DU MÉCANISME DES SOUFFLES VEINEUX
piration ventficulaire, c'est-à-dire précisément tout ce que nous avions rencontré en analysant les tracés fournis par les jugulaires des femmes en couches ou des ictériques à pouls très-ralenti.
Voyons maintenant quels sont les rapports de ces mouvements avec les frémissements et les souffles.
2° Le frémissement, que l'on sent en posant légèrement le doigt au-dessus de la clavicule sur le trajet des vaisseaux du cou, est parfois continu et souvent intermittent; c'est dans ce dernier cas qu'il nous intéresse surtout ici. Quand on l'observe attentivement et principalement sur soi-même, on peut constater qu'une inspiration énergique et soutenue le renforce s'il était faible, ou tend à le rendre continu s'il était intermittent; qu'une expiration forcée l'arrête à l'instant; que, dans certains cas, une pression légère pratiquée au-dessus du point qu'on explore peut le faire apparaître ou te renforcer, tandis qu'une pression un peu plus forte l'éteint absolument. Preuves positives, si on les médite avec attention, qu'il s'agit là d'un phénomène veineux et que ce frémissement ne siège nullement dans l'artère. Parfois même, il est possible de constater, d'une façon parfaitement évidente, que le frémissement intermittent se produit au moment précis où la veine se déprime et s'affaisse, et qu'il est simple ou double, de même que l'affaissement auquel il correspond. Or, il est évident de soi-même et surabondamment prouvé, je crois, parles faits exposés plus haut, que l'affaissement de la région occupée parla jugulaire interne correspond à un appel du sang vers la cavité de la poitrine, d'où il résulte qu'à ce moment, le courant s'accélère dans cette veine. 11 y a donc tout lieu de penser que l'accélération du courant centripète est la véritable cause du renforcement que le frémissement éprouve à ce moment-là. J'ose même dire (si les faits que j'avance ont été, comme je le pense, bien observés) qu'il ne saurait y avoir pour ce fait une autre interprétation rationnelle.
3° Le souffle coïncide avec le frémissement, se montre dans les mêmes circonstances, se manifeste dans le même point et avec les mêmes variétés de rhythme. Comment ne pas reconnaître à ces deux phénomènes une même cause et un même mécanisme ? Comment douter que l'interprétation applicable à l'un le soit également bien à l'autre? La vraisemblance est au moins très-grande. Cependant cette preuve par induction ne pouvait ici suffire; j'en ni