‹ Études de médecine clinique faites avec l’aide de la méthode graphique et des appareils enregistreurs; Le pouls, ses variations et ses formes diverses dans les maladiesChapitre 61 sur 117 · CHOLÉRA · texte numérisé non relu

CHOLÉRA

irrégulière, que l'ordre de ces oscillations y est souvent troublé : à peine peut-on compter en trouver vestige à la période algide; mais sitôt que se montre une tendance à un retour vers l'état normal, ou un mouvement réactionnel, alors on voit apparaître ces oscillations.

La connaissance de cet ordre de faits est d'une réelle importance, quand on veut apprécier sainement la valeur des changements survenus du matin au soir dans les signes objectifs que présente une maladie. 11 faut connaître et les oscillations qui se font à l'état physiologique, et les limites dans lesquelles doit légitimement se faire l'oscillation diurne dans telle ou telle maladie arrivée à certaine période., Quelques praticiens, peu habitues à voir leurs malades deux fois par jour, sont surpris de trouver, le soir, une augmentation de chaleur et de circulation, qu'ils appellent à tort aggravation, et contre laquelle ils sont quelquefois tentés de faire une intervention thérapeutique; il a pu arriver que cette recrudescence légitime du soir fût traitée d'intermittence morbide. Il y a, comme on le voit, intérêt à étudier cette question.

Dans le choléra, alors que cette maladie marche vers une solution heureuse, l'ataxie est moindre et le pouls marque des oscillations diurnes trèsnettes(l).

(1) M. le docteur J. Besnier a donné d'excellents tracés graphiques du pouls recueillis chez les cholériques, et distingué les formes nerveuses, asphyxique, asysltffiquè, typhique (Arch. gén de mcd., septembre et octoltëe 1800, et thèse inaugurale. Paris 1807).

170 LE IK3ULS DAtNS CERTAINES MALADIES AIGUËS.

La fréquence du pouls étant un élément variable et trompeur dans le choléra, il faut apprécier non pas seulement la fréquence, mais encore la forme du pouls; c'est ce que le sphygmographe permet de l'aire facilement. Voici un tracé du matin et un tracé du soir, pris sur un malade le môme jour. Les températures étaient, le matin :

Rectum 37». 0

Aisselle 55°.<S

Bouche 5t}°,<i

Le pouls avait une fréquence modérée et une ampleur suffisante.

Fig. 1 27 . — Pouls du matin.

Le soir, les températures étaient un peu plus élevées.

Rectum 57°. 4

Aisselle 5G°,'2

Rouche 50", 8

Et le pouls avait un peu plus de fréquence et d'ampleur.

Fig. 128. — Pouls du soir,

Autre exemple : un malade, sorti de la période algide et entré depuis trente-six lieures dans la période

UHUM VTISME ARTICULAIRE. 171

de miction, présentait les températures suivantes, le 18 août 1800, à neuf heures du matin :

Rectum 38°, 8

Aisselle 58°, 2

Bouche 38 v2

Voici le tracé de son pouls pris au même moment :

Fig. 129. — Pouls du matin.

A la visite du soir (5 heures), nous trouvions les températures plus élevées :

Rectum. "5&>,$

Aisselle 38°,fl

Bouche 38°. i

Et le pouls modifié dans sa fréquence, qui était accrue de 10 pulsations, et dans sa forme (dicrotisme).

Fig. 130. — Pouls du soir.

Rhumatisme articulaire aigu. — L'étude du pouls dans cette maladie offre un intérêt particulier, en raison de l'atteinte portée au cœur par le rhumatisme. On s'attend à trouver dans le cours de cette maladie, des désordres notables de la circulation. Il faut bien le dire, cette attente est trompée le plus souvent, attendu que les endocardites rhumatismales sont souveni lêgàrtee cl passagères. Celles qui persistent ne

Wi LE POULS DANS Œl! I AINKS MALADIES AIGUËS.

donnent lieu quelquefois que beaucoup plus tard à des troubles circulatoires.

La péricardite altère si peu le pouls dans l'immense majorité des cas que le sphygmographe n'est habituellement d'aucune utilité dans le diagnostic de cette maladie.

Fip. 131. — Pouls de péricardite.

Dans le cours du rhumatisme articulaire aigu , le pouls est surtout remarquable par son extrême amplitude et par le crochet dû à la brusque contraction du ventricule, principalement lorsque la fluxion rhumatismale s'est portée sur le cœur, ainsi que le montrent les tracés 152 et 155 :

î ; «J. ' . W> 'nuilnui oujin nu îitf

Le dicrotisme y est souvent tres-açeysé. Dans la cou-

RiîUMAtISMÈ ARTICULAIRE. 17Ô

valesceiîce, le pouls devient lent et tricrote ou polycrote, tout en conservant son amplitude.

Fig. 134. — Convalescence.

Les trois tracés qui préeèdenl ont été recueillis, pendant le cours d'un rhumatisme articulaire aigu, chez le même malade.

Voici un pouls pris sur un autre rhumatisant et qui peut servir de type de pouls fébrile offrant les quatre caractères suivants :

1° Assez grande fréquence; 2° Grande amplitude et sommet aigu; S" Montée verticale très-marquée; i" Dicrotisme très-accusé.

Fig. 135.

— Pouls ample des rhumatisants.

Ce malade était âgé de 54 ans.

Sur un autre malade âgé de 33 ans, au vingtième jour d'un rhumatisme articulaire aigu avec fluxion

m LE POULS DANS CERTAINES MALADIES AIGLES.

cardiaque, nous avons recueilli le Iracé suivant, qui est comme la reproduction exacte du précédent.

Fig. 136. — Pouls ample des rhumatisants.

On peut admettre, pour expliquer l'extrême amplitude de ces pouls, une tension très-faible en rapport avec les sueurs profuses de rhumatisants ; mais il n'en faut pas moins admettre ici l'action directe du cœur, atteint par le rhumatisme et doué d'une énergie spéciale par l'état morbide dont il est directement affecté.

Peut-être l'extrême acuité du sommet, la brusque descente sont-elles une preuve suffisante delà grande perméabilité du système capillaire, ainsi qu'on peut le supposer d'après l'état de la peau, chez les rhumatisants ; en effet, si nous prenons par comparaison un pouls d'anémie pure avec fièvre, c'est-à-dire de trèsfaible tension, mais avec un état autre des capillaires, nous trouvons un tracé analogue, quant au dicrotisme, quant à la fréquence et quant à l'ampleur, mais très-dif-

Fig. 157. — Purpura hemorrliagica.

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