RHUMATISME ARTICULAIRE
fércnt quant au sommet qui est beaucoup moins aigu. (Purpura hemnrrhagica chez un homme âgé de 51 ans.)
Le cœur participe fréquemment au rhumatisme ainsi que Bouillaud nous l'a a ppris ( I ), et le pouls s'en ressent naturellement. Chez un homme de 54 ans, entré à l'hôpital, le \ 5 mars 1 869, pour un rhumatisme articulaire aigu généralisé, la plupart des séreuses furent atteintes successivement : articulations, plèvres, péricarde et peut-être l'endocarde lui-même ; il y eut des accidents cérébraux qui montrèrent que les méninges avaient eu leur part du rhumatisme. Les signes physiques delà péricardite étaient positifs (frottements). Le pouls n'accusait pas cette lésion du péricarde; car, au moment où elle était le plus marquée, il ne présentait que la forme banale de la fièvre (fréquence et dicrotisme). Il n'est pas possible, en voyant ce tracé de pouls, de dire à quelle affection particulière il appartient (fièvre ou phlegmasie).
Fig. 138. — Pouls de péricardite.
Cependant vers les derniers temps de la maladie,
au moment de la convalescence, alors que tout bruit
anomal du cœur avait disparu, le pouls présenta des
irrégularités très-remarquables : il avait des intermit-
(1) Bouillaud, Traité clinique des fhaladies du cœur, 1841. — Traite clinique (lu rhumatisme articulaire, 1840.
tences survenant tantôt après deux battements, tantôt après trois battements.
Pig. 139. — Type à deux battements.
Fig. 140. — Type à trois battements.
Pendant la convalescence définitive, le pouls devint lent et polyerote, comme c'est l'habitude.
Fig. 141. — Pouls de la convalescence.
Méningite rhumatismale ; irrégularité du pouls comme élément de diagnostic. — Dans la pratique, il importe de reconnaître les premiers signes d'un état cérébral grave dans le rhumatisme articulaire aigu. Quelquefois, il y a un délire peu apparent ou intermittent, qui peut passer inaperçu. Si le pouls présente de l'irrégularité et des intermittences, il faut s'arrêter à ce signe important et penser à un rhumatisme cérébral. C'est ce qui arriva dans le cas suivant : une femme de 26 ans, entrée à l'hôpital Saint-Antoine pour un rhumatisme articulaire aigu, fut examinée avec le thermomètre et avec le sphygmographe, pendant toute la durée de sa maladie. L'irrégularité du pouls se montra, pour la première fois un matin, et les tracés sphygmo-
MÉNINGITE RHUMATISMALE. 177 graphiques, qu'on trouvera plus loin, donneront une juste idée de ce Irouble circulatoire, lequel persista seulement pendant vingt-quatre heures. On pouvait se demander si ce trouble du pouls ne provenait pas du cœur.
L'auscultation, qui n'avait du reste cessé d'être pratiquéevne montra point d'endocardite. En interrogeant les fonctions cérébrales, on reconnut de suite que la malade avait tous les signes propres au rhumatisme méningé à son début. Si l'on examine les tracés qui suivent, ou verra que :
1° Les irrégularités ne sont pas constantes;
2U Qu'elles consistent tantôt dans nue intermittence complète, tantôt simplement dans une systole avortée.
La première pulsation de la ligure supérieure est lente, tandis que les autres sont fréquentes (irrégularité).
Dans la ligure intérieure de cette même planche (liw2), toutes les pulsations sont égales (l'irrégularité n'est pas constante).
Fig. 142.
Fi». 143. — Dans celle figura 143, on voit une systole avortée.
Louai». — Pools. 12
Ces deux tracés diffèrent par quelques caractères, mais ils sont semblables par le caractère essentiel qui est l'intermittence. On voit ici deux choses sur lesquelles nous attirons l'attention du lecteur :
1° La nécessité de recueillir un grand nombre de tracés pour obtenir tous les caractères qui se produisent dans le pouls d'une façon intermittente (il est à désirer que les médecins soient pourvus, le plus tôt possible, d'un enregistreur du pouls à indications prolongées) ;
2° Qu'il faut négliger, dans les tracés du pouls, une analyse trop subtile des détails et s'attacher surtout aux caractères les plus apparents et les moins contestables.
Envisagée de ce point de vue, la sphygmographie, alors même qu'elle serait taxée de moyen empirique, n'en rendrait pas moins de grands services dans la pratique.
îctère. — Le pouls de l'ictère est souvent lent et par conséquent dépourvu de dicrotisme franc. On y remarque quelquefois des particularités plus dignes d'intérêt. Cè pouls est en général ample et fort, et ressemble parfois au pouls des vieillards et à celui des femmes en couches.
Ictère simple.
IGTÈRIi. 17!»
Celle ressemblance est encore plus frappante si l'on comprime Paorte (fig. 145).
Fig. 145. — Compression de l'aorte.
Sur un homme atteint d'un ictère simple, on est étonné de voir que le pouls offre les mêmes caractères que celui des femmes en couches; mais on est en droit de se demander si les modifications, survenues dans la circulation hépatique, ne sont pas analogues à celles qui surviennent dans la circulation utérine; ce qui est certain, c'est qu'ici il n'y a nulle lésion du cœur, et que cependant le pouls offre une forme anomale qui se rapporte tout à fait à celle de la puerpéralité.
Analyse de celle déformation : 1° Agrandissement de la pulsation ; 2° plateau large; 5° ascension verticale, formant même un crochet ; 4° la compression de l'aorte exagère encore cette disposition en même temps qu'elle ralentit le pouls.
Il n'est pas impossible que le foie dans l'état d'hépatite cesse de fournir un diverticulum au sang et (pic par là soit accrue l'ondée systolique.
Iclère grave. Pouls irrégulier. — Dans le cours d'une maladie grave encore insuffisamment connue et dont les suites sont à peu près constamment mortelles (l'ictère grave), j'ai rencontré sur deux malades différents l'irrégularité du pouls consistant soit dans des
systoles du cœur avortées, soit dans des intermittences franches, comme on le voit dans la ligure suivante (146).
Kig, 1 ili. — l'ouls irrégulier de l'ictère grave.
Il n'y avait dans ce cas-ci, ni méningite, ni affection du cœur. Je signale le lait simplement no pouvant l'expliquer i
L'explication est possible dans lo cas suivant.
Chez une femme de 51 ans, qui était entrée à l'hôpital Saint-Antoine pour un ictère grave auquel elle a succombé, il y avait des palpitations de cœur et une notable irrégularité du pouls.
On trouva à l'autopsie, outre la lésion hépatique, un œdème considérable des méninges et un commencement de méningite. Le pouls était très-irrégu lier (lig. 147).
Fig. 147. — Pouls irrégulicr de l'ictère grave.
Cependant le fait en lui-même étant admis, à savoir que l'ictère, dans ses formes graves, à L'état aigu, peut donner lieu à une irrégularité très-notable du pouls, il n'est pas habituellement possible d'en donner une explication plausible. Il n'en reste pas moins acquis (pie c'est là un signe clinique positif. On ne saurait