141

que l'on pratiquait si fréquemment chez les femmes enceintes.

Le pouls, dans ces cas, a de la fréquence, et le sphygmographe enregistre à la fois les mouvements de l'artère radiale et les mouvements respiratoires qui s'inscrivent sous forme de courbes ou festons; de sorte (\uo la ligne suivant laquelle sont tracés les battements du pouls cesse d'être régulièrement horizontale et forme des inégalités où l'on reconnaît facilement les courbes de la respiration.

l'ïg. Gy. — Pouls d'une femme enceinte de sept mois.

Vig. ri0. — Pools d'une femme enccinle de huit mois.

Félix Gutco», — Note sur l'arrêt de0 la circulation carotidienne pendant l'effort prolongé (1).

L'auteur a déjà signalé ("2), en 1861, l'arrêt du pouls dans l'artère temporale pendant un effort violent et prolongé. Pendant ce temps, le pouls radial s'affaiblit et s'accélère. On observe le môme arrêt du pouls dans d'autres branches de la carotide (faciale, coronaire labiale), et même dans la carotide au niveau de ses collatérales au-dessus du bord du cartilage thyroïde.

(1) Félix Guyon, Archives de physiologie. Paris, 1SGS. n" 1 , p. 56. . i ("2) Société de biologie.

142 DE L'EFFOHT.

C'est pondant tesefloFts de l'accouchement, dans les derniers moments que l'auteur a fait ses observations. Il a examiné la pulsation temporale sur un grand nombre de femmes en travail et a toujours constaté, dans les efforts muets et prolongés, la suspension des pulsations à la fin de l'effoi t. Expérimentant sur lui-même, M. F. Guyona pu soutenir l'effort pendant vingt-cinq secondes et a constaté, à l'aide du spbygmograpbe, que le pouls radial continuait

battre; seulement, au lieu de soixante-quatre pulsations, on comptait, pendant l'effort, quatre-vingt-quatre battements. L'auteur donne l'explication suivante du phénomène, en s'aidant des idées de M. Maignien(l) :

l.a turgescence des corps thyroïdes, jointe à l'action des muscles pendant l'effort, serait la cause de ce phénomène; ce fait est encore rendu plus probable chez les femmes en couches par le développement exagéré que subit le corps thyroïde pendant la grossesse (2).

Dituy. — Influence de la respiration sur le vouh (5).

Il exisle, comme l'a démontré Marey, deux types respiratoires bien tranchés, l'un thoracique et l'autre abdominal. Le type thoracique nous offre une diminution de pression pendant l'inspiration, puis la ligne d'ensemble du tracé remonte dans l'expiration. Le type abdominal donne lieu à des effets directement inverses.

D'après Marey, toute gène au passage de l'air à travers les voies respiratoires augmente les influences thoraciques. En respirant, la

(1) Maignien, Des mages des corps tyroïdiens dans C espèce humaine ci chez- les mammifères, 1842 {Comptes rendus de l'Acad. des sciences t. XIV, p. 75; t. \YI, p. 1200).

(2) La respiration est particulièrement gênée chez les femmes enceintes. Le développement du corps thyroïde, le refoulement du diaphragme par la distension du ventre, le pléthore, un état fréquent de congestion pulmonaire, sont des causes qui. en dehors de l'effort du travail de l'accouchement, contribuent à gêner la circulation. (Voy. notre chapitre des Femmes enceintes et accouchées.) (Note de l'auteur.)

(5) Paul Dupuy, Rapports généraux des mécanismes circulatoire ci respiratoire (extrait de la Gazelle médicale de Paris, 1807).

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