‹ Études de médecine clinique faites avec l’aide de la méthode graphique et des appareils enregistreurs; Le pouls, ses variations et ses formes diverses dans les maladiesChapitre 99 sur 117 · III! MÉCANISME DES SOUFFLES VEINEUX · texte numérisé non relu

III! MÉCANISME DES SOUFFLES VEINEUX

certitude la signification précise dë chacune des parties du premier, ainsi que vous allez en juger.

Pour se convaincre d'abord que le tracé (1) représente bien les battements de la jugulaire et non ceux de la carotide, il suffirait, à défaut d'autres preuves, de le comparer avec celui qu'on obtient en plaçant l'instrument sur la carotide même (III), et de remarquer que celui-ci n'offre aucun des détails (pie présente le premier, et ne lui ressemble en aucune façon ; puis d'observer que le mouvement (B) survient à un instant où il ne saurait se produire aucun eboedans le système artériel, puisque le ventricule (H) n'a point encore commencé de se contracter.

Si maintenant nous analysons 1e tracé de la jugulaire, nous y voyons clairement ce qui suit : I" le premier soulèvement brusque (B) précède de beaucoup le pouls radial (F); il précède aussi, quoique un peu moins, le pouls carotidien (G) et très-notablement encore le commencement de la systole ventriculaire (H); en conséquence, il ne saurait être déterminé par cette systole à laquelle il est antérieur. Il se produit, au contraire, à l'instant précis où la physiologie nous apprend que se place la contraction de l'oreillette, et, puisqu'il y a absence de tout mouvement ventriculaire à ce moment-là, c'est nécessairement à la contraction de l'oreillette qu'il le faut attribuer. Il s'explique d'ailleurs aisément par le léger reflux que la systole auriculaire détermine dans les veines voisines du thorax; 2° la saillie (C) succède immédiatement à la systole ventriculaire (H), et coïncide exactement avec le pouls carotidien (G). Comme ce dernier, elle ôsulte donc de la systole ventr culaire, soit que le mouvement syslolique se transmette directement au système veineux dans le moment où se produit l'occlusion de la valvule tricuspide, soit qu'il se transmette indirectement parla compression (pie les troncs artériels en diastole exercent certainement sur les troncs veinçux dont ils sont voisins, soit enfin qu'il résulte de ces deux modes d'action combinés ; 5° la première dépression (D) se trouve dans l'intervalle des lignes verticales 5 et 4 qui indiquent, l'une, le commencement du pouls radial (F), l'autre, le moment de la diastole ventriculaire (K); c'est-à-dire qu'elle se produit pendant le temps où le ventricule se contracte (HK), et dans un moment où l'artère carotide est en pleine diastole (G). Par conséquent, elle ne peut avoir sa cause ni dans LoRAur. — Pouls. 20

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1 o retrait de l'artère ni (huis le relâchement du ventricule. Mais elle correspond précisément au temps où se fait la diastole de l'oreillette ; elle doit donc résulter de l'afflux rapide du sang veineux dans cette cavité relâchée, afflux qui désemplit aussitôt les veines voisines du thorax; 4° enfin le second affaissement (E) survient un peu après la diastole du ventricule (K), et il ne peut bien s'expliquer que par l'appel nouveau que cette diastole opère sur le sang contenu dans l'oreillette et qui, de proche en proche, se transmet jusqu'aux veines du cou.

Le tracé que nous venons d'analyser a été pris sur une femme en couches de l'hôpital Necker, dont le pouls, très-ralenti, battait seulement 40 lois par minute. C'est celui-là que j'ai choisi pour vous le présenter d'abord, parce que cette lenteur extrême <est singulièrement favorable à l'étude des coïncidences que je voulais établir. Ceux que j'ai obtenus, dans d'autres cas du même genre, sont tout à fait identiques.

Au demeurant, il n'est besoin d'aucun état pathologique pour que les battements de la veine jugulaire se dessinent avec la netteté et avec tous les détails que nous ont montrés les tracés précédents. Je vous apporte en preuve celui-ci que j'ai pris sur moi-même.

Fig. 425. — A, ttéplétion progressive de la veine; B, Systole de l'oreillette; C, Systole dn ventricule; D, Diastole auriculaire; E, Diastole ventriculaire.

Les éléments de la courbe y sont un peu plus pressés, parce que mon pouls a plus de fréquence que celui des malades sur lesquels j'avais recueilli les tracés précédents; mais ils ont la même forme, se montrent dans le même ordre et sont aisément reconnaissables. Ainsi on y remarque en A, le soulèvement lent que produit la réplétion progressive de la veine; en B, le soulèvement brusque dû à la systole de l'oreillette; en C, celui de la systole du ventricule ; en D, l'affaissement de l'aspiration auriculaire; en E, celui de l'as-

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