‹ Études de médecine clinique faites avec l’aide de la méthode graphique et des appareils enregistreurs; Le pouls, ses variations et ses formes diverses dans les maladiesChapitre 76 sur 117 · PLOMB, MERCURE, CHARRON, TABAC, ALCOOL ; TREMBLEMENTS MUSCULAIRES · texte numérisé non relu

PLOMB, MERCURE, CHARRON, TABAC, ALCOOL ; TREMBLEMENTS MUSCULAIRES

M. Marey a donné dans son ouvage une ligure représentant le tracé du pouls chez un homme. atteint de coliques de plomb (p. 545, loc. cit.). « Dans la colique de plomb, dit-il, nous avons rencontré un très-grand nombre de ibis une forme singulière du pouls, forme dont la figure (251) donne les caractères les plus constants. »

Dans ce tracé, la montée est presque verticale, le sommet assez aigu, et le tricrotisme très-accentué; la seconde ondée est presque sur le même niveau que le sommet du pouls.

Une étude minutieuse de l'intoxication saturnine nous a permis de reconnaître au pouls, dans cette maladie artificielle, plusieurs caractères nouveaux. Outre la forme spéciale figurée dans les tracés fournis par M. Marey, et que nous nommerons : pohjcrolnmc exagéré, ce pouls présente souvent :

Une grande amplitude avec un sommet large et arrondi, un trembrement spécial très-commun, cl cepen-

Lorai.w — Pouls. 15

dant pou connu ou méconnu, ce qui nous permet de dire qu'il existe un tremblement plombique comme il existe un faemhlement rrytrcuriel; une irrégularité qui indique l'ateie du cœur et celle des poumons. Quant à l'encéphalopathic et à l'éclampsie saturnine, nous ne doutons pas qu'elles nepuisseril donner lieu à des troubles spéciaux du pouls.

(Les deux tracés suivants ont été recueillis sur un homme de 55 ans intoxiqué par le plomb) :

Fig. '258.

Grand pouls un pou troublé.

Fig. 259. — Tremblement plembiime.

Ces variations des tracés sont très-marquées sur un même sujet intoxiqué, d'un jour à l'autre, ainsi que le montre la série suivante prise sur un homme de 56 ans, peintre, atteint de coliques de plomb.

Le premier tracé est très-tremblé, et l'on y aperçoit à peine les pulsations.

Fig. l2(i0. — Tracé déformé par le tremblement.

INTOXICATION SATURNINE. ^1

Le deuxième tracé est ample et à grand plateau (type classique).

F'tg. 2oi. — Même malade. Type grand.

Le troisième tracé est assez ample et très-tremblé.

Fig. SMS5Î. — Type mixte.

Lorsqu'un pouls offrant des caractères analogues à ceux du tracé 261 se rencontre chez un homme atteint d'intoxication saturnine, il n'en faut rien conclure, s'il s'agit d'un sujet déjà avancé en âge et dont le pouls est naturellement déformé, ainsi que cela se voit dans !e tracé suivant recueilli chez un peintre âgé de 55 ans.

Fig. 203. — Fouis à forme sénile.

Inversement, il pourrait arriver que l'on trouvât des déformations- très-accentuées du pouls chez un sujet jeune, et que, en l'absence de tout autre renseignement, ce pouls fournît un élément important au diagnostic (principalement dans un cas d'éclampsie saturnine). Ou trouvera dans les tracés qui suivent des caractères positifs.

Chez un homme âgé de <V2 ans, employé au dépotage de la eéruse, à la fabrique de Cliehy, le pouls présentait des earactères singuliers et très-différents de ceux de la sénilité; cet homme était anémique et cachectique. Il est permis de penser que le cœur lui-même est altéré dans sa fonction en pareil cas, et que sa contraction est modifiée.

Fig. 264.

Le polycrotisme, sans amplitude exagérée et sans autre déformation, se rencontre très-souvent chez les gens atteints de cachexie plombique.

Fig. 205. — Polycrotisme.

Ce polycrotisme est quelquefois extrêmement marqué, à tel point qu'il constitue un caractère vraiment spécifique de cette affection (la série suivante est prise sur un homme de 21 ans atteint de violentes coliques de plomb).

Le premier tracé est pris au plus fort de la colique :

Fig. '21)6. — Type de polycrotisme plombique.

Le deuxième tracé montre (la modification produite

INTOXICATION SATUKN1NE. 229

par une forte dose d'opium (sur le même sujet), avec état sudoral ; on y reconnaît encore le tricrotisme.

t'ig. 207. — Pouls modifié pur l'opium.

Le troisième tracé, où le tricrotisme n'a pas encore complètement disparu, marque le retour vers la guérison :

Fig. 268. — Kerour à l'étal normal.

On rait que l'empoisonnement par le plomb agit de deux façons : l'une chronique, l'autre aiguë. Dans l'état aigu, sorte d'exaspération transitoire survenant souvent sans cause connue, chez des hommes intoxiqués depuis longtemps, ou du moins soumis habituellement à l'action du plomb, la circulation peut subir des troubles variés. Nous avons décrit déjà les pouls à plateau, polycrote, tremblé; il peut exister aussi des palpitations avec irrégularité et intermittences, sans que l'auscultation décèle aucun bruit anomal du cœur.

On verra dans les séries qui suivent la plupart de ces variétés se produire successivement et en quelques jours sur le môme malade. Le sujet était un homme de 38 ans, potier de terre, et qui, dans l'espace de huit ans, avait été atteint troir. r- -:- <r;^'- ' ^îguë vzr

le plomb (colique, constipation, arthralgie). Ces séries de tracés peuvent être rangées en trois catégories :

1° Tracés variant d'aspect, mais appartenant au même type (la seconde ondée très-voisine de la première et à la môme hauteur, d'où résulte une sorte de plateau) ;

2° Palpitations et irrégularité (ataxie);

7)° Retour à la santé.

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