‹ Études de médecine clinique faites avec l’aide de la méthode graphique et des appareils enregistreurs; Le pouls, ses variations et ses formes diverses dans les maladiesChapitre 87 sur 117 · POULS DU L'ARTÈRE PÉDIEUSE · texte numérisé non relu

POULS DU L'ARTÈRE PÉDIEUSE

Fig. 551. — Pouls du même malade.

Âthérome artériel précoce, apoplexie. — On peut juger de l'état des artères par la forme du pouls, indépendamment de toute maladie du cœur. La sénilité prématurée des artères entraîne la prédisposition aux hémorrhagies cérébrales par rupture des artères du cerveau a théromateuses ou anévrysmatiqucs ; le sphygmographe peut être ici de quelque utilité dans la pratique. Nous donnons le tracé du pouls recueilli chez une femme âgé de 44 ans et exempte de maladie du cœur. Elle était affectée d'une légère hémiplégie par apoplexie cérébrale. Son pouls était dur, large et assez semblable à celui des vieillards. Le tracé sphygmographique ne laisse aucun doute sur l'état athéromateux des artères.

Fig. 552. — Sénilité précoce.

VVolff. — Pouls de l' artère pédieme (loc. cit.).

L'auteur a recueilli environ 4000 tracés sur la pédieuse... Il a recommencé les mêmes études sur la pédieuse que sur la radiale, constatant ici, comme là, qu'il existait des différences entre les pouls aux trois Ages de la vie.

Le pouls pédieux a une grande ressemblance avec le pouls ra-

252 l'OMS DES VIEILLARDS.

dial. Il se distinguerait de celui-ci par une ligne ascendante moins recliligne. Le sommet est un peu moins aigu. Dans la ligne de descente, la première onde secondaire est, en comparaison de la grande ascension, étonnamment petile ; les ondées secondaires dans le pouls pédieux sont aussi peu constantes. — Mêmes modifications du pouls par l'âge (pédieuse).

b'ig. 335. — l'ouls d'un vieillard.

Le pouls de la pédieuse peut être monocrote ; mais il peut présenter un dicrotisme régulier et parfait (I).

Vig. 3ô i. — l'ouls pédieux monocrote.

l'ig. 535. — Fouis pédieux dicrote.

(I) On trouve des tracés dé pouls pris sur des sujets atteinls d'uthërome artériel dans Cousin (thèse de doctorat. Strasbourg, 1861). — • Bucquoy, Leçons cliniques sur les maladies du cœur. Paris, 1869. —

Dolbeau, Leçon sur le mal perforant (Clinique chirurgicale), l'aris. 1867. — Massaloux, même sujet, thèse. l'aris, 1868.

MALADIES ïïh CŒUR •

Insuffisance (ionique et maladies de l'aorte (1). — Le pouls de l'insuffisance aortiqiie a été particulièrement étudié depuis la découverte de l'auscultation.

Tout le inonde connaît les caractères classiques indiqués par les auteurs anglais (Corrigan) et par lîouill.iud, pouls dur, large, brusque, s'exagérant lorsqu'on fait tenir la main en l'air et le bras vertical. Pour quelques praticiens de nos jours, ce pouls était presque le seul dont on analysât les qualités de la même façon que taisaient les anciens et même les modernes au siècle dernier, lorsqu'ils appréciaient, avec plus d'imagination encore que de tact, les qualités d'un pouls quelconque. L'auscultation, à la vérité, vient maintenant au secours du toucher et fournit des signes plus certains que ceux qu'on pouvait retirer de la seule palpation du pouls. La sphygmographie n'a pas, sans doute, changé ces conditions de diagnostic clinique;

(1) Marey, Physiologie médicale, chapitre Du linsuffisanck aortiquk, où les principaux caractères de ce pouls sont indiqués, et Archives de physiologie, 1868, avec observation par Tridon <-i Liouvitle.

elle a introduit seulement un élément nouveau plus utile que nuisible, mais pouvant eependant amener quelques erreurs nouvelles. C'est ainsi que des observateurs hâtifs et plus désireux d'annoncer des résultats nouveaux que d'expérimenter à loisir, ont introduit l'idée d'un tracé caractéristique de l'insuffisance aortique à l'exclusion de toute autre maladie. Cette assertion est vraie, sauf des réserves qu'il faut faire; ainsi nous' avons montré dans le chapitre précédent que le pouls des vieillards et celui des gens affectés d'athérome aortique, présentaient des caractères à peu près identiques à ceux qu'on donnait comme appartenant en propre à l'insuffisance aortique. D'autres erreurs résultent de ce que les mêmes observateurs superficiels se sont attachés à un seul caractère dont ils ont voulu faire comme un critérium, sans remarquer que ce caractère provenait d'un défaut inévitable dans le mécanisme de l'instrument ; tel est, par exemple, le crochet dit de l'insuffisance, et qui n'est qu'un signe artificiel, résultant de deux éléments ; la brusque systole du ventricule, et l'inertie du levier; ce signe peut être exagéré, amoindri, supprimé, sans que la forme essentielle du tracé en souffre aucune atteinte. Le plateau est un signe bien autrement i m portant, mais qui peut aussi varier de forme. La pression, plus ou moins forte, exercée par le ressort du sphygmographe sur l'artère, modifie considérablement la forme du pouls. Existe-t-il un caractère essentiel et qui ne soit jamais détruit? C'est ce que nous allons chercher ici.

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