MANIE PUERPÉRALE
Fig. 222. — N° 4, sixième jour, retour à l'état normal.
Éclampsie. — Le pouls des femmes éclamptiques n'a rien de spécial, si ce n'est qu'il reproduit les caractères propres à l'état de grossesse ou à l'état de suites de couches, témoin le tracé suivant recueilli sur une femme éclamptique accouchée depuis trente heures et qui avait subi, deux heures après l'accouchement, une saignée modérée du bras.
On reconnaîtra ici la grande amplitude, la montée verticale, le crochet et le plateau du pouls de la femme en couches; seulement la fréquence est accrue.
Fig. 223 — Pouls d'une éclamptique.
Quelquefois le tracé sphygmographique, chez les éclamptiques, marque à la fois les grands soupirs et l'agitation des muscles de rayant-bras.
Fig. 22i. — Pouls d'une éclamptique.
Manie puerpérale. — Il n'y a point, à proprement parler.de troubles de la circulation spéciaux dans la
LORAIN. — POOIS. 14
210 PUERPÉRALITÉ.
manie puerpérale; cependant il peut se faire qu'en pareil cas il y ait à la fois troubles cérébraux et ataxie respiratoire: tel est le cas d'une femme de 28 ans atteinte de manie puerpérale six jours après son accouchement.
Les tracés suivants représentent bien cet état d'ataxie.
Fig. '22o. — Manie puerpérale.
Fig. 226. — Manie puerpérale.
Hémorrhugie puerpérale . — L'hémorrhagie, chez une femme en couches, diminue la tension artérielle, fait disparaître les caractères physiologiques propres au pouls de la nouvelle accouchée, et amène : 1° la fréquence; 2" le dicrolisme franc; 5° diminution delà tension (pouls semblable à celui de la fièvre).
Le premier tracé a été pris sur une femme de 27 ans aussitôt après l'accouchement :
Fig. 227. — Aussitôt après l'accouchement.
Dans la journée il se lit une hémorrhagie abondante
HÉMORRllAGfE PUERPÉRALE. 2H
et le lendemain le pouls offrait l'apparence suivante iccs faits confirment l'opinion de M. Maréy relativement à la tension artérielle) :
Fig. l2'23. — l'ouls après une hémorrhagie.
Une hémôrrhagie artificielle (saignée abondante au bras) peut également modifier le pouls; mais le cas est plus complexe, ici, attendu qu'il s'agit d'une éclampsie et que le pouls avant la saignée était peut-être anomal etmodilié par l'état cérébral: la saignée sembla restituer simplement au pouls ses caractères normaux un peu exagérés toutefois.
l'ig. '229. — l'ouls vingt-quatre heures après l'accouchement.
fig, 250. — Douze heures après la saignée.
fa perte de sang ne relève le pouls qu'à la condition de n'être pas trop abondante; si la déplétion est telle que la quantité du sang en circulation soit trop diminuée, le poids devient petit; il peut même devenir in-
m PtlERPÉBALITÉ.
sensible; le tracé suivant a été recueilli vingt-quatre heures après l'accouchement chez une femme qui avait perdu de 2 à 3 litres de sang.
Fig. 231 . — Après une hémorrhagie grave.
Hémorrhagie par inserli<»t du placenta sur ïorifice.
La représentation graphique du pouls en pareil ras vaut mieux que toute description et donne l'idée la plus nette du drame morbide.
En regardant les tracés suivants, on assiste aux péripéties qui se succèdent, et l'on voit la mort survenir.
D'abord le pouls est petit, mais il y a encore du sang suffisamment ; puis survient un grand désordre de la respiration avec une énorme diminution de la quantité du sang en circulation. Enfin l'hémorrhagie est telle, qu'il n'y a plus de pouls, la malade meurt.
Voici en quelques mots l'observation : Une femme fut amenée à l'hôpital Saint-Antoine par une sagefemme chez laquelle elle était soignée depuis trentesix heures pour une hémorrhagie utérine survenue au terme de la grossesse ; on avait tenté d'arrêter cette hémorrhagie a l'aide de la glace. Je reconnus que la grossesse était à terme, que le fœtus était mort, que le placenta était inséré sur l'orifice, lequel permettait l'introduction de la main. Je pris aussitôt le tracé du pouls, et sans plus tarder j'arrachai le placenta, saisis le fœtus par les pieds et l'amenai au dehors. L'utérus fut vigoureusement frictionné, il revint mal
IIÉMORRHAGIE PAR DÉCOLLEMENT DU PLACENTA. 215 sur lui-même ; l'opération avait été faite à neuf heures et demie du matin ; à dix heures et demie, la femme, • puisée par la perte de son sang survenue tant avant que pendant l'opération, succombait sous nos yeux.
Les derniers tracés sont tout à fait horizontaux, autrement dit nuls. Les vibrations qui existent sur la dernière figure sont le produit de la contraction musculaire d'un aide qui comprimait l'aorte de la malade. (L'instrument est si sensible qu'il reproduit les moindres chocsou mouvements imprimés au corps des malades.)
Fig. 232. — Dix minutes avant l'opération.
Fig. 233. — Cinq minutes après l'opération.
Fig. 234. — Pouls nul.
Fig. 255. — Au moment de la mort.
Le pouls battait avant et après, 104. Dans les grandes hémorrhagies, le pouls, contrairement à ce que l'on croit généralement, ira pas toujours une très-grande fréquence.