‹ Etudes de médecine et d'hygiène publiqueChapitre 1 sur 48 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

LIBRAIRIE J.-B, BAILLIÈRE et FILS

RUE HACTEFEUILLE, 19 18 7^1

Je dédie pieusement ce recueil à, la mè'moire vènèrèe de mon père, et je demande à son ancien confrère et ami le docteur Elie Gintrac, ainsi qu'à mon camarade d'ètttdes le docteur Henri Gintrac , l'autorisation de placer mon œuvre sous le patronage d'un nom qui doit sa juste célébrité, non-seulement aux remarquahles iravaux du savant et aux é'ininents services rendus à V enseignement par leprofesseur, mais encore à cette vie d' abnégation du praticien, dont leurs existences médicales ont toujours été le parfait modèle!

Ch. levieux.

INTKODUCTION

Xettre à M. le fDr fienri Çinlrac,

Directeur de l'Ecole de Médecine de Bordeaux; Professeur de clinique médicale; Membre correspondant de l'Académie de Médecine de Paris ; etc.

Mon cher et très distingué confrère,

Comment votre nom et celui de votre respectable père ne seraient-ils p)as inscrits en tête de ce volume, quand je dois à ce vènèrè maître les premières notions de la science médicale, et quand je ne me suis occupe de cet ouvrage que pour céder à vos affectueuses instances.

Il y a longtemps , en effet, mon cher confrère et mni, que vous m'engagez à réunir toutes mes

'publications en un recueil qui ferait suite à mes

MÉLANGES DE MÉDECINE ET DE CHIRrRGIE PRATI- QUE, imprimés en i848 ; vous avez trop de titres à ma confiance xjour que je ne sois heureux de suivre votre conseil et de vous donner ainsi ■une nouvelle preuve de mon affectueuse estime.

En 1849, je fus novnmè membre du conseil central d'hygiène publique et de salubrité, dont vous ne tardâtes pas à faire partie, et quelques mois après, j'étais attaché ait service médical des hôpitaux. A dater de ce jour, ma voie fut tracée : laissant alors la pratique chirurgicale à ceux de nos confrères pjour lesquels elle peut être considérée , à si juste titre, comme une sjjécialité, je fis de l'hygiène et de la médecine l'objet exclusif de mes études.

Vous pourriez en conclure que j'ai l'intention de publier deux volumes, l'un d'hygiène, l'autre de médecine, ou de réunir en un seul tout ce que j'ai pu écrire, à diverses époques, sur l'un et l'autre de ces sujets; il n'en est rien cependant, et voici poitr quoi.

Passant successivement en revue mes travaux- relatifs à l'hygiène pjublique, j'ai dû en écarter un grand nonibre; tels sont, par exemple, mes RAPPORTS ANNUELS sur les affaires soumises au conseil de salubrité, ou sur les con^ COURS DE VACCINE ; mcs rapports sur Basile des

ALIÉNÉES, ^abattoir, IcS ANNONCES et IcS AFFI- CHES, ,7' APPROFONDISSEMENT DU CANAL d'ArCAt"

CHON , les LOGEMENTS INSALUBRES , la POSE DES TUYAUX DES FONTAINES, ^HYGIENE DES NAVIRES

DESTINÉS A l'Émigration, les dangers de l'emploi DU phosphore blanc, etc.; les uns ne one semblaient pas aiwir assez d'importance, les autres avaient un caractère trop administratif, ou ne m'étaient pas absolument personnels.

J'ai éprouvé le mê^ne embarras, et peut-être un plus grand encore, quand je me suis trouvé en présence des questions médicales.

S'agissait-il de mon étude sur le traitement HATIF DE LA SYPHILIS, pubUéc en i867 ,' cette étude pouvait avoir un certain intérêt d'actualité quand je ne comptais à peic prés que des adversaires , mais la réaction s'est faite sur ce point comme sur tant d'autres , et d'ailleurs, dans ses récentes leçons à l'hôpital de Lourcine , notre savant confrère le d^' Fournier, dont les convictions à cet égard ne diffèrent pas des miennes , n'a-t-il pas donné à cette intéressante question tous les développements qt^elle comporte?

Je pourrais en dire autant du compte-rendu de mes premières thoracentèses , faites en 1862 et 1863, dans ce service de clinique où j'ai dû à la bienveillante amitié de votre père l'honneur et la périlleuse mission de le remplacer pendant deux années consécutives. Dès cette époque , car on était encore sous le charme des admirables leçons de l'illustre Trousseati, on ne

doutait déjà plus que la thoracentése ne fdt cqjpelèe à rendre les plus grands services; mais on était comme instinctivement pénètre de cette pensée, et 'ce fut là le côté praticpue de mon mémoire, cpue la ponction thoraciqiie, dans Vépancliement jjleural , ne se vulgariserait que lorsqu'on aurait inventé des instruments à l'aide desquels cette opération serait rendue moins dangereuse, moins effrayante pour les malades et plus facile pour le médecin. Ces instruments eœistent ; 7na pjrédiction s'est accomplie; la prur hlier aujourd'hui , ne serait-ce pas arriver trop tard?

Devrais-je rééditer mon apercî^ clinique sur LE CHOLÉRA, qui date de 1854? J'avais alors des convictions sur lesquelles le doute s'est fait depuis longtemps dans mon esjjrit; du reste, mes opinions sur cette cruelle maladie, dont j'ai eu le triste privilège d' observer un assez grand nombre de cas, ont été , pour la plupart, consignées dans le compte-rendu de /'épidémie cholérique DE 1849, qid précisément se trouve placé en tête de cet ouvrage.

Quel intérêt pourraient inspirer aujourd'hui des considérations sur la mort subite, insérées dans le Journal de Médecine de Bordeaux, en 1852, c' est-à-dire une année avant que Virchow, dont les premiers travaux sur la migration des caillots vasculaires datent de 1845 , n'eût développé , en 1853, dans son Manuel de

pathologie et de thérapeutique spéciales (1) , les causes et les conséquences de cette migration, à laquelle il donne le nom «^'Embolie ?

<(^ Il y a des morts, disais-je, dont Vinstanta- « fièitè ne saurait être expliquée ni par l'apo- « plexie pulmonaire , ni par l'hém-orrhagie cérè- « brale ! » Préparé par ses belles recherches sur la coagulation du sang , sur la fibrine et sur la substance fibrinogéne, sur les globules blancs et sur la leucémie, le pjrofesseur allemand a 'répondu : « Ce sont des morts par emholie pulm.o- « naire ou cardiaque. »

Enfin, 'mon très-cher confrère, si J'avais osé reproduire un mémoire écrit en 1850, sur les

Page 1